Thursday, November 08, 2012
Citation du 9 novembre 2012
Tuesday, October 23, 2012
Citation du 23 octobre 2012
Tuesday, July 24, 2007
Citation du 25 juillet 2007
Sont désormais prohibés, dans les établissements d'enseignement public, «les signes ou tenues qui manifestent ostensiblement l'appartenance religieuse des élèves.»
Loi Ferry sur les signes religieux, adoptée le 15 mars 2004
Loin de moi l’intention de rallumer une controverse qui a d’ailleurs fait long feu, peut-être moins par la force de la loi que par le manque de combativité des intéressé(e)s.
Non, ce Post a pour objet la notion de signe, telle que révélée par la formule « signe ostensible ».
Tout le monde en a discuté, proposant de la remplacer par « ostentatoire », « visible », ou autre encore. Pas un seul n’a demandé au philosophe ce qu’il en pensait (1).
Si cela avait été le cas, le philosophe aurait peut-être pris la voix de Socrate pour demander : « Dis-moi mon bon, ce que tu appelles « signe ostensible », est-ce que ce ne serait pas un signe qui se reconnaît de loin, comme une grande croix, alors qu’une petite serait « discrète » ? Et si c’est le cas, est-ce que par hasard tu ne voudrais pas dire que le signe est ostensible quand il fait signe par lui-même sans que personne ne vienne te dire que c’en est un ? »
Et là, plein de suffisance, vous allez répondre : « Bien sûr Socrate, tout le monde la sait : la loi du 15 mars 2004 le dit : « le législateur a précisé la notion d’«ostensible» : elle concerne «les signes et tenues dont le port conduit à se faire reconnaître immédiatement par son appartenance religieuse», comme «le voile islamique», «la kippa» ou «une croix de dimension manifestement excessive». Les signes «discrets» ne sont pas interdits ». (lire)
Mais en réalité vous êtes tombé dans le piège, parce que ce démon de Socrate n’attendait que ça : « Mais par Zeus, ne voudrais-tu pas dire alors qu’il existe des signes qui n’ont pas besoin d’être institués, ni appris, pour signifier quelque chose ? Est-ce que le voile religieux est comme la pâleur du visage quand tu es en colère ? Et dis-moi encore, ta grand-mère, quand elle faisait le ménage, elle ne mettait pas un foulard sur ses cheveux pour les protéger de la poussière ? »
Alors, vous vous mettez en colère contre Socrate qui fait semblant d’ignorer la différence entre le signe et l’objet réel, pris dans sa relation utilitaire avec le reste de la réalité. Mais vous avez perdu d’avance, parce qu’au fond vous le savez déjà, Socrate a raison : ce qui est ostensible, c’est qui s’impose dans l’épaisseur massive de l’être, et que ça c’est l’objet qui le possède, pas le symbole.
(1) Mille excuses : j’oubliais que l’auteur de la loi était justement un philosophe… Comme quoi ça ne sautait pas aux yeux.
Friday, July 20, 2007
Citation du 21 juillet 2007
Thursday, July 12, 2007
Citation du 12 juillet 2007
Molière - Tartuffe (1664), III, 2
Ingres - La source (voir ici d’autres habillages de nudités artistiques)
Que pensez-vous de cette transformation de ce célèbre tableau peint par Ingres ? Considérez-vous comme Tartuffe qu’il vaut mieux rhabiller cette jeune femme pour éviter de faire naître de «coupables pensées » ? Ou bien estimez-vous qu’une œuvre d’art n’a pas à être censurée au nom des instincts qu’elle réveillerait, parce qu’ elle est au-delà de ça ? Ou, plus simplement que ce tableau est une allégorie représentant la source, la nudité féminine n’ayant pour rôle que de signifier le jaillissement de la vie, la fécondité, etc..
Je ne vais pas régler ce problème ici, d’ailleurs il l’a été par d’autres. Si je prends cet exemple, c’est pour pointer l’écart entre l’image et le symbole.
L’image est une représentation, elle n’existe que par référence à une réalité (du moins ici). Si le tableau d’Ingres est une image, c’est celle d’une femme nue, dont on admettra qu’à quelques détails près, on ne nous cache rien de son anatomie. Peut-être même y a-t-il de quoi troubler cet obsédé de Tartuffe. La version « rectifiée » est aussi une image, qui nous montre une petite nana d’aujourd’hui, reversant une amphore sur son épaule.
Seulement, dans cette vision, il y a un déficit de sens : à quoi bon la cruche ? En réalité, nous n’avons pas affaire à une imitation (du corps féminin) mais à une substitution (le corps féminin mis à la place de la fécondité de l’eau vive). Le regard ne fait que prendre appui sur la représentation pour rebondir jusqu’au sens. Nous n’avons donc pas une image, mais un symbole. La distinction est ici évidente ; je ne dis pas qu’elle le serait pour le Bain turc du même peintre.
Le problème, et c’est sans doute ce qui est en cause depuis les Iconoclastes, c’est que certains ne parviennent pas à « oublier » l’image dans le symbole. Comment voir le symbole de la fécondité, sans voir la femme à poil ?
Finalement, les âmes blessées, ce sont celles des Bidasses…
Wednesday, July 12, 2006
Citation du 13 juillet 2006
Wednesday, May 10, 2006
Citation du 11 mai 2006
Quelquefois, un cigare est juste un cigare.
Sigmund Freud
Là, je n’en crois pas mes oreilles ! Que ce soit Bill Clinton qui dise cela, pour se disculper devant le procureur Kenneth Starr, passe encore. C’est un mensonge de plus. Mais toi, Sigmund, où as-tu la tête ? Rappelle-toi toutes tes analyses de rêves, et puis rappelle-toi des Zeppelins, du Concorde, et même de Carmen, la belle cigarière qui roule les feuilles de tabac sur sa cuisse brune… Tiens, est-ce que tu crois que ceux qui lisent ce post (les veinards…) ne sont pas « émus » par cette évocation de Carmen ?
Alors tu me dis que la réalité est au moins parfois juste rien d’autre que ce qu’elle est, que nul fantasme ne vient la recouvrir, la redoubler pour la faire nôtre, pour qu’elle nous dise quelque chose de notre jouissance - ou de notre angoisse - ? Je ne te crois pas, parce que dans ce cas plus rien ne nous interpellerait de l’extérieur, tout serait platement utile, interchangeable, technique.
En réalité la moindre automobile nous en dit beaucoup plus sur nos désirs que sur la manière dont elle fonctionne ; que dis-je ? Plus ça va, plus elle nous en dit sur nos désirs, et moins elle nous montre comment elle fonctionne… C’est donc toi, le Père de la psychanalyse, qui est aussi celui de la société de consommation. Sans toi qui donc aurait su nous manipuler aussi efficacement, pour nous faire consommer encore et encore ? Ce ne sont tout de même pas les publicitaires qui ont inventé la symbolique du désir ; en revanche ils s’en servent assez correctement. A toi, Sigmund, les remerciements de Publicis….
Alors, je comprends que ta remarque est juste ironique. Elle est une concession faite aux critiques de ta théorie ; tu leurs dis « Bon, bien sûr, admettons… Mais la vérité du cigare c’est quant même autre chose que de pouvoir se fumer. » D’ailleurs c’est beaucoup moins cancérigène.
N’est-ce pas Monica ?
(Désolé, je n’ai pas pu m’en empêcher… Encore une pulsion incontrôlable…)