1 Translation (21:43)
2 Rotation (11:08)
3 Modifié (5:10)
4 Vibratoire (3:36)
5 Déviation (10:26)
6 Circulaire (6:15)
7 Disparu (2:26)
8 Inverse (5:32)
9 Tombant (8:07)
Il y a des oeuvres auxquelles une écoute distraite ne peut rendre justice. L'élégant minimalisme d'Autour de la Lune prend tout son sens à plein volume, lorsque la communion entre l'auditeur et l'artiste est totale et absolue. Commande conjointe de la Délégation aux arts plastiques, du Ministère de la Culture et de l'Atelier de création radiophonique de France Culture, Autour de la Lune est le résultat sonore d'une plongée de Geir Jenssen dans les archives de Radio-France au bout de laquelle le musicien norvégien décida d'employer des extraits d'une vieille adaptation radio d'un roman de Jules Vernes afin de créer un hommage aux sombres profondeurs spatiales.
Ne soyez pas surpris si l'un de vos amis aux sensibilités cosmiques plus exacerbées vous explique qu'il a réussi à synchroniser l'un des neuf mouvements du nouveau Biosphere avec une scène du 2001 de Kubrick. Autour de la Lune est une oeuvre à la fois hautement abstraite et remarquablement imagée dont la représentation du gouffre spatial frappe autant par sa grandeur infinie que par son profond calme. Jenssen offre ici une ambitieuse composition conceptuelle qui oscille entre la sublime prétention et la beauté immaculée. Se nourrissant à même ses larges silences et ses drones aériens longs et contemplatifs, Autour de la Lune n'est pas la plus accessible des créations du musicien norvégien.
Au niveau de la pure correspondance au concept, on a affaire à un travail de maitre. Le premier mouvement, Translation, est une remarquable construction planante à souhait où les différentes plages atmosphériques s'entremêlent pour créer un fascinant mur de sonorités spatiales qui respire le calme absolu. Les craquements analogiques et les respirations synthétiques continuent de s'enchevêtrer sur l'inquiétante Rotation. Modifié est la pièce qui trahit le plus les origines radiophoniques de l'expérience. Jeu de fréquences et de fritures, c'est le moment le plus ouvertement humain de cette odyssée de l'espace.
Lourdes basses subsoniques et silences habités sont au rendez-vous à chaque détour de cette symphonie de manipulations subtiles et de drones engourdis. Et, tout comme dans le classique de Kubrick, tout semble ici se dérouler au ralenti. Plusieurs des échantillons employés ici proviennent directement d'enregistrements faits à partir de la station orbitale MIR. C'est dire à quel point cette musique à la fois sinistre et reposante ne laisse pas de place aux séquences d'action.
Cela dit, toute cette poésie personnelle est-elle une réelle représentation sonore de l'expérience cosmique? Ce que je tente de poser comme question va plus ou moins comme suit: si Biosphere, au lieu de s'inspirer de De la Terre à la Lune, avait décidé d'intituler cette composition 20,000 lieues sous les mers, me serais-je évertué à vanter les mérites de cette fascinante odyssée sous-marine? Peu importe. Ceux qui ont l'imagination et la concentration nécessaire pour suivre Geir Jenssen jusqu'aux plus profonds des méandres de l'espace trouveront ici une trame sonore fascinante à leurs rêveries. Les autres que ce genre de musique métaphysique irrite diront que, plus que jamais, le Norvégien est perdu dans les étoiles.
Funki Music
Albums like this should come embossed with the warning, “Do not play on crummy little speakers.” Biosphere (a.k.a. Geir Jenssen) makes music that you feel as well as hear. A native of Tromso, Norway, Jenssen uses the Biosphere alias whenever he goes to work in the ambient music mines, and he dug up some especially heavy ore to mold Autour de la Lune.
That may seem ironic given its title, which translates as “Around the moon.” But this is not weightless music; indeed, the central three-track sequence – “Vibratoire,” “Déviation,” and “Circulaire” – sit quite heavily on the chest; subsonic bass frequencies are like that.
Why all the French, one asks? The album is a refinement of a piece that Jenssen composed for Radio France Culture which took its inspiration and some of its raw material from an early-’60s audio realization of Jules Verne’s story De la Terre à la Lune. The opener “Translation” lasts nearly 22 minutes; built from pulsing, looped organ tones, it develops a tension so absorbing it could stand perfectly fine on its own as an EP. But there’s more.
The long, glassy resonations on “Rotation” evoke most overtly space’s vast emptiness. They also set up the record’s loveliest moment, “Modifié,” a masterpiece of shortwave manipulation. Its smudged voices and rusted metal beats materialize out of crackling fog as eerily as anything on The Conet Project. Then comes the album’s aforementioned center of gravity, the series of chest-compression exercises.
Coherent, complete, and not a minute too long despite a running time of almost 75, Autour de la Lune is a deeply affecting and unabashedly lovely recording.
By Bill Meyer, Dusted Review