Dimanche
29 mars avait lieu à Cimiez le Festin des cougourdons. Des cultivateurs de la
région comme celui-ci venu de Vence vendent ces cucurbitacées dans leur état
brut naturel mais déjà desséchés.
Sur
la table voisine les cougourdons ont été ouverts et accueillent dans leur
intérieur des crèches de Noël ou d’autres petits décors.
Ceux-ci
ont été polis et peints de paysages provençaux et je me permets de recopier le
poème encadré posé sur la table :
« De
la terre je suis né,
Un
brave homme m’a soigné
Très
vite je suis devenu élevé,
Et
sa tonnelle m’a prêté
Tant
que j’étais jeune et lourd.
Puis
svelte, je suis devenu,
Et
un bois léger, me voilà adulte.
Ma
tige noueuse se dresse
Comme
le cou d’un jeune cerf
Frotté,
peaufiné, je suis doré à souhait.
Si
l’on vide mes flancs des grains
Qui
généreusement les tapissent,
Je
garde frais l’eau ou le vin
Qu’emportent
le berger, le paysan ou le touriste.
J’offre
mon galbe et mes charmes
A
la caresse de l’artiste, la fantaisie de son âme
A
sa plume, son pinceau ou sa pointe de feu
Pour
que, d’un sourire, il éclaire nos yeux.
Compagnon
ou objet de décoration,
De
bonheur, je suis porteur. »
A. Danesi
Le
ventre un peu rond et le visage bien sympathique
Aux
couleurs éclatantes
Le
festin des cougourdons, c’est aussi musique et danse traditionnelles
Sur
le stand des auteurs locaux, si j’ai choisi de photographier Jérémy Taburchi
que les fidèles de ce blog connaissent déjà, c’est surtout car il a posé devant
lui deux cougourdons roses qu’il a sculpté à l’imprimante 3D, voir sur son site. J’ai acheté trois livres à ses
voisins de table : Christine Baron, Cathie Fidler et Jean-Pierre Laheurte.
Bien que mon blog ne soit pas un blog littéraire, j’essaierai d’en reparler car
les deux premiers que j’ai déjà lus m’ont plus.
Pour
terminer ce reportage, je ne peux pas laisser cachée dans les commentaires la
chanson en nissart que Mireille m’a envoyée avec sa traduction en français.
Mounten
damoun, su la coulina,
Es lou festin dei Cougourdoun.
Dejà flourisse l’aubepina,
L’aria n’es plèn de rigaudoun.
En arriban su la placetta
Croumperen toui un cougourdoun
Per lou coursage de Babetta,
Ai Cougourdoun,
O ben lou « fichu » de Rousetta,
Ai Cougourdoun.
Montons là-haut, sur la colline,
C’est le festin des Cougourdons.
Déjà fleurit l’aubépine,
L’air est plein de rigaudons.
En arrivant sur la placette
Nous achèterons tous un cougourdon
Pour le corsage de Babette,
Aux Cougourdons,
Ou bien pour le fichu de Rosette,
Aux Cougourdons.
Que bèu festin, lu Cougourdoun,
Doun renaisse la tradicioun.
En lu jardin, en lou bouissoun,
Es lou festin dei Cougourdoun.
Quel beau festin, les Cougourdons,
Où renaît la tradition.
Dans les jardins, dans les buissons,
C’est le festin des Cougourdons.
Dòu viei camin fin ai Arena,
Qu en tranvai e qu à pen,
Dòu pouòrt à la Madalena,
Toui vers Cimiès mounton li gen.
Lu amourous en li tounela
Coumparon lu siéu cougourdoun.
La partida es ben plu bella,
Ai Cougourdoun,
Coura siès m’una doumaisella,
Ai Cougourdoun.
Du vieux chemin jusqu’aux Arènes,
Qui en tramway et qui à pied,
Du port à la Madeleine,
Tous, vers Cimiez, montent les gens.
Les amoureux dans les tonnelles
Comparent leurs cougourdons.
La partie est bien plus belle,
Aux Cougourdons,
Quand tu es avec une demoiselle,
Aux Cougourdons.
Un bouon papa me la siéu vieia
S’en soun mountat dòu viei camin,
Per s’en anà fin à la gleia
Tout en cuhièn de daissemin.
Si rapellon la siéu jouinessa,
Aquèu bèu tem dei Cougourdoun
Coura Lisoun s’èra proumessa,
Ai Cougourdoun,
En lou soulèu que lu caressa,
Ai Cougourdoun.
Un bon papa avec sa vieille
S’en sont montés au vieux chemin,
Pour s’en aller à l’église
Tout en cueillant du jasmin.
Ils se rappellent leur jeunesse,
Ce beau temps des Cougourdons
Quand Lison s’était promise,
Aux Cougourdons,
Dans le soleil qui les caresse,
Aux Cougourdons.
C’est
à Mireille Cœur de soleil et à son
mari Antoine que je dédie cette publication exceptionnellement longue.