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L'amorce

























Dans une pellicule photographique argentique, le temps est compté en un nombre de poses, qui varie selon le format du négatif.
Le fabricant de film a numéroté chaque image au préalable.
Sur un film 24x36, il existe une partie généralement inconsidérée, qui peut toutefois porter des marques de lumières, dans un cadre à part.
L’amorce.
Elle peut contenir en elle pourtant tout le processus de cristallisation, comme :
Le désir d’arriver à la première image.
Des informations souvent floues.
Le geste machinal de l’armement de l’appareil, l'empressement, souvent.
Davantage de poussières, les pieds du photographe, le ciel.
bref, on devine à peine.
L’amorce existe dans une planche contact autant qu’un spectre.
Elle s’inscrit rarement dans le cheminement de l’intention du photographe qui souhaite arriver à la vue numéro 1.
Elle s’échappe dans son monde de signes cette image primitive.







 26 Août 1989 .






Vent fort.









Nevermore Capua.






Leave a landscape



Merci Monsieur Gauthier.
(professeur de Philosophie)


En 1988, je cachais mon appareil photo sous le bureau et déclenchais, dans la mesure du possible, lorsque mes professeurs avaient le dos tourné (ce qui n'est pas le cas ici).
Je comptais tenir un trombinoscope tout comme eux.
J'étais lycéen Paparazzo et je développais les négatifs entre midi et deux (épreuve à l'appui), dans un labo que j'avais remis en état de marche et dont j'étais le seul à avoir la clef. 

Dans sa valise, Monsieur Gauthier transportait parfois une bouteille de vin rouge pour étayer les concepts émanant d'autres Philosophes, ou une paire de baguettes de batterie, ou bien une partition de Béla Bartók. 

Il m'a fait aimer la philosophie, même si je ne crois pas que cela soit nécessaire d'être aussi démonstratif.
Je ne le remercierai jamais assez.
"L'imagination trouve toujours plus de réalité à ce qui se cache qu'à ce qui se montre" Gaston Bachelard.
Facebook n'existait pas.




Nous sommes le 21 Avril 1990.

Dehors dans le jardin du voisin, que je regarde au travers de mon appareil photo (à cette époque un minolta XG1), le printemps tarde à se présenter entièrement.
Seul un pommier et quelques fleurs de glycines ont parsemé l’image de petits points lumineux.
Le reste est encore embourbé dans l’argile rouge et la marne.
Je suis né au mois d’Avril, nu comme un vers, alors qu'il est fortement déconseillé de se découvrir, pendant ce mois.
Avril, la parenthèse hivernale du printemps.
Le mois où la patience est sur starting-block.
Il faut attendre ce printemps dont tout le monde parle depuis le 21 mars et qui n’arrive pas.
Alors ça m'ennuie.

Et aujourd'hui, comme il y a 22 ans il pleut.




(From the Family house, 30 juillet 2011)


Time is not elastic.
I'm leaving a kind of "Cerisaie", definitely.

Amitiés


 
(Si le feu brûlait ma maison, qu'emporterais-je ?
J'aimerais emporter le feu ) Jean Cocteau



Photographie de la photographie de Charles Baudelaire par Nadar.
Je l'ai prise au Musée d'Orsay à Paris, en 1989.
C'est ce que l'on pourrait appeler : une reproduction.
Entre l'original de Nadar, et celle-ci, il y a,  mon appareil photo, l'air du musée d'Orsay et le regard de Baudelaire qui traverse la vitre du cadre.
C'est une image d'une image, le début d'une mise en abyme.



Photography of Charles Baudelaire's photography by Nadar.
I took it in the Musée d'Orsay, in Paris, in 1989.
It is what we could call: a reproduction.
Between the original of Nadar, and this one, there are, my camera, the air of the Musée d'Orsay and the glance of Baudelaire which cross the window of the frame.
It is an image of an image, the beginning of a mise en abyme.
The garden  (Calotype 1990)


May I go with you for this week-end with this song under my arm ?
"Leaves are falling down in silence to the ground ".

Past continuing


Je devrais rougir de vous montrer ces photographies un peu naïves, mais
peu importe dans une chambre noire, avec l’éclairage inactinique rouge, ça ne se voit pas !
Lorsque j’ai commencé à faire de la photographie, je m’inspirais très fortement d’un mouvement en photographie que l’on appelle le Pictorialisme.
J'utilisais divers papiers, appareils anciens et chimies photographiques afin d'obtenir un résultat proche des photographies du début du XXème siecle.
Une extraordinaire exposition des photographes Demachy et Puyo au Palais de Tokyo en 1989 m’avait tant marqué que je ne pouvais m’empêcher de m’éloigner de leur sillon.
En parcourant l’indispensable blog de Florizelle, Le Divan Fumoir Bohémien, j’ai appris qu’une exposition d’Heinrich Kühn se tenait jusqu’au 23 janvier 2011 au musée de l’Orangerie, à Paris.
L’idée de voir ces chefs d’oeuvres me réjouit d’avance.

I should be ashamed to show you these photographs a bit naive, but it doesn't matter, in a darkroom with safelight red, you will not see !
When I started doing photography, I loved very much a movement in photography, the Pictorialism.
I used various papers, old cameras, and chemicals products to achieve a result close to the images of the beginning of the twentieth century.
An extraordinary exhibition of Puyo and Demachy at the Palais de Tokyo in 1989 had been so marked that I could not help but get away from their path.
Looking through the indispensable Florizelle blog "Le Divan Fumoir Bohémien" I learned that "Le Musée de L'Orangerie" present an exhibition of Heinrich Kühn photographs until the 23rd of January 2011.
I'm looking forward to see these masterpieces...





Above, some of differents images and experiences in photography that i did, long time ago :

 ◊ The nightingale and the rose (1990, Calotype, inspired by Oscar Wilde tale).
The old house (1989 )
 ◊  Nude (1988, Calotype).

Vers la belle saison

A l’école de photographie en 1992, nous avions des thèmes à traiter et ce portrait faisait partie du thème : Mode.
Modelle sera donc le prénom du modèle…
Elle était une Amie de mon Amie qui me l’avait présentée et m’avait suggéré de la photographier. J’aimais et j’aime toujours le cinéma expressionniste, les films de Fritz Lang etc..
Par conséquent, le portrait de Modelle allait être dans cette tonalité.
Photographiée avec un très viel appareil photo à soufflet, chargé d’un négatif papier (calotype), j’allais et venais entre le laboratoire et le studio de l’école photo. Au total, plusieurs heures pour, à peu près 10 photographies dont celle-ci.
Puis Modelle est allée vivre ailleurs.
Il y a quelques temps, Florizelle (du Divan Fumoir Bohémien, que je remercie encore) faisait paraître quelques unes de mes images sur son blog.
Tout ceci pour vous dire que j’ai reçu des nouvelles de Modelle perdue de vue depuis 18 ans ! Elle semble être absolument épanouie et vous pourrez juger par vous-même car « La belle saison », c’est elle .
At school photography in 1992, we had some theme to illustrate and this portrait was part of the theme: Mode
Modelle will be the name of the model…
She was a Friend of my Friend, who had presented to me and suggested me to photograph her. I loved and I always like Expressionist cinema, the films of Fritz Lang etc...
Therefore Modelle's portrait would be in that way.
Taken with a very old folding camera which was loaded with a paper negative (calotype) I walked between the laboratory and the studio. In total, several hours to about 10 photographs which this one belongs.
Then Modelle has gone to live elsewhere.
Few time ago, Florizelle (Divan fumoir Bohémien, Thank you !) had published some of my pictures on her blog.
All this, to say that I’ve just received news from Modelle (losted sight of her for 18 years !) She seems to be absolutly flushed. You can see by yourself because she is « La belle saison ».