Le dessert était servit. Au milieu il y avait un Paris Brest dont la
circonférence était sortie des livres de Rabelais. Le dessus –pâte à chou, pâte
d’éclair, cercle de vélo- était posé de biais comme un béret basque. La crème au
beurre pralinée, était stylisée en vagues de sable – quand la baïne se perce au
large – des colverts en pâte d’amande en pose avant l’envol coiffaient le Paris
Brest. Celui -ci était présenté sur un plat soufflé par les Daum du début de siècle.
Quelle pièce ! Dans l’aiguillière le jaune doré du Monbazillac nous donnait
son sirupeux en illuminant l’ensemble et les visages des 5 convives plus la Maîtresse de maison. Ce Paris
Brest amènait à l’ébétitude. Les invités étaient
béats devant ce tableau dessué qu’aucun n’osait planter la pelle à gâteau
argent ciselé qui défiait les cuillères à absinthe en sillage de l’argent. Ce manège
dura une bonne demie heure.Les hommes faisaient des contrepèteries. Les femmes jalouses
du succés de la Dame
de maison tentèrent de dériver les regards sur leur décolleté qu’elles avaient discrètement
embaillé, saupoudré leur galbe aldente. Le temps s’était éternisé, alors on
ricana devant. Le dessert ne comptant pas, il arrivait un peu retard, cela ne faisait
rien on allait tout de même le caresser.
Françoise Frankie pain La Mangou