1 Transient Life In Twilight (11:38)
2 The Elk With Jade Eyes (18:15)
3 Spiralling Skeleton Memorial (7:33)
4 O True Believers (5:46)
James Blackshaw est un inconnu ou presque. Sa musique est jusqu'à présent introuvable ou presque. Prédire que ce jeune homme de 24 ans est en passe de rentrer dans le club très fermé des grands compositeurs de folk n'est pourtant pas un vœu pieux, pas plus que n'est une vue de l'esprit le fait de dire que la découverte de ce guitariste constitue un séisme majeur dans un monde dont les points cardinaux pourraient s'appeler John Fahey, Robbie Bãsho, Berth Jansch et Davy Graham. On ne sait donc pas grand chose de James Blackshaw, sinon qu'il habite dans une petite ville du Kent (Bromley) au milieu de ce que l'on appelle le "jardin de l'Angleterre". Il y a encore cinq ans, il jouait avec Luke Younger, aujourd'hui moitié de Birds Of Delay (avec Steven Warwick), duo sauvage de drone / noise issu de la scène bouillonnante de Leeds. Depuis, James s'est mis sérieusement à la 12 cordes, a appris le cymbalum et la tamboura, joue de l'harmonium, d'un ensemble de percussions et de pédales d'effet, s'amuse à désaccorder des cordophones pour les transformer en koto, aime passer des heures à regarder le ciel en écoutant des disques par milliers. Avec une préférence avérée pour les 70s : Popol Vuh, Träd Gräs och Stenar, Sonny Sharrock, Charlemagne Palestine… et de la musique gamelan et nord indienne, plein. Musiques écoutées, comprises et assimilées qui circulent depuis librement dans ses mélodies envoûtées. La liste des gens avec qui James Blackshaw a joué en solo ou s'apprête à jouer pourrait encore lui servir de portrait chinois : Josephine Foster, Marissa Nadler, Peter Wright, Agitated Radio Pilot, Taurpis Tula, Simon Finn, Sir Richard Bishop, Sharron Kraus et bientôt Jesse Sparhawk ou encore Bird by Snow et Sean Smith, deux artistes west coast dont on reparlera bientôt.
On cite souvent l'ombre de Sandy Bull et de Robbie Bãsho pour évoquer le travail de James. On ergote parfois sur les affinités esthétiques supposées qu'il pourrait entretenir avec tel songwriter plutôt qu'un autre, ce qui l'oppose à tel guitariste et le rapproche de tel autre. On remarque systématiquement qu'il s'est doté d'une technique impressionnante de fingerpicking. On peut dire encore que James Blackshaw s'est construit à l'ombre des grands actuels (Steffen Basho-Junghans, Ben Chasny, Harris Newman, Glenn Jones, Jack Rose, Gary Lucas et Jozef van Wissem...) un style singulier et une patte sonore aisément identifiables : des progressions et résolutions mélodiques impeccables, des effets d'emballement métronomique voire krautrockesque, de la reverb très souvent et un type de cordes à l'éclat toujours très métallique qui évoque sinon le pianoforte du moins des instruments à table d'harmonie du type psaltérion, tympanon… On peut enfin ajouter que cette oeuvre s'est construite fissa (cinq albums depuis Celeste en août 2004) et dans la plus grande discrétion (uniquement des tirages à moins de 500 exemplaires). Alors lorsque Important Records a décidé de presser les quatre longs morceaux de O true believers en des quantités rendant enfin audible la musique de James, on s'est dit que ce label devait faire œuvre de service public.
Et pourtant, aurait-on dit tout cela que l'on serait dans le vrai mais encore bien en-deçà de la vérité. Après tout, qu'importe la supposée maîtrise technique de James, qu'importe les papillonnements de doigts et les enchassements de mélodies à la limite de l'intelligible de Spiralling skeleton memorial : le folk a vu bon nombre de techniciens doués d'une âme de poète avant lui. Le folk est même un terreau fertile pour cette variété de musiciens. Qu'importe l'école musicale à laquelle James peut appartenir : John Fahey aurait-il osé une cadence aussi entraînante que sur le dernier morceau, O true believers ? A-t-on jamais laissé pénétrer autant de lumière dans un morceau de folk ? Blackshaw ne serait-il pas en train de faire une entorse aux canons du genre en citant aussi librement son intérêt pour Florian Fricke ? L'essentiel se joue sûrement ailleurs. Car toute tentative d'intellectualiser une musique dont sourd un plaisir viscéral et spontané qui excède ses propres limites et qui ne peut, pour en percevoir la beauté étourdissante, qu'être vécue et ressentie, n'est sans doute rien de plus qu'une malheureuse vanité. Aussi, si la musique de James peut se laisser appréhender par bouts (un craquement de siège dès les premières secondes du disque, des harmoniques vibrantes par-ci, un arpège par-là), elle est avant tout un bloc musical, une présence phénoménale cousue de silence et d'écho : la mise en place de Transient life in twilight est particulièrement frappante de ce point de vue. Une musique miroir donc, cousue de sa propre matière, de sa propre image, "une image fantôme" aurait dit Guibert, "une idée même et suave" de musique, aurait dit Mallarmé.
Chronic'Art
When UK-native James Blackshaw plays his 12-string, something spiritualtakes place. This unassuming 23 year-old is transformed into a guitar god
whose name belongs alongside the likes of Jack Rose, Steffen Basho-Junghans,
and Glenn Jones. Making instrumental, solo, acoustic music that remains
consistently interesting and moving is a difficult task. Yet, time after
time, Blackshaw hits out of the park, constantly breaking boundaries in what
could be conceived as a somewhat limited medium. O True Believers is the
latest in a string of impressive releases, all with their own mood and
inspiration.
An untrained musician living in the isolated suburban environs of Greater
London, Blackshaw draws inspiration not only from the early Takoma Records
roster, but from sources as varied as the sublime film-work of Werner
Herzog, the books of Richard Brautigan and an endless amount of music:
free-jazz, 60's psych, drone, ethnic music and modern-day composers, to name
a few. He is also an enthusiastic runner, part-time poet and a keen reader
of books on Hindu and Sufi religion and mythology.
Consisting of mainly solo 12-string acoustic guitar, played in a
finger-picked style not too dissimilar to Robbie Basho, perhaps Blackshaw's
biggest inspiration, James Blackshaw has devised new tunings and new
techniques both of which are in full display on O True Believers. In these
part improvised and part written songs, Blackshaw traverses between Eastern
and Western scales; simple and incredibly intricate picking patterns; waves
of fast, powerful rolls and glass-fragile harmonics. The album is
embellished with other instruments such as the Hindustani
tamboura and harmonium and a specially tuned psaltery of Eastern-European
origin called a Cymbala.
Like most of his previous work, O True Believers may be born of a finite
moment of hope in a sea of infinite sadness, a fleeting moment of fragile
beauty that extends beyond it's physicality. Unlike past albums, the
listener's feeling upon conclusion is more ambiguous: there is no happy and
immediate resolution, as if ghosts of the past will find themselves
resurfacing time and time again in the future, an idea which is reflected in
several reoccurring themes within the songs themselves. Colourful ragas sit
next to mournful Fahey-esque refrains, triumphant mountaintop marches
besides almost neo-classical chord changes, endlessly repeating until there
is only transcendence.
This is James Blackshaw at his most vunerable and sincere and, with that,
there comes rare and wonderful qualities to his music: truth and freedom.
James Blackshaw has toured and collaborated with artists such as Josephine
Foster, Peter Wright, Taurpis Tula, Ashtray Navigations in the UK and Europe
and is due to tour the US in the summer of 2006. James is also confirmed and
has contributed tracks to two forthcoming compilations in 2006, which sees
him alongside the likes of Six Organs of Admittance, Marissa Nadler,
Christina Carter, John Fahey, Robbie Basho and Peter Lang.
Important Records
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