Showing posts with label Trust. Show all posts
Showing posts with label Trust. Show all posts

11 June 2013

VINTAGE (CXLIX)
 



Je vais te parler de l'ennemi public numéro 1
Celui qu'on t'a dépeint comme une bête féroce.
Je ne veux pas le juger, je ne veux pas le glorifier
Mais ta grande gueule, témoin, t'as eu tort de la fermer
Car Porte de Clignancourt, vendredi 2 novembre
Sois fier de ta police, elle a exécuté.
L'état choisi ses cibles, éclaircit ses rangs.
L'ordre peut régner, de la mort, du silence.

Pour l'avenir de tes gosses qui seront pourchassés,
Dans cette prison modèle qu'est Fleury-Mérogis
5 par cellule, il reste une place pour ton fils.
Depuis que la peine de mort est administrative
Tu les as vu se marrer tous nos grands justiciés
Telle une meute de clébards qu'on jette à la curée.

Le pays est fliqué, citoyen surveillé.
Le mangeur d'homme a faim.
Pas sûr du lendemain.

C'est dans tes prisons qu'on fabrique le crime
Les Buisson, Willoquet et bien d'autres Mesrine.
Croîs-le, la main tendue vaut mieux que les chaînes
Surtout quand tu es gosse, tu apprends vite la haine.

Destiné à crever en haute sécurité
Royaume du tabassage, impunité calculée
Le crime est glorifié au son de la Marseillaise
Et en place publique son corps est exposé.

C'est dans tes prisons qu'on fabrique le crime
Les Buisson, Willoquet et bien d'autres Mesrine.

L'ordre peut régner
De la mort, du silence.

09 June 2013

VINTAGE (CXLVIII)
 
Trust - "Le Mitard"



Oui, Madame !
Il tourne en des milliers de pas
Qui ne mènent nulle part
Dans un monde de béton, aux arbres de barreaux
Fleuris de désespoir
 

Inhumain..., rétréci..., sans aucun lendemain.
Sa pitance est glissée sous une grille à terre
Et dans un bol l'eau... pour qu'il se désaltère.
Il est seul..., sans soleil
Et n'a même plus son ombre.
Infidèle compagne, elle s'en est allée
Refusant d'être esclave de ce vivant mort-né.
Il tourne... il tourne et tournera toujours
Jusqu'au jour où vaincu en animal blessé
Après avoir gémi en une unique plainte
Il tombera à terre et se laissera crever.
 

Fleury-Mérogis...
Un jour de septembre 1976
Où j'existait si peu
Que je n'étais même pas "personne"
Fleury-Mérogis...
Un jour de septembre 1976
Où j'existait si peu...
 

Mesrine
Je vous vois une larme...!
Pourquoi vous attrister ?
Pauvre chien me dites-vous !
En voilà une erreur...
C'est un homme, Madame,
Il est emprisonné.
C'est celui que vos pairs ont si bien condamné
En rendant la justice au nom des libertés.
 

Fleury-Mérogis....
 

Il tourne, il tourne, et tournera toujours,
Mesrine
Jusqu'au jour où vaincu en animal blessé
Mesrine
Il tombera à terre et se laissera crever.