Saturday, September 10, 2016
Citation du 11 septembre 2016
Friday, October 05, 2012
Citation du 6 octobre 2012
Saturday, August 04, 2012
Citation du 5 août 2012
Monday, October 10, 2011
Citation du 11 octobre 2011
N'ordonnez pas à un enfant de garder un secret, serait-ce même une surprise que vous ménagez à un être chéri ! La discrétion, cette vertu héroïque, demande pour être exercée la force d'une raison plus mûre ; la raison seule enseigne à se taire, le cœur n'apprend qu'à parler.
Jean-Paul – Pensées (1829)
Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.
Pascal, Pensées
L’opposition entre le cœur, domaine de l’affectivité et la raison, domaine de la rationalité et de la réflexion est trop connu pour être repris dans ce bref Post.
Par contre, la distinction faite par Jean-Paul au niveau de la communication et du langage est plus intéressante.
Pourquoi donc le cœur n'apprend qu'à parler ? Et qu’est-ce donc que la raison seule [nous] enseigne à taire ?
Sans doute la même chose, et sans forcer le texte on pensera que l’être chéri à qui on ménage une surprise nous donne l’idée de ce dont il s’agit : acte d’amour, dont le langage se fait l’écho, redoublant ainsi sa force. Ainsi la raison nous apprend à taire ce que notre cœur ressent, et à faire le silence sur ce qui nous porte vers les autres.
Maintenant, de deux choses l’une : ou bien il s’agit de retarder l’expression des sentiments pour mieux les faire exploser ensuite ; ou bien il s’agit de faire place à la logique des faits qui va contre celle des sentiments.
Mais dans les deux cas – amplifier par la parole ou dissimuler par calcul – on aurait affaire à une stratégie, ce que contredit radicalement Pascal. Pour lui, le cœur et la raison ne trouvent pas leur source dans un rapport un seul et même domaine ; ils font partie de deux ordres différents. Différents non seulement par leurs mécanismes propres, mais aussi et surtout par les chemins qu’ils nous ouvrent.
A la raison, le chemin de la science orgueilleuse qui prétend rendre l’homme autonome face à Dieu. Chemin du malheur et de la perdition.
Au cœur, le chemin de l’humilité de la charité et de la foi, chemin du Salut.
Alors, il faut aussi dire qu’il peut y avoir un bon usage de la raison (celle qui explore les vérités que le Seigneur a bien voulu lui laisser apercevoir), et un mauvais usage du cœur (avec les sentiments corrompus et la haine). Mais cela ne permet toujours pas de les confondre.
Saturday, August 01, 2009
Citation du 2 août 2009
Tantôt le coeur est le moteur du sexe, tantôt le sexe [est celui] du coeur. On ne le distingue qu'au moment des pannes.
Maurice Chapelan – Amoralités familières
Vous, mes chers lecteurs, qui depuis votre parasol de plage « contemplez » la voisine dénudée, je sais que vous vous demandez : d’où vient l’amour ?
La Citation du jour est là, comme d’habitude pour répondre à vos attentes.
--> L’amour se répartit entre deux pôles qui dominent alternativement : le sexe et le cœur.
Oui, mais voilà : comment savoir si c’est avec le cœur qu’on fait l’amour, ou bien si on aime notre petite amie parce qu’elle est bonne ?
La réponse est : on ne le distingue qu'au moment des pannes.
Le message du jour est donc le suivant : on ne connaît la vérité de l’amour que quand il cesse d’exister. C’est en constatant la panne qu’on comprend comment ça marchait.
Remarquez, c’est la même chose pour tout : notre corps comporte un tas d’organes dont on ignore totalement l’existence jusqu’à ce qu’ils nous fassent souffrir (1).
- Chérie, dis-moi, est-ce que tu m’aimes ?
- Oui, mon amour, je t’aime de tout mon cœur.
- Mais, dis-moi pourquoi tu m’aimes ?
- Je ne sais pas moi… Mais, attend un peu, le jour où je te plaquerai je te dirai pourquoi je t’ai aimée.
…. Maintenant vous pouvez aussi choisir d’emblée votre camp. Comme ces acteurs-cultes (Bardot/Piccoli), dans la scène-culte (« Et mes seins, tu les aimes ? »), du film-culte (Le mépris), du cinéaste-culte (Jean-Luc Godard). (2)
(1) Ceux qui ont atteint la cinquantaine doivent se rappeler de la campagne publicitaire des eaux de Vichy : « Mon foie ? Connais pas ! »
(2) Texte ici :
- Tu vois mes pieds dans la glace ? / - Oui / - Tu les trouves jolis ? / - Oui, très ! / - Et mes chevilles, tu les aimes ? / - Oui / - Tu les aimes mes genoux aussi ? / - Oui, j’aime beaucoup tes genoux / - Et mes cuisses ? / - Aussi ! / - Tu vois mon derrière dans la glace ? / - Oui / - Tu les trouves jolies mes fesses ? / - Oui, très ! / - Je me mets à genoux ? / - Non, ça va ! / - Et mes seins tu les aimes ? / - Oui, énormément ! / - Doucement, pas si fort ! / - Pardon ! / - Qu’est ce que tu préfères mes seins ou la pointe de mes seins / - Je sais pas ; c’est pareil / - Et mes épaules tu les aimes ? / - Oui / - Je trouve qu’elles sont pas assez rondes / - Et mes bras ? / - Et mon visage ? / - Aussi ! / - Tout ? Ma bouche, mes yeux, mon nez, mes oreilles ? / - Oui, tout ! / - Donc tu m’aimes totalement / - Oui, je t’aime totalement, tendrement, tragiquement / - Moi aussi Paul !
Sunday, August 31, 2008
Citation du 1er septembre 2008
Quoiqu’il puisse appartenir à Socrate, et aux esprits de sa trempe, d’acquérir de la vertu par raison, il y a longtemps que le genre humain ne serait plus, si sa conservation n’eût dépendu que des raisonnements de ceux qui le composent.
Rousseau – Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
Voici une citation pour tous ceux qui se demandent comment acquérir (ou enseigner) la vertu.
Ou si vous préférerez : comment faire pour que les valeurs morales soient enfin respectées.
Comme vous le constatez, Rousseau est le philosophe qui se méfie de la raison et des raisonnements. Sa morale n’est donc pas une morale « rationnelle » – comme le sera celle de Kant – mais une morale du sentiment. Inutile de démontrer par A plus B qu’il ne faut pas faire aux autres ce qu’on ne veut pas subir soi-même, ni d’expliquer qu’on doit respecter son voisin, même si son chien nous embête. Non, seule la pitié devant l’injustice et la misère, seul le bonheur qui récompense la bonne action, peuvent nous pousser à agir moralement.
Et même, Rousseau va plus loin : seuls ces sentiments peuvent nous amener à vivre simplement en bonne intelligence avec les autres; car le besoin que nous avons de leur aide serait insuffisant avec toute cette haine et cette méchanceté qui ont été coulées dans nos cœurs par la société corrompue.
Et nous ? Voyez un peu ce qui marche quand on veut obtenir quelque chose de votre générosité : voyez le Téléthon avec ces pauvres enfants dans leur fauteuils de paralytiques, qu’on pousse sur le devant de la scène, là, juste devant les caméras. Ne sont-ils pas attendrissants ?
– Comment ne pas devenir misanthrope après ça ? Rousseau en tout cas l’est devenu (il est vrai qu’il était un peu fêlé à ce moment là). Mais nous, qui venons après tant de guerres et tant de paix, nous savons que l’histoire de l’humanité n’est pas celle d’une corruption, parce qu’il n’y a pas d’histoire du tout. Du moins pas d’histoire de l’homme même s’il y a une histoire des hommes.
En nous le bon et le mauvais cohabitent, et ce Janus à deux faces, c’est à Freud qu’est revenu le mérite de le dévoiler.
Tuesday, December 05, 2006
Citation du 6 décembre 2006
L’homme n’est rien d’autre […] que l’ensemble de ses actes.
Jean-Paul Sartre - L’existentialisme est un humanisme
Cette phrase souvent répétée pour rejeter les promesses au profit de leur réalisation, doit être prise dans toute son étendue : « L’homme n’est rien d’autre » que ce qu’il a fait, et les sentiments, les joies ou les regrets ne servent à rien pour définir notre vie. Par exemple, je ne peux dire « Ah ! si seulement mes parents avaient eu les moyens me payer des études, j’aurais pu faire polytechnique, j’en avais l’étoffe … ». Non. Je suis celui qui a fait un C.A.P. de boulangerie. Point final. Et mes sentiments alors ? Ce n’est donc rien ? Si, bien sûr : mais, mes regrets, mon amertume sont aussi des actes : ils sont ce par quoi je me produis comme un raté. Autant dire qu’en choisissant d’être un raté j’ai choisi de considérer la boulangerie comme une manière de rater sa vie (1).
Qu’est-ce qui compte alors dans la vie ? C’est « ce que je parviens à faire avec ce qu’on a fait de moi » (Sartre - idem). Alors, certes il y a de l’injustice sociale, et je n’ai pas eu la liberté de choisir le milieu social dans le quel je suis né. Mais ce milieu, s’il me prive de certaines possibilité n’a pas déterminé l’ensemble de ma trajectoire. Il en a facilité certaines, il a rendu les autres plus difficiles. Mais le choix entre les une et les autres, c’est à moi qu’il incombe. Et ces choix sont ce qui réalise ma vie. Voilà ce qu’on appelle l’existentialisme.
Il y a des philosophies plus subtiles que celle-ci - je le sais bien. Mais ce qui est stimulant dans l’existentialisme, ce pour quoi il a eu une telle vogue, c’est qu’il implique chacun d’entre nous. Au fond, l’importance qu’on accorde à la philosophie aujourd’hui encore, vient de sa capacité à nous remettre en cause. Non pas qu’il faille nécessairement donner raison à Sartre ; et d’ailleurs lui-même est en partie revenu sur certaines de ses thèses : il y a des choix plus faciles que d’autres à faire, et ceux-là, c’est la société qui les distribue, sans tenir compte du mérite personnel. Mais il nous invite à reconsidérer nos responsabilités, non pas dans un esprit de mortification, mais plutôt pour enquêter sur leur répartition.
(1) Que les boulangers qui me lisent sachent bien que ce n’est pas un point de vue que je partage.