Les feuilles mortes - Yves Montand
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Dans le milieu d´une nuit de mon Automne je me suis réveillé pour rêver dans un temps où je n´ais pas vécu. Comme
si je voulais vivre, encore une fois, à un Paris lointain, et rester un enfant
dans le jardin de tes bras en écoutant la caresse de tes lévres qui racontent des
histoires douces à mon oreille. Oui. Encore une fois le parfum des linges de
ton lit dans un appartement oú Baudelaire et les poétes maudits était assis à
la fenêtre sur la Seine. La Seine qui nous berçait dans une chanson de Trenet
avec les paroles de Prévert dans l´écume des jours, allumés par des images de
Josephine Baker et des dessins inconnus de Picasso sur l´amour éternel de
Mistinguett et Maurice Chevalier. Aprés une promenade dans un jardin peint par
Monet oú il y avait des feuilles que semblait
des étoiles oú peut-être des oiseaux avec des couleurs de l´Automne qui éclatait
avec la lumiére de l'après-midi… encore une fois le ciel de l´Opera sur mon
coeur qui bat dans ton coeur (comme si nous avons seulement un couer à nous
deux) sous le satin de ta peau. Oui mon amour. Encore une fois à Paris avec mes
yeux dedans la porte ouverte de tes yeux (et ils sont beaux tes yeux) dans un
petit café à S. Germain eternisé dans une peinture de Renoir. Encore une fois
danser une chanson de Yves Montand dans la pénombre de ta chambre et voler dans
un ciel outremer comme des amants de Chagall. Comme ça. Encore une fois.