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quinta-feira, 15 de setembro de 2011

LA VIE IDÉALE

Une salle avec du feu, des bougies,
Des soupers toujours servis, des guitarres,
Des fleurets, des fleurs, tous les tabacs rares,
Où l'on causerait pourtant sans orgies.

Au printemps lilas, roses et muguets,
En été jasmins, oeillets et tilleuls
Rempliraient la nuit du grand parc où, seuls
Parfois, les rêveurs fuiraient les bruits gais.

Les hommes seraient tous de bonne race,
Dompteurs familiers des Muses hautaines,
Et les femmes sans cancans et sans haines,
Illumineraient les soirs de leur grâce.

Et l'on songeraient, parmi ces parfums
De bras, d'éventails, de fleurs, de peignoirs,
De fins cheveux blonds, de lourds cheveux noirs,
Aux pays lointains, aux siècles défunts.

Charles Cros

segunda-feira, 29 de agosto de 2011

Elle s'est endormie, un soir, croisant ses bras,
Ses bras souples et blancs sur sa poitrine frêle,
Et fermant pour toujours ses yeux clairs, déjà las
De regarder ce monde, exil trop lourd pour Elle.

Elle vivait des fleurs, de rêves, d'idéal,
Âme, incarnation de la Ville eternelle.
Lentement étoufée, et d'un semblable mal,
La splendeur de Paris s'est éteinte avec Elle.

Et pendant que son corps attend pâle et glacé
La réssurection de sa beauté charnelle,
Dans ce monde où, royale et douce, Elle a passé,
Nous ne pouvons rester qu' en nous souvenant d'Elle.

Charles Cros

terça-feira, 5 de julho de 2011

SONNET MADRIGAL

J'ai volu des jardins pleins de roses fleuries,
J'ai rêvé de l'Éden aux vivantes féeries,
Des lacs bleus, d'horizons aux tons de pierreries;
Mais je ne veux plus rien; il suffit que tu ries.

Car roses et muguets, tes lèvres et tes dents
Plus que l'Éden, sont but de désirs imprudents
Et tes yeux sont des lacs de saphirs, et dedans
S'ouvrent des horizons sans fin, des cieux ardents.

Corps musqués sous la gaze où l'or lamé s'étale,
Nefs, haschisch... j'ai revê l'ivresse orientale,
Et mon rêve s'incarne en ta beauté fatale.

Car, plus encor qu'en mes plus fantastiques voeux,
J'ai trouvé de parfum dan's l'or de tes cheveux,
D'ivresse à m'entourer de tes beaux bras nerveux.

Charles Cros