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mercredi 31 décembre 2008

Bilan 2008...

2008... c’est 107 livres lus, 17 abandonnés et quelques améliorations: trois bandes dessinées, une lecture jeunesse, un trip Paul Auster, environ 19 livres québécois et quelques canadiens anglophones… Je m’améliore, n’est-ce pas ?! Deux résolutions pour 2009 : battre mon record québécois et faire descendre la PAL qui ne peut quitter son chiffre chanceux, soient environ 100 livres !

Enfin, voilà le résumé de mon année, mon top 10 étant en rouge :

Le navet de l’année : (je ne peux partager entre ces deux horreurs !)
Lunar Park, Bret Easton et Le chien de Claude, Roald Dahl

Mon grand coup de cœur en série:
Millénium, Stieg Larsson

Mon grand coup de cœur en solo :
84, Charing Cross Road, Helene Hanff

Coup de coeur - auteurs rencontrés:
Mélanie Gélinas (Compter jusqu’à cent)

Mon coup de coeur en couverture (trois!!!)
Le portrait, Pierre Assouline - Effigie, Alissa York - Fugitives, Alice Munro

Le livre le plus bizarre :
La jeune fille suppliciée sur une étagère, Akira Yoshimura

Le livre le plus déçevant :
Le Monde de Barney, Mordacai Richler


1) Un tourbillon de neige et de cendres, Partie II, Diana Gabaldon
2) Balade en train assis sur les genoux du dictateur, Stéphane Achille
3) Les trois mousquetaires, Alexandre Dumas
4) Chroniques du lézard, Maya Ombasic
5) L’épouse hollandaise, Eric McCormack
6) Mansfield Park, Jane Austen
7) La fille du docteur Baudoin, Marie-Aude Murail
8) Voyage au Portugal avec un Allemand, Louis Gauthier
9) Portrait de femme, Henry James
10) La chambre des officiers, Marc Dugain
11) Les saisons de la nuit, Colum McCan
12) Une passion indienne, Javier Moro
13) J’étais derrière toi, Nicolas Fargues
14) Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway
15) Judas, Tassia Trifiatis
16) Taj, Timeri N. Murari
17) Le Monde de Barney, Mordacai Richler
18) Je, François Villon, Jean Teulé
19) Prenez soin du chien, J.M. Erre
20) Je te retrouverai, John Irving
21) Parfum de poussière, Rawi Hage
22) La moustache, Emmanuel Carrère
23) Whitethorn Woods, Maeve Binchy
24) La bicyclette rouge, Kim Dong Hwa
25) Bonjour tristesse, Françoise Sagan
26) Couleur du temps, Umberto Saba
27) Le portrait, Pierre Assouline
28) 84, Charing Cross Road, Helene Hanff
29) La jeune fille suppliciée sur une étagère, Akira Yoshimura
30) Sa femme, Emmanuèle Bernheim
31) Vingt ans après, Alexandre Dumas
32) Vandal Love ou perdus en Amérique, D.Y. Béchard
33) Les yeux jaunes des crocodiles, Katherine Pancol
34) Le lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna
35) Le magasin des suicides, Jean Teulé
36) Pauline, Alexandre Dumas
37) La deuxième vie de Clara Onyx, Sinclair Dumontais
38) Chroniques de San Francisco, Armistead Maupin
39) Petit guide pour orgueilleuse (légèrement) repentante, Annie L’Italien
40) We need to talk about Kevin, Lionel Shriver
41) La petite gitane, Miguel de Cervantès
42) Le potentiel érotique de ma femme, David Foenkinos
43) L’infortunée, Wesley Stace
44) Chroniques d’une mère indigne, Caroline Allard
45) Extrêmement fort et incroyablement près, Jonathan Safran Foer
46) L’histoire de l’amour, Nicole Krauss
47) Vie et mort en quatre rimes, Amos Oz
48) Rêve d’amour, Laurence Tardieu
49) Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux, Kate Atkinson
50) Nouvelles africaines I : Le soleil se lève sur le veld, Doris Lessing
51) Nouvelles africaines II : L’hiver en juillet, Doris Lessing
52) Nouvelles africaines III : La Madone noire
53) Le grand cahier, Agota Kristof
54) La preuve, Agota Kristof
55) Les accoucheuses I : La fierté
56) Se résoudre aux adieux, Philippe Besson
57) Le troisième mensonge, Agota Kristof
58) Une brève histoire de tracteur en Ukraine, Marina Lewyeka
59) The stone angel, Margaret Laurence
60) A jest of God, Margaret Laurence
61) Deux jours à tuer, François d’Épenoux
62) Dieu et nous seuls pouvons, Michel Folco
63) Treize lunes, Charles Frazier
64) Amok, Stefan Zweig
65) Une vie française, Jean-Paul Dubois
66) La nuit sacrée, Tahar Ben Jelloun
67) Le quatuor d’Alexandrie : Justine, Lawrence Durrell
68) Compter jusqu’à cent, Mélanie Gélinas
69) Dernier été à Paris, Abha Dawesar
70) Les charmes discrets de la vie conjugale, Douglas Kennedy
71) Big Bang, Neil Smith
72) Le retour, Joseph Conrad
73) Enthéos, Julie Gravel-Richard
74) Marie-Antoinette, Stefan Zweig
75) Chagrin d’école, Daniel Pennac
76) Amours nomades, Isabelle Eberhardt
77) Lettre à D., André Gorz
78) Le liseur, Bernhard Schlink
79) Tarquimpol, Serge Lamothe
80) Dans le café de la jeunesse perdue, Patrick Modiano
81) Les crimes de l’accordéon, Annie Proulx
82) Fume et tue, Antoine Laurain
83) Hôtel Pastis, Peter Mayle
84) Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Stieg Larsson
85) La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, Stieg Larsson
86) La reine dans le palais des courants d’air, Stieg Larsson
87) Élégie pour un Américain, Siri Hustvedt
88) Brooklyn Follies, Paul Auster
89) Madame Bovary, Gustave Flaubert
90) La suppléante, Anne Bonhomme
91) The Fire-Dwellers, Margaret Laurence
92) Pourquoi j’ai mange mon père, Roy Lewis
93) Chef d’œuvre, Sébastien Filiatrault
94) Effigie, Alissa York
95) La valse lente des tortues, Katherine Pancol
96) Suite française, Irène Némirovsky
97) The women in white, Wilikie Collins
98) Moon Palace, Paul Auster
99) La musique du hasard, Paul Auster
100) Sept cavaliers, Jacques Terpant
101) Léviathan, Paul Auster
102) Du bon usage des étoiles, Dominique Fortier
103) Whisky et paraboles, Roxanne Bouchard
104) La bicyclette rouge : Les roses trémières, Kim Dong Hwa
105) La nuit de l’oracle, Paul Auster
106) Les malheurs de Sophie, Comtesse de Ségur
107) Fugitives, Alice Munro


1. Abandon p.218 : Le dernier templier, Raymond Khoury
2. Abandon p.165 : Journal d’une femme adultère, Curt Leviant
3. Abandon p.98 : La théorie des nuages, Stéphane Audeguy
4. Abandon p.32 : Les années, Annie Ernaux
5. Abandon de lecture p.119 : Pas si tranquille, Adèle Lauzon
6. Abandon de lecture p.161 : Hannah, Paul-Loup Sulitzer
7. Abandon de lecture p.84 : Alabama Song, Gilles Roy
8. Mise de côté pour l’instant: The time of our singing, Richard Powers
9. Abandon p.172: Une sale rumeur, Anne Fine
10. Abandon de lecture p. 137 : Lunar Park, Bret Easton Ellis
11. Abandon de lecture p. 48 : La porte des enfers, Laurent Gaudé
12. Abandon de lecture p.163 : Ourania, J.M.G. Le Clézio
13. Abandon de lecture p.31 : Un chasseur de lion, Olivier Rolin
14. Abandon de lecture p.70 : Le chien de Claude, Roald Dahl
15. Abandon de lecture p. 299: Loin de Chandigarh, Tarun J Tejpal
16. Abandon de lecture p. 74 : The Gargoyle, Andrew Davidson
17. Abandon de lecture p.220 : Dans la ville des veuves intrépides, James Canon

BONNE ANNÉE 2009 À TOUS ET MERCI DE ME VISITER!

Bilan lecture décembre 2008...

1) The women in white, Wilikie Collins / - / 1er déc.
2) Moon Palace, Paul Auster/ + / 2 déc.
3) La musique du hasard, Paul Auster / + / 4 déc.
4) Sept cavaliers, Jacques Terpant / - / 7 déc.
5) Léviathan, Paul Auster / ? / 7 déc.
6) Du bon usage des étoiles, Dominique Fortier / + / 11 déc.
7) Whisky et paraboles, Roxanne Bouchard / + / 14 déc.
8) La bicyclette rouge : Les roses trémières, Kim Dong Hwa / + / 20 déc.
9) La nuit de l’oracle, Paul Auster / + / 20 déc.
10) Les malheurs de Sophie, Comtesse de Ségur / + / 21 déc.
Abandon de lecture p. 74 : The Gargoyle, Andrew Davidson
Abandon de lecture p.220 : Dans la ville des veuves intrépides, James Canon
11) Fugitives, Alice Munro / + / 30 déc.

Top 3 du mois:
Moon Palace, Paul Auster
Du bon usage des étoiles, Dominique Fortier
Whisky et paraboles, Roxanne Bouchard

Un bon mois avec 11 lectures complétées, j'ai pris le temps de lire on dirait! Une seule déception: la bande dessinée tirée de l'oeuvre de Raspail - Sept cavaliers. Il y a meilleur moyen de découvrir cet auteur à ce qu'on m'a dit... Le bilan final suivra plus tard aujourd'hui.

mardi 30 décembre 2008

Fugitives, Alice Munro.

Elles partent. Fuguent. S'enfuient. S'en vont voir ailleurs. Elles : des femmes comme les autres. Par usure ou par hasard, un beau matin, elles quittent le domicile familial (ou conjugal), sans se retourner. En huit nouvelles, Alice Munro met en scène ces vies bouleversées. Dans un style souvent comparé à Tchekhov ou à Raymond Carver, Alice Munro explore les relations entre les êtres et ces moments de l'existence où une révélation, une rencontre, font tout vaciller. Encore une fois, Alice Munro nous offre un bouquet d'histoires inoubliables, parfois reliées entre elles, qui forment toujours un ensemble cohérent, et dont l'effet général est plus puissant que celui de bien des romans.

J'ai profité de ma chaise à fond pour terminer ce recueil de nouvelles pas piqué des vers! Alice Munro nous offre une palette de femmes plus déterminées les unes que les autres, que rien n'arrête et qui n'ont pour seul but que se retrouver au plus profond d'elles-mêmes afin de poursuivre leur route. L'auteur trace un portrait du Canada d'une époque précise, celle où la vente d'alcool est interdite le dimanche, où la femme mariée doit cesser de travailler, où la femme "en couple" en dehors du mariage vit dans le péché (encore pire si un enfant est né de cette union peut le prouver!) et où le fait de ne pas croire en Dieu mène nécessairement à un déséquilibre mental ou encore à une quête de soi perpétuelle!

Nancy, Clara, Lauren, Juliet, Penelope, Grace et les autres ont toutes un point en commun, soit celui d'avoir de grandes questions à lesquelles elles devront répondre en prenant la route à un moment dans leur vie. Bien sûr, tout n'est pas parfait dans cette écriture, car l'auteure laisse de grands trous libres à notre imagination ou parfois lourds de sous-entendu, mais dans l'ensemble les huit nouvelles ont chacune leur charme et leur intérêt. Alice Munro n'est pas celle qui vous fera vivre les montagnes russes, mais elle vous fera découvrir des destins de femmes peu banales dans lesquelles les chances de se retrouver un peu sont presque garanties.

dimanche 28 décembre 2008

C'était en 2007...

En 2007, mon bilan faisait état de 103 livres lus et de 20 abandons. Que s'est-il passé cette année? Plus d'abandons, moins de lectures? Je travaille sur ce bilan... Le pire? Faire un top 10! Un top 20 serait plus proportionnel au nombre total, mais...

En ligne le 31 décembre prochain (juste au cas où j'arriverais à en ajouter un autre d'ici là!).

vendredi 26 décembre 2008

J'abandonne en double...

Dans la ville des veuves intrépides, James Canon.

Depuis ce jour où les guérilleros ont débarqué et réquisitionné tous les hommes de la ville, Mariquita tombe en ruine. Seules, livrées à elles-mêmes, les femmes ne savent plus à quel saint se vouer.

Qu'à cela ne tienne. De ménagères soumises, d'épouses dociles, les femmes vont se transformer en leaders politiques de choc, instigatrices flamboyantes d'un nouvel ordre social.

Ainsi, les très moustachues soeurs Morales décident de remédier à leur condition de célibataires frustrées en créant un bordel ambulant ; Francisca, la veuve d'un grippe-sou notoire, mène la grande vie après avoir découvert le magot de son mari.
Et surtout, la ville de Mariquita peut compter sur la tenace Rosalba, la veuve du brigadier, auto-proclamée maire, et sur padre Rafael, seul rescapé de la gent masculine, qui n'hésite pas à se porter volontaire pour assurer la procréation de la nouvelle génération...

J'abandonne à la page 220, ce n'est pas rien. Me forcer pour lire, parce que je ne sens pas l'appel de l'écriture me signale que je dois passer à autre chose. Je trouve certains passages vulgaires, crus et sans intérêt!

The Gargoyle, Andrew Davidson.

An extraordinary debut novel of love that survives the fires of hell and transcends the boundaries of time

The narrator of The Gargoyle is a very contemporary cynic, physically beautiful and sexually adept, who dwells in the moral vacuum that is modern life. As the book opens, he is driving along a dark road when he is distracted by what seems to be a flight of arrows. He crashes into a ravine and suffers horrible burns over much of his body. As he recovers in a burn ward, undergoing the tortures of the damned, he awaits the day when he can leave the hospital and commit carefully planned suicide—for he is now a monster in appearance as well as in soul.

A beautiful and compelling, but clearly unhinged, sculptress of gargoyles by the name of Marianne Engel appears at the foot of his bed and insists that they were once lovers in medieval Germany. In her telling, he was a badly injured mercenary and she was a nun and scribe in the famed monastery of Engelthal who nursed him back to health. As she spins their tale in Scheherazade fashion and relates equally mesmerizing stories of deathless love in Japan, Iceland, Italy, and England, he finds himself drawn back to life—and, finally, in love. He is released into Marianne's care and takes up residence in her huge stone house. But all is not well. For one thing, the pull of his past sins becomes ever more powerful as the morphine he is prescribed becomes ever more addictive. For another, Marianne receives word from God that she has only twenty-seven sculptures left to complete—and her time on earth will be finished.

Already an international literary sensation, the Gargoyle is anInferno for our time. It will have you believing in the impossible.


Dans ce cas-ci, j'abandonne à la page 74 et je sens que je perds la chance de lire quelque chose de bon, mais le fantastique et moi ne faisons pas bon ménage... Je soupire à chaque fois qu'on me présente l'histoire sous cet angle. Mauvais signe encore une fois! Karine a beaucoup aimé!

dimanche 21 décembre 2008

Les malheurs de Sophie, Comtesse de Ségur.

Les malheurs de Sophie « Vous commencez bien vos quatre ans, mademoiselle : en désobéissant quand je vous avais défendu de faire du thé, en voulant faire avaler à vos amies un soi-disant thé dégoûtant, et en vous battant avec votre cousin. » La petite fille offre de l'eau de l'écuelle du chien à ses amis en guise de thé, fait prendre un bain de soleil à sa poupée de cire, sale les poissons rouges de sa mère... De bêtises en punitions, on retrouve avec plaisir l'espiègle Sophie telle qu'en elle-même, piétinant l'ennui avec allégresse !

"Dieu! que j'ai de l'esprit! que j'ai de l'esprit!" (p.54)

Elle se coupe les sourcils, elle prépare le thé avec l'eau du chien, elle se met les pieds dans la chaux ou elle donne le bain à la tortue. La petite Sophie n'a que quatre ans, mais elle ne manque pas d'imagination lorsqu'il est temps de créer des jeux dangereux qui se méritent la réprimande à coup sûr!

Librio est la collection parfaite pour découvrir les classiques de ce monde, et à ce prix (3.95$!), il n'y aucune raison de s'en priver. La qualité du papier laisse à désirer parqu'elle ressemble plus à une feuille de chou qu'à un livre de collection, mais une fois se détail oublié, on ne peut que flancher pour cette jeune enfant à qui Mme. De Réan (sa mère) tente d'inculquer quelques leçons de bonne conduite et de morale en appliquant la punition qui convient le mieux. La psychologie y est légèrement élémentaire, mais le gros bon sens y est toujours mis de l'avant.

La Comtesse de Ségur n'est certainement pas l'écrivaine la plus talentueuse de l'époque, mais en cette journée d'hiver (-30!), elle a su réchauffer mon coeur et me faire rire à plusieurs reprises...

La nuit de l'oracle, Paul Auster.

Après un long séjour à l'hôpital, l'écrivain Sidney Orr reprend goût à la vie. Mais il est accablé par l'ampleur de ses dettes et par l'angoisse de ne pas retrouver l'inspiration. Un matin, il découvre une nouvelle papeterie au charme irrésistible. Il entre, attiré par un étrange carnet bleu. Le soir même, dans un état second, Sidney commence à écrire dans ce carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu'il devine où elle va le conduire, ni que le réel lui réserve les plus dangereuses surprises... Virtuosité, puissance narrative, défi réciproque de l'improvisation et de la maîtrise : La Nuit de l'oracle précipite le lecteur au coeur des obsessions austériennes, dans un face à face entre fiction et destin. Comme si l'imaginaire n'était rien d'autre que le déroulement du temps avant la mort. Ou pire encore, son origine.

Finalement, je pense que consommer trop d'Auster dans une courte période m'anène à ne voir que le négatif dans l'oeuvre! Des écrivains errants dans la ville, dans les "dinners" ou les bars, quelques situations sans issues, plusieurs pistes menant à des intrigues liliputiennes, des problèmes d'argent résolus miraculeusement, des relations amoureuses légèrement complexes et quelques bourbons à eux seuls résument assez bien le travail de l'auteur. Je ne dis pas que c'est mauvais, loin de là! Mais la redondance des sujets dans un court lapse de temps ne me permet plus d'apprécier le roman en tant qu'individu indépendant parmi les autres. C'est mon erreur, j'en conviens et c'est pour cette raison que je ne peux me résoudre à terminer mon défi Auster en décembre. Le voyage d'Anna Blume et Dans le Scriptrium sont au menu et par crainte d'une indigestion, je pense bien avaler autre chose avant...

samedi 20 décembre 2008

La bicyclette rouge: Les roses trémières, Kim Dong Hwa.

"La prochaine fois que ma fille viendra me rendre visite, la vue de ces roses trémières lui rappellera le souvenir de sa défunte mère. J'ai semé les graines des fleurs depuis l'entrée du village jusqu'à ma porte... En empruntant ce chemin fleuri, ma fille aura l'impression de marcher en tenant la main de sa mère... Encore un peu de patience... Vivement que les roses trémières fleurissent... " Avec la douceur de ces histoires courtes, Kim Dong Hwa est considéré comme l'un des plus talentueux auteurs de manhwa dans le cœur des coréens.

Le printemps, l'été, l'automne et l'hiver sont réunis sous le désir de partager la culture coréenne selon les saisons. Encore une fois, l'auteur récidive avec des textes francs, teintés de nostalgie et de sentiments vifs. Les couleurs sont lumineuses et représentent à merveille le choc entre la modernité et l'ancien. Mon coup de coeur en images se situe au niveau de la première page de chaque chapître et pour le texte, c'est Ma maman qui a fait battre mon coeur... L'extrait suivra dans un prochain billet.







"Et quelle est cette couleur que nous sommes en train de contempler? Celle de l'or? Ou celle du coucher de soleil?" (p.117)

mardi 16 décembre 2008

Whisky et paraboles, Roxanne Bouchard.

Une jeune femme quitte tout pour aller s'installer au fond des bois. Elle veut refaire sa vie, recommencer à zéro. Mais les voisins sont là... Entre un gros gras grand musicien irresponsable qui accumule les lettres d'amour sans les ouvrir, un Américain qui lit Gaston Miron et un violoniste relayeur de folklore, elle a du mal à se franchir et le bar se transforme en refuge. Jusqu'à ce qu'arrive Agnès, une enfant battue de huit ans, qui s'attache à elle et s'acharne à entrer dans son histoire...

Je mijote mon commentaire depuis quelques jours déjà et je n’aboutis à rien qui pourrait rendre justice à ce talent.

"Je... Je n'ai jamais été bonne pour décoder les paraboles" (p.244)

Je me suis laissé prendre par les émotions et les sujets traités par l’auteur sont si convaincants que je n’ai certainement pas eu le choix. Il y a l’enfant de huit ans abusée par une jeune mère alcoolique; il y a l’Amérindien sorti de sa réserve et désorienté; il y a le musicien solitaire qui ne peut gérer sa popularité et il y a tous les autres qui colorent le décor entourant le chalet d'Élie. Élie qui a fuit sa vie et qui tente de s’évader loin de tout, mais surtout d’elle-même et qui n’y arrivera pas vraiment grâce à ses voisins!

De la poésie abordable, une bonne musicalité, des mots qui veulent dire des choses, mais de façon détournée (des paraboles!?!), des jeux de mots intelligents, une prose serrée... Roxanne Bouchard surprend au tournant des pages et on en reste épaté bien longtemps! À ajouter sur votre commande au Père Noël s'il reste encore un peu de place au bas de la liste... Et, si un jour vous mettez la main dessus, laissez-moi savoir ce que vous avez pensé du 20 septembre. Du talent à l'état pur, à vous donner la chair de poule!

lundi 15 décembre 2008

La Recrue de décembre:Du bon usage des étoiles, Dominique Fortier

Mai 1845, les navires Terror et Erebus, sous le commandement de sir John Franklin, partent à la conquête du mythique passage du Nord-Ouest avec, à leur bord, cent trente-trois hommes et suffisamment de provisions pour survivre trois ans aux rigueurs de l’Arctique. L’expédition doit permettre à l’Angleterre d’asseoir sa suprématie sur le reste du globe, mais les deux navires se trouvent bientôt prisonniers des glaces dans une immensité sauvage.

Commence alors un nouveau voyage, immobile celui-là, au cœur de la nuit polaire et vers les profondeurs de l’être, dont Francis Crozier, commandant du Terror, rend compte dans son journal. Il se languit aussi de la belle Sophia, restée avec sa tante Jane Franklin à Londres, où les thés et les bals se succèdent en un tourbillon de mondanités.

Inspiré de la dernière expédition de Franklin, Du bon usage des étoiles brosse un tableau foisonnant des lubies de la société victorienne – lesquelles ne sont pas sans rappeler certains des travers de la nôtre – dans un patchwork qui mêle avec bonheur le roman au journal, l’histoire, la poésie, le théâtre, le récit d’aventures, le traité scientifique et la recette d’un plum-pudding réussi.

Il y a ces hommes qui ont tout laissé derrière eux pour affronter l'inconnu, le froid, le vide... Deux navires, des provisions et leur foi de marin...

"Tandis que nous poursuivons notre traversée de l'Atlantique, étonnament calme pour cette période de l'année, je me souviens de ces navigateurs d'hier terrorisés à l'idée d'atteindre un jour le bout de la Terre et de sombrer dans le vide, et qui pourtant s'aventuraient dans des eaux inconnues, poussés par quelque soif de découverte qui tenaille l'être humain depuis la nuit des temps, par quelque besoin de braver l'inconnu, d'élucider le mystère de ce qui échappe insolemment à la compréhension ou la maîtrise de l'homme, désir auquel visent sans doute à répondre toute science et toute religion." (p.23)

Et, il y a ces femmes de marin qui profitent de la bonne société anglaise, de ses rencontres et de tout son confort! Pour elles le temps ne s'est point arrêté, la vie continue pendant que pour eux "L'écheveau des heures et des jours s'est dévidé, ne(...) laissant qu'un unique moment éternel et toujours recommencé." (p.253)

Même si l'histoire du Terror et de l'Erebus est romancée, Dominique Fortier ne manque pas de talent pour nous faire craindre le pire et nous embarquer à bord dès les premières pages. Les touches d'humour (Mr.Darcy!), les recettes, les journaux intimes, les manuscrits, les extraits divers et les dialogues font de son roman un des plus original de la collection Alto! Lady Jane, Sophia, Adam, Crozier et les Esquimaux ne manquent pas de nous faire rire ou pleurer. Dans l'ensemble, c'est très comestible et délicieux. Je n'aurais que quelques petits points faibles à mentionner (mais vraiment personnels!) concernant l'historique de cette expédition pour laquelle j'aurais voulu un peu plus de détails et la fin qui m'a laissée sur mon appétit! Sinon, pour son écriture parfois coquine, je pense que le Québec a trouvé sa Jane Austen!

Tous les commentaires de La Recrue: ici.

lundi 8 décembre 2008

Léviathan, Paul Auster.

Comment et pourquoi Benjamin Sachs, jeune écrivain talentueux des années Reagan, est-il devenu le poseur de bombes qui plastique l'une après l'autre les multiples statues de la Liberté ornant les villes américaines ?

C'est à cette question que cherche à répondre son ami Peter Aaron dans ce récit traité à la manière d'une biographie, réponse anticipée aux enquêteurs du FBI, à la légende médiatique qui s'est déjà emparée de Sachs.

Et le romancier du Voyage d'Anna Blume de nous donner, dans le sillage des écrivains prophètes que furent Whitman ou Thoreau, le portrait d'une Amérique déboussolée, qui a renié sans même s'en apercevoir ses valeurs fondatrices.

Un récit d'une limpidité rigoureuse, aux personnages - notamment féminins - d'une remarquable vérité.

Les propres écrits d'Auster ne sauraient mieux exprimer ce que je pense de ses bouquins:

"Un livre est un objet mystérieux, ai-je dit, et une fois qu'il a pris son vol, n'importe quoi peut arriver." (p.18)

C'est juste! Sauf qu'ici trop de choses sont arrivées selon mon goût... Il a transformé Sachs en Ben Laden et ses convictions ne m'ont pas convaincue! N'empêche que j'admire cet homme pour son habilité à enfiler les histoires une à la suite de l'autre et pour relier tous les personnages à un moment de leur vie. Le bourbon et l'argent advenu de façon inopinée ont encore un grand rôle ici et je voudrais bien connaître la raison qui pousse Auster à toujours inclure ces éléments dans chacun de ses livres comme si rien ne pouvait se passer sans les billets verts...

Je ne dirais pas que le livre m'a déplu parce que je l'ai lu avec avidité jusqu'aux trois quarts, mais c'est peut-être signe que je dois faire une pause entre ce dernier et les autres dans la pile. La redondance aura peut-être moins d'effet dans quelques jours...

dimanche 7 décembre 2008

Sept cavaliers - Tome 1, Jacques Terpant.

Il en fallait de l´audace et du talent pour oser mettre en images le chef-d´œuvre de Jean Raspail...
1986, sur les ondes, au cours d’une célèbre émission littéraire, Jean Raspail parle de son dernier livre Qui se souvient des hommes. Il y salue la mort d’un peuple, les Alakalufs, derniers Indiens de la Terre de Feu, et lui offre une survie dans notre mémoire. De l’autre côté du " transistor ", Jacques Terpant, penché sur sa planche à dessin, dresse l’oreille et se précipite en librairie. Petit à petit l’idée d’adapter en bande dessinée l’un des ouvrages de l’écrivain fera son chemin. Ce sera Sept cavaliers… Prospère et lumineuse autrefois, la Ville est presque abandonnée. Le télégraphe a été coupé. Plus aucun train n’arrive à la gare, ni plus aucun navire au port. La population s’est enfuie. Des bandes incontrôlées errent à travers le pays. Du monde extérieur aucune nouvelle ne parvient plus depuis déjà de nombreux mois. C’est la vie qui s’en est allée. Le souverain héréditaire ne règne plus que sur son château et sur une poignée de fidèles que l’ombre est sur le point d’effacer… Pour rompre ce mortel ensorcellement, sept cavaliers quittent la ville au crépuscule. Commence alors le plus étrange des voyages… Le style de Jacques Terpant, grand spécialiste de la couleur directe, est parsemé d'influences diverses. Grâce à sa technique du clair-obscur, il parvient à magnifier les mondes imaginaires rêvés par Jean Raspail. Celui-ci dira d’ailleurs de Jacques Terpant en voyant les planches de l’album : " Il est entré dans ma tête. " Peut-être sont-ils plutôt tous les deux dans le même rêve.

Toute une nouvelle, j'ai BDé pendant quelques minutes en plein dimanche après-midi et je ne peux pas dire que ce fût une expérience agréable! Environ 48 pages d'images et de textes obscurs ont eu raison de mon envie de me mettre à la BD... Je suis totalement passée à côté de l'histoire et je n'ai rien compris à cette mission entreprise par ces cavaliers. C'est chez Le Bibliomane que j'ai repéré cette bande dessinée en espérant y découvrir l'oeuvre de Raspail, j'ai fait chou blanc... Un tome 2 et 3 sont à paraître, je ne me batterai pas pour les obtenir, soyez-en certains!

jeudi 4 décembre 2008

La musique du hasard, Paul Auster.

Nashe, qui a hérité de deux cent mille dollars, se débarrasse de ce qu’il possède, achète une voiture et entreprend de sillonner l’Amérique. Ainsi rencontre-t-il Pozzi, professionnel du poker, avec qui il décide de miser le restant de sa fortune dans une partie "facile" contre deux millionnaires excentriques, Flower et Stone. Et le plus extravagant commence alors…A chacun de ses romans, Paul Auster révèle une nouvelle dimension de sa maîtrise romanesque. Et son succès, en Europe comme aux Etats-Unis, doit beaucoup à la manière qu’il a de combiner une esthétique européenne avec des mythes américains. Les amateurs de littérature romanesque seront comblés par ce livre scintillant de coïncidences et de conjonctions révélatrices, écrit avec une ferveur et une habileté narratives plus "austériennes" que jamais.

Deuxième expédition en compagnie d'Auster et je commence à saisir ses sujets d'intérêts: un peu de musique, de la route à l'infini, de l'argent inopinément advenu, des hommes passionnés de quelque chose et des relations humaines très complexes. Ses personnages masculins ont tendance à tout laisser derrière eux pour assouvir leurs quêtes diverses et Nashe ne diffère pas de Marco, Victor ou encore Effing; tous rencontrés dans ma lecture précédente. Paul Auster est un Jack Kerouac plus moderne, non moins profond, mais plus intéressant dans ses arrêts en terre américaine. Loin d'être prévisible, il faut se creuser la tête pour arriver à imaginer dans quelle direction il nous amènera. Malgré quelques trous béants, l'histoire tient la route, mais je me suis un petit peu moins laissée convaincre par ces périples de jeux et de dettes à rembourser chez ces deux fous: Stone et Flower... Le ton moralisateur de Nashe envers Pozzi m'a parfois embêtée, mais la facilité des humains à s'unir dans l'adversité a eu raison de mon coeur de lectrice sensible!

mardi 2 décembre 2008

Moon palace, Paul Auster.

Marco Stanley Fogg : le nom même de son héros place ce roman sous le signe de l'exploration et du voyage. Et c'est bien une odyssée qui nous est offerte, dans la tradition des Mille et Une Nuits comme du grand " roman américain ; un parcours fertile en paysages fantastiques, personnages hors du commun, tribulations multiples. Mais tout voyage est aussi une quête intérieure et initiatique. Sous l'abondance des lieux et des couleurs, le vrai périple de Marco Stanley Fogg est une recherche de l'identité, une exploration de la solitude et de l'incomplétude universelles. L'auteur de la " Trilogie new-yorkaise " et du Voyage d'Anna Blume confère ici aux thèmes qui sont ceux de toute son œuvre une ampleur et une richesse inégalées.

Mon blitz Auster ne fait que commencer et je réalise déjà que cet Américain sait tricoter de bonnes sagas familiales!

"Après vingt-quatre années vécues dans une interrogation sans réponse, j'avais peu à peu adopté cette énigme comme le fait central de mon identité. Mes origines étaient un mystère, et je ne saurais jamais d'où je venais. C'était ce qui me définissait, et je m'étais habitué à ma propre obscurité, je m'y accrochais comme à une source de connaissance et de respect de moi-même, je m'y fiais comme à une nécessité ontologique."
(p.304)

De fil en aiguille, un peu à notre insu, il nous transporte d'un personnage à l'autre sans démarquation. La transition est naturelle et suit son cours dans le récit d'une portion de vie que tente de nous transmettre le personnage principal: Marco Stanley Fogg. Paul Auster est habile et captivant. Je n'utilise que très rarement ce qualificatif, mais je ne peux trouver mieux pour son oeuvre! Ce livre se dévore d'un bout à l'autre comme un road trip ou un road movie. Les personnages ainsi que les paysages y sont colorés et ne nous ennuient jamais... Il faut dire qu'Auster n'a rien trouvé de mieux que de semer des embûches sur la route de Fogg en lui imposant des hommes (et quelques femmes) qui sortent de l'ordinaire: l'oncle Victor et ses 1492 livres, Kitty la danseuse, le vieux Effing aveugle, Barber et son obéséité, etc. Tous nous épinglent jusqu'à la fin de leur rôle dans le quotidien de Marco.

Je suis enchantée de mon initiative pour décembre, mais comme le dit si bien Fogg: "Selon l'injonction d'Effing, le premier jour: ne rien considérer comme acquis." (p.132) Seul l'avenir me dira si je n'avais rien à craindre de cet homme vénéré sur la blogosphère!


dimanche 30 novembre 2008

Bilan lecture novembre 2008.

1) The Fire-Dwellers, Margaret Laurence / + / 3 nov.
2) Pourquoi j’ai mangé mon père, Roy Lewis / + / 8 nov.
3) Chef-d’œuvre, Sébastien Filiatrault / + / 10 nov.
4) Effigie, Alissa York / ? / 18 nov.
5) La valse lente des tortues, Katherine Pancol / +/- / 28 nov.
6) Suite française, Irène Némirovsky / +/- / 29 nov.

Pas de top 3 ce mois-ci, la sauce n'est pas assez extraordinaire pour se mériter un prix gastronomique! Margaret Laurence vaut toujours le détour, mais certainement pas Madame Pancol. Rencontrée au salon du livre de Québec l'hiver dernier, la dédicace disait: "... pour voir la vie en rose...". On repassera pour les voeux de bonheur!

Les challenges et les défis 2009 sont à la mode sur les blogs et je résiste encore! Par contre, je m'en lance un tout petit pour décembre, soit de lire les quatre Auster que j'ai en ma possession: La musique du hasard, Moon palace, Leviathan et La nuit de l'oracle. Pas trop ambitieux si on compte les vacances de Noël pour lire à volonté!



Bonne lecture en décembre!

samedi 29 novembre 2008

Suite française, Irène Némirovsky.

Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard… Peu à peu l'ennemi prend possession d'un pays inerte et apeuré. Comme tant d'autres, le village de Bussy est alors contraint d'accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l'occupant, les tensions sociales et les frustrations des habitants se réveillent…

Roman bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l'âme de chaque Français pendant l'Occupation, enrichi de notes et de la correspondance d'Irène Némirovsky, Suite française ressuscite d'une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire.

Un talent de raconteuse indéniable, des mots choisis et un style impécable. J'ai aimé l'auteure, un peu moins le sujet traité: la guerre! Comme toujours, je suis réticente à tous ces livres qui nous répètent en boucle ces événements malheureux. Malgré le traitement différent avec un ton parfois humoristique et l'abstraction de scènes violentes, il reste que l'invasion des Allemands en France en est le sujet principal. Elle nous les rend quasiment aimable et pousse jusqu'à nous faire vivre de bons moments entre les femmes laissées à elles-mêmes et ces soldats blonds.

"Elle préférait même les silences qui tombaient entre eux ou le rire de Lucile (rire! lorsqu'on a un mari prisonnier!... dévergondée, femelle, âme basse!). Tout valait mieux que la musique, car la musique seule abolit entre deux êtres les différences de langage ou de moeurs et touche en eux quelque chose d'indestructible."
(p.474)

Tous ses personnages sont attachants, et cela, dans les deux camps. Si elle avait su qu'elle serait victime de cette occupation, aurait-elle dressé un aussi beau portrait de l'ennemi? Peut-être que oui parce qu'ils sont, à la base, des humains et de simples hommes luttant pour leur croyance... Némirovsky semble avoir un faible pour les âmes, qu'ils proviennent de bourgeois gâtés, de soldats ou de femmes esseulées... Cette femme, je crois, a été éternellement optimiste. Je dis cela sous toute réserve, car je n'ai pas lu l'annexe qui accompagne le texte. Je préfère m'abstenir pour ne pas brouiller l'image de cette auteure-héroïne...

La valse lente des tortues, Katherine Pancol

Ce livre est une bourrasque de vie... Un baiser brûlant du seul qu’on ne doit pas embrasser… Deux bras qui enlacent ou qui tuent… Un homme inquiétant, mais si charmant… Une femme qui tremble et espère ardemment... Un homme qui ment si savamment… Une femme qui croit mener la danse, mais passe son tour… Des adolescents plus avertis que les grands... Un homme qui joue les revenants… Un père, là-haut dans les étoiles… qui murmure à l’oreille de sa fille... Un chien si laid qu’on s’écarte sur son passage… Des personnages qui avancent obstinément... comme des petites tortues entêtées… qui apprendraient à danser lentement, lentement… dans un monde trop rapide, trop violent...

Connaissez-vous le dicton: Pousse, mais pousse égal? Est-ce que Katherine Pancol essaie de donner dans le polar léger? Le style ne lui va pas bien... Les histoires de marabout très peu pour moi et d'enfants prodigues aussi! Tout est compliqué dans la vie de Joséphine et on se fatigue vite de toutes ces aventures parfois très ennuyantes et si peu probables. Les quelques bons moments en compagnie d'Hortense et Zoé n'arrivent pas à compenser pour le temps perdu avec Marcel, Lefloc-Pignel et Luca... Une grande déception pour cette suite vraiment trop exagérée.

jeudi 20 novembre 2008

La Recrue du 15 décembre 2008: Dominique Fortier: Du bon usage des étoiles.

Mai 1845, les navires Terror et Erebus, sous le commandement de sir John Franklin, partent à la conquête du mythique passage du Nord-Ouest avec, à leur bord, cent trente-trois hommes et suffisamment de provisions pour survivre trois ans aux rigueurs de l’Arctique. L’expédition doit permettre à l’Angleterre d’asseoir sa suprématie sur le reste du globe, mais les deux navires se trouvent bientôt prisonniers des glaces dans une immensité sauvage.

Commence alors un nouveau voyage, immobile celui-là, au cœur de la nuit polaire et vers les profondeurs de l’être, dont Francis Crozier, commandant du Terror, rend compte dans son journal. Il se languit aussi de la belle Sophia, restée avec sa tante Jane Franklin à Londres, où les thés et les bals se succèdent en un tourbillon de mondanités.

Inspiré de la dernière expédition de Franklin, Du bon usage des étoiles brosse un tableau foisonnant des lubies de la société victorienne – lesquelles ne sont pas sans rappeler certains des travers de la nôtre – dans un patchwork qui mêle avec bonheur le roman au journal, l’histoire, la poésie, le théâtre, le récit d’aventures, le traité scientifique et la recette d’un plum-pudding réussi.
Revue de presse à suivre chez La Recrue...

mardi 18 novembre 2008

Effigie, Alissa York

Utah, 1867. Erastus Hammer, éleveur de chevaux et chasseur renommé, mène une existence austère sur son ranch en compagnie de ses quatre épouses : Ursula la pieuse, Ruth l’éleveuse de vers à soie, Sœur Thankful l’aguicheuse et Dorrie, une adolescente rescapée d’un massacre de pionniers fomenté par les mormonset les Indiens. Discrète et solitaire, cette dernière n’a aucun souvenir de sa vie avant la tragédie et se voue tout entière à la pratique délicate de la taxidermie afin d’insuffler une vie éternelle aux trophées de chasse de son mari. Mais, la nuit, elle rêve de nuées d’oiseaux, de loups et revoit d’horribles scènes de violence.

Bendy Drown, le nouveau garçon d’écurie battu, enfant, par un père colérique plus intéressé par l’or et le whisky que par sa progéniture, remarque son tourment et lui offre son aide. Les adolescents se rapprocheront dans un jeu dangereux au sein de ce ménage mormon tendu par l’envie et les jalousies. Dehors, un loup rôde sur les terres de Hammer à la recherche de ce qu’il a perdu. Sa quête nocturne dévoilera les tensions et les secrets de cette famille compliquée.

Finaliste au prix Scotiabank Giller, Effigie est une fresque historique envoûtante, empreinte de sauvagerie et de sensualité. Un tour de force romanesque qui, par une mystérieuse alchimie, nous amène à repenser la fragile frontière séparant l’humain de l’animal.

Plus de 600 pages et un seul mot me vient à l'esprit: étrange! Bon ou mauvais signe, je n'ai aucune idée, parce que je suis partagée en deux... Les lettres que Dorrie reçoit de sa mère malade m'ont captivée; les rêves de Dorrie m'ont embrouillée. La relation qu'entretient Hammer avec le Traqueur m'a exaspérée; les liens aves ses épouses m'ont troublée. Les comportements qu'adopte le jeune Lal a engendré la pitié ou encore la haine... Je ne sais toujours pas!

Le rythme est parfois lent, parfois exaltant. Le texte est accessible ou plutôt subliminal. Les flashbacks replacent dans le contexte ou emmêlent les cordes...

En réalité, il ne faudrait pas tenir compte de mon avis si vous êtes fan d'histoire, de taxidermie ou de théologie, vous y trouverez votre compte d'une façon ou d'une autre. Lors de ma rencontre avec l'auteure (sans avoir lu son livre), je l'imaginais comme une grande fleur délicate, mais je pense bien qu'elle a su développer un côté bien sombre pour pouvoir créer une telle saga pas souvent réjouissante. Les personnages ont presque tous un passé délicat, et réunient sous un même toit, ça ne laisse guère place au bonheur à la grande table d'Erastus Hammer.

samedi 15 novembre 2008

La Recrue du 15 novembre 2008: Le Chef-d'oeuvre, Sébastien Filiatrault.

Afin de devenir un grand auteur, un jeune homme entame un processus de quête du malheur, une longue marche d'autodestruction créative. Pour créer un chef-d'œuvre, il y a plusieurs choix possibles : être fêlé comme Nelligan, suicidé comme Aquin ou fumé à l'opium comme Baudelaire. Tout sauf ce bonheur improductif, état de grâce réservé aux non-écrivains de ce monde.Entouré de son ami le Rital, l'hédoniste italien qui apparaît toujours comme un cheveu sur la soupe, et de Zoé, l'actrice en herbe, il rencontrera sur son parcours vers l'abîme Petite Fleur, la jolie poète, et Violette la libraire-sorcière.Il devra aussi, pour parvenir à ses fins, couper les ponts avec sa mère porteuse et son père biologique, ancrage d'une jeunesse banlieusarde passée dans la ouate. Éviter les pièges du bonheur et provoquer le malheur jusque dans ses derniers retranchements, voilà le plan de match. C'est la guerre au bonheur, la résistance à ce monde capitaliste « qui nous tient en liesse ». Tous les moyens sont bons et la fin justifie les moyens. Atteindra-t-il cet état ultime qui lui permettra d'écrire un de ces chefs-d'œuvre « comme il ne s'en fait plus » ?Écrit dans un langage coloré et un style particulier, ce roman ne comporte aucun dialogue. Tout est perçu par le personnage principal, à travers son regard unique sur le monde. Un texte satirique, teinté d'humour et exploitant une image caricaturale de l'artiste et écrivain.


Il y a les personnages qui accrochent et/ou la plume qui séduit. Ici, l’exercice est périlleux, l’auteur retrace tous les éléments d’une décadence en bonne et due forme. Il aurait pu sombrer dans le mélodrame, mais au contraire, il a su garder une touche d’humour dans la plupart des scènes. Si la démarche du personnage principal nous semble invraisemblable, on peut facilement s’y laisser prendre dans le seul but de savoir jusqu’à quelle obscénité celui-ci s’abaissera… Le chef-d’œuvre est un long monologue que je situerais entre les deux choix cités plus haut.

Les personnages ne sont pas « forts » et constants dans leur façon d’être ; à mes yeux ce sont beaucoup plus des caricatures humoristiques que de vrais personnages, les clichés n’aidant peut-être pas à leur cause, mais il ne faut surtout pas tenter de lire ce roman au premier degré puisque ce serait passer à côté de la frivolité qu’il contient. C’est un bon moment lecture qui permet de rigoler sur les lubies de l’être humain qui pense pouvoir arriver à ses fins en utilisant des méthodes peu orthodoxes.

Ce n’est peut-être pas le Chef d’œuvre marquant du siècle, mais c’est un bon début dans le style pour l’auteur.

Tous les commentaires chez La Recrue.