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dimanche 11 décembre 2016

pralinés dominicaux pour finesse d'esprit dans cet avant à notre grand ami René Char









L'impossible,
nous ne l'atteignons pas,
il nous sert de lanterne.

Il n'y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l'accomplit.
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant.
Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.
Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir.
Ne te courbe
que pour
aimer. Si tu meurs, tu
aimes encore.
Les arbres ne voyagent que par leur bruit.
Avec ceux que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n'est pas le silence.”
A tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide mais le couvert est mis.
Pour séraphine
Je partage ton mystère mais je ne veux pas connaître ton secret
Nous vivons avec quelques arpents de passé, les gais mensonges du présent et la cascade furieuse de l'avenir.
Pour martine
extrait de "Fenêtres dormantes et porte sur le toit"
Les femmes sont amoureuses et les hommes sont solitaires. Ils se volent mutuellement la solitude et l'amour.
Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t'es promis à toi seul. Là est ton contrat.
Je ris merveilleusement avec toi.
Voilà la chance Unique.

Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux.

Hâte-toi
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux
de rébellion
de bienfaisanceMa régle en professeur
La poésie est de toutes les eaux claires celle qui s’attarde le moins aux reflets de ses ponts.   roxane
Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir

Nous n’appartenons à personne sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous, qui tient éveillés le courage et le silence
Le poète, conservateur des infinis visages du vivant

On ne peut guère s'attacher à plusieurs choses à la fois, mais il faut être soi tout entier pour une ou deux de ces choses essentielles. Hors de cela on est broyé sans espoir et notre conscience se détourne de nous.
(Extrait de "Trois coups sous les arbres")
Dans la moelle épinière du Temps d'où irradie l'amour, nous célébrons de l'amour la fête éminente, minuit blanchi par ses douze douleurs.

Tu es plaisir
avec chaque vague séparée de ses suivantes.
Enfin toutes à la fois chargent.
C’est la mer qui se fonde,
qui s’invente.
Tu es plaisir,

Corail de spasmes.


je les avais mis en petits paquets avant mes" aventures de Qi d'huitres" d'hier  "" citation de notre josette nationale aprés lecture du billet d'hier...



concert punk plage d'herbe au dessus d'helsinki été....
pour conjurer notre roi hiver et son enveloppe de frisquette pepette.


pourquoi pas !

 le rechaud à l'esprit youpi pour l'esprit de noël





















jeudi 15 novembre 2012

René Char Quelques poésie dans le coeur allangui deans les brumes éparses

Pyrénées

in "Commune présence"

Montagne des grands abusés,
Au sommet de vos tours fiévreuses
Faiblit la dernière clarté.
Rien que le vide et l'avalanche,
La détresse et le regret!
Tous ces troubadours mal-aimés
Ont vu blanchir dans un été
Leur doux royaume pessimiste.
Ah! la neige est inéxorable
Qui aime qu'on souffre à ses pieds,
Qui veut que l'on meure glacé
Quand on a vécu dans les sables.

René Char 

 

J'habite une douleur

Le poème pulvérisé (1945-1947)

Ne laisse pas le soin de gouverner ton coeur à ces tendresses parentes de l'automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie. L'oeil est précoce à se plisser. La souffrance connaît peu de mots. Préfère te coucher sans fardeau: tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n'a plus de vitres. Tu es impatient de t'unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. D'autres chanteront l'incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier. Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t'identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l'impossible.

Pourtant.

Tu n'as fait qu'augmenter le poids de ta nuit. Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été. Tu es furieux contre ton amour au centre d'une entente qui s'affole. Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter. A quand la récolte de l'abîme? Mais tu as crevé les yeux du lion. Tu crois voir passer la beauté au-dessus des lavandes noires...

Qu'est-ce qui t'a hissé, une fois encore, un peu plus haut, sans te convaincre?

Il n'y a pas de siège pur.

René Char 

 l'orage au printemps rené char

Le Marteau sans maître, 1934 

Commune présence

Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.

Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.

René Char 

 la complainte du lézard amoureux



pour commune présence Magritte