J'ai découvert Call the
midwife (le titre en VO) par l'intermédiaire de la série TV qui en est
l'adaptation. C'est une série anglaise très populaire de l'autre côté de
la Manche, qui compte déjà 6 saisons. Je reparlerai de cette série tout
à l'heure, mais je vais déjà vous présenter le livre.
L'autrice,
Jennifer Worth, est décédée il y a seulement quelques années. Elle
avait écrit ses mémoires au début des années 2000 sur son apprentissage
du métier de sage-femme au sein du couvent de Nonnatus House.
Elle
n'a qu'une vingtaine d'années dans les années 50, lorsqu'elle s'installe
dans ce couvent. Elle-même n'est pas religieuse, mais ce sont les
soeurs qui vont achever sa formation et qui s'occupent du suivi des
grossesses et des accouchements.
Elles interviennent dans l'East End de Londres, un quartier très pauvre où vivent les dockers avec leurs familles.
Ce
livre est passionnant, cela se lit comme un roman, on y apprend
énormément sur les conditions de vie dans ce quartier à cette époque, le
métier de sage-femme et l'évolution de la médecine et de
l'obstétrique...
Les conditions de vie des habitants de ce quartier
et le manque d'hygiène apparaissent assez effrayants. Des familles avec
10 enfants et plus peuvent vivre dans une ou deux pièces sans salle de
bain avec WC commun sans que personne ne trouve cela anormal. Quand je
pense que nous allons déménager parce qu'on se sent à l'étroit à 4 dans
nos 100m2, j'ai presque honte
La
partie la plus intéressante est bien de comprendre comment est né le
métier de sage-femme, comment il s'est professionnalisé. Jusqu'à une
époque pas si lointaine il n'y avait aucun suivi médical de grossesse et
bien sur en cas d'accouchement problématique les chances de survie de
la femme et de l'enfant était souvent faible. Les taux de mortalité
annoncés font froid dans le dos. Dans les années 50, les choses ont déjà
évoluées et cela s'améliore, mais c'est obtenu de haute lutte car les
médecins hommes ont longtemps rejeté cette profession la jugeant
inutile, quelle aberration !
Les premières sages-femmes ont dû mener
une vraie lutte pour faire reconnaitre la nécessité d'un suivi médical
des femmes enceintes.
C'est étonnant de le constater, sachant
qu'aujourd'hui nous sommes tombé dans l'excès inverse où la grossesse
est surmédicalisée. Je suis éminemment reconnaissante de toutes ces
avancées qui m'ont permis de mettre au monde 2 enfants dans de bonnes
conditions, rassurée d'être entre de bonnes mains, mais de nos jours, le
suivi de grossesse peut être vraiment stressant et culpabilisant.
Mais
je m'écarte du sujet, revenons à ce livre qui m'a vraiment remuée :
Finalement l'autrice nous parle assez peu de sa vie personnelle, son
métier prend le pas sur tout, c'est une véritable passion, on apprendra
juste qu'à l'origine de tout cela, il y a son amour pour un homme
inaccessible qu'elle a fuit (un homme marié ?). De même malgré quelques
petites histoires autour de soeur Monica Joane, soeur à la retraite et
perdant légèrement l'esprit, et quelques escapades avec un groupe
d'amis, on n'en saura guère plus sur sa vie, les différents
protagonistes n'étant qu'esquissés. Cette partie est bien plus
développée dans la série, j'y reviendrai.
Le récit se concentre
donc sur les familles, sur ces femmes dans ce moment si particulier
qu'est l'accouchement. Le côté humain prime et est tellement bien
décrit, vivant, touchant et authentique. Des histoires tragiques, des
bébés qu'on arrache à leur mère parce qu'elles sont trop jeunes ou trop
pauvres ou que leur bébé est noir (suite a une infidélité), des maris
violents, des enfants en pagaille parce que pas de contraception, mais
également des histoires belles et touchantes comme cette famille qui
attend son 24e, puis 25e enfant (!!) avec toujours le même amour...
Le
livre contient une préface signée d'Agnès Ledig, je n'ai encore jamais
lu de ses romans, mais j'entends régulièrement parler d'elle. Son
dernier livre, De tes nouvelles, est sorti il y a peu. J'ai donc ainsi
découvert que Agnès Ledig était elle-même sage-femme.
Au final,
j'ai énormément apprécié la lecture de ce livre qui est un coup de
coeur. On y apprend énormément, les histoires sont fortes, et touchantes,
c'est vraiment passionnant et en même temps, il faut parfois serrer les
dents, certaines choses m'ont vraiment remuée et je me suis sentie
vraiment reconnaissante des progrès de la médecine et des techniques
d'accouchement qui font qu'à mon époque je peux l'envisager sans
craindre pour ma vie et celle de mon bébé.
Je recommande
chaudement ce livre, si vous êtes maman, peut être un peu moins si vous
ne l’êtes pas encore. J'avoue que je n'aurais pas aimé moi-même lire ce
livre avant d'avoir mes enfants, cela m'aurait probablement fait frémir
plus que de raison. Mais c'est bien sur une question de sensibilité.
Il
existe une suite en VO, mais malheureusement je n'ai pas l'impression
qu'une traduction soit prévue et c'est plus que dommage.
A
présent quelques mots sur la série, j'en suis à la saison 3 et je l'aime
énormément, on y retrouve les histoires touchantes de ces familles à
chaque fois autour d'une grossesse, je trouve que c'est un très bon
complément du livre car les personnages de l'autrice, des autres
sage-femme et des soeurs de Nonatus House sont bien plus développés et
mis en avant, avec sensibilité, humanité et humour. Un petit monde que
j'adore suivre au fil des épisodes.
La série est disponible sur Netflix et toujours en cours de diffusion en Angleterre où une 7e saison est prévue.
ce
livre était dans ma wish list et je l'ai offert à un
chocolatdansmonroman lors d'un swap. Je lui ai ensuite proposé d'en
faire une lecture commune dans le cadre du challenge des 12 thèmes pour
le mois de mars. Le thème étant un livre se déroulant en Angleterre,
c'était une belle occasion, surtout que sans ça je ne me serais peut
être pas décidée à le lire de si tôt.
Cette lecture compte également pour mon challenge ABC.
Petit aparté qui n'a rien à voir, c'est le premier billet ou vous me verrez
écrire le mot autrice, avant cela j'écrivais soit auteur ou auteure,
sans me poser plus de questions et puis j'ai eu récemment envie de
savoir exactement ce qu'il en était.
J'ai ainsi appris que le terme
officielle en France est autrice, même s'il est peu utilisé. Comme
c'était récemment la journée des droits de la femme, j'ai lu plusieurs
choses sur internet, notamment
cet article très intéressant et j'ai donc décidé d'utiliser dorénavant ce mot, même si je vous avoue que je ne l'aime pas trop à l'oreille.