
1 Broken Piano Pt. 2 (2:46)
2 In A Safe Place... Somewhere Near Your Heart (5:10)
3 The Leaves Have Left Us (3:50)
4 Cold Leaves For The Violent Ground (3:05)
5 The Scratches On The Window In The Doors Of Each Cell (5:40)
6 Broken Piano Pt. 1 (3:00)
7 Alone In The Bright Lights Of A Shattered Life (9:31)
Les deux Andy avouent que leurs inspirations principales pour la gestion du label anglais Resonant sont Kranky, Constellation et Fat Cat. Il faut avouer que c'est placer la barre très haut. Mais à voir le catalogue qu'ils se sont créés en six années d'existence, on se dit que les bougres s'en sortent à merveille. Voyez plutôt : Do Make Say Think, Jessica Bailiff et les Islandais Stafraenn Hakon et Ölvis figurent dans leurs réserves. Et voilà maintenant qu'ils nous sortent Alone In The Bright Lights Of A Shattered Life, un premier album prometteur du duo suédois Library Tapes.
À la lecture du titre du disque (littéralement "seul dans les lumières lumineuses d'une vie brisée"), on est rapidement fixé sur l'ambiance. Ce n'est pas le morceau d'ouverture Broken Piano Pt.2 avec ses notes dissonantes et sa mélodie lente, éthérée qui va nous rassurer : Library Tapes n'est pas joyeux. La mélancolie est omniprésente tout au long de l'album. Ce qui fait la particularité du groupe, c'est l'utilisation de l'instrument mélancolique par excellence : le piano. Peu de groupes officiant dans ce registre musical que l'on pourrait qualifier de post-rock ambient (et parmi lequel nous placerons Labradford, les premiers Tarentel, Stars of the Lid), ne l'ont utilisé avec autant d'insistance.
L'utilisation du piano n'est pourtant pas ici une révolution. Il est quasiment toujours accompagné d'une guitare électrique, sauf sur les morceaux qui lui sont dédiés (Broken Piano Pt.1 et 2). Les structures des morceaux sont assez analogues aux classiques du genre, à savoir un début mélodique qui vire à la dissonance et au cataclysme sonore. Musicalement Alone In The Bright Lights Of A Shattered Life est une très bonne synthèse du He Has Left Us Alone de A Silver Mount Zion et du CODY de Mogwai, une torture lente de sentiments simples et profonds. Mais le fait de remplacer une guitare par un piano renforce encore plus les émotions que l'on peut ressentir en écoutant ce genre de musique. Dans les parties calmes, la pureté des notes et le coté aérien sont mis en avant, le son étant plus claquant et sec, la nudité des mélodies est alors renforcée. En ce qui concerne les parties plus énervées, l'opposition avec la guitare électrique noisy est plus marquée et permet de mieux jouer sur les contrastes, décoller avec la guitare en restant scotché au sol par le piano (Cold Leaves For The Violent Ground en est l'exemple parfait).
Les deux compères de Library Tapes précisent que ce disque a été enregistré en trois jours lors d'un hiver particulièrement rigoureux. Ceci est presque inutile tant cela se ressent dans leur musique. Alone In The Bright Lights Of A Shattered Life apporte un angle nouveau à la musique lente, dépressive et torturée sans toutefois révolutionner le genre. Ce premier album de Library Tapes est malgré tout un compagnon de premier choix pour cet hiver qui s'annonce des plus glacials.
Webzine Mille-Feuilles
2005 is looking likely to be remembered as the year of the piano. With countless artists tickling the ivoriesand Michael Nyman's back catalogue getting the attention it deserves, the piano has become the weapon of choice for the more mellow-headed leftfield. The latest to join the Liberace list is Swedish duo Library Tapes, whose debut album 'Alone In The Bright Lights Of A Shattered Life' lists Max Richter, Lunz and A Silver Mt. Zion as amongst their influences. Comprised of piano, acoustic/electric guitars, balalaika and the a trusty laptop, 'Alone In The Bright Lights...' seems to exist in a distant tundra, with the listener coaxed into embarking on a hugely rewarding journey. Whilst the stiff melodies of opening composition 'Broken Piano Pt.2' are draftily satisfying, it is '...in a safe place...somewhere near your heart...' that really establishes their sound. Not unlike a William Basinski piece, 'In a safe place...' takes an emotionally wrought piano and allows it to languidly meander over a stirring landscape of half-glimpsed sonic sturctures and soundscapes that can't help but make an emotional impact on this listener. Gorgeous.
Boomkatbuytry