Affichage des articles dont le libellé est Dottie West. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dottie West. Afficher tous les articles

vendredi 26 juin 2015

La question suave du jour : peut-on suivre les conseils vestimentaires d'une icone country ?






















Nos plus fidèles visiteurs le savent, nous n'avons rien contre un peu de bluegrass de temps à autre, un soupçon de hillbilly, voire une petite cuillère de honky tonk quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle. La musique country, consommée dans la mesure qui s'impose, permet parfois d'élever l'âme. Et quand vraiment ça ne va pas, un simple photomaton de Dolly Parton réveille les humeurs les plus sombres. 

Et puisque cette musique des Appalaches est finalement par certains aspects thérapeutique, ne peut-on pas envisager la chanteuse country comme un modèle à suivre, une femme suave qui s'assume et ensoleille les yeux par ses tenues chamarrées avec la même dextérité que sa musique caresse les oreilles ? 



































Le problème, et il est de taille, est que la chanteuse country, en gros, ne sait pas s'habiller. Ou, si nous reformulons, elle s'habille "country" ce qui est impossible à faire dans la vie quotidienne, dès lors que vous n'habitez pas Nashville, n'enregistrez pas sur 12 pistes le récit de votre enfance entre mine de charbon et alcool et n'allez pas recevoir de prix lors de cérémonies dont personne n'a jamais entendu parler en dehors d'un saloon. 

La chanteuse country, par définition, contrat ou masochisme, aime la dentelle et les franges, les robes de patineuse et les brushings atomiques. Elle aime aussi lutter de façon plus ou moins marquée contre les outrages du temps. Oui, parfois la chanteuse country semble venir de Mongolie, mais c'est uniquement parce que ses yeux sont à présent au niveau des tempes, d'où ce type asiatique qui n'a rien, en lui-même, de Tennessee. 

































Nous serions donc sur le point de crier "noooooooon" en réponse à la question du jour, si il n'y avait eu Patsy Cline, la chanteuse originelle, l'icone absolue, la pionnière. 

Née en 1932 et décédée dans un accident d'avion en 1963 à simplement 30 ans, Patsy, non seulement ouvrit la voie à toutes celles qui, grâce à elle, se dirent un jour au beau milieu des Smoky Mountains et en grattant leur guitare qu'elles pouvaient faire autre chose que 10 enfants et la lessive, mais leur montra que la frange et le daim n'était pas une fatalité. Illustrations : 






































Tailleurs avec basques ajustées, fourreaux sirène, corsaires avec ballerines or, robes chemise, débardeurs à la limite de la marinière couture : Patsy traversa sa courte existence avec classe et audace, le cheveux à peine gonflé, l'accessoire toujours bien choisi. 

Grâce à Patsy, nous pouvons donc dire, ouf, que oui, l'icone country peut être suivie vestimentairement. Regrettons simplement que ses consœurs ne l'aient pas plus observée. 

































Et terminons en précisant que ce billet n'aurait jamais vu le jour si nous n'étions pas partis à la recherche d'un Instant Drag pour mercredi prochain. Nous avons été à deux doigts de faire une grosse erreur, crazy non ? 

jeudi 19 mai 2011

L'autre question suave du jour : diva country et paillettes forment-elles une association harmonieuse ?


Si la diva country ne peut s'envisager sans extension capillaire, il en va de même pour sa garde-robe dont les variations semblent relativement limitées. Dominée par le carreau, on y retrouve en abondance de la dentelle, qui est particulièrement appréciée, souvent soutenue par des volants, là aussi, à foison, le tout accessoirisé de beaucoup de toile denim, veste et pantalon, parfois robe, puisque cette importation française, parfois simplifiée sous le nom de "jeans", rappelle le grand Ouest, les promenades à cheval et les veillées en plein air, arrosées de ragoût de haricots rouges.





Ajoutons des bottes en peau, des gros ceinturons (comme un garçon...) et l'inévitable chapeau : la diva country, prisonnière de codes sans doute retrouvés gravés sur une pierre à Yellowstone, est le plus souvent proche du déguisement et de la caricature.

Heureusement, en 1932, le Tenessee nous offrit Dottie West !


L'histoire de celle qui est considérée comme la plus grande chanteuse country oubliée de tous les temps, ressemble finalement à celle d'une bonne moitié des plus grandes chanteuses country : enfance misérable, famille de 10 enfants, père alcoolique qu'elle finira par envoyer en prison pour viol alors qu'elle n'a pas 18 ans.

Départ difficile donc mais Dottie possède un talent rare, pour le chant et la composition. Là voilà donc partie pour Nashville où elle sympathisera avec Patsy Cline avant de voir une de ses oeuvres devenir un succès par un autre. Profitant de ce début de célébrité, elle signera enfin un contrat, enregistrera un titre qui remportera le Grammy Award de la meilleure prestation country de 1964, faisant d'elle la première femme à recevoir ce trophée. Et cela donne ceci :



Evidemment l'ensemble est encore hésitant, le style capillaire emprunté à d'autres mais ne remarquons-nous pas immédiatement un détail : cela brille. Pour son premier succès, Dottie a opté pour le sequin et c'est révolutionnaire, jusqu'à ce qu'on lui fasse comprendre que ce n'est pas country.

Les années passent, Dottie devient une star et enchaîne les succès, enregistre des duos qui se vendent aussi bien que des Winchester et compose même pour Coca-Cola en 1970 la musique de leur nouvelle campagne publicitaire. Et cela donne cela :



Malheur : des carreaux, des manches brodées, un brushing western : Dottie West est rentrée dans le rang. Elle si prometteuse à ses débuts, la voilà presque banale. Va-t-elle réagir, trouver l'énergie, le courage et le couturier pour arrêter cette mascarade ? La réponse est heureusement oui.

Dans un de ces retournements de situation que seul Hollywood normalement produit, Dottie décida de totalement changer son image et demanda au couturier Bob Mackie, surnommé le Raja des paillettes, l'homme derrière Cher ou Diana Ross, de lui confectionner une toute nouvelle garde-robe. Il en résulta une féerie de lamés, une avalanche de lurex, une orgie de cristaux sans lesquels Dottie ne fit plus une apparition. En 1980, sûre d'elle, elle proposera un album assez hot, country hot s'entend, posera pour le très risqué magazine "Oui" et obtiendra son premier numéro 1. Et ce sera ce qui suit :



Balayage Farrah Fawcett, décolleté Tina Turner, fuseau Cher : la country ne sera plus jamais la même. Dottie continuera en brillant de mille feux jusqu'en 1991, date à laquelle elle quitte l'autoroute la menant à Nashville et s'encastre dans un poteau, non au volant de sa voiture, offerte par Kenny Rogers et tombée en panne mais celle d'un voisin octogénaire, un peu trop heureux de la conduire à un concert.

Dottie West n'est dans aucun Hall of Fame, ses affaires ont été récemment vendues sur Ebay par sa petite-fille mais retenons deux choses : tout d'abord une suave parole "Le shopping est la meilleure des thérapies" et un acte fort suave : elle a réconcilié la country et les paillettes. Dolly Parton la remercie tous les jours.