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mercredi 24 février 2016

Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, André Utter à l’atelier 12, rue Cortot 1912-1926

Suzanne Valadon, La Tireuse de cartes, 1912, Association des amis du Petit Palais, Genève
© Petit Palais, Genève / Studio Monique Bernaz, Genève

Valadon, Utrillo & Utter
du 16 octobre 2015 au 15 février 2016
exposition prolongée jusqu'au 13 mars inclus

  À l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Suzanne Valadon, le Musée de Montmartre présente, du 16 octobre 2015 au 13 mars 2016, une exposition phare dédiée à Suzanne Valadon (Bessines-sur-Gartempe 1865 - Paris 1938), Maurice Utrillo (Paris 1883 - Dax 1955) et André Utter (Paris 1886 – 1946).
  Au tournant du XXe siècle, les ateliers du 12-14 rue Cortot furent d’importants lieux de création où vécurent de nombreux artistes. Après y avoir habité jusqu’en 1905 avec son premier mari, le banquier Paul Moussis, Suzanne Valadon retourne à l’atelier de la rue Cortot en 1912 et s’y installe avec son fils Maurice Utrillo et son compagnon, André Utter. Malgré les disputes avec André Utter et les frasques de son fils, Suzanne Valadon y passe les années les plus productives de sa vie. Rapidement surnommés le « trio infernal », ces peintres ont marqué les esprits du monde de l’art. De ces tensions et passions naquit ainsi une énergie créatrice qui permit aux œuvres des trois artistes de s’intensifier, s’épanouir et se renouveler durant cette période de vie commune.
  L’exposition, à travers une sélection de près de 150 œuvres, témoigne de leur complicité créative et intime dans ces lieux. Les œuvres présentées retraceront la période 1912-1926, dates où le trio vécu au 12, rue Cortot. Un espace est dédié à chacun des artistes dans un parcours organisé autour de l’atelierappartement, dont la restitution a été inaugurée en octobre 2014. L’appartement, lieu central de vie et de création, fut le témoin des rivalités mais également de l’estime, l’admiration, la complémentarité et l’inspiration mutuelle de ses trois locataires avant que le couple ne se sépare et que Suzanne Valadon et son fils Maurice Utrillo ne déménagent rue Junot. Utter y restera jusqu’à sa mort en 1948.
 Les œuvres exposées sont issues du fond des collections constituées par la Société d’Histoire et d’Archéologie « Le Vieux Montmartre » et, plus principalement, de prêts extérieurs provenant, entre autres, du Centre Pompidou, du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, du musée Paul Dini de Villefranche-sur-Saône, des Musée des Beaux-Arts de Liège et de Bruxelles, du Petit Palais de Genève et de collections particulières. On pourra, en particulier, y admirer les célèbres tableaux de Suzanne Valadon La tireuse de cartes (Petit Palais de Genève) et Le lancement du filet (Centre Pompidou-MMAM-CCI).

Maurice Utrillo, Rue Seveste, 1923 © ADAGP / Jean Fabris,
Crédit photographique : Eric Emo / Parisienne de Photographie

Suzanne Valadon, La Boîte à violon, 1923, Musée d’art moderne de la ville de Paris
 © Eric Remo / Parisienne de photographie

Suzanne Valadon, Le Lancement du Filet, 1914, Musée de Nancy, dépôt du Centre Pompidou (1998)
 © Centre Pompidou MNAM-CCI, Dist. RMN-GP / Jacqueline Hyde

mercredi 11 novembre 2015

Bicentenaire de la naissance de Thomas Couture

Thomas Couture (1815-1879), Tête de femme au ruban bleu, vers 1873 (musée d'Orsay)
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Bicentenaire de la naissance du peintre Thomas Couture au Musée de la vie Romantique, Paris
Six musées, à Paris et en région Picardie, s’associent pour honorer Thomas Couture du 12 octobre 2015 au 6 mars 2016 à travers de nombreux accrochages, expositions et conférences illustrant les multiples facettes de ce peintre, romantique malgré lui.

 Né le 21 décembre 1815 à Senlis, Thomas Couture, dont nous célébrons cette année le bicentenaire, est un artiste marquant du XIXe siècle. Souvent plus reconnu comme ayant été le maître de Manet, il a néanmoins joué un rôle essentiel dans l’histoire de la peinture moderne, comme en témoigne l’accrochage des Romains de la décadence, l’oeuvre qui lui apporta la célébrité, au centre de la nef du musée d’Orsay.

 Même si sa carrière se déroula essentiellement à Paris, le peintre resta très attaché à Senlis où il passa son enfance jusqu’à ses dix ans et revint régulièrement. Comme une sorte d’écho, sa présence en Picardie demeure aujourd’hui significative. En effet sur un corpus d’un peu plus de 500 peintures, 82 sont conservées dans des musées à Beauvais, Compiègne ou Senlis, soit la moitié des toiles de cet artiste dans les collections publiques françaises.

 Le visiteur peut ainsi en une journée et quelques kilomètres, avoir une vision complète de son oeuvre, tout d’abord avec deux de ses compositions majeures, L’Enrôlement des volontaires de 1792 (MUDO) et Le Baptême du prince impérial (Palais de Compiègne). Mais il peut également découvrir les multiples facettes d’un artiste accompli, reconnu pour la maitrise de ses portraits mondains ou plus intimes, pour les facéties de ses Arlequinades ou pour son regard acerbe et parfois désabusé sur le monde de son temps, comme dans Le Roi de l’époque (Palais de Compiègne) ou La Noblesse (Senlis).


Head of women

Young beauty

Female Head

Young Italian Girl

A Girl's Head

Portrait of a Girl

A Widow

Portrait of a Lady

Little Bather

L’impératrice Eugénie à genoux étude pour Le Baptême du prince impérial

lundi 19 octobre 2015

Florence, Portraits à la cour des Médicis

Bronzino (Agnolo di Cosimo, dit) (1503-1572) / Portrait d’Eléonore de Tolède 1560, Huile sur bois, 59 x 46 cm Prague,
 Národní Galerie Photograph © National Gallery of Prague 2014

Florence, Portraits à la cour des Médicis
du 11 septembre 2015 au 25 janvier 2016

  Au XVIe siècle, l’art du portrait devient de plus en plus répandu parmi les élites florentines qui trouvent là un moyen de porter les traits de leur visage et leur statut social à la postérité. Ils recourent pour cela à des figures littéraires telles que Pétrarque, à des références musicales ou à une mise en scène riche en symboles pour  décrire la vie du modèle, sous ses multiples facettes.
  Le Musée Jacquemart-André consacre une exposition inédite aux grands portraitistes florentins du XVIe siècle autour d’une quarantaine d’œuvres. Outre la présentation des chefs-d’œuvre de Pontormo, élève d’Andrea del Sarto et maître du maniérisme, ce sera l’occasion d’apprécier les traits raffinés et gracieux, typiques des portraits de Bronzino ou ceux de Salviati témoignant d’un sens achevé de la sophistication.
  Cette exposition va offrir un fascinant panorama de l’art du portrait florentin au XVIe siècle, avec ses principaux thèmes et mutations stylistiques. À travers le regard des peintres expérimentant de nouvelles manières de représenter leurs contemporains, elle permettra d’apprécier les évolutions de style du Cinquecento, un siècle particulièrement mouvementé sur les plans culturel et religieux.
 Cette exposition bénéficie d’un partenariat exceptionnel des Musées de Florence. D’autres institutions muséales de renommée internationale et collections exceptionnelles telles que la Royal Collection (Londres), le musée du Louvre (Paris) ou encore le Städel Museum (Francfort) soutiennent également cet événement grâce à des prêts insignes.
  Le parcours sera organisé en cinq sections construites autour d’une histoire thématique et critique du portrait à Florence à l’âge d’or des Médicis (1512 -1599).
De grands peintres tels que Rosso Fiorentino, Andrea del Sarto, Alessandro Allori, Francesco Salviati, Pontormo et Bronzino, seront les figures emblématiques de cette histoire du portrait à travers une quarantaine de peintures.
  Après les portraits aux allures sévères du début du siècle, effigies d’hommes et de femmes liés aux valeurs stoïciennes de la période républicaine, qui se termine peu après la mort de Savonarole (1494-1512), la deuxième section présentera les condottieres en armes. Le portrait évolue vers la mise en scène héroïque d’hommes de guerre au service d’Alexandre et de Côme de Médicis pour l’affirmation du pouvoir de la dynastie.
  La troisième section sera dédiée au portrait de cour, et plus particulièrement au luxe et à l’élégance qui apparaissent non seulement dans la profusion décorative des portraits, notamment chez Bronzino, mais aussi dans la richesse des matériaux de certaines œuvres (peintures sur cuivre ou lapis-lazuli), qui confèrent au portrait une dimension somptuaire propre à l’âge d’or des Médicis.
  Les femmes sont les figures majeures de ce goût de l’apparat, telle qu’Eléonore de Tolède. Fille du vice-roi de Naples, un des hommes les plus puissants et riches d’Italie, elle était la candidate parfaite pour renforcer l’image du futur Grand-duc de Toscane, et le faste de sa cour était légendaire.
  La quatrième section ouvrira le champ de l’exposition à d’autres formes d’art, la poésie et la musique, symboles de l’émancipation culturelle que les poètes, les écrivains, mais aussi les hommes de la bourgeoisie florentine associent à leur propre image.
  La dernière section, enfin, présentera les deux grandes tendances du portrait de 1560 à la fin du siècle : d’une part, une affirmation du langage allégorique dans la représentation du modèle et de ses proches ; d’autre part, le retour à une certaine simplicité dans la représentation des sentiments et de l’exaltation familiale, particulièrement remarquable dans la série de portraits d’enfants réalisée par Santi di Tito.

Ridolfo del Ghirlandaio (Ridolfo Bigode, dit) 1510-1515, Dame au voile (La Monaca) Huile sur bois,
 65 x 48,1 cm Florence, Istituti museali della Soprintendenza Speciale per il Polo Museale Fiorentino, 
Galleria degli Uffizi © S.S.P.S.A.E e per il Polo Museale della Città di Firenze - Gabinetto Fotografico

Bronzino (Agnolo di Cosimo, dit) Portrait d’une dame en rouge Vers 1525-1530, Huile sur bois, 
89,8 x 70,5 x 2,6 cm Francfort-sur-le-Main, Städel Museum © Städel Museum - U. Edelmann / ARTOTHEK

Santi di Tito (et atelier) Portrait de Marie de Médicis 1600, Huile sur toile, 193,5 x 109 cm Florence, 
Istituti museali della Soprintendenza Speciale per il Polo Museale Fiorentino, Palazzo Pitti, Galleria Palatina 
© S.S.P.S.A.E e per il Polo Museale della Città di Firenze - Gabinetto Fotografico

Santi di Tito Portrait de Lucrezia (Emilia), fille de Niccolò di Sinibaldo Gaddi Vers 1565, 
Huile sur bois, 116.2 x 90.4 cm Collection particulière © Collection particulière, Pays-Bas

Andrea del Sarto (Andrea d’Agnolo, dit) Portrait d’une jeune femme au recueil de Pétrarque Vers 1528, Huile sur bois,
 87 x 69 cm Florence, Istituti museali della Soprintendenza Speciale per il Polo Museale Fiorentino, Galleria degli Uffizi 
© S.S.P.S.A.E e per il Polo Museale della Città di Firenze - Gabinetto Fotografico

Francesco Salviati, (Francesco de’ Rossi, dit) Portrait d’un joueur de luth Vers 1529-1530, 
Huile sur bois, 96 x 77 cm Paris, Musée Jacquemart-André – Institut de France ©Paris, 
Musée Jacquemart-André - Institut de France/Studio Sébert Photographes
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samedi 5 septembre 2015

Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910

Edouard Manet, La Prune, 1877, huile sur toile, 74 x 50 cm © National Gallery of Art Washington DC, USA
Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910
du 22 septembre 2015 au 17 janvier 2016

  Première grande manifestation consacrée au thème de la prostitution, cette exposition tente de retracer la façon dont les artistes français et étrangers, fascinés par les acteurs et les lieux de ce fait social, n'ont cessé de rechercher de nouveaux moyens picturaux pour en représenter réalités et fantasmes.

 De L'Olympia de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition s'attache à montrer la place centrale occupée par ce monde interlope dans le développement de la peinture moderne. Le phénomène est également appréhendé dans ses dimensions sociales et culturelles à travers la peinture de Salon, la sculpture, les arts décoratifs et la photographie. Un riche matériau documentaire permet enfin d'évoquer le statut ambivalent des prostituées, de la splendeur des demi-mondaines à la misère des "pierreuses".


Pablo Picasso (1881-1973) La Buveuse d’Absinthe, 1901 Huile sur toile
 65,5 x 51 cm Collection particulière Photo : Succession Picasso 2011

Édouard Manet, La Serveuse de bocks, 1878-1879, Huile sur toile,
 77 x 64,5 cm. © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Edgar Degas, Dans un café (L’absinthe), 1873 Huile sur toile. 
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowsk

Giovanni Boldini, Scène de fête au Moulin Rouge, vers 1889, Huile sur toile, 
96,5 x 104,4 cm. © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Henri de Toulouse-Lautrec Au Moulin Rouge © The Art Institute of Chicago

mercredi 19 août 2015

Fragonard amoureux. Galant et libertin

Jean-Honoré Fragonard, "Le Colin-Maillard", vers 1754-1756, huile sur toile, 116,8 x 91,4 cm,
Toledo, toledo Museum of Art, don Edward Drummond Libbey, © Toledo Art Museum
Fragonard amoureux. Galant et libertin
du 16 septembre 2015 au 24 janvier 2016
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  L’inspiration amoureuse parcourt l’œuvre de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806). Se faisant tour à tour galante, libertine, audacieusement polissonne ou au contraire ouverte à une nouvelle éthique amoureuse, celle-ci ne cesse en effet de mettre en scène la rencontre des corps et la fusion des âmes. Inaugurée au mitan du XVIIIème siècle par des bergeries nourries des derniers feux de la galanterie, cette inlassable exploration de la sensualité et du sentiment s’épanouit par la suite au travers de voies contrastées, le « Divin Frago » s’illustrant avec autant de subtilité dans des œuvres « secrètes », scènes d’alcôve à la sensualité affirmée, que dans la célébration d’un amour sincère et moralisé. Réunissant peintures, dessins et ouvrages illustrés, au contenu érotique parfois explicite, l’exposition du Musée du Luxembourg met pour la première fois en lumière l’œuvre de Fragonard à travers ce prisme amoureux, la resituant à la croisée des préoccupations esthétiques et morales du siècle des Lumières.


Jean-Honoré Fragonard, "Le Verrou", vers 1777-1778, huile sur toile, 74 x 94 cm,
 Paris, musée du Louvre, département des Peintures, © Photo Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Daniel Arnaudet

Jean-Honoré Fragonard, "L'Enjeu perdu ou Le Baiser gagné", vers 1759-1760, huile sur toile, 48,3 x 63,5 cm, New York, 
The Metropolitan Museum, don de Jessie Woolworth Donahue, 1956, © The Metropolitan Museum of Art, dist. Rmn-Grand Palais / image of the MMA

Jean-Honoré Fragonard, "La Résistance inutile", vers 1770-1773, huile sur toile, 45 x 60 cm,
 Stockholm, Nationalmuseum, © Nationalmuseum, Stockholm

dimanche 12 juillet 2015

Alexandre Séon (1855-1917), La Beauté idéale

Alexandre Séon (1855-1917), La Sirène, 1896. Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole © photo Yves Bresson
Alexandre Séon (1855-1917), La Beauté idéale
du 19 juin au 28 septembre 2015

 Alexandre Séon (1855-1917) compte parmi les artistes les plus passionnants du mouvement symboliste français. Entre la fin des années 1880 et la Première Guerre mondiale, poètes, peintres et musiciens revendiquaient le droit au rêve et à la subjectivité dans un monde matérialiste qu’ils rejetaient. Las du naturalisme et de l’impressionnisme, et fidèles à l’héritage de Charles Baudelaire, ils invoquaient l’Idéal et le culte de la Beauté. Séon fut l’un des acteurs marquants de ce moment que l’on a appelé la « lutte idéale » ; pour autant, si certaines de ses œuvres figurent régulièrement dans des expositions consacrées au symbolisme, et sont conservées dans d’importantes collections publiques (Paris, musée d’Orsay, musée du Petit Palais et musée Carnavalet, musées de Saint-Etienne, Lyon, Brest, Carcassonne), aucun ouvrage monographique ne lui a jamais été dévolu et l’exposition du musée de Quimper sera la première consacrée à l’artiste depuis l’importante présentation de son œuvre à la Galerie Georges Petit en 1901.

Une vie dédiée à la Beauté
  Natif de Chazelles-sur-Lyon, Séon, qui est bercé par les légendes foréziennes et le souvenir de L’Astrée d’Honoré d’Urfé, étudie aux Beaux-Arts de Lyon, puis à Paris dans l’atelier d’Henri Lehmann, élève d’Ingres, chez qui il côtoie d’autres futurs symbolistes et se lie d’amitié avec Georges Seurat. D’emblée, l’artiste manifeste sa singularité. Son admiration pour Poussin, sa proximité avec Puvis de Chavannes qu’il assiste dans les travaux de décor du Panthéon et son sens inné du symbole donnent à son œuvre un « style » inimitable. Pureté d’un dessin qui dématérialise le réel, symbolisme des lignes et des teintes, largesse de la conception sont mises au service d’un art qui doit élever le spectateur. Dès le milieu des années 1880, son décor pour la Salle des mariages de la Mairie de Courbevoie, dont il a remporté le concours, est une éclatante réussite ; on y décèle ce que sera l’art de Séon pendant trente ans : noblesse de la conception, quête jamais démentie d’un Idéal, perfection de la forme, ambition décorative et préoccupations sociales. Homme solitaire et d’une intégrité artistique sans concession, le peintre ne se complaît pas pour autant dans une tour d’ivoire. Toute sa vie, il sera un militant. Avec le « Sâr » Joséphin Péladan, il fonde en 1891 le Salon de la Rose+Croix, manifestation esthétique d’avant-garde destinée à resacraliser l’art et à lutter contre le « réalisme ». Ces Salons, de 1892 à 1897, restent un moment fort de la vie artistique de l’époque ; de nombreux artistes majeurs, de Bourdelle à Khnopff, Hodler et Rouault, y firent leurs premières armes et le Tout-Paris les visita, de Gustave Moreau à Verlaine et de Huysmans à Zola.
  C’est ensuite au sein des Universités populaires, fondées par Georges Deherme, que l’artiste met en pratique ses convictions : communiquer la beauté au plus grand nombre. Ses œuvres sont accrochées dans les locaux de l’université populaire du Faubourg Saint-Antoine, il édite des estampes à bas prix pour les foyers modestes et organise des visites du Louvre pour les ouvriers. Professeur de dessin des écoles de la Ville de Paris durant toute sa vie, la pédagogie et l’action sociale seront au cœur de sa pensée. Il sera ainsi partisan du projet de Palais du peuple, et ce « doux socialiste » ainsi qu’il est qualifié par un critique, aura toujours à l’esprit de rendre accessibles les œuvres d’art aux plus modestes. 
  Dans la tradition de Ruskin et de William Morris, Séon plaidera aussi sans relâche pour la formation artistique des ouvriers, afin d’influer sur le goût des consommateurs, tout comme il se battra pour l’embellissement des villes et la défense de la nature...

Alexandre Séon, Le Récit, 1898, huile sur toile, collection musée des beaux-arts de Brest

Alexandre Séon, le desespoir de la chimère


Voir aussi
Alexandre Séon: Les Salons de la Rose+Croix
Alexandre Séon: Bréhat

mercredi 6 mai 2015

Pierre Bonnard. Peindre l'Arcadie

Pierre Bonnard, La Toilette, dit aussi La Toilette rose. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski © ADAGP, Paris 2015

Pierre Bonnard. Peindre l'Arcadie
du 17 mars au 19 juillet 2015

  Après les expositions Bonnard organisées dans le monde entier, le musée d'Orsay se devait de lui consacrer une rétrospective représentative de toutes les périodes de sa création.
Pratiquant l'art sous des formes multiples, Bonnard a défendu une esthétique essentiellement décorative, nourrie d'observations incisives et pleines d'humour tirées de son environnement immédiat.

  Du tableautin au grand format, du portrait à la nature morte, de la scène intime au sujet pastoral, du paysage urbain au décor antique, l'œuvre de Bonnard nous révèle un artiste instinctif et sensible.
Sa palette aux couleurs vives et lumineuses en fait l'un des principaux acteurs de l'art moderne et un représentant éminent du courant arcadien.

Pierre Bonnard, Femmes au jardin, Femme à la pèlerine
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
© ADAGP, Paris 2015
Pierre BonnardFemmes au jardin, Femme à la robe à pois blanc
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
© ADAGP, Paris 2015

Pierre Bonnard, Femmes au jardin, Femme à la robe quadrillée
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski 
© ADAGP, Paris 2015
Pierre Bonnard, Femmes au jardin, Femme assise au chat
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
© ADAGP, Paris 2015




































mardi 5 mai 2015

Jacques-Émile Blanche, peintre, écrivain, homme du monde


Jacques-Émile Blanche, peintre, écrivain, homme du monde
du 7 mai au 6 septembre 2015
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  Fils et petit-fils de médecins célèbres, familier dès l’enfance du Tout-Paris et du monde des arts, Jacques-Émile Blanche avait tous les talents. « J’oublie un peu quelle est ma véritable profession, peintre ou écrivain d’abord ? Écrivain-peintre ou peintre-écrivain ? ». Le goût de la peinture et la passion des lettres se rejoignent dans ses portraits de personnalités littéraires : celui de Proust, qui a fixé pour la postérité les traits de l’écrivain, ou ceux de Cocteau, Gide, Barrès, Radiguet, Claudel ou Mauriac qui, pour la plupart, étaient ses amis…

  Si sa situation sociale l’a mis en contact avec toutes les célébrités de la Belle Époque et de l’entre-deux-guerres, elle lui a offert aussi le loisir de choisir lui-même ses modèles : artistes, musiciens, gens du monde ou anonymes. On ne saurait pourtant réduire l’œuvre de Blanche au portrait, lui qui a pratiqué avec succès des répertoires variés : scènes de la vie moderne, vues de ville, scènes de genre ou grands décors.

  L’exposition présentée du 7 mai au 6 septembre 2015 au Palais Lumière d’Évian propose d’évoquer la carrière du peintre dans sa globalité. Reposant principalement sur l’important fonds du musée des Beaux-Arts de Rouen – plus de 140 œuvres – à qui l’artiste fit une donation, cette grande rétrospective est complétée par des œuvres majeures provenant de collections françaises publiques et privées.

vendredi 20 mars 2015

De Giotto à Caravage. Les passions de Roberto Longhi

Caravage, Michelangelo Merisi dit (1571 - 1610), Garçon mordu par un lézard 1594 Huile sur toile 65,8 x 52,3 cm Florence, 
Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi © Firenze, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi
 De Giotto à Caravage. Les passions de Roberto Longhi  
du 27 mars au 20 juillet 2015


L’exposition présente les grands noms de la peinture italienne, du XIVe au XVIIe siècle, redécouverts par Roberto Longhi (1899/1890-1970), l’une des personnalités majeures de l’histoire de l’art italien. Giotto, Masaccio, Masolino, Piero della Francesca, Ribera, Caravage… autant d’artistes de premier plan qui seront ainsi mis en lumière. Aux œuvres issues de la Fondation Roberto Longhi, présentées pour la première fois en France, répondront les œuvres prêtées par les plus grands musées français et italiens. Un dialogue inédit entre ce grand connaisseur et ses passions artistiques.

L’exposition s’ouvre sur une section consacrée aux œuvres de Caravage dont le célèbre Garçon mordu par un lézard de la Fondation Roberto Longhi (Florence). Artiste emblématique pour lequel Roberto Longhi s’est passionné, Caravage a révolutionné la peinture italienne du XVIIe siècle en passant d’une peinture naturaliste à une peinture plus inspirée, marquée par le clair-obscur. Autour du Garçon mordu par un lézard, deux autres œuvres de Caravage sont exceptionnellement réunies : Le Couronnement d’épines de la Collezione Banca Popolare di Vicenza et L’Amour endormi de la Galleria Palatina (Florence).

Fidèle à la démarche de Roberto Longhi, l’exposition mettra en regard les œuvres de Caravage et de ses émules, en montrant l’influence des thèmes et du style de cet artiste sur ses contemporains, à Rome d’abord, puis dans toute l’Europe. Carlo Saraceni (vers 1579 – 1620) et Bartolomeo Manfredi (1582-1622) ont contribué à populariser les thèmes travaillés par Caravage – figures du Christ, scènes bibliques… – et à les diffuser. Deux générations reprendront ces thèmes à leur compte : Jusepe Ribera (1591-1652) à travers ses apôtres saisissants, Matthias Stomer (1600 – 1652) ou Mattia Preti (1613 – 1699).

Au cours de ses recherches, Roberto Longhi s’est également intéressé aux primitifs, ces artistes rénovateurs du début du XIVe siècle (Giotto), et aussi aux artistes italiens du XVe siècle à l’origine de la peinture moderne (Masaccio, Masolino, Piero della Francesca). Quelques uns de leurs chefs-d’œuvre ont été prêtés pour cette exposition par la Galerie des Offices et la Galleria Palatina à Florence, les Musées du Vatican et les Gallerie dell’Accademia à Venise.

L’exposition retrace ainsi au Musée Jacquemart-André quelques-uns des moments clés de l’art italien grâce aux lumières apportées par Roberto Longhi, des maîtres de l’avant-garde de la Renaissance italienne, jusqu’à Caravage et les caravagesques. 

Caravage, Michelangelo Merisi dit (1571 - 1610) Le Couronnement d’épines 1602-1603 Huile sur toile 177 x 127 cm 
Vicence, Collezione Banca Popolare di Vicenza © Collezione Banca Popolare di Vicenza

Jusepe Ribera (1591 – 1652) Saint Thomas Vers 1613 Huile sur toile 126 x 97 cm Florence, Fondazione di 
Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi © Firenze, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi

Giotto di Bondone (vers 1266/67 - 1337) Saint Jean L’Évangéliste ; Saint Laurent 1320 Tempera sur bois 140 x 55 cm
 chaque panneau Chaalis, Abbaye royale – Institut de France © Studio Sébert Photographes

Masaccio, Tommaso di Giovanni Cassai dit (1401 - 1428) Vierge à l’Enfant vers 1426 - 1427 Tempera et or sur bois, 24 x 18 cm Florence,
 Istituti museali della Soprintendenza Speciale per il Polo Museale Fiorentino - Galleria degli Uffizi © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico Artistico ed Etnoantropologico e per il Polo Museale della Città di Firenze - Gabinetto Fotografico

Matthias Stomer (vers 1600 – après 1650) L’Archange Raphaël et la famille de Tobie Vers 1630 - 1632 Huile sur toile 99 x 124,8 cm Florence, 
Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi © Firenze, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi

«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard