J’aime rencontrer des personnes qui travaillent de leurs mains, en contact direct avec la nature : cela me rassure sur le fait que l’essentiel peut perdurer, comme l’alternance du jour et de la nuit, les oiseaux dans le ciel, les marées, etc. Ainsi des apiculteurs.
Je suis allée en rencontrer certains à Abeilles en Seyne à Fabregas, près de la forêt.
Miel de thym, miel du maquis, miel de lavande, miel d’acacia.
Teintes ambrées ou d’ocre ou de terres.
Les pots posés sur un étal fait d’une planche et de tréteaux, étiquetés du nom du miel et aussi de celui de l’apiculteur ou l’apicultrice.
Les mains qui ont travaillé, font goûter quelques gouttelettes sur une petite languette de bois, vont et viennent entre les pots.
Les abeilles auxquelles il est constamment rendu hommage : certains apiculteurs sont intarissables sur elles dont ils parlent comme si elles étaient des membres tant aimés de leur famille.
Je suis repartie avec une belle provision de miels produits tout à côté de chez moi : miel d’acacia, miel crémeux de bruyère blanche (un délice), miel de maquis. Un apiculteur faisant migrer parfois quelques-unes de ses ruches vers une autre région (je ne me souviens plus : l'Auvergne ? le Jura ?), j’ai pu trouver du miel de sapin. Un de mes préférés depuis l’enfance.
MOISSONNER / Bonheur du jour quotidien
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Miels
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Certitude de l’inespéré
Depuis plusieurs semaines, de très très nombreux Chinois consultent le blog et en lisent toutes les notes, vraiment toutes, les unes après les autres. Je salue ces lecteurs et je les remercie de leur intérêt…
L’autre jour, c’était cette note-ci qui avait été consultée.
Je la remets car je l’ai moi-même relue avec plaisir :
21 septembre 2012. Certitude de l'inespéré.
"Rentrer à la maison.
Aller directement sur le bureau prendre le « Journal d’Antigone » d’Henri Bauchau qui vient, en dormant, de quitter ce monde.
Lire ce passage-là : « Le patient que j’attends est en retard, ce n’est pas la peine d’entreprendre quelque chose avant qu’il arrive. Me voici à ma table, sentant avec plaisir le temps s’écouler plus lentement que d’habitude et ma plume glisser presque sans but sur la page. Devant moi, trois roses et quatre lys dans un vase de porcelaine dont l’anse est brisée mais auquel je tiens car il était chez mes parents. A ma gauche, un exultant bouquet d’anémones que j’ai rapporté hier. Rien d’autre à faire qu’écrire et éprouver que je suis dans l’existence. Dans cet instant de loisir et d’attention, l’inespéré, encore inatteignable, s’élabore et laisse pressentir sa vie cachée ».
Se sentir plus forte de cette certitude-là. »