1-01 White Ground Elder 31:36
1-02 Mounted Archers Fortress 25:11
2-01 Lamplight Devotions 32:13
2-02 The Romance Of Certain Old Clothes 21:24
Tour double DCr
sold out visit ex-Birchville Cat Motel & ex-Celebrate Psi Phenomenon
try CD 1
try CD 2
Un motel sur le bord de la route, à l'entrée d'une petite ville de Nouvelle-Zélande. Les passants ou rares touristes s'arrêtent parfois à la vue du cadavre exquis formé par la superposition des deux panneaux, celui indiquant le nom de la ville, et celui indiquant le motel. Au même moment, quelque part ailleurs dans le pays, une maison de banlieue, une cabane de jardin. Un professeur d'arts plastiques de lycée s'y est enfermé en silence, et se balance, envoûté, au-dessus de sa table de mixage, casque sur les oreilles, enceintes débranchées, pour ne pas réveiller les voisins. Occupé à engendrer quelques larsens pour essayer son nouvel ampli, il venait de se rendre compte qu'il tenait là la clef d'un univers sonore inoui.
Dix ans plus tard, un peu moins, aux antipodes, une dizaine de personnes reposent, allongées, bras croisés, yeux fermés, sourire aux lèvres, sur le sol collant d'une petite salle de concerts metal. Trois espaces-temps irrémédiablement liés par une même manifestation cosmique : le musique de Birchville Cat Motel.
C'est là d'ailleurs son plus grand intérêt. Indéchiffrable, irrésistiblement mystérieux, alimenté par des semblants de sens trompeurs (les titres, toujours superbes : Drawn Towards Chanting Hordes - voilà qui décrirait parfaitement BCM), l'univers de Birchville a toujours eu quelque chose de profondément cosmique, évoquant le lent mouvement muet d'astres lointains, solitaires, indifférents. En compilant six morceaux live enregistrés entre 1998 et 2005, Curved Surface Destroyer en documente l'évolution. Des drones hiératiques du début, illustrés ici par le premier CD, aux entrelacs sonores et métalliques les plus récents, avec leurs rythmiques décalées (comme sur Our Love Will Destroy The World, cette année aussi), Birchville est le parfait exemple contemporain du sublime kantien en musique : trop grandiose pour être rationalisé ou reproduit en mots. Une différence essentielle avec les projets electro-drone/no-input les plus ambitieux, ou signés des plus grands noms, embourbés dans leur condition de naissance trop simplement humaine, trop franchement fabriqués à la main. Rien, à part Birchville, ne peut vous faire douter ainsi de l'origine du son inscrit sur le disque. Du coup, s'ouvre un imaginaire absolument unique dans le monde de l'improvisation actuel.
Curved Surface Destroyer est, en quelque sorte, le troisième album de Birchville cette année. Après Our Love Will Destroy The World sur PseudoArcana (le label d'Antony Milton), qui comptait déjà deux morceaux réédités ; et les 6 CD des outtakes et faces B des trois volumes de Chaos Steel Skeletons, ce triple-CD marque le retour de Campbell Kneale sur Last Visible Dog, le vénérable label américain qui avait déjà sorti l'indispensable double Beautiful Speck Triumph il y a deux ans. Trois fois deux pistes d'une trentaine de minutes, enregistrés live en Nouvelle-Zélande, Suède, Japon et Danemark, trois heures redéployant la lente et sûre évolution du son Birchville. Qui nous surprendra lorsqu'il éditera un CD qualifiable autrement que d'indispensable. Et si on ne pourra jamais vraiment le décrire, il faudra continuer de parler du motel du chat de Birchville, pour inciter à venir le découvrir...
Webzine Mille Feuilles
To the person who has slapped you in the face with the "it all sounds the same" argument when they hear your fine wine drone collection: fucking listen to this 3 cd retrospective by Birchville Cat Motel and cry your eyes out at the sheer beauty and power of it. The good folk at Last Visible Dog have collected a series of Birchville Cat Motel live shows and created this massive slab of drone evolution courtesy of New Zealander Campbell Kneale, the sole inhabitant of the BC Motel.