Friday, January 20, 2017
Citation du 21 janvier 2017
Thursday, April 14, 2016
Citation du 15 avril 2016
Friday, May 06, 2011
Citation du 6 mai 2011
Monday, February 23, 2009
Citation du 24 février 2009
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Baudelaire – Spleen (Les fleurs du mal)
La souffrance est une source d’inspiration poétique, sans elle pas de Baudelaire, ni de Nerval, - et puis Artaud ? Et encore bien d’autres…
La souffrance est toujours diffuse chez ces poètes, elle est psychologique pour ne pas dire psychiatrique ce qui fait qu’elle touche l’être tout entier.
La souffrance, mais pas la maladie. Que Baudelaire ait été syphilitique n’affecte pas son inspiration. Baudelaire ne dit pas : je suis le tabétique maudit.
Voilà toutes les réflexions qui me venaient alors que j’écoutais un slameur que j’aime bien : Grand corps malade. (1)
Et je me disais, Grand corps malade… voilà quelqu’un qui a été victime d’un grave accident (1997) et qui a éprouvé le besoin de rappeler à tous cette maladie (qui d’ailleurs n’en était pas une), qui se place donc dans un état maladif indéfini.
Moi, dans ce cas, tout ce que j’essaierais de faire, c’est d’oublier la maladie, de tourner la page, et malheur à ceux qui voudraient me la rappeler un peu trop souvent. Supposez que j’aie eu un cancer : je ne m’imagine pas me présenter aux gens en disant : je suis le cancéreux du poumon-2006.
- J’ai même failli partir d’un citation de sa « chanson » Je dors sur mes 2 oreilles, qui dit :
J’ai constaté que la douleur était une bonne source d’inspiration
Et que les zones d’ombre du passé montrent au stylo la direction
Comme ce jeune homme me parait tout à fait bien dans sa peau, je ne suis pas en droit de supposer qu’il cherche à se faire dorloter en prenant une posture doloriste. Reste donc à se dire que la douleur était une bonne source d’inspiration, et que la maladie situait le point d’ancrage de l’inspiration du poète.
Mais il nous égare : en réalité, ni la maladie ni même la douleur ne guide l’inspiration de ce slam. C’est un message du genre : quand on a été à deux doigts de la mort, on apprécie mieux la vie.
Grand corps malade : même pas mort !
(1) Bien sûr le philosophe ne manquera pas d’avoir une attention spéciale pour Abd Al Malik
Thursday, June 26, 2008
Citation du 27 juin 2008
Wednesday, March 26, 2008
Citation du 27 mars 2008
Pour que dans le cerveau d'un couillon, la pensée fasse un tour, il faut qu'il lui arrive beaucoup de choses et de bien cruelles.
Louis-Ferdinand Céline
Ne croyez pas que je rejoigne la misanthropie aigrie de Céline ; on sait où ça l’a mené.
Par contre ce qu’il faut remarquer, c’est que, prenant le cas du « cerveau d’un couillon », il n’a fait que prendre un cas, évident peut-être, mais nullement particulier.
Je ne serais donc pas loin de Céline, et sans doute pas loin de Nietzsche, si je dis : « Pour que la pensée d’un homme quelqu’il soit se mette en mouvement, il lui faut une souffrance, une douleur, ou au moins une inquiétude. »
Principe de moindre action ? Paresse ? Domination du cerveau moyen sur le cortex cérébral ? Disons ça comme on veut, mais je voudrais que cette idée nous aide à comprendre non seulement nos semblables, mais aussi les génies de l’humanité.
Car si la phrase de Céline vise le cerveau d’un couillon, je prétends qu’elle s’applique aussi au cerveau d’un génie.
En fait, sans aller jusqu’aux poètes romantiques qui se sont tous déclarés maudits et en but à des souffrances morales innombrables – souffrances sans les quelles ils ne pourraient écrire : qu’on se rappelle l’Albatros ! – je prends en considérations tous ceux qui ont soutenu que sans une névrose quelconque, l’écrivain resterait silencieux, le peintre ne peindrait pas, le musicien ne composerait plus…
Et pourquoi s’arrêter à de pareils exemples ? Si la pensée de Céline est valable, elle l’est pour tout ce qui d’étend entre le couillon et le génie : c'est-à-dire vous, moi, et toutes nos pensées les plus ordinaires.
Concluons : si vous pensez sans souffrir – d’une façon ou d’une autre – alors vous ne pensez pas vraiment.
Sunday, July 08, 2007
Citation du 8 juillet 2007
"La vie donc oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui ; ce sont là les deux éléments dont elle est faite, en somme. De là ce fait bien significatif par son étrangeté même : les hommes ayant placé toutes les douleurs, toutes les souffrances dans l'enfer, pour remplir le ciel n'ont plus trouvé que l'ennui".
Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, 1819
Entre la souffrance et l’ennui, nous oscillons ; nous n’échappons à l’un que pour nous réfugier dans l’autre : le pessimisme de Schopenhauer est là.
Le paradis est-il plus désirable que l’enfer ? Oui, peut-être. Toutefois, on imagine habituellement un Paradis plus désirable encore. Mais celui qui pourrait exister est proportionné aux capacités de l’homme, et comme celui-ci n’a pas le pouvoir de jouir sans mélange et indéfiniment, le Paradis imaginé comme félicité éternelle n’est pas réellement possible.
Entre la souffrance et l’ennui, y a-t-il une troisième voie,?
Les Stoïciens imaginaient le sage comme celui qui ne souffre pas : il est impassible. L’apathie est sa vertu. Mais que fait-il de plus ? Agit-il ? Discute-t-il avec ses disciples ? Ecrit-il des traités de sagesse ? Peut-être, mais peut-être pas : Lao-Tseu, qui n’était certes pas un stoïcien mais qui incarne tout de même la sagesse disait : « Enseigner sans la parole, entreprendre sans agir / Voilà la vertu. » (Tao Tö King). Bref le sage médite et voilà tout.
La méditation nous met-elle au moins à l’abri de l’ennui ? N’est-elle pas une anesthésie de la conscience, quelque chose qui nous livre aux rêveries éveillées, qui relèvent des mécanismes inférieurs de l’esprit ? Lisons Descartes : il a écrit les Méditations métaphysiques, donc il sait ce que c’est que méditer. Or ce que nous y trouvons, c’est un dialogue, en style indirecte peut-être, mais un dialogue tout de même. Platon disait que la pensée était un dialogue de l’âme avec elle-même. Donc, méditer, c’est penser. Et penser c’est agir.
Que dirait de ça Schopenhauer? Qu’agir, c’est déjà souffrir, par l’effort à fournir, par l’inquiétude du résultat ? Peut-être, mais si l’action est création (l’œuvre et non le travail laborieux), alors elle est jouissance.
Reste que Valéry imaginait Socrate s’ennuyant au Paradis (cf. Post du 18 juillet 2006). Sans doute parce que sa pensée était sans enjeu.
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Pendant quelques jours - pour raison de vacances - La citation du jour assurera un service minimum ; il n’y aura donc pas jusqu’au 14 juillet inclus de commentaires aux commentaires.
Tuesday, May 29, 2007
Citation du 30 mai 2007
La seule façon d'être heureux c'est d'aimer souffrir.
Woody Allen
La recette du bonheur : puisque la souffrance est inévitable, jouissons-en ! Facile…
Mais d’abord, comment aimer souffrir ? Trois chemins - illustrés par trois histoires - pour trouver le bonheur.
- 1 - Souffrons comme les Stoïciens, non pas en jouissant de notre souffrance, mais en la considérant comme un phénomène qui se produit sans que nous soyons vraiment concernés.
1ère histoire : C’est l’histoire d’Epictète à l’époque où il était esclave. Son maître pour le punir d’une faute lui tord la jambe. « Fais attention lui dit Epictète, tu vas la casser » Le maître continue ; la jambe casse. « Là ! tu vois, je te l’avais bien dit. Tu es bien avancé maintenant avec un esclave infirme. » Le détachement des stoïciens devant la souffrance est surhumain. Et en plus il est révoltant : ne consiste-t-il pas à accepter n’importe quoi, injustice comprise ?
- 2 - Souffrons donc comme les masochistes. En supposant qu’ils jouissent de la souffrance, ils pourraient tirer bénéfice des aléas de la vie, du voisin insultant, de la femme infidèle, du policier sadique. Tiens, justement, ne pourrait-on neutraliser les sadiques en les accouplant à des masochistes ?
2ème histoire : (évidemment celle-là, vous la connaissez déjà)
- Le Masochiste (au sadique) : Fais-moi mal !
- Le sadique : Non !
- Le Maso : Ouch !
Non, ça ne se passe pas comme ça. Le masochiste, ce n’est pas la souffrance qui fait son bonheur ; c’est l’humiliation imposée par celui qu’il a choisi pour ça : il veut désigner son bourreau, comme Sacher Masoch avec Wanda (cf. Post du 5 août 2006).
- 3 - Souffrons alors comme les épicuriens, en oubliant la souffrance. Car rien ne nous fait vraiment souffrir que la crainte de souffrir un jour. Epicure pense que ce que nous craignons, c’est de perdre ce que nous avons. Pour ne plus souffrir, il ne faut rien posséder qu’on puisse perdre.
3ème histoire : Epicure voit un mendiant qui boit à une fontaine en prenant de l’eau dans ses mains. Il sort son écuelle de sa besace et la brise : « Je constate que j’avais encore quelque chose de trop » dit-il.
Bien entendu, l’existence est aussi quelque chose que nous pouvons perdre, sauf si nous ne faisons que la vivre au jour le jour, c’est à dire dans l’instant présent.
C’est ce que nous suggère notre épicurienne de la Butte aux Cailles (1)
(1) Si vous avez lu mes Posts précédents, vous savez que j’ai déjà dépisté une platonicienne et une pessimiste dans notre Muse : c’est qu’il y a plus d’une Miss dans Miss.Tic