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samedi 22 octobre 2011

Marguerite Duras entre dans La Pléiade

Marguerite Duras au Petit Saint Benoit par Robert Doisneau


Marguerite Duras, qui fut une légende vivante, s'incarne pour beaucoup dans un livre particulier : souvent Un barrage contre le Pacifique (1950) ou L'Amant (1984), parfois Le Ravissement de Lol V. Stein (1964), ou encore dans un film et sa mélodie, India Song (1973). Plus rares sont les lecteurs qui se représentent l'œuvre dans sa continuité souterraine. À travers la diversité des genres – romans, nouvelles, théâtre, scénarios, films –, Duras n'a jamais cessé d'explorer l'écriture elle-même. Car c'est précisément la recherche d'une voix qui lui fût propre qui l'a amenée à composer pour le théâtre (où le langage «a lieu») comme à prendre la caméra : «Je parle de l'écrit même quand j'ai l'air de parler du cinéma. Je ne sais pas parler d'autre chose.» Bien sûr, l'expérience de l'écriture dramatique ou cinématographique influence l'écriture romanesque, et certains sujets passent d'un genre ou d'un support à un autre, mais il y a plus : peu à peu se fait jour un style reposant sur la porosité des genres. Sur la couverture d'India Song se lit une triple mention, «texte théâtre film»...
Sa voix propre, Duras ne l'a pas trouvée d'emblée, et le mystère de sa découverte est l'un des charmes d'une lecture chronologique de son œuvre. Ses deux premiers romans respirent l'air «existentialiste» de l'époque. Les trois suivants – Un barrage contre le Pacifique< (1950), Le Marin de Gibraltar (1952), Les Petits Chevaux de Tarquinia (1953) – s'inscrivent dans l'«âge du roman américain». Puis, peu à peu, le romanesque narratif s'efface, les personnages s'estompent ou s'affinent – au point de se réduire bientôt, dans la nouvelle «Les Chantiers» (et plus tard dans Détruire dit-elle), à des séries d'états d'âme presque anonymes, voire à un étrange statut de regard regardé. L'évolution, toutefois, n'est pas linéaire : la tendance à la déréalisation du réel et au primat de la parole dialoguée ou soliloquée était marquée dès L'Après-midi de monsieur Andesmas (1962), mais les personnages du Vice-consul (1966) prennent corps dans la chaleur moite d'un décor indien quasi baroque.
Les deux premiers volumes des Œuvres complètes, enrichis de nombreux textes et documents rares, retracent l'histoire d'une écriture et, par le biais d'épisodes ou de personnages récurrents (dont certains deviendront de véritables mythes littéraires), mettent en place les «cycles», informels et poreux, qui traverseront toute l'œuvre : l'Indochine de l'enfance, l'Inde du fantasme.

Née en 1914 près de Saigon (Cochinchine), d'une mère institutrice et d'un père professeur de mathématiques, Marguerite Donnadieu se fixe définitivement en France en 1932. Elle se marie avec Robert Antelme en 1939, et publie son premier roman (Les Impudents), sous le pseudonyme de Marguerite Duras, en 1943. Résistante pendant la guerre, communiste jusqu'en 1950, ayant activement participé à Mai 68, Marguerite Duras a développé une écriture protéiforme considérable (cinéma, théâtre, articles de presse, romans et récits). Elle est décédée le 3 mars 1996 à Paris.  La Pléiade

mardi 15 mars 2011

Milan Kundera entre dans La Pléiade

Milan Kundera
L'auteur de L'Insoutenable légèreté de l'être
voit ses œuvres complètes publiées dans la prestigieuse
collection La Pléiade. Il en est le seul écrivain vivant.

Bibliothèque  de la Pléiade, n° 567  - Tome 1: Risibles amours ; La Plaisanterie ; La vie est ailleurs ; La Valse aux adieux ; Le Livre du rire et de l'oubli ; L'Insoutenable Légèreté de l'être. 1504 pages

Bibliothèque de la Pléiade, n° 568 - Tome 2: L'Immortalité ; La Lenteur ; L'Identité ; L'Ignorance ; Jacques et son maître ; L'Art du roman ; Les Testaments trahis ; Le Rideau ; Une rencontre. 1328 pages 


Présentation de l'éditeur
«La seule chose que je désirais […] profondément, avidement, c’était un regard lucide et désabusé. Je l’ai trouvé enfin dans l’art du roman. C’est pourquoi être romancier fut pour moi plus que pratiquer un "genre littéraire" parmi d’autres ; ce fut une attitude, une sagesse, une position ; une position excluant toute identification à une politique, à une religion, à une idéologie, à une morale, à une collectivité ; une non-identification consciente, opiniâtre, enragée, conçue non pas comme évasion ou passivité, mais comme résistance, défi, révolte. J’ai fini par avoir ces dialogues étranges : "Vous êtes communiste, monsieur Kundera? — Non, je suis romancier." "Vous êtes dissident? — Non, je suis romancier." "Vous êtes de gauche ou de droite? — Ni l’un ni l’autre. Je suis romancier."» Milan Kundera, Les Testaments trahis.

Dans Le Rideau, Milan Kundera oppose à la «morale de l’archive», qui justifie la publication de tout ce qu’un auteur a pu écrire, la «morale de l’essentiel» : seuls appartiennent à l’œuvre les textes que l’auteur juge dignes d’être retenus. Le reste relève de la biographie, peut-être des marges de l’œuvre, non de l’œuvre elle-même. La présente édition ne propose donc pas des Œuvres complètes, mais une Œuvre, complète dans la mesure où l’auteur en a lui-même dessiné les contours, fixé le titre et arrêté la présentation. Au sommaire de ces deux volumes figurent un recueil de nouvelles, neuf romans, une pièce de théâtre dont le point de départ est un roman et quatre essais consacrés pour l’essentiel à l’art du roman : quinze livres où se réalise pleinement la volonté esthétique de Milan Kundera, mûre, consciente, assumée. Le texte de ces livres, souvent retouché par l’auteur à l’occasion de rééditions ou de simples réimpressions, se veut aussi définitif que possible.
On chercherait en vain, dans cette édition, une biographie de Kundera. On y trouvera en revanche la biographie de son œuvre. En quinze chapitres, un par livre, François Ricard retrace le destin de ces livres et évoque les circonstances de leur publication, de leur diffusion, de leur réception. Ces chapitres sont enrichis d’extraits de déclarations, de notes ou de préfaces dues à Milan Kundera : autant d’écrits jusqu’alors difficilement accessibles, voire inédits en français.

L'analyse de Mohamed Aissaoui
L'article du Figaro: ICI
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mardi 23 mars 2010

Giacomo Casanova en Pléiade

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Antoine Gallimard annonçait dans l'émission
diffusée vendredi 12 mars sur Public Sénat
la publication de l'œuvre de Casanova en Pléiade
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"Cette publication offre la possibilité d'une nouvelle exégèse de l'Histoire de ma vie. Les lecteurs vont enfin découvrir le texte original du vénitien. En effet, l'histoire du manuscrit est aussi romanesque que la vie de son auteur. Casanova finit ses jours en Bohême et laissa à sa disparition, en 1798, 3700 feuillets rédigés en français, qui furent publiés en 1821 par un éditeur allemand, Brockhaus. Mais ce dernier propose une version censurée et épurée: le Casanova libertin, financier, diplomate, joueur et escroc aurait été jugé trop immoral pour l'époque. La première édition française vit le jour en 1838, mais cette version fut également retouchée. L'édition réalisée par Jean Laforgue fait de Casanova un partisan de la Révolution française, lui qui y était plutôt hostile. Sauvé des bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale, le manuscrit était resté dans un coffre en Allemagne. Il a été acquis récemment par la BnF. Ce chef-d'œuvre  est un "témoignage émouvant sur le Siècle des lumières et une fresque vivante et haute en couleur" des aventures du génial mémorialiste, a confié Bruno Racine, président de la BnF."
Source, Le Magazine Littéraire
Illustration: Carl Spitzweg 1808–1885, Le Rat de bibliothèque
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sur l'acquisition par la BnF
des manuscrits de Casanova
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Giacomo Casanova, Histoire de ma vie
 Chapitres 1 et 2 visibles sur
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard