Emaux cloisonnés sur plaque de cuivre
.Fond de velours bleu nuit.
Le dernier de la série vénitienne, hélas.
Encadré 24x30 cm et sans cadre 15x20cm.
Artiste : EDDA.
Six toiles représentant les principaux épisodes de cette période agitée sont aujourd'hui au Musée de Rovigo. Une toile éminemment historique représente Daniele Manin à l'arsenal
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Tout au long de sa vie, le peintre vénitien Jacopo Tintoret (1519-1594) a donné ses images de noblesse à la question du corps et du vin, plus explicitement dans les nombreuses Cènes qui jalonnent son parcours d'artiste. Entre la première Cène du Tintoret (San Marcuola, Venise, 1547) réalisée à 28 ans et la dernière, peinte juste avant sa mort (San Giorgio Maggiore, Chapelle des Morts, Venise, 1594), le peintre n'a cessé de s'interroger sur cet épisode de la vie du Christ, sur ce moment symbolique où le Christ opère l'action de grâces (Eucharistie), le don de son corps et de son sang sous forme de pain et de vin. Tintoret réalise au total une dizaine de Cènes où il varie les angles de vue, les postures, où il joue avec la thématique du dernier repas : représentations du toucher, du goût, de la vue, de l'ouïe (les paroles du Christ). Tintoret invite les spectateurs à la Cène : une invitation polysensorielle. Quelques indices visuels et contextuels nous permettent d'élaborer une hypothèse qui lierait ces images peintes : l'ivresse, la conjonction du corps et du vin ; l'ivresse que l'on peut saisir de différentes façons : l'ivresse des gestes, des corps, l'ivresse du Verbe mystique, l'ivresse de l'art, de la pensée. « L'effet des œuvres d'art est de susciter l'état dans lequel on crée de l'art : l'ivresse. » Nietzsche. Entendez aussi Heidegger : « là où la forme règne comme suprême simplicité de la loi la plus féconde, là, c'est l'ivresse ».
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