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jeudi 9 septembre 2010

Pas un jour sans une idée

Après avoir manifesté contre la réforme des retraites mardi dernier, je suis allé déjeuner dans l’un de mes restaurants préférés, le In Vino, juste en face la mairie de Nice. Le moins que l’on puisse dire c’est que notre maire et néanmoins ministre était bien gardé, rue barrée à ses deux extrémités.
Seuls les piétons peuvent se faufiler sous le regard suspicieux d’au moins quatre policiers bottés, casqués avec gilet pare-balles. Installé en terrasse, j’ai eu la chance d’être témoin d’un attentat poétique ! Vers 13h45, un ballon vert est descendu mollement du haut de l’immeuble, tombant dans la rue à quelques mètres des policiers gardant le portillon d’entrée dans la cour de la mairie. Bientôt suivi d’autres ballons de toutes les couleurs. La plupart des ballons portaient des messages inscrits au feutre.
Les policiers scrutaient les hauteurs sans rien voir d’autre que les ballons qui continuaient à tomber. L’un deux a explosé sur une pointe métallique avant de toucher le sol. Un policier s’est approché prudemment d’un ballon pour lire le message inscrit. Ce n’était que des déclarations d’amour…
Aussi a-t-il appelé immédiatement en renfort une escouade supplémentaire dont le chef est resté assez perplexe. Auguste Verola et Maty Diouf conseillers municipaux sortant de la mairie ont driblé en toute quiétude.
  
Trois ou quatre autres ballons ont explosé spontanément ou aidé l’un par un policier, l’autre par un passant, pendant que je terminais paisiblement mon repas tout en félicitant in petto le poète amoureux, pas un jour sans une idée  

dimanche 15 février 2009

Vendredi 13

Vendredi dernier, le 13 février, je suis allé voir Bar franco-italien une pièce de Myriam Tanant, mise en scène par Jean-Claude Penchenat au Théâtre national de Nice. J'ai bien aimé... mais ce n'est pas le sujet de ce jour et cette pièce n'est jouée que trois fois à Nice. En sortant du théâtre, je me suis rendu dans un bar à vin et restaurant In vino qui vient d'ouvrir dans le Vieux Nice, rue de l'hôtel de ville, pour rejoindre des amis qui, eux, sortaient d'un autre spectacle. Nous avons dîné ensemble et fort bien, le cadre est très agréable, les patrons sympathiques, bref c'est une adresse tout à fait recommandable.
La conversation aidant nous sommes sortis vers une heure du matin et je me suis retrouvé à une station de tramway avec l'information suivante affichée : service terminé. J'ai marché en direction de chez moi en guettant un taxi. Arrivé à une station de taxi déserte, j'ai appelé pour en avoir un. On m'a signalé dix minutes à un quart d'heure d'attente. Vingt minutes plus tard, j'étais toujours là quand une voiture s'est approchée. Le conducteur, un jeune homme à l'accent maghrébo-niçois après avoir constaté qu'il faisait froid et que j'étais vieux puis m'avoir demandé où j'allais, m'a proposé de me raccompagner. J'ai accepté et suis monté à l'arrière du véhicule puisque un autre jeune occupait la place du mort. Et la conversation a commencé ou plutôt le soliloque du chauffeur qui se retournait sans cesse vers moi tandis que son copain redressait le volant pour que nous restions sur la route. Dans l'ordre, les sujets abordés : les taxis sont tous des arnaqueurs, vous me donnerez bien un petit billet, c'est la crise depuis que la France a intégré l'Europe et que l'€uro a remplacé le franc, c'est dur le chômage, impossible pour les jeunes de trouver du travail, alors il faut pas s'étonner de la délinquance, Dieu vous aime...
Et si je n'étais pas vraiment rassuré, même de moins en moins au fur et à mesure des fautes de conduite et des sujets abordés, quand Dieu est apparu, là j'ai vraiment eu peur ! Contrairement à mes présupposés, ce jeune homme était épiscopalien. Je m'attendais à une réplique du genre : Aboule l'oseille, Dieu qui t'aime te le rendra. Pour ne pas me rassurer, nous avons dépassé un jeune auto-stoppeur ; le conducteur ne s'est pas arrêté et a grommelé quelques propos indistincts. Ensuite j'ai appris que mes hôtes sortaient du casino où, bien que nous soyons le vendredi 13, ils avaient tout perdu. Nous sommes néanmoins arrivés à Pont Michel au terminus du tram, j'avais discrètement sorti le plus petit billet (5 €) que j'avais sur moi. J'ai remercié ces jeunes gens en leur serrant la main et en leur laissant le billet. Ils insistaient pour me raccompagner jusqu'à chez moi, pour qu'à mon âge je n'ai pas à marcher dans le froid. Je suis sorti de la voiture, ils ont fait demi-tour et je suis rentré chez moi, un peu honteux d'avoir eu si peur.