il y a
quelque part
encore des peuples et des troupeaux
mais ce n’est pas chez nous
mes frères
chez nous
il y a des États
État
qu’est-ce cela
allons
ouvrez les oreilles
je vais vous parler de la mort des peuples
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
c’est
un mensonge
ils étaient des créateurs
ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent
au-dessus des peuples
une foi et un amour
ainsi
ils servaient la vie
ce sont des destructeurs
ceux qui tendent des pièges au grand nombre
et qui appellent cela
un État
ils suspendent au-dessus d’eux
un glaive et cent appétits.
partout où
il y a encore du peuple
il ne comprend pas l’État et il le déteste
comme le mauvais œil et
une dérogation
aux coutumes et aux lois
je vous donne ce signe
chaque peuple
a son langage du bien et du mal
son voisin ne le comprend pas
il s’est inventé
ce langage pour ses coutumes et ses lois
mais
l’État ment
dans toutes ses langues du bien et du mal
et
dans tout ce qu’il dit
il ment
et tout ce qu’il a
il l’a volé
tout en lui est faux
il mord avec des dents volées
le hargneux
feintes
sont même ses entrailles
il n’y a
rien de plus grand
que moi sur la terre
je suis le doigt ordonnateur de Dieu
ainsi hurle le monstre
et ce ne sont pas seulement
ceux qui ont de longues oreilles et la vue basse
qui tombent à genoux
hélas
en vous aussi ô grandes âmes
il murmure
ses sombres mensonges
hélas
il devine
les cœurs riches
qui aiment à se répandre
certes
il vous devine
vous aussi
vainqueurs du Dieu ancien
le combat vous a fatigués et maintenant votre fatigue
se met au service
de la nouvelle idole
elle voudrait placer autour
d’elle
des héros et
des hommes honorables
la nouvelle idole
il aime à se chauffer au soleil
de la bonne conscience
le froid monstre
oui
les bons et les mauvais
l'état
voyez donc ces superflus
ils volent les œuvres des inventeurs et les trésors des sages
ils appellent leur vol civilisation
et tout leur devient maladie et revers
voyez donc ces superflus
ils sont toujours malades
ils rendent leur bile et appellent cela des journaux
ils se dévorent et ne peuvent pas même se digérer
voyez donc ces superflus
ils acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres
ils veulent la puissance et avant tout
le levier de la puissance
beaucoup d’argent
ces impuissants
ils veulent tous s’approcher du trône
c’est leur folie
comme si
le bonheur était sur le trône
souvent la boue est sur le trône
et souvent aussi
le trône est dans la boue
ils m’apparaissent tous comme
des fous
des singes
grimpeurs et impétueux
leur idole sent mauvais
ce froid monstre
ils sentent tous mauvais
ces idolâtres
une vie libre
reste ouverte aux grandes âmes
en vérité
celui qui possède peu est d’autant moins possédé
bénie soit la petite pauvreté
là où finit l’État
là seulement commence l’homme qui n’est pas superflu
là commence le chant de la nécessité
la mélodie unique
la nulle autre pareille
là où finit l’État
regardez donc mes frères
ne voyez-vous pas
l’arc-en-ciel
et
le pont du Surhumain