Showing posts with label secte. Show all posts
Showing posts with label secte. Show all posts

Sunday, November 08, 2009

Citation du 9 novembre 2009

Toute secte, en quelque genre que ce puisse être, est le ralliement du doute et de l'erreur.

Scotistes, thomistes, réaux, nominaux, papistes, calvinistes, molinistes, jansénistes ne sont que des noms de guerre.

Il n'y a point de secte en géométrie ; on ne dit point un euclidien, un archimédien.

Quand la vérité est évidente, il est impossible qu'il s'élève des partis et des factions. Jamais on n'a disputé s'il fait jour à midi.

Voltaire – Dictionnaire philosophique

Si nous avons tant de difficulté à définir ce que c’est qu’une secte, peut-être que cela tient à une exigence un peu trop tatillonne. Voyez comme Voltaire s’en tire :

- Une secte est une faction en guerre avec toutes les autres ;

- Une secte détient des dogmes qui ne sont jamais démontrés.

Voilà : il suffisait d’élargir suffisamment le concept, et on est sur que le filet va retenir notre poisson.

Ah, oui : peut-être bien qu’il retiendra aussi d’autres poissons et que ce sont ceux-là que nous voudrions évacuer par une définition plus précise – et en particulier les religions.

Voyez donc comment ça fonctionne :

- Voltaire : tout est secte même les religions (1) ;

- Les américains : tout est religion, même les sectes.

Bienfaisante alternative, car : supposons qu’on ne parvienne vraiment pas à discriminer les sectes des religions ; il nous reste à choisir notre camp, et l’affaire de la scientologie nous montre bien de quel côté nous penchons.

Après tout n’est-ce pas là notre laïcité ? Que nous tolérions les sectes tout comme nous tolérons les religions – soit. Mais il nous reste encore le droit de préférer la certitude géométrique.

Et pour ce qui reste en dehors de la certitude rationnelle, nous avons aussi le droit de préférer notre propre délire – ou notre propre poésie.


(1) De fait à l’époque de Voltaire, la différence entre les deux était affaire d’effectif : une secte était une religion qui avait très peu de pratiquants ; et réciproquement, de sorte qu’on passait de l’un à l’autre en changeant d’échelle mais sans changer de nature.

Tuesday, January 09, 2007

Citation du 10 janvier 2007

Sapere aude (Ose penser)

Horace, Epitres,I, 2, 40

Kant - Qu’est-ce que les lumières ?

C’est avec cette belle formule que Kant ouvre son articlé intitulé Qu’est-ce que les lumières ?

Les professeurs de philosophie ont inscrit cette devise sur leur bannière pour défendre la spécificité de leur enseignement. Ça dit à peu près ceci : nous autres philosophes - professeurs de philosophie - nous enseignons que la pensée n’est pas simplement un art - rhétorique - mais relève aussi d’une volonté - morale - et que penser c’est prendre des risques. Car pour penser il ne faut pas se mettre sous le parapluie de tel ou tel penseur. Il faut s’impliquer, parler à la première personne et, surtout, donner aux autres la possibilité de comprendre vraiment ce que l’on dit et de le discuter.

Si j’ai personnellement des réserves sur la valeur pédagogique de cette injonction, je ne peux qu’y souscrire à titre de citoyen.

« La pensée ne se forme que dans un esprit se trouvant seul en face de lui-même ; les collectivités ne pensent point. » (Simone Weil - Oppression et liberté). Certains y trouveront un relent de mépris pour le peuple ; une sorte de platonisme de droite. Et pourtant, ce n’est qu’une évidence, encore attestée de nos jours par l’influence incompréhensible qu'ont les Gourous sur l'esprit de leurs adeptes, quant bien même ils seraient diplômés de Science-Po. Si les sectes ont un tel pouvoir, c’est que précisément leurs adeptes « pensent » collectivement, ou plutôt, n’émettent comme opinion, n’admettent comme vérité, que ce qu’il convient de penser, que ce que le Gourou a déclaré évident. On se rappelle la secte du Mandarom dont le Gourou aujourd’hui décédé (un certain Bourdin je crois) affirmait que des milliards d'êtres surnaturels (Lémuriens, Atlantes) l’attaquaient : non seulement il racontait ses combats devant les fidèles médusés, mais la nuit il les entraînait à se battre contre des Envahisseurs imaginaires. Ces gens ne pensent point : ce qui veut dire que leur conscience - et je parle ici de la conscience psychologique et non de la conscience morale - s’est éteinte.