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Saturday, December 03, 2016

Citation du 4 décembre 2016

Dimanche, le jour du Seigneur… Un peu de spiritualité ne vous ferait pas de mal, bande de mécréants !


Alors ils seront les deux une seule chair.
Genèse 2, 24
L’homme et la femme sont images de Dieu dans leur corps et dans leur âme. Quand donc l’homme et la femme s’aiment, c’est une image de Dieu qui aime une autre image de Dieu.
Paul Claudel


Chair Seigneur
Exposition photo de Rodolphe Viemont et Thomas Ozoux (Voir ici)

Cette photo est associée par Rodolphe Viémont, son auteur, à la citation de Claudel.
Il ajoute ce commentaire : « Il s’agissait alors pour moi de photographier un corps dénudé de femme, avec érotisme, avec le même mysticisme et esthétisme que lorsque je prie, pour faire de l’acte sexuel, banal pour certains, un acte de foi et plus globalement un acte de beauté. » - Rodolphe Viémont
Nous avions récemment (14 février) abordé la question de l’orgasme mystique, avec une certaine désinvolture tant il nous semblait que n’être qu’un attrape-minette destiné à faire accepter aux femmes avec extase ce qui n’était en réalité que violence destinée à leur faire subir des assauts sexuels dénaturés. Certes, la citation de Claudel nous encourage à aller encore dans ce sens, mais les commentaires du photographe Viemont éclairent d’une façon différente le sujet.
Ecoutons-le : « Contrairement à certaines autres religions qui dissocient Corps et Esprit, le christianisme unit ces deux entités dans la résurrection (des corps !), dans l’incarnation du Christ. Celui-ci s’est fait Homme, Fils de Dieu, Fils de l’Homme. »
La religion chrétienne unit fortement l’âme et le corps ; elle bénit donc aussi la copulation (1).
Oui, le christianisme a conçu l’amour à la façon platonicienne comme double union : puisque l’âme de chacun de nous est liée indissolublement à notre corps, notre amour de l’autre est également union avec son âme et indissolublement avec son corps. Le mépris de la chair présent dans certaines chapelles catholiques n’est pas fondamentalement chrétien ; l’acte charnel n’est pas seulement nécessité physiologique pour engendrer des petits êtres animés par le Seigneur ; il est aussi un acte de haute spiritualité où s’expérimente la fusion de deux âmes-corps.
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(1) Du verbe copuler signifiant en ancien français: unir, joindre. Et dans sa forme réflexive : s’unir.

Saturday, March 26, 2016

Citation du 27 mars 2016

Livre de comptes, toise et balance - garde cela pour les temps de disette.
William Blake – Le mariage du Ciel et de l'Enfer (1793), Les Proverbes de l'Enfer

Ah !... Vivre, comme nous le conseille William Blake, sans compter ! Ne jamais se soucier de son compte en banque ni de son bilan calorique. Ne jamais compter ses sous, ne jamais monter sur sa balance…
Stop ! Là ça ne va plus !



Oui, les choses ont bien changé : du temps de William Blake, le rationnement n’existait qu’en période de disette ; le reste du temps, on consommait tout son saoul. Maintenait, on se rationne pour garder le contrôle de son corps, et la perspective de nous coucher le soir sans avoir encore un peu faim ne nous parait pas satisfaisante.
On glosera peut-être sur les changements économiques que cela suppose : il fut un temps où la maigreur était le lot des pauvres et l’opulence du tour de taille celui des riches. Aujourd’hui, on a renversé ces valeurs, et déjà pour des raisons économiques, car ça coute moins cher de manger ce qui nous rendra obèses que de sucer des haricots verts en toute saison.
Mais on peut aussi voir là une preuve d’un changement radical de valeurs : les contemporains de Blake se souciaient non du poids de leur corps mais de celui de leur âme : ne pas passer dans l’au-delà avec des péchés nos confessés  et risquer ainsi la damnation : voilà ce qui les terrorisait. Nous, au contraire, l’au-delà, on s’en fiche ; d’ailleurs on compte sur Google pour nous débarrasser de ce désagrément que constitue  la mort. Par contre, notre aspect physique et ce qu’il est censé révéler de notre tempérament (maigre : volontaire ; gros : mollasson et velléitaire) nous préoccupe au plus haut point. D’ailleurs, aujourd’hui dimanche, vous ne manquerez pas de faire un jogging, histoire de décrasser ce corps en vue d’un repas hélas plantureux avec la belle-mère.
Oui, aujourd’hui on ne regarde plus vers le ciel, mais vers notre nombril : et alors ?
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P.S. J’entends des grincheux qui disent qu’un jour de Pâques on devrait quand même manifester un peu plus de spiritualité. Spi-ri-tua-li-té ? Quésaco ?

Wednesday, February 20, 2013

Citation du 21février 2013



On croit avoir les moyens de le maitriser tout à fait [= le corps], et il est devenu objet de culte. Jeu de vases communicants : les possibilités de progrès spirituels semblent quant à elles au contraire dédaignées. 
H. Genet – D. Martz : La lumière noire du suicide. p. 90
Hier, on soulignait ici même que les stoïciens appelaient à la maitrise spirituelle de soi : nos sentiments, nos passions, doivent être soumis à notre raison.
Ainsi, notre liberté consiste à choisir notre attitude face à ce que le monde nous impose, que ce soit comme gloire ou comme défaite : « On m’a donné la gloire – à présent on me la retire. Cette défaite m’est imposée, je n’y suis pour rien: rien ne peut m’obliger à considérer que cela me concerne. » (1)
Les stoïciens ne sont plus d’actualité et cela depuis bien longtemps. Mais alors que durant de long siècles on leur a substitué une éthique chrétienne de la mortification rédemptrice, voici qu’aujourd’hui – époque de compétition et de consommation – c’est notre corps qui devient le seul objet à contrôler et à maitriser. Le souci de soi comme disait Foucauld, lié à la connaissance intime de notre physiologie et des standards modernes de la santé et du bien-être a envahi notre quotidien au point que notre seule ascèse, c’est de tâcher :
            - à bien vider nos intestins à  bien remplir nos estomacs (sans risquer ni l’anorexie ni l’obésité),
            - à avoir une peau bien bronzée (sans risquer le cancer), etc…
            - à avoir les formes nécessaires (muscles pour les messieurs, seins et fesses pour les dames).
Nous autres, les moralistes imperturbables du 21ème siècle, nous en rions. Soit. Mais nous devrions nous en étonner un peu aussi.
S’agit-il comme le disent nos auteurs du jour d’un mouvement de bascule ? Ne peut-on maitriser le corps sans renoncer en même temps à la maitrise de l’esprit – alors même qu’on s’obstine à considérer que c’est celle-ci seulement qui mérite d’être nommée « maitrise de soi » ?
(A suivre)
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(1) Mais aussi : ma femme (mon fils, mon ami etc.) meurt – dois-je m’en désoler, alors que je sais qu’elle n’était pas immortelle ?

Sunday, January 28, 2007

Citation du 29 janvier 2007

Que m'importe que Dieu n'existe pas ? Dieu donne à l'homme de la divinité.

Saint-Exupéry - Carnets

Dieu, qui n’existe pas, donne à l’homme ce qui n’existe pas. Deux paradoxes pour la prix d’un.

Remplacez « divinité » par « spiritualité », et le paradoxe est - en partie - surmonté. La spiritualité, qui caractérise l’esprit en tant qu’il est distincte de la matière, peut en effet se substituer à la divinité qui chez l’homme désigne l’âme en tant que pur souffle divin.

Reste bien sûr que si Dieu n’existe pas il ne saurait nous donner quoique ce soit : il faut donc modifier aussi le début de la citation de Saint-Exupéry : « Que m'importe que Dieu n'existe pas ? L’idée de Dieu donne à l'homme de la spiritualité ».

Ce qui signifie que nous ne devons pas nous demander si Dieu existe ou non ; mais nous devons chercher comment atteindre la plus haute spiritualité, c’est à dire se dépasser soi-même grâce à ce qui fait d’un homme ce qu’il est : son esprit ou son âme. La thèse de Saint-Exupéry serait alors que Dieu - ou son idée - est le moyen le plus efficace pour élever la spiritualité humaine. Bon, voilà une thèse bien claire. Que pouvons-nous en penser ?

Déjà, il faut éliminer l’idolâtrie : pas plus ma bonne amie que Johnny Hallyday ne sont des idoles capables d’élever ma spiritualité. Si la spiritualité est vie de l'esprit, alors rien de ce qui ajoute à mes sensations ou a mes émotions et à mes sentiments ne peut convenir. Peut-être même y aurait-il contradiction, s’il est vrai que, pour qu’il y ait spiritualité, il faut considérer l’esprit comme une réalité d’un ordre différent de celui du corps physique. L’esprit est ce qui refuse le corps, disait déjà Alain. Où cela nous mène-t-il ?

Cela nous mène à éliminer le corps.

Ainsi, dans le Phèdre, Platon imagine que l’âme humaine, autre fois dotée d’ailes est un jour « tombée » dans un corps, perdant du même coup la faculté de voler : le corps est le tombeau de l’âme (1). Pour libérer notre âme, il faut renier ce corps, s’en débarrasser.

Ça ne vous dit rien ? Mais si, rappelez-vous : le Petit Prince (Saint-Exupéry, déjà…), comment fait-il pour s’envoler vers sa planète ? Le petit serpent qui le mord pour le libérer de son corps trop pesant pour le voyage ? … La mort est ce qui libère l’âme, lui permettant de s’élever au dessus du corps.

Ça ne vous rappelle rien d’autre ? Mais si, souvenez-vous : le Vercors, les adeptes de l’Ordre du Temple Solaire, la « translation » vers Sirius… (2)

La spiritualité, ça coûte cher.

(1) voir citation du 9 octobre 2006

(2) Voir « OTS et terrorisme occulte »

L'OTS a exploité, en les dénaturant, quelques éléments du champ historique de l'occultisme" pour "imprimer" dans l'esprit des adeptes-templiers des données irréalistes et aberrantes. La pire des données est celle de l'avenir apocalyptique de la planète Terre, qui aboutira par deux fois à la solution finale, le passage dans l'au-delà. Une mort pour précéder la fin du monde et y échapper en y rejoignant l'étoile Sirius (d'après les astronomes, Sirius est une étoile située à 8,6 années-lumière de notre système solaire, plus massive que le soleil, et la plus brillante du ciel).
On se saura probablement jamais pourquoi les adeptes de l'OTS ont pu croire que leur avenir se situait à l'apogée de leurs fantasmes, l'étoile Sirius, d'où ils pourraient participer à la constitution d'un monde rénové après l'Apocalypse.
Source