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sábado, 22 de novembro de 2008

Um livro sobre Gorz


Foi publicado recentemente em França um pequeno livro que nos proporciona uma esclarecedora viagem através da obra de André Gorz. Arno Münster, seu autor, conheceu pessoalemnte Gorz de quem foi amigo e é um cultor da sua obra.
De facto, "André Gorz ou le Socialisme Difficile"mostra bem a densidade dos escritos deste francês de adopção, nascido na Austria,em Viena , em 1923 e falecido em França, em 24 de Setembro do ano passado. Estando no seu início este blog abordou detalhadamente o dramático acontecimento, tendo-se então detido na vida e obra de Gorz.
Gorz, amigo e admirador de Sartre, foi um dos pensadores mais originais do século XX, que, aliás, muito contribuiu para arejar o pensamento socialista e para humanizar o marxismo, reconciliando-o consigo próprio e com a realidade actual, de modo a potenciar a sua utilidade como precioso instrumento crítico. Tanto mais precioso quanto mais completamente for expurgado da ganga sectária, quase religiosa, dos seus cultores dogmáticos das várias vulgatas que o têm ensombrado.
Movendo-se ideologicamente à margem dos sectarismos partidários, aproximou-se de Ilich, partilhou a modernidade dos ecologistas socialistas, com a mesma independência com que se aproximara dos sindicalistas mais criativos, como foi o caso de Bruno Trentim, algumas décadas atrás.
E quem tenha vivido a crise académica de 1969, em Coimbra, ou quem tenha frequentado as suas memórias e evocações, bem pode ter encontardo referências a Gorz, que, na verdade, já então nos ajudou a pensar as nossas próprias lutas.
Pelo menos a mim, nunca deixou de me marcar profundamente, ao longo da sua vasta obra, que sempre vim acompanhando com atenção e proveito.
Voltando ao livro: talvez possamos dizer, para concluir, que ele tanto pode ser um incentivo para se ler Gorz, quanto àqueles que o não tenham feito, como pode constituir um guia, para quem já se tenha embrenhado nos aprazíveis labirintos do pensamento de "gorziano".

quarta-feira, 26 de setembro de 2007

André Gorz, filósofo




Mais uma vez recorro ao "Le Monde", transcrevendo novo texto de Michel Contat.



André Gorz, philosophe

LE MONDE | 26.09.07 | 16h49 • Mis à jour le 26.09.07 | 16h49





Le philosophe André Gorz et sa femme Dorine se sont suicidés ensemble dans leur maison de Vosnon, dans l'Aube. Lui avait 84ans, elle 83 ans, et souffrait d'une maladie évolutive extrêmement douloureuse.

Il avait pris une retraite anticipée du Nouvel Observateur, dont il était l'un des cofondateurs, et quitté Paris afin de mieux l'aider dans tous les actes de leur vie.


Dates
Février 1923
Naissance à Vienne (Autriche).

1946
Rencontre avec Jean-Paul Sartre.

1964
Participe à la fondation du "Nouvel Observateur".

1975
Publication d'"Ecologie et Politique".

24 septembre 2007
Mort à Vosnon (Aube).


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Le succès l'avait surpris pour son dernier livre, Lettre à D. (Galilée), où il disait à Dorine comment il en était venu à reconnaître son amour pour elle et à admettre que ce dernier était ce qui lui avait permis de construire une oeuvre. Cette oeuvre, assignée à la visibilité d'un seul nom, le sien, qui était un pseudonyme, il affirmait qu'elle résultait en réalité du dialogue permanent entretenu avec Dorine depuis qu'il l'avait connue, en 1947, à Lausanne.

Demi-juif autrichien, il s'y était réfugié après l'Anschluss et avait accompli des études de chimie. Elle était de nationalité britannique, ils se sentaient tous deux en Suisse des personnes déplacées, sans attaches autres que celles qu'ils créeraient ensemble dans un esprit de liberté et de fidélité à eux-mêmes.


AUTOANALYSE EXISTENTIELLE


De son vrai nom Gérard Horst, il était né à Vienne en 1923, d'un père marchand, juif, et d'une mère catholique. A Lausanne, il entreprit de se reprendre entièrement à son compte en lisant Paul Valéry et Jean-Paul Sartre essentiellement. Il avait si bien assimilé L'Etre et le Néant que lorsque Sartre vint en tournée de conférences avec Simone de Beauvoir, en 1946, il entama avec lui une discussion qui ne devait jamais cesser.

Il tirait de l'ouvrage sartrien des conclusions plus radicales que Sartre lui-même, concluant à la vanité de toute action. Sartre lui démontra que s'il pensait ainsi, c'était dû à sa situation. Gorz tenait pour une chance d'avoir rencontré avec Sartre une pensée ouverte, car, tenté par les systèmes, il se serait enfermé dans Hegel s'il avait commencé par lui.

Il se mit donc à écrire, dans la continuité de L'Etre et le Néant, un essai philosophique où il s'agissait de fonder une morale existentielle et des raisons d'agir. Encouragé par Sartre, il s'installa à Paris comme journaliste, vivant avec Dorine dans le dénuement et travaillant la nuit à son ouvrage. Elle l'aidait professionnellement en constituant une documentation qui, à Paris-Presse d'abord puis à L'Express de Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, permit à Gorz de prendre, sous le pseudonyme de Michel Bosquet, une place grandissante de journaliste économique.

Le contact avec les réalités sociales, la rencontre aussi avec Pierre Mendès France, lui firent aborder la politique par la voie de l'économie jointe à la philosophie. Sartre méconnut l'originalité de son essai philosophique, Gorz en fut ébranlé, il le rangea (Fondements pour une morale ne fut publié qu'en 1977) et il entreprit de se reprendre à zéro dans une audacieuse tentative d'autoanalyse existentielle. Ce fut Le Traître, en 1958, que Sartre préfaça par un texte éclatant. Le livre changea effectivement la vie d' André Gorz et de Dorine en les socialisant.


UNE AUTRE MONDIALISATION


Pourquoi les hommes acceptent-ils de vivre contre leurs désirs pour satisfaire aux besoins artificiellement suscités par l'économie marchande, au lieu de mettre les échanges au service de leur propre production en tant qu'êtres humains ? Cette question court sous toute la pensée philosophique sociale du XXe siècle et André Gorz la repensa en se fondant sur Marx, celui des Grundrisse, Sartre, celui de la Critique de la raison dialectique, Ivan Illich, celui de La Convivialité, mais aussi sur les travaux de Jean-Marie Vincent et d'intellectuels politiques comme l'Italien Bruno Trentin.

A partir de Stratégie ouvrière et néocapitalisme (1964), il devint une référence pour les syndicalistes indépendants, en Allemagne et dans les pays scandinaves plus qu'en France. Avec Adieux au prolétariat (1980), André Gorz prenait acte de l'invention d'une nouvelle socialité par des gens que la destruction progressive du salariat déclassait et précarisait.

Poursuivant conjointement la critique de la division du travail propre au capitalisme et la destruction de la planète par l'exploitation irrationnelle de ses ressources, il fondait l'écologie politique (Ecologie et politique, 1975 et 1978 ; Ecologie et liberté, 1977 ; Métamorphoses du travail, quête du sens, 1988).

Son dernier ouvrage théorique, L'Immatériel, traitait de l'indifférence de la science et du capital à toute fin humaine, et de la crise que la fissure de cette alliance provoquait.

Il s'intéressait à la nouvelle utopie dessinée par la pratique des "dissidents du capitalisme numérique", les hackers, déclassés volontaires qui mettent gratuitement en réseau leurs inventions libératrices. Se rangeant à l'idée d'un "revenu social garanti, inconditionnel et universel", il le voyait déboucher sur une société où la production de soi dans la convivialité avec les autres passerait avant la production de marchandises globalement déshumanisantes. Penseur d'une autre mondialisation, celle des inventeurs de vie, André Gorz reste un philosophe d'avenir.

Michel Contat

terça-feira, 25 de setembro de 2007

GORZ e DORINE




Excerto do último livro de Gorz, "Lettre à D.- une histoire d'amour":

"Tu viens juste d'avoir quatre-vingt-deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide dévorant que ne comble que ton corps serré contre le mien."

Sobre GORZ : o filósofo e sua mulher



Permito-me transcrever um interessante texto de Michel Contat, publicado no "Le Monde" que se ocupa principalmente do último livro de Gorz, publicado em 2006 ("Lettre à D.- Histoire d'un amour"). As circunstâncias dramáticas da morte de ambos vieram dar uma dimensão trágica a esse texto magnífico do grande pensador contemporâneo, enriquecendo-o de uma tocante dimensão humana.

Entretien
André Gorz, le philosophe et sa femme
LE MONDE DES LIVRES | 26.10.06 | 12h27 • Mis à jour le 24.09.07 | 17h07



Arrivé à un âge où il ne se sent plus la force d'entreprendre un livre de longue haleine, André Gorz se retourne sur sa vie, se rend compte qu'il n'en a jamais écrit l'essentiel, sa relation avec sa femme, et il commence à lui écrire, à elle, directement : "Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien."
Très peu de livres accrochent ainsi, en quelques phrases qui donnent le ton, le tempo, la musique et l'émotion, la qualité d'une vie. On lit cette lettre d'amour à une femme vivante, malade et qui souffre et qui va mourir un jour, lointain peut-être encore mais de toute façon trop proche, et cette mort devient aussi inacceptable pour celui qui lit que pour celui qui écrit. Dans les dernières lignes, qui reprennent les premières sur un ton qui étreint le coeur encore plus, cette mort est envisagée. Un tel livre, court, exact, poli comme un galet sans effort apparent, vient rappeler ce que peut la littérature quand elle sonne vraie parce qu'elle sonne juste.
Racontant un amour singulier, il tombe à pic dans un débat encore une fois en cours sur le couple. A un extrême, Sartre et Beauvoir, que Gorz et Dorine ont bien connus : l'expérience de l'ouverture, la fidélité au pacte conclu d'engagement à vie et du tout se dire des autres relations amoureuses que l'on s'autorise sans trahir la relation fondatrice, priorité des priorités. A l'autre extrême, Gorz et Dorine, le même pacte mais cette fois dans l'engagement exclusif, corps et âme, puisque l'âme est le corps vécu. La fidélité devient réciprocité éthique : je ne te fais pas ce que je ne voudrais pas que tu me fasses. Entre ces deux paradigmes, toute la gamme des aménagements possibles, contrats tacites, compromis, mensonges, omissions, frustrations, réussites affichées, échecs cachés, ou l'inverse, arrangements qui sont le lot plus ou moins choisi de tant de couples quand ils durent.
Le magnifique, dans Lettre à D., n'est pas de donner un exemple - Gorz, philosophe du social, ne prétend pas établir une norme à partir d'une entreprise à deux qu'il sait exceptionnelle et en quelque sorte voulue par l'histoire, la grande, celle qui tranche les vies - mais de donner un sens politique à l'amour. Non pas sécession et refuge mais réalisation de quelque chose qui le dépasse en le confirmant et en s'affrontant au monde. En l'occurrence une oeuvre, philosophique, littéraire, journalistique dont l'un et l'autre puissent être fiers ensemble parce qu'elle agit. Ce n'est pas tout de rencontrer l'âme soeur, encore faut-il trouver un projet qui pérennise la rencontre et la rende productive d'autre chose que la relation elle-même. Gorz, quand il rencontre Dorine, écrit un essai philosophique qui doit fonder une hiérarchie des conduites humaines face à la finitude, à la précarité, à la vie collective, à l'histoire, à tout ce que Sartre appelle la "situation".
CONFIANCE SANS FAILLE
Une telle entreprise ne peut se réaliser pratiquement que si quelqu'un la valide en la reprenant à son compte. C'est ce que fait Dorine avec une confiance sans faille. Ils ont connu l'un et l'autre l'expérience fondatrice de l'insécurité ; ils bâtiront ensemble, en se protégeant mutuellement, le socle sur lequel écrire sur l'insécurité qui est la vie même. Ecrire est sa vocation. Elle l'aide, professionnellement aussi, devient sa documentaliste, son interlocutrice, sa première lectrice, sa seule critique, armée d'une capacité de jugement imparable. Galère d'abord, longue, décourageante parfois, pour lui, après l'inaboutissement de l'essai philosophique ; joie partagée, quand Le Traître paraît, de voir leur vie s'ouvrir aux autres et ceux-ci l'accueillir parce qu'à eux deux ils illuminent, affectivement autant qu'intellectuellement. Dorine est sociable, spontanée ; Gorz est intelligent, extrêmement, introverti, rétractile. Il va changer. Dans Lettre à D., il explique l'effet de la publication d'un livre quand celui-ci est reconnu : "Tu as souvent dit que ce livre ( Le Traître) m'a transformé à mesure que je l'écrivais. (...) Ce n'est pas de l'écrire qui m'a permis de changer ; c'est d'avoir produit un texte publiable et de le voir publié. (...) Magie de la littérature : elle me faisait accéder à l'existence en tant même que je m'étais décrit, écrit dans mon refus d'exister. Ce livre était le produit de mon refus, était ce refus et, par sa publication, m'empêchait de persévérer dans ce refus. C'est précisément ce que j'avais espéré et que seule la publication pouvait me permettre d'obtenir : être obligé de m'engager plus avant que je ne le pouvais par ma solitaire volonté, et de me poser des questions, de poursuivre des fins que je n'avais pas définies tout seul."
Ils reçoivent ensemble, dans un village de l'Aube, au seuil de la belle maison simple pour laquelle ils ont quitté Paris dans les années 1980. Du pré d'un hectare autour d'elle, ils ont fait un jardin avec deux cents arbres. Il est comme d'habitude, amical, discret, chaleureux ; elle aussi. Ils ont vieilli, lui moins qu'elle dont la pâleur frappe et les maux se taisent ; lui a pour elle toutes sortes d'attentions ; elle aussi pour lui. Il est en pleine santé, l'air fragile comme il l'a toujours eu, mais le corps mince et musclé, on le devine à sa démarche. Elle est diaphane et souriante, précautionneuse : la douleur

guette un geste de trop pour bondir sur elle. Ils sont accueillants, posent des questions ; on est venu pour leur en poser sans les mettre sur le gril. Elle ne veut pas participer à l'entretien : c'est son livre à lui, il est le peintre, elle le modèle ; c'est lui qu'on est venu voir, dit-elle, pas le sujet du tableau à qui le tableau suffit bien et dans lequel elle ne se reconnaît pas tout à fait, même s'il dit la vérité, sa vérité à lui. Une subjectivité reste une subjectivité.
Celle de Gérard Horst (son vrai nom) est pleinement assumée sous le nom d'auteur d'André Gorz. Quand il a écrit ce texte, au printemps 2006, il n'était pas sûr de le publier, par discrétion à son égard, et puis il se demandait qui il pourrait intéresser. Michel Delorme, son éditeur chez Galilée, n'a pas hésité : il fallait que ce livre paraisse, car c'en est un, à tous les sens du mot, un livre beau, un livre nécessaire, un livre qui délivre. De quoi ? Gorz n'en est pas sûr mais écoute ce qu'on lui en dit : il délivre de la crainte d'exprimer à la première personne des sentiments pour les comprendre en philosophe existentialiste.
"J'avais déjà employé le "tu" dans Le Traître, en m'adressant à moi, pour m'objectiver, me voir tel que je pouvais apparaître à autrui, me décrire dans mes manies, dans cette fuite devant l'existence qui m'avait amené à la pensée théorique et m'y enfermait comme dans une bulle. Le Traître était un travail de libération, mais je n'y donnais aucune place à l'amour, et même je le trahissais. Mais, après avoir pris la mesure de ma position existentielle - singulière comme celle de chacun -, j'ai pu porter ma pensée sur le monde social et y décrypter l'aliénation des producteurs à leur propre produit. Dans cette lettre à Dorine, le "tu" me sert à prendre une vue vraie sur ma vie avec elle. Dans Le Vieillissement déjà, à 38 ans, j'avais compris que, vieillir c'est accepter ce fait d'expérience : on ne fait jamais ce qu'on veut et on ne veut jamais ce qu'on fait. De sorte que chacun est hétéronome. Et pourtant, on fait ce que l'on juge devoir faire parce qu'on se sent et donc se rend capable de le faire. Ainsi s'étend, si peu que ce soit, notre sphère d'autonomie. Il faut donc accepter d'être fini, d'être ici et pas ailleurs, de faire ça et pas autre chose, d'avoir cette vie seulement. LeSocrate de Valéry le disait justement : "Je suis né plusieurs, et je suis mort, un seul. L'enfant qui vient est une foule innombrable, que la vie réduit assez tôt à un seul individu, celui qui se manifeste et meurt." Vivre avec Dorine, l'aimer et aimer notre vie ensemble m'a appris cela, mais je ne le disais pas, car je ne comprenais pas encore combien j'avais besoin d'elle pour écrire, plus qu'elle n'avait besoin de moi pour vivre."
ECOUTER SANS JUGER
Quand on a connu Gorz et Dorine dans les années 1970, rencontré chez eux Ivan Illich, Herbert Marcuse, Rossana Rossanda, William Klein, et des intellectuels plus jeunes et actifs dans le mouvement social comme Marc Kravetz, Tiennot Grumbach, on se souvient de leur façon absolument non mondaine de recevoir des gens qui avaient quelque chose à apprendre les uns des autres et de leur présence discrète à eux, de sa façon à lui de vous interroger sans ambages sur l'essentiel, de sa façon à elle de vous écouter sans juger quand vous aviez des difficultés personnelles. Le monde extérieur
existait très fort chez eux, à Paris. Aujourd'hui leur viennent encore, plus espacées, des visites de jeunes gens que le travail de Gorz inspire dans leur action, syndicale, politique, sociale. Des universitaires aussi qui travaillent sur son oeuvre. Ainsi le monde ne vient-il pas à eux dans leur campagne seulement par les publications qu'il lit assidûment et discute avec elle pour écrire dans des revues comme Multitudes ou EcoRev. Il y publie des articles toujours très clairs, ardus seulement parce qu'ils expriment une pensée radicalement différente de celle qui règne sur l'économie politique.
Votera-t-il pour la présidentielle ? "Probablement, mais sans croire au discours des candidats qui promettent le plein emploi et l'emploi à vie. Tous mentent sur cette question et le pire est que tous le savent. L'avenir ne se joue pas au niveau de la politique d'Etat, il se construit en réalité dans les petites collectivités, au niveau communal, par des comportements sociaux qui rompent avec la logique du profit financier. C'est là que les luttes ont un sens." Sur ce sujet, il peut parler des heures, animé d'une conviction entière. Sa critique radicale du capitalisme n'a pas désarmé. Ses livres la développent de façon de plus en plus fine, acérée. Mais on n'est pas venu pour parler de théorie, il le sait. On a une question sur les lèvres, une fois la Lettre à D. refermée sur ces mots : "Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la vivre ensemble." Un exit commun à la façon d'Arthur Koestler et de sa femme Cynthia ? "Nous avons parlé de ce suicide à deux quand nous l'avons appris. Mais c'était leur histoire, presque leur combat. Je n'y pense pas et elle non plus. Dorine et moi vivons dans l'infini de l'instant en sachant qu'il est fini et c'est très bien ainsi. Pour nous, le présent suffit."
On sourit à leur chance, elle n'est pas donnée à tous ; eux se la sont donnée ; ils l'ont construite. A quel prix ? Elle seule pourrait le dire. Mais rien dans son regard ne trahit le sacrifice, "si démoralisant pour la personne à qui l'on se sacrifie", disait Oscar Wilde. Un beau couple sans enfant mais avec oeuvre, ses livres, et en tout cas celui-ci, qui restera.

Tópicos sobre a vida de GORZ


1923 : naissance à Vienne, père autrichien, juif, mère catholique.

1939-1945 : apatride, en pension à Lausanne, études de chimie, commence L'Essai.

1946 : rencontre Sartre, à Lausanne.

1947 : rencontre Dorine, anglaise, à Lausanne.

1949 : se marie, s'installe à Paris.

1950 : journaliste à Paris-Presse puis à L'Express, sous le pseudonyme de Michel Bosquet.

1954 : naturalisé français grâce à Mendès France.

1955 : achève L'Essai, rejeté par Sartre, commence un écrit autobiographique.

1958 : publie, avec le pseudonyme d'André Gorz, Le Traître, préfacé par Sartre.

1961 : entre au comité des Temps modernes.

1964 : fonde avec Jean Daniel et quelques autres Le Nouvel Observateur.

1964 : Stratégie ouvrière et néo-capitalisme.

1974 : se retire des Temps modernes.

1980 : Adieux au prolétariat (Galilée).

1983 : prend sa retraite du Nouvel Observateur. S'installe à la campagne.

1997 : Métamorphoses du travail, quête du sens.

2003 : L'Immatériel. Connaissance, valeur et capital.

2006 : Lettre à D., Histoire d'un amour (Galilée, 76 p., 13,40 €).

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segunda-feira, 24 de setembro de 2007

Gorz a pensar




Numa entrevista, dada em 2003 á revista Global, Gorz respondeu assim a uma das perguntas que lhe foi feita :

Global - Em seu novo livro o senhor questiona a sociedade capitalista do saber, chegando mesmo a colocar em dúvida a existência de tal sociedade. Na sua opinião, economia cognitiva e capitalismo são inconciliáveis. Por que motivo?

Gorz - Porque na assim chamada economia cognitiva, os parâmetros econômicos tradicionais não são válidos. A principal força produtiva - o saber - não é quantificável: a atividade laborativa fundada no saber já não pode ser medida por horas de trabalho. E, apesar de todos os possíveis artifícios, a transformação do saber em capital - capital monetário - encontra alguns obstáculos insuperáveis. Dentro em breve, as três categorias fundamentais da economia política - o trabalho, o valor e o capital - não mais poderão ser definidas em termos aritméticos, nem medidas por parâmetros unitários. Além do mais, justamente em função dessa característica de não mensurabilidade, fica cada vez mais difícil aplicar conceitos como mais-valia, sobre-trabalho, valor de troca, produto social bruto. Quando os especialistas em macroeconomia procuram quantificar com os instrumentos tradicionais os resultados econômicos e os padrões de desenvolvimento, estão, na realidade, tateando no escuro. A economia cognitiva representa de fato uma crise de fundo do capitalismo e antecipa uma outra economia, de tipo novo e ainda a ser fundada. E é a esse respeito que se desenvolve o debate mundial sobre o que é de fato a riqueza, e a que critérios deve corresponder. A economia tem sempre mais necessidade de parâmetros qualitativos que quantitativos.

A Obra de André Gorz


* La morale de l'histoire (Seuil, 1959)
* Stratégie ouvrière et néocapitalisme (Seuil, 1964)
* Le traître (Le Seuil, 1957 et Folio Essais, 2005. Dans cette édition se trouve l'Avant-propos de 1967)
* Le socialisme difficile (Seuil, 1967)
* Réforme et révolution (Seuil, 1969)
* Critique du capitalisme quotidien (Galilée, 1973)
* Critique de la division du travail (Seuil, 1973. Ouvrage collectif)
* Écologie et politique (Galilée, 1975)
* Écologie et liberté (Galilée, 1977)
* Fondements pour une morale (Galilée, 1977)
* Adieux au prolétariat (Galilée et Le Seuil, 1980)
* Les Chemins du Paradis (Galilée, 1983)
* Métamorphoses du travail (Galilée, 1988 et Folio Essais, 2004)
* Capitalisme Socialisme Écologie (Galilée, 1991)
* Misères du présent, richesse du possible (Galilée, 1997)
* L’immatériel (Galilée, 2003)
* Lettre à D. Histoire d'un amour (Galilée, 2006)

Morreu André Gorz



Podemos ver no site do Nouvel Observateur a notícia da morte da André Gorz:

André Gorz est mort

NOUVELOBS.COM | 24.09.2007 | 17:10

Le philosophe co-fondateur du Nouvel Observateur s'est donné la mort à l'âge de 84 ans avec sa femme.


Le philosophe André Gorz âgé de 84 ans, s'est suicidé avec sa femme à son domicile de Vosnon (Aube), a-t-on appris lundi 24 septembre auprès de ses proches. Il avait fondé en 1964 Le Nouvel Observateur sous le nom de Michel Bousquet avec Jean Daniel notamment.
Né à Vienne en février 1923, sous le nom de Gerard Horst, André Gorz est considéré comme un penseur de l'écologie politique et de l'anticapitalisme. Il est l'auteur, entre autres, d'"Ecologie et politique" et d'"Ecologie et liberté". Il avait pris sa retraite dans les années 1980 dans une maison à Vosnon, à 35 kilomètres de Troyes avec son épouse, atteinte d'une maladie évolutive depuis plusieurs années.
Une amie a constaté le drame lundi matin. Sur leur porte, des messages indiquaient qu'il fallait "prévenir la gendarmerie". André Gorz et sa femme reposaient côte à côte.

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Alguns dos estudantes que em Coimbra em 1968 e 1969 procuraram pensar em termos novos as lutas estudantis tiveram como uma das suas referências principais André Gorz. Por mim, não me cansei da sua obra: sempre crítica, sempre livre, sempre exigente, sempre em busca de novos horizontes.
O seu livro mais recente é dedicado à mulher : Lettre à D. ( Histoire d'un amour).
Eis como termina: " Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble".