Affichage des articles dont le libellé est coutumes-traditions. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est coutumes-traditions. Afficher tous les articles

mercredi 1 mai 2013

Muguet du 1er mai fêtant le retour véritable des beaux jours

Si la coutume de se fleurir de muguet le 1er mai s’enracine en 1907 en région parisienne et symbolise le retour véritable des beaux jours, elle puiserait son origine sous Charles IX, qui en 1561 offrit cette fleur comme porte-bonheur, ce mois étant longtemps associé à la très symbolique plantation d’un mai, mais également à la crainte d’entreprendre quoi que ce soit

Il en est du mois de mai comme des femmes, écrit Ernest Laut du Petit Journal illustré, dans le numéro du 1er mai 1921, avant d’ajouter qu’on en dit beaucoup de bien et beaucoup de mal. Les poètes l’ont célébré comme le mois des roses et de l’amour, l’époque du réveil de la nature et de sa fécondation. Mais, d’autre part, on l’a regardé souvent comme un mois dangereux et décevant.

Souvenir de mai
Souvenir de mai
Selon notre chroniqueur, les Anciens avaient, de ce fait, voué au mois de mai une véritable rancune. Ils l’appelaient un mois néfaste et recommandaient de ne rien entreprendre durant cette époque de l’année. Ils refusaient même de se marier en mai, et Horace a consacré cette superstition dans ses vers : « Les flammes de l’hymen qui s’allumeront pendant le mois de mai, a-t-il dit, se changeront bientôt en torches funèbres. » Ce préjugé n’avait pas encore complètement disparu au début du XXe siècle, les statistiques de l’état civil montrant que les mariages étaient infiniment plus nombreux en avril et en juin qu’en mai.

Ce mois, pourtant, ne porte plus le poids de tant de haines injustifiées. Et, de toutes les traditions qui le concernent, une seule a réellement survécu, c’est celle qui en fait la saison des métamorphoses, l’époque bénie du renouveau. En maintes régions, on célébrait avec le premier jour de mai, le véritable retour du printemps.
En Alsace, notamment, on allumait de grands feux de joie la nuit du 30 avril au 1er mai, et l’on donnait la représentation de la lutte entre deux personnages figurant l’Hiver et l’Eté. L’Hiver, tout naturellement, succombait ; et on l’enterrait comme on enterre quelquefois le Carnaval, tandis que l’Eté, couronné de roses, était porté en triomphe.

En Lorraine, c’était un jour de joie populaire consacré surtout à fêter la jeunesse et la grâce. On chantait des trimazos, sorte de poèmes de circonstance tour à tour pieux ou badins. Ces trimazosdevaient leur nom à ce fait qu’ils étaient chantés par trois jeunes filles vêtues de robes blanches, qui allaient de maison en maison chanter et danser pour célébrer la fête du printemps. On leur donnait, en retour, des œufs ou de l’argent. Certains de ces trimazos ont une bien jolie saveur naïve et poétique ; mais ils sont sortis de la mémoire du peuple : on ne les trouve plus que dans les livres.

Mais le premier jour du cinquième mois de l’année ramenait jadis dans nos campagnes une coutume que l’on pratiquait à peu près dans toutes les régions : il s’agit de la plantation du mai. Le mai consistait en un petit arbre sans racine que l’on plantait d’ordinaire le premier jour de ce mois, soit devant la porte, soit sur le toit de la maison habitée par une personne à laquelle on voulait faire honneur. Les amoureux timides trouvaient là l’occasion d’exprimer leurs sentiments à celles qu’ils aimaient.

Et il advint que ces arbustes, suivant qu’ils étaient de telle ou telle essence, prirent un sens symbolique déterminé. Chacun d’eux avait sa signification : le bouleau voulait dire vertu ; le saule, coquetterie ; le sureau, mépris ; le genêt, bêtise ; la fougère, fierté ; l’aulne, abandon ; le coudrier, amour passionné. Ainsi, les jeunes gens faisaient aux filles du village aveux ou reproches ; et, devant les maisons, des rondes s’organisaient, dont chacun reprenait le refrain :

Plantons le mai
Le mai du joli mois de mai.
Et puis chantons quand on plante,
Et puis plantons quand on chante,
Le mai, le mai
Qui nous rend le cœur gai

Le mai avait un double caractère : c’était ou un hommage aux personnes de qualité, tel le mai que les clercs de la basoche allaient planter dans la cour du Palais de Justice à Paris, en l’honneur des magistrats du Parlement, ou bien une galanterie des amoureux, à l’objet de leur tendresse. De cette dernière coutume, on avait, au XIVe siècle, formé le joli verbe « émayoier », donner le mai, que l’on trouve dans une poésie de Froissart :

Pour ce vous veux, madame, émaoyier,
Au lieu d’un may, d’un joli cœur que j’ai.

Les corporations du Moyen Age fêtaient aussi le 1er mai. Celle des orfèvres de Paris, notamment, faisait, ce jour-là, un présent à l’église de Notre-Dame. Ce présent fut d’abord un arbre planté devant le portail de la cathédrale ; puis ce fut une œuvre d’art. A la fin du XVIIe siècle, c’était un tableau de sainteté qu’on appelait le « tableau de mai ». Ce tableau, dont le sujet était tiré des Actes des Apôtres, restait exposé devant le portail de l’église les premiers jours du mois, et, pendant le reste de mai, il était suspendu dans la chapelle de la Vierge.

C’était aussi le 1er mai que, jadis, les grandes eaux jouaient à Saint-Cloud. Les bons bourgeois parisiens ne manquaient jamais de se rendre à cette fête de banlieue, au moyen d’un bateau qui s’appelait la Galiote, et que des chevaux, attelés à de longues cordes, hâlaient à la façon des bélandres de nos canaux. C’était, depuis les Tuileries jusqu’à Saint-Cloud, un interminable voyage qui durait plusieurs heures.

La fête de Mai
La fête de Mai

Mai, aux temps antiques, était l’époque où la navigation, interrompue pendant l’hiver, reprenait. Les galères quittaient en grand nombre les ports de la Méditerranée, se dirigeant vers l’Egypte et les côtes d’Afrique pour échanger les parfums et les tissus de l’Orient contre les vins et les métaux de la Gaule et de l’Italie.

Mai aurait aussi sa place dans une histoire des assemblées législatives. C’est en mai, en effet, que les Carolingiens tenaient leurs assemblées politiques. Les Francs avaient coutume de réunir tous les ans, d’abord en mars, leurs guerriers, dans un lieu consacré qu’on appelait le « Champ de Mars ». Sous Charlemagne, la date de l’assemblée fut reculée jusqu’en mai. Ces réunions disparurent après la ruine de l’empire carolingien : les « champs de mai » furent remplacés par les États Généraux.

Ce mois inspira un certain nombre de proverbes à la sagesse des nations. La plupart concernent l’agriculture. Ils nous indiquent, en général, que la pluie en mai n’est pas souhaitable. Ils nous mettent en garde contre le retour possible d’un peu de froid :

Saint Mamert, saint Gervais, saint Pancrace,
Ce sont toujours des vrais saints de glace.

Et ils nous conseillent de ne pas nous alarmer si nous sommes parfois un peu fiévreux pendant ce mois :
Qui a la fièvre au mois de mai,
Le reste de l’an vit sain et gai.

Croyez-vous à l’astrologie ? Elle nous apprend que les femmes nées en mai sont généralement jolies, gracieuses et sensibles, de caractère droit et courageuses dans les épreuves de la vie. Quant aux hommes, ils sont gais, aimables, ingénieux, loyaux. Le destin leur est souvent favorable.

Aujourd’hui, rapporte encore Ernest Laut en 1921, dans la région parisienne, le 1er mai est surtout la fête du muguet. Dès les derniers jours d’avril, les bois qui forment à Paris une ceinture de verdure sont envahis par la foule de gagne-petit qui vont à la recherche de la jolie fleur aux clochettes d’argent. On trouve le muguet un peu partout dans la forêt, aux environs de Paris, mais on le trouve d’autant plus abondant qu’on s’éloigne de la capitale.

Dans les bois de l’Isle-Adam, de Chantilly, aux environs d’Ermenonville, particulièrement, les chercheurs de muguet font de bonnes moissons. Mais le pays du muguet, c’est la forêt de Rambouillet, dans toutes ses parties, et plus particulièrement du côté des Yvelines. Quelques années avant la guerre, la ville de Rambouillet n’avait-elle pas institué une fête du muguet qui, chaque 1er mai, était un hommage renouvelé à la fleurette parfumée dont l’éclosion marque le retour des beaux jours ?

Quelle Parisienne oublierait de mettre ce jour-là un brin de muguet à son corsage ? Quel Parisien négligerait de glisser à sa boutonnière un petit bouquet de la fleur aimée ? Paris qui, à en croire une statistique du temps, achète alors pour plus de cinquante millions de fleurs, Paris a une tendresse particulière pour le muguet.

lundi 1 avril 2013

origine du Poisson d’avril


Le Poisson d’avril, tout le monde le sait, n’est autre chose qu’une attrape, un piège innocent (et bienséant, cela va sans dire) que l’on tend à quelque personne amie, parente ou familière, le premier jour de ce mois d’avril. Donner un poisson d’avril à quelqu’un, c’est lui faire faire une démarche inutile, lui annoncer une nouvelle qu’on invente, l’envoyer au-devant de quelqu’un qui ne vient pas, en un mot, se divertir un peu à ses dépens, et éprouver sa patience.

Une première origine est donnée par des ouvrages tels que l’Origine des proverbes, le Dictionnairede Trévoux au mot Avril, ou encore le Spectateur anglais : l’expression poisson d’avril serait liée à la corruption de la passion de Jésus-Christ qui arriva le 3 avril : Jésus étant renvoyé d’un tribunal à l’autre, et contraint de faire diverses courses par manière d’insulte et de dérision, on aurait pris de là la froide coutume de faire courir et de renvoyer, d’un endroit à l’autre, ceux dont on voulait se moquer.


En effet, dans les premiers temps du christianisme, le clergé, afin de graver plus puissamment dans l’esprit des populations le sentiment et le souvenir des mystères de la religion catholique, eut recours à des représentations scéniques. Lors des grandes fêtes de l’année, le peuple venait écouter pieusement ces pièces religieuses, qui n’étaient pour lui qu’un commentaire vivant de l’évangile du jour. Rien de profane ne se mêlait à ces jeux, et ce ne fut que plus tard, au XIIIe siècle, que des éléments profanes vinrent se mêler à ces cérémonies religieuses et en modifier à la longue le caractère sacré. Dans les premiers jours d’avril avaient lieu ces représentations de la Passion, et l’assistance écoutant avec terreur, voyait le Christ, raillé et renvoyé de Caiphe à Pilate et de Pilate à Caiphe. Plus tard, l’habitude rendit la terreur moins grande, et quelques railleurs impies, en revenant le soir de l’église, s’amusèrent à répéter la scène du matin aux dépens de leurs amis ou de leurs voisins. De là, l’origine avancée de ce jeu du premier avril, et le nom de passion passant de bouche en bouche et n’étant plus guère compris, devenant le mot poisson.

Une deuxième origine fut proposée : le mois d’avril étant peu favorable à la pêche, plus d’un gourmand se serait vu, à cette époque, privé d’un plat délicat sur lequel son palais avait compté. Mais cette explication, pour suffisante qu’elle soit à justifier l’expression Manger du poisson d’avril, semble n’avoir aucun rapport avec les facéties du 1er avril.

On donne également une troisième origine, beaucoup plus récente, de cette expression : un prince de Lorraine que Louis XIII faisait garder à vue dans le château de Nancy, aurait trompé ses gardes et se serait sauvé en traversant la rivière de Meurthe, le premier jour d’avril. Certes le duc Nicolas François, frère de Charles III, duc de Lorraine, quitta son évêché de Toul et le chapeau de cardinal par politique d’État, avant d’épouser à Lunéville, au mois de mars 1635, la princesse Claude, sa cousine germaine, fille de Henri II. Puis, s’étant retiré à Nancy et ayant eu vent qu’on voulait le conduire à la cour de France, il trompa ses gardes.

Mais en réalité, le prince ne passa point la rivière de Meurthe à la nage, et sortit par une des portes de la ville, déguisé en paysan, portant une hotte pleine de fumier, de même que la princesse. Il aurait simplement délibérément choisi la date du 1er avril pour s’échapper et tromper les Français. Une jeune paysanne des environs de Nancy, qui fournissait journellement du laitage à la cour, reconnut la princesse malgré son déguisement et, l’ayant dit à quelques soldats de la garde, ceux-ci se figurèrent que cette fille voulait leur donner à tous le poisson d’avril, en les faisant courir mal à propos ; ce qui donna au prince et à la princesse le temps de gagner leurs chevaux pour se réfugier à Bruxelles, auprès du cardinal Infant. Cette évasion fit dire au peuple que le roi avait donné à garder un poisson d’avril, mais l’usage était connu au XIVe siècle, à en juger par les manuscrits du pasteur Paul Ferry relatifs à l’histoire de Metz et dans lesquels il cite déjà l’expression...

Une quatrième opinion fait remonter l’origine de la coutume au changement opéré sous Charles IX, quand l’année, qui jusqu’alors avait commencé le jour de Pâques, dut s’ouvrir le 1er janvier. Les étrennes du premier de l’an furent donc offertes trois mois plus tôt, et il ne resta dès lors pour l’ancien premier jour de l’an que des félicitations pures et simples, auxquelles les mauvais plaisants ajoutèrent des cadeaux ridicules ou des messages trompeurs.

Un des plus curieux poissons d’avril dont le bon vieux temps nous ait légué le souvenir, se déroula en 1686 et mit en scène un abbé de Caen, Michel de Saint-Martin, né à Saint-Lô en 1614, original toujours crédule au dernier point, bonhomme par-dessus tout. Ce personnage était, pour les sociétés de la ville, un divertissement que les habiles faisaient alterner avec la lecture de la Gazette de France ou duMercure Galant. Notez que le digne ecclésiastique sacrifiait aux muses, et se proclamait un dévoué serviteur des sciences et des lettres ; mais ses ouvrages étaient à la hauteur de ses idées et de sa conduite. Il publia, entre autres, un livre bizarre, singulier, absurde, intitulé : le Moyen de vivre en santé au delà de cent ans. Or, il était difficile après cela de ne pas jouer quelque bon tour à l’auteur : les nouvelles de la cour en fournirent bientôt l’occasion.


Les gazettes étaient remplies de détails circonstanciés sur l’arrivée en France et sur la réception prochaine, à Versailles, des ambassadeurs du Royaume de Siam (ancien nom de la Thaïlande), accompagnés du premier ambassadeur français qui y avait été dépêché l’année précédente par Louis XIV, Alexandre de Chaumont. Les sociétés de Caen s’entretinrent longtemps de cet événement, qui faisait grand bruit. Notre bon abbé n’étant pas des derniers à s’enquérir des histoires merveilleuses racontées à ce sujet, il ne parla plus, ne pensa plus et ne rêva plus qu’aux ambassadeurs siamois, avant qu’une idée des plus folles ne traversât la cervelle de quelques gens du bel air, certains de trouver appui dans toute la ville, plus certains encore d’avoir un auxiliaire puissant dans la crédulité de leur victime. Le premier avril arrivait dans quelques jours. On annonça à M. l’abbé de Saint-Martin que Sa Majesté le roi de Siam, après s’être fait lire son admirable livre, avait été si charmée de l’incomparable découverte que ce livre renfermait, qu’elle avait résolu d’envoyer à l’auteur des ambassadeurs pour lui offrir le rang de mandarin et le titre de son premier médecin.

Toute la ville s’en mêla : les gens les plus graves y prêtèrent volontiers les mains, les sévères magistrats tout comme les autres. Tout fut prévu ; il y eut autorisation du roi de France pour conférer à l’abbé les hautes dignités de mandarin et d’Esculape. La mascarade fut complète. Le bonhomme dut se croire mandarin, en toute sécurité, et ce fut grand plaisir de le voir revêtu et chamarré des insignes de ses nouvelles fonctions. Mais le jour d’avril passé, l’abbé ne put croire à ce poisson d’un nouveau genre, et deux années s’écoulèrent avant qu’il voulût bien reconnaître qu’on s’était moqué de lui. En 1738, Charles-Gabriel Porée, écrivant sous le pseudonyme de Censorinus Philalethes, rassembla nombre d’anecdotes amusantes sur les extravagances de l’abbé de Saint-Martin, dans un ouvrage intitulé La Mandarinade, ou Histoire du mandarinat de l’abbé de Saint-Martin.

source : france-pittoresque

samedi 30 mars 2013

Passage à l’heure d’été et rapport de nos ancêtres avec le temps

 
 
Pour la vingt et unième fois, écrit un chroniqueur du Petit Parisien en 1937, nous avons l’heure d’état. La réforme, en effet, date de 1916. Si, au début, elle rencontra quelques résistances, vite vaincues, d’ailleurs, en raison des économies qu’elle entraînait, elle est aujourd’hui acceptée comme un bienfait par la grande majorité de la population, ajoute-t-il avant d’en brosser la genèse et de s’appesantir sur la précision de l’heure au fil des siècles, et d’aborder la question des heures des repas.
Le passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été s’accomplit donc, chaque année, sans bouleverser nos habitudes et sans troubler notre vie, nous explique Jean Lecoq, du Petit Parisien. Mais lorsque, il y a vingt et un ans, en pleine guerre, la réforme fut proposée au Parlement, des protestations s’élevèrent ; et c’est au nom de la science que les plus graves furent formulées. Nos astronomes se dressaient contre ces parlementaires qui se permettaient — sans les consulter — de mettre des bâtons dans les roues du char du soleil.

Donner ainsi un coup de pouce d’une heure à nos pendules leur paraissait un acte tout à fait inconsidéré. Tout au moins, disaient certains d’entre eux, devrait-on, comme le faisaient jadis les Babyloniens, avancer méthodiquement les horloges de trente secondes par jour entre le solstice d’hiver et le solstice d’été... Oui, mais les Babyloniens avaient, sans doute, du temps à perdre et de la patience à revendre. Nous sommes, « au jour d’aujourd’hui », comme dit l’autre, moins scrupuleux à l’égard de la science, et plus pressés. Au surplus, en 1916, l’état de guerre excusait tout. Et la science pouvait bien souffrir quelques atteintes s’il en résultait des économies nécessaires.

Or, la réforme, bien que tardivement accomplie cette première année — du 15 juin au 1er octobre — entraîna, à Paris, une diminution importante de l’éclairage public et privé et, par conséquent, une sensible économie de charbon. La direction des inventions intéressant la Défense nationale estima qu’en ces trois mois et demi, pour toute la France, l’économie de charbon avait dû être de 300 000 tonnes, valant 30 millions de francs. Ces chiffres ne manquaient pas d’éloquence. Ils donnent une idée de ce qu’ont pu être depuis vingt ans les économies réalisées grâce à l’adoption définitive de l’heure d’été.

Or il est curieux de signaler qu’il y a cent cinquante-trois ans déjà qu’un homme de génie eut l’idée de préconiser, pour l’été, cette économie de la lumière artificielle, et de conseiller aux Parisiens de régler leur vie sur la lumière du jour. Cet homme n’était autre que le bonhomme Franklin. Le 26 avril 1744, leJournal de Paris, alors l’unique quotidien de la capitale, publiait une lettre signée : « Un abonné ». Franklin en était l’auteur. Il racontait qu’étant rentré chez lui à trois heures du matin, après une soirée passée chez des amis, il s’était couché et n’avait pas tardé à se réveiller au bruit que des voisins faisaient au-dessus de sa tête.

« Je fus étonné, disait-il dans cette lettre, de voir ma chambre très éclairée, et j’imaginai d’abord qu’on y avait allumé une douzaine de lampes ; mais, en me frottant les yeux, je reconnus que la lumière entrait par les fenêtres, mon domestique ayant oublié de fermer les volets, et le soleil s’élevait à ce moment même des bords de l’horizon. Je regardai mes montres, qui sont fort bonnes, et je vis qu’il n’était que six heures. Trouvant extraordinaire que le soleil se levât si tôt, j’allai consulter l’almanach et j’y lus que cet astre continuerait de se lever tous les jours plus matin jusqu’à la fin de juin.

« Ceci m’a suggéré plusieurs réflexions sérieuses, poursuivait Franklin. J’ai considéré que, sans l’accident qui a abrégé aujourd’hui mon sommeil, j’aurais dormi six ou sept heures de plus ; et que beaucoup de personnes font chaque jour de même. Supposons qu’il y ait dans Paris cent mille familles dont chacune consomme une demi-livre de bougie par heure : cette consommation se prolonge pendant six mois, avec une moyenne journalière de sept heures, ce qui représente, pour les cent mille familles de Paris seulement et pour les 128 millions d’heures de consommation, 64 050 000 livres pesant de cire, au prix moyen de trente sous la livre, une dépense annuelle de 96 075 000 livres tournois. Quelle découverte et quelle économie, s’écriait Franklin, si l’on persuadait aux Parisiens de vivre uniquement l’été à la lumière du jour !... Mais comment les convaincre ? »

Et le Bonhomme proposait trois moyens : « 1° Mettre une taxe d’un louis sur chaque fenêtre qui aura des volets empêchant la lumière d’entrer dans les appartements aussitôt que le soleil est sur l’horizon ; 2° Etablir pour la consommation de la cire et de la chandelle une loi salutaire de police afin de diminuer cette consommation ; placer des gardes aux boutiques des ciriers, et ne permettre à chaque famille que l’achat d’une livre par semaine ; 3° Faire sonner toutes les cloches des églises au lever du soleil, et, si cela ne suffit pas, faire tirer un coup de canon dans chaque rue pour ouvrir les yeux des paresseux sur leur véritable intérêt ».

Telle était la proposition de Franklin. Inutile d’ajouter qu’elle n’eut aucun succès. On la considéra comme un badinage, et les pouvoirs publics se gardèrent de la prendre au sérieux. Les Parisiens de 1744 demeurèrent tout à fait indifférents, et ne virent pas le côté intéressant de la réforme préconisée par le Bonhomme. Félicitons-nous qu’il n’en ait pas été de même des Parisiens de 1916 quand le changement d’heure fut proposé, se félicite le chroniqueur du Petit Parisien qui ajoute que quoi qu’en disent les louangeurs du temps passé, nous sommes quelquefois plus sages que nos aïeux.

Le souci de la précision de l’heure est un souci tout moderne. Les anciens ne l’avaient guère. A Rome, le jour était bien divisé en douze parties, mais les heures d’été étaient plus longues que les heures d’hiver, attendu que le jour, en été, est plus long qu’en hiver. C’est des Romains que nous vient la division du jour en quatre parties de trois heures chacune : prime, tierce, sexte, none, division qui nous a été conservée par la liturgie. Sans remonter bien loin, chez nous, on trouve une véritable anarchie dans la réglementation de l’heure. Les montres de nos pères étaient bien jolies, mais elles marchaient au bonheur.

On sait que les beaux seigneurs du XVIIIe siècle avaient coutume d’en porter deux, une dans chacun de leurs goussets, tenues par la même chaîne. Un auteur de mémoires du temps raconte qu’un gentilhomme tirant un jour les siennes un peu brusquement, les fit choir toutes deux, et s’écria : « Voilà la première fois qu’elles tombent d’accord. » Quant aux horloges publiques, elles marchaient autrefois en dépit du bon sens. Comme elles étaient réglées sur le temps vrai, c’est-à-dire sur le passage du soleil au méridien, il eût fallu régulièrement les modifier tous les jours. On se contentait de les mettre à l’heure toutes les semaines ; et l’opération se faisait de telle façon qu’au dire de François Arago, « on entendait souvent la même heure sonnée par différentes horloges pendant une demi-heure. »

En 1816, enfin, le préfet de la Seine, M. de Chabrol, pour remédier à cet inconvénient, institua une heure moyenne. Mais il ne se décida à accomplir cette réforme qu’après de longues hésitations. Il avait peur que la population ouvrière s’insurgeât quand elle constaterait que midi n’était plus au milieu de la journée. La population ouvrière, d’ailleurs, accepta fort bien la réforme ; elle n’eut même pas l’air de s’en apercevoir. De même, depuis vingt ans, poursuit notre chroniqueur, la réforme de l’heure d’été a été acceptée sans murmure. On se lève, on se met à table, on se couche une heure pus tôt, et cela, du jour au lendemain sans presque s’en rendre compte. Il serait à souhaiter que toutes les lois nouvelles ne troublassent pas plus la vie sociale que ne l’a troublée celle-ci.

Dans les temps modernes on constate chez tous les peuples, et surtout dans les grandes villes, une tendance à retarder de plus en plus l’heure du coucher. Du même coup, se trouve retardée l’heure du lever, et l’on en arrive ainsi à faire de la nuit, le jour, et du jour la nuit. Nos ancêtres, de ce point de vue, étaient plus raisonnables. Les chroniqueurs nous racontent que le bon roi Louis XII se levait entre six et sept heures, déjeunait à dix et soupait entre trois et quatre heures. Après quoi il allait faire une petite partie de chasse, afin de digérer son repas. Dans une lettre écrite en l’an 1510, par un de ses familiers, nous lisons ceci : « Après souper, environ quatre et cinq, nous allâmes avec le Roy chasser au parc. »
Puis, la promenade ou la partie de chasse terminée, le roi rentrait au palais et se couchait bien sagement entre sept et huit heures. Il devait à ce régime sa belle santé. Mais voilà que, sur ses vieux jours, il eut l’idée de prendre pour épouse la princesse Marie d’Angleterre, laquelle était beaucoup plus jeune que lui. Et la nouvelle reine bouleversa toutes les habitude de son vieux mari. Elle retarda l’heure des repas, entraîna le roi à se coucher plus tard que de coutume, si bien qu’après quelques mois de cette existence le pauvre souverain périt de fièvre et d’épuisement.

Sous le règne suivant — celui de François Ier — on soupait à six heures. Après ce repas, les gens aisés allaient faire une petite promenade, puis chacun rentrait chez soi. Les portes des maisons se fermaient de bonne heure, au signal du couvre-feu, lequel, nous dit Villon, était donné chaque soir par
La cloche de Sorbonne
Qui toujours à neuf heures sonne.

Tel était encore l’usage sous Henri IV, c’est-à-dire au commencement du XVIIe siècle. Sully, dans sesMémoires, se charge de nous apprendre quel était alors le genre de vie de tout homme grave et mesuré dans sa conduite. Il raconte qu’il dînait à onze heures après avoir présidé le Conseil d’Etat et travaillé deux heures avec le roi. Il soupait à six heures. « Depuis ce moment, dit-il, jusqu’à l’heure du coucher, qui était toujours pour moi à dix heures, il n’était pas fait mention d’affaires, mais de dissipation, de joie et d’effusion de cœur, avec un petit nombre d’amis de bonne et surtout d’agréable compagnie. »
La vie de Sully, vous le voyez, était à peu près réglée suivant les préceptes du vieux proverbe qu’a cité Rabelais :
Lever à six, dîner à dix
Souper à six, coucher à dix
Fait vivre l’homme dix fois dix.

A cette époque, il n’y a plus guère que les petits bourgeois et les provinciaux qui dînent à dix heures. Les gens du beau monde traînent à onze heures. Mathurin Regnier, dans sa Xe satire, nous montre un valet faisant remarquer à son maître :
Qu’il est midi sonné
Et qu’au logis du roi tout le monde a dîné.

Sous Louis XIV, on dîne à midi. Rappelez-vous le vers de Boileau dans la satire du Repas ridicule : « J’y cours, midi sonnant au sortir de la messe ». Une expression qui désigne les parasites nous apporte une autre preuve du dîner à midi. On appelle ces « escornifleurs » des « chercheurs de midi ».

Mais, bientôt, comme le roi lui-même dîne à midi, les beaux seigneurs qui viennent assister à son couvert et lui faire leur cour pendant le repas, sont obligés de dîner une heure plus tard. Ainsi, le dîner est reculé jusqu’à une heure. Quant à l’heure du souper c’est toujours six heures. Et voilà les folies qui commencent. On prend, à chaque époque, dans le monde et à la Cour, l’habitude d’un nouveau repas, un repas gras qui se fait à minuit. On appelle cela « faire médianoche ».

Au commencement du XVIIIe siècle, la coutume de dîner à une heure était généralement établie chez les gens de qualité. Mais, insensiblement, pour la commodité des gens d’affaires et pour favoriser la paresse et la toilette des dames, on retarda jusqu’à deux heures. Vers 1780, tout le monde dîne à trois heures. Mercier, dans son Tableau de Paris, fait cette remarque : « A trois heures on voit peu de monde dans les rues, parce que chacun dîne. » Il nous dit encore que le souper commençait vers 9h30 et ne s’achevait pas avant 11h30.

A ce moment, un changement dans les habitudes administratives amena une véritable révolution dans les heures des repas. Les administrations publiques ayant décidé que leurs employés feraient une seule séance par jour, de 9 heures du matin à 4 heures de l’après-midi, les heures des repas subirent de ce fait des modifications auxquelles la généralité de la population se conforma. On dîna à 4 heures, à 5 et même à 6 heures. Les spectacles commencèrent à 7 heures et finirent à 11. Le déjeuner se fit à l’heure où se faisait autrefois le dîner ; et le dîner à l’heure du souper. Quant au souper, il disparut chez les gens de mœurs paisibles, et fut pour les autres, un retouche au « médianoche » d’antan. Et dès lors la vie nocturne prit dans les grandes villes, les proportions que l’on sait.

lundi 31 décembre 2012

Coutumes, Traditions : Etrennes et nouvel an : origine et histoire


En parlant des étrennes, on ne peut se dispenser de remonter, non pas aux Grecs, mais du moins aux Romains, inventeurs de cet usage. Le premier endroit de l’histoire romaine nous apprenant cette coutume est de Symmachus, auteur ancien, qui nous rapporte qu’elle fut introduite sous l’autorité du roi Tatius Sabinus, qui reçut le premier la verbène(verveine) du bois sacré de la déesse Strénia, pour le bon augure de la nouvelle année.


Soit que les Romains imaginassent quelque chose de divin dans la verbène, soit qu’ils faisaient allusion au nom de cette déesse Strénia, dans le bois de laquelle ils prenaient la verbène, avec le mot destrenuus, qui signifie vaillant et généreux : aussi le mot strena, qui signifie étrenne, se trouve quelquefois écrit strenua chez les Anciens, pour témoigner que c’était proprement aux personnes de valeur et de mérite qu’était destiné ce présent, et à ceux dont l’esprit tout divin promettait plus par la vigilance que par l’instinct d’un heureux augure.

Tatius, roi des Sabins
Tatius, roi des Sabins
Après ce temps-là, l’on vint à faire des présents de figues, de dattes et de miel, comme pour souhaiter aux amis qu’il n’arrivât rien que d’agréable et de doux pendant le reste de l’année. Ensuite les Romains, quittant leur première simplicité, et changeant leurs dieux de bois en des dieux d’or et d’argent, commencèrent à être aussi plus magnifiques en leurs présents, et à s’en envoyer ce jour-là de différentes sortes, et plus considérables ; mais ils s’envoyaient particulièrement des monnaies et médailles d’argent, trouvant qu’ils avaient été bien simples, dans les siècles précédents, de croire que le miel fût plus doux que l’argent, comme Ovide le fait agréablement dire à Janus.

Avec les présents, ils se souhaitaient mutuellement toute sorte de bonheur et de prospérité pour le reste de l’année, et se donnaient des témoignages réciproques d’amitié : et comme ils prenaient autant d’empire dans la religion que dans l’Etat, ils ne manquèrent pas d’établir des lois qui la concernaient, et firent de ce jour-là un jour de fête, qu’ils dédièrent et consacrèrent particulièrement au dieu Janus, qu’on représentait à deux visages, l’un devant et l’autre derrière, comme regardant l’année passée et la prochaine. On lui faisait ce jour des sacrifices, et le peuple allait en foule au mont Tarpée, où Janus avait quelqu’autel, tous habillés de robes neuves.

Néanmoins, quoique ce fût une fête, et même une fête solennelle, puisqu’elle était encore dédiée à Junon, qui avait tous les premiers jours de mois sous sa protection, le peuple ne demeurait pas sans rien faire ; chacun commençait à travailler à quelque chose de sa profession, afin de n’être pas paresseux le reste de l’année.

Enfin, l’usage des étrennes devint peu à peu si fréquent sous les empereurs, que tout le peuple allait souhaiter la bonne année à l’empereur, et chacun lui portait son présent d’argent, selon son pouvoir. Auguste en recevait en si grande quantité, qu’il avait accoutumé d’en acheter et dédier des idoles d’or et d’argent, comme étant généreux, et ne veillant pas appliquer à son profit particulier les libéralités de ses sujets.
Le dieu Janus
Le dieu Janus

Tibère, son successeur, qui était d’une humeur plus sombre et n’aimait pas les grandes compagnies, s’absentait exprès les premiers jours de l’année, pour éviter l’incommodité des visites du peuple, qui serait accouru en foule pour lui souhaiter la bonne année. Ces cérémonies occupaient même si fort le peuple, les six ou sept premiers jours de l’année, qu’il fut obligé de faire un édit par lequel il défendait les étrennes, passé le premier jour. Caligula, qui posséda l’empire immédiatement après Tibère, fit savoir au peuple, par un édit, qu’il recevrait les étrennes le jour des calendes de janvier, qui avaient été refusées par son prédécesseur ; et pour cet effet il se tint tout le jour dans le vestibule de son palais, où il recevait à pleines mains tout l’argent et les présents qui lui étaient offerts par le peuple.

Claude, qui lui succéda, abolit ce que son prédécesseur avait voulu rétablir, et défendit, par arrêt, qu’on n’eût point à lui venir présenter des étrennes, comme on avait fait sous Auguste et Caligula. Depuis ce temps, cette coutume demeura encore parmi le peuple. Les Romains pensaient qu’il y avait quelque chose de divin dans les commencements.
Plus tard, le concile d’Auxerre, tenu en 587, défendit de faire, le premier jour de l’an, des sacrifices de génisses ou de biches et d’aller faire des vœux devant les arbres consacrés aux faux dieux. Les étrennes, jointes à des sacrifices, étaient véritablement diaboliques.

Lorsqu’en France l’année débutait encore à Pâques, continuait-on de donner des étrennes le premier jour de janvier ? Il semble que oui. Dans les lettres du roi Jean, en date de juillet 1362 et contenant des statuts pour la confrérie des drapiers, il est dit « que ladite confrérie doit seoir le premier dimanche après les estraines, si celle de Notre-Dame n’y eschoit. » Le dimanche dont il est question ici est le premier dimanche de janvier, si l’on s’appuie sur le témoignage de Du Cange qui, dans son Glossaire, prouve, par différents passages, que lorsque l’année ne commençait qu’à Pâques, on ne laissait pas de regarder le premier jour de janvier comme le premier jour de l’année.

Jour des étrennes. 1er janvier 1564
Jour des étrennes. 1er janvier 1564
L’ancienne chronique de Louis, duc de Bourbon, comte de Clermont, grand-chambrier de France conforte ce témoignage. On y lit au chapitre second : « De Clermont partit ledit duc Loys, s’en vint à son duché de Bourbonnois à Souvigny, où il arriva deux jours avant Noël, l’an de grâce 1363 ; et là vindrent par devers luis ses chevaliers et écuyers, et le quart jour des fêtes, dit aux chevaliers, le duc en riant : Je ne vous veux point mercier des biens que vous m’avez faicts, car si maintenant je vous en merciois, vous vous en voudriez aller, et ce me seroit une des grandes déplaisances que je pusse avoir... ; et je vous prie à tous que vous veuillez estre en compagnie le jour de l’an en ma ville de Molins, et là je vous veux étrenner de mon cœur et de ma bonne volonté que je veux avoir avec vous. »

Et au troisième chapitre : « L’an qui courait 1363, comme dit est, advint que la veille du jour de l’an fut le duc Loys en sa ville de Molins, et sa chevalerie après lui... ; et le jour de l’an, bien matin, se leva le gentil duc pour recueillir ses chevaliers et nobles hommes pour aller à l’église de Notre-Dame de Molins ; et avant que le duc partist de sa chambre, les vint étrenner d’une belle ordre qu’il avait faicte, qui s’appeloit l’écu d’or. » 

Au chapitre cinq on lit enfin : « Si les commanda le duc à Dieu, et eux pris congé de lui se partirent... Les gens partis de cour, vint le jour des Rois, où le duc de Bourbon fit grande feste et lye-chère. »

Rappelons que si sous les Mérovingiens, l’année commençait le 1er mars dans plusieurs de nos provinces, elle débuta à Noël sous Charlemagne, dans tous les territoires soumis à sa juridiction. Sous les Capétiens, le jour de l’an coïncidait avec la fête de Pâques, usage presque général au Moyen Age. En certains lieux, l’année changeait le 25 mars, fête de l’Annonciation. Le concile de Reims, tenu en 1235, mentionne cette date comme « l’usage de France ». C’est le roi Charles IX qui rendit obligatoire, en 1564, la date du 1er janvier comme origine de l’année.

A la fin du XIXe siècle, avec l’apparition du Père Noël dans la publicité des grands magasins, la coutume d’offrir des cadeaux le 1er janvier disparut, le jour des étrennes se confondant dès lors avec celui de Noël : on offrit les cadeaux le 25 décembre.