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Wednesday, January 03, 2018

Citation du 4 janvier 2018

Sœur Isabeau (…) / Eut le galant : elle le méritait  / Douce d'humeur, gentille de corsage... 
La Fontaine – Le psautier (Conte)
De la générosité II
Ah ! La Fontaine... Quel homme ! Quelle intuition infaillible de ces charmes féminins qui font frissonner les hommes avant même qu’ils sachent pourquoi. D’après Eric Orsenna, son biographe le plus récent, les Contes que le pauvre La Fontaine écrivit sous le coup de ces émotions lui coutèrent bien des angoisses : n’allait-il pas être damné à rôtir en enfer pour avoir imaginé ces histoires licencieuses, mettant de surcroit en scènes des nonnes et des abbesses – comme dans celle-ci pour la quelle il invente ce personnage de Sœur Isabeau qui était « gentille de corsage ».
Vous me connaissez, mes chers lecteurs, et vous savez quel respect j’ai pour les femmes. Reste que, comme bien des hommes, je considère qu’elles n’ont pas toujours conscience de l’importance d’une silhouette grassouillette, certaines allant jusqu'à préférer les contours plus revêches : elles deviennent alors « avares du corsage » - ce en quoi elles ont bien tort. 
Que signifie en effet « gentille de corsage » ? On sait que depuis le moyen-âge, les « gentilles-femmes » sont l’équivalent féminins des « gentils-hommes », à savoir : femme de noble comportement et allure. Le corsage d’une gentille-femme doit donc manifester la vaillance des seins qu’il contient : chacun piochera là-dedans ce que son imagination voudra produire.



Toutefois, cette image fournit une hypothèse complémentaire : un gentil corsage se doit de présenter un tour de poitrine respectable (1). Mais ça ne suffit pas : une femme gentille c’est aussi une femme généreuse, qui se prodigue sans rechigner, - et donc qui a un décolleté « généreux ».
D’ailleurs on doit admettre que les femmes ont un rapport à leur poitrine plus communicatif que pour bien d’autres lieux de leur féminité.
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(1) « Respectable » : c’est quoi ? Tapez dans votre moteur de recherche favori la formule « 95D » et sélectionnez les images qui en viennent. Vous comprendrez facilement de quoi je parle.

Wednesday, August 31, 2016

Citation du 1er septembre 2016

"Marianne a le sein nu parce qu'elle nourrit le peuple ! Elle n'est pas voilée, parce qu'elle est libre ! C'est ça la République ! C'est ça Marianne !"
Manuel Valls – En meeting à Colomiers, lundi 29 août

- Si Manuel Valls avait voulu « faire le buzz », c’est absolument réussi.
- S’il avait cherché  des verges pour qu’on le batte, c’est également réussi. Parce que tous les historiens de la République – et Dieu sait s’ils sont nombreux – se sont levés pour le démentir. « Non, Marianne n’a pas forcément le sein nu ; non elle n’est pas systématiquement le symbole de la femme ; quant à la liberté c’est lorsqu’elle est armée qu’elle la représente le mieux. Et puis, voyez-vous, dans la période révolutionnaire, la liberté des femmes, ça n’était pas franchement l’objet des revendications. »
- Si Manuel Valls avait voulu représenter la fonction nourricière de la Femme comme une dignité, c’est également raté :


Mais en réalité  ce n’est rien de tout ça. Manuel Valls a voulu dire aux femmes musulmanes : « Si vous voulez qu’on vous considère comme des femmes libres, enlevez vos voiles et montrez vos nichons. »

Et là non plus, ça n’est pas gagné.

Saturday, April 25, 2015

Citation du 26 avril 2015

Blanches sérénités de l’océan des formes, / Quelquefois je vous veux, sous les muscles énormes, / Géantes & crevant le moule de mes mains.
Albert Mérat  - Le sonnet des seins (L’Idole – 1869)
Vous trouverez en annexe le sonnet en entier, mais l’ensemble de ces poèmes dédiés à l’Idole est à lire ici.
Oui, cher lecteur : à moins que vous n’ayez le cerveau embrumé, vous aurez compris que ces « blanches sérénités », ces « formes géantes » que moulent les mains du poète, ce sont … les seins d’une belle Idole.
Ces vers emberlificotés et archaïsants du poète parnassien ne sont-ils que des formes poétiques banales et convenues ? Certes non, et leur lecture ne nous trompera pas longtemps : il s’agit bel et bien de fantasmes et rien ne pourrait d’avantage nous le prouver que ce passage cité ici, où les seins crèvent le moule des mains du sculpteur qui prétendent en pétrir la pâte pour en faire une copie. Rien ne peut les emprisonner, comme le montre ce tableau de Magritte :


René Magritte - Homage To Mack Sennett, 1934
Oui, cette idée que les seins se voient là même où ils ne devraient que se deviner est très courante. Mais voilà que notre poète est plus fort que les fantasmeurs courants : c’est qu’il prétend faire l’aveugle et découvrir par le toucher ce que les yeux ne pourraient voir. Mais ce n’est pas tout ! Voici que l’aveugle, en posant ses mains sur les seins de sa belle amie, les révéle totalement – non pas banalement par contact, mais en déclenchant leur puissance éruptive.
Va-t-on dire que l’éruption en question se produit quelque part dans le corps de l’aveugle, et qu’on transfère l’effet à la cause ? Pourquoi pas ? C’est une métonymie, procédé rhétorique courant, qu’on ne doit pas s’étonner de trouver dans un poème parnassien.
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LE SONNET DES SEINS
L’éclosion superbe & jeune de ses seins / Pour enchaîner mes yeux fleurit sur sa poitrine. / Tels deux astres jumeaux dans la clarté marine / Palpitent dévolus aux suprêmes desseins.

Vous contenez l’esprit loin des rêves malsains, / Nobles rondeurs, effroi de la pudeur chagrine ! / Et c’est d’un trait pieux que mon doigt vous burine, / Lumineuses parmi la pourpre des coussins.

Blanches sérénités de l’océan des formes, / Quelquefois je vous veux, sous les muscles énormes, / Géantes & crevant le moule de mes mains.

Plus frêles, mesurant l’étreinte de ma lèvre, / Vers la succession des muets lendemains, / Conduisez lentement mon extase sans fièvre.

Albert Mérat  - L’Idole 1869

Wednesday, April 15, 2015

Citation du 16 avril 2015

Mae West, cette artiste américaine aux seins plantureux et si peu sportifs, dont l'image détournait des stades tant de garçons bien doués
Marcel Aymé –  Travelingue, 1941


De son temps (dans les années 30), Mae West était admirée pour son opulente poitrine, au point que le gilet de sauvetage des aviateurs américains avait été baptisé « le Mae West » (1).
Peu importe, passons à l’essentiel : d’abord selon Marcel Aymé, les seins de Mae West étaient « peu sportifs ». Admettons que leur volume ait été plutôt une gène pour les exercices physique : d’ailleurs leur rôle dans l’espèce n’est pas de permettre à la mère de faire des exploits sportifs, mais de nourrir les petits enfants. Du coup, les seins de Mae West auraient détourné les jeunes hommes du chemin des stades pour les rediriger vers des activités qu’on imagine moins sportives et en tout cas solitaires.
Oui, nous y voilà : on est bien dans le cadre de l’opposition entre le plaisir et l’effort – entre le sport et la lubricité. Et conséquemment, voici l’idée d’utiliser le sport pour brider la tendance des jeunes hommes (et femmes) à rechercher la jouissance sexuelle.
Que penser de cette opposition ? Si l’on laisse de côté la continence sexuelle qu’on imagine imposée aux athlètes de haut niveau uniquement pendant les compétitions, on observe que les plus grands champions s’affichent avec des femmes dont les avantages sont largement comparables à ceux de Mae West, et que cela ne les empêche pas de réaliser des exploits incomparables.
L’hygiène et la gymnastique qui étaient au début du 20ème siècle des pratiques destinées à absorber l’excès d’énergie – voire de testostérone – qui gonflait les muscles de la jeunesse, sont aujourd’hui remplacées par des exercices de bodybuilding destinés à rendre les muscles plus attirants pour les Mae West d’aujourd’hui.
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(1) « En référence à sa généreuse poitrine, les aviateurs américains de la Seconde Guerre mondiale avaient surnommé Mae West leurs gilets de sauvetage. Ceux-ci fonctionnaient en se gonflant d'air comprimé et en donnant à leur torse un volume supplémentaire… De nos jours les gilets de sauvetage gonflables sont encore appelés couramment des Mae West, même en dehors des pays anglophones. » (Art. Wiki)

Sunday, September 08, 2013

Citation du 9 septembre 2013


Quand tu aimes il faut partir / Ne larmoie pas en souriant / Ne te niche pas entre deux seins / Respire marche pars va-t'en
Blaise Cendrars – Tu es plus belle que le ciel et la mer – Extrait de Feuilles de route
Faut-il commenter les poésies ? Dissiper le mystère, évacuer les ambiguïtés, écrabouiller les échos du poème dans notre inconscient ?
Certes, dit comme ça, on a la réponse tout de suite – et c’est non !
Sauf qu’il faudrait un peu expliquer : si le commentaire est insupportable, c’est parce qu’il est constitué d’une subjectivité masquée sous l’apparence de la scientificité – et donc c’est une subjectivité qui impose silence à toutes les autres.
En réalité, on ne peut éviter d’interpréter un poème dans la mesure où notre sensibilité le fait sonner comme-ci ou comme-ça ; même quand on se borne, comme je le fais ici, à en citer une strophe : je fais un choix qui marque ma préférence pour une idée plus que pour toutes les autres. Seulement, je le fais en laissant s’épanouir les autres résonnances. Voilà.
Dans cette strophe, Cendrars nous dit : délaissez les femmes, partez à l’aventure, il y a tant de choses à faire dans le monde tant de lieux à découvrir, tant d’espace à parcourir. Alors que l’appel de l’aventure nous jette sur les grands chemins, l’attrait sensuel pour les femmes ne nous offre que l’espace confiné de l’entre-deux-seins. (1)


On le voit, ici il s’agit pour Cendrars de faire de l’entre-deux-seins le lieu d’une régression qui détruit la virilité (incarnée dans ce poème par le voyage et l’aventure). On pense à Hercule, filant la quenouille aux pieds d’Omphale dont il est éperdument amoureux. On pense aussi à Freud imaginant que le développement de l’humanité est lié au triomphe de la prise de danger sur l’attachement à la mère. L’homme ne devient véritablement homme qu’à la condition de rompre à cet attachement – et donc renonce à ce qui le symbolise.
Bon : ça y est ; j’ai tordu le cou à toutes les autres interprétations du poème – je fais donc ce que je reproche aux autres de faire ?
Non pas : car il a bien d’autres horizons qui restent ouverts. Il faut lire ce poème pour découvrir qu’il est en fait une déclaration d’amour. Si vous aimez la femme, quittez-la – Quand tu aimes, il faut partir
--> Et la femme que dit-elle ? Cendrars nous le laisse deviner : « Si tu  veux que je t’aime, quitte-moi. »
En tout cas, c’est ce que le voyageur Cendrars a fait toute sa vie.
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(1) « Entre-deux-seins » : oui, écrit comme ça avec des traits d’union, on en fait une réalité tellement objective qu’il a fallu forger ce mot composé pour la signifier.
J’avais déjà doucement déliré sur ce propos dans un Post de 2008.

Saturday, November 24, 2012

Citation du 25 novembre 2012



La poésie est l'expression, par le langage humain ramené à son essentiel, du sens mystérieux des aspects de l'existence: elle doue ainsi d'authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle
Mallarmé –  Correspondance, 1884
La poésie… Qui donc saurait la définir mieux que Mallarmé ? Et comment mieux illustrer cette définition que Pierre de Cornu, dans son poème : Mon Dieu, le beau téton ?
« Mon Dieu, le beau téton, mon tout, ma doucelette,
Que je voy aparoir par dessous ton collet !
Il soupire toujours, las! qu’il est rondelet,
Et garni par dessus d’une peau blanchelette!
Laisse le moi toucher, ma petite garcette,
Laisse moy lui donner un baiser doucelet.
Hé, bon Dieu! quel plaisir! il est si joliet
Que je ne vis jamais charnure si parfaite.
Or, sus, baille le moy, je le veux mignotter,
Je le veux manier, je le veux façotter,
Pour en sucer le bout de ma langue ravie.
Va-t-en, retire le ! Je suis tout appasté
Je suis tout esblouy pour l’avoir façotté
Que de trop de bonheur, je sens couler ma vie. »
Pierre de CORNU (1558-1622) (A ne pas confondre avec Pierre LE cornu)
Voilà : je suis très heureux de pouvoir conclure que la tâche spirituelle de notre vie peut parfaitement être réalisée par l’écriture d’un poème décrivant le téton de notre amie doucelette.