Friday, December 11, 2015
Citation du 12 décembre 2015
Thursday, December 03, 2015
Citation du 4 décembre 2015
Sunday, April 12, 2015
Citation du 13 avril 2015
Saturday, September 20, 2014
Citation du 21 septembre 2014
Friday, October 19, 2007
Citation du 20 octobre 2007
J'ai connu une femme qui voulait divorcer pour ne pas rester l'épouse d'un mari trompé.
Georges Courteline
Naïf Courteline… Il veut nous faire croire que le principal motif de divorce, c’est l’amant que madame a caché dans la penderie… Pas de divorce sans cocu : on est bien dans le vaudeville. Ça ne marche plus comme ça aujourd’hui… (1)
On l’a dit (2) : le mariage est la cause principale de divorce. Il s’agit donc non pas d’une rupture affective, mais de la rupture d’un contrat d’un genre un peu spécial : le mariage. (3)
Vous l’avez deviné : délaissant l’insipide et décervelante actualité, je ne parle du divorce que pour viser le mariage.
Je ne vais pas redire ici tout ce qu’on se dit devant monsieur le maire et monsieur le curé : en se mariant, on s’engage pour la vie à supporter un tas de choses dont on sait seulement qu’elles se situeront quelque part, entre le pire et le meilleur. C’est vague.
Parce qu’enfin est-ce que je sais moi, si mon épouse aura de la moustache et ronflera comme un sonneur dans 20 ans ? Est-ce qu’elle sait, elle, si dans le même délai je me serai transformé on outre de bière et si mon tiercé m’intéressera plus que les après-midi coquins au plumard ?
- Monsieur le juge, je demande le divorce parce que mon mari est devenu chauve. En plus il a rangé la guitare et il ne me chante plus de berceuses pour m’endormir.
- Désolé madame, le code civil ne prévoit pas une telle clause.
Assistance et fidélité : voilà les clauses du contrat. Si vous voulez divorcer, c’est là qu’il faut frapper. Pour l’assistance, ça permet à l’Etat de se défausser en cas d’infirmité : sans intérêt. Par contre pour la fidélité, c’est plus intéressant : en s’engageant sur la voie de la monogamie, on s’engage en même temps sur la voie de la filiation. Le couple marié est resté une unité de reproduction. Plus fort que tous les tests ADN, c’est lui qui garantit la filiation. C’est pour cela qu’il est indissoluble, sauf dans l’infidélité qui brouille les cartes justement pour l’attribution de paternité.
Tiens: un petit karaoké pour finir?(1) Quoique…
(2) Oscar Wilde
(3) Que ceux qui s’intéressent à la différence entre la rupture amoureuse et la rupture politique (rupture-fin et rupture-commencement) se reportent à mon Post du 18 septembre 2006
Saturday, May 12, 2007
Citation du 13 mai 2007
Le plus dur quand il faut finir, est de commencer.
J.M. Laclavetine - Lettre de rupture
Comment rompre (1) ? Comment écrire la lettre de rupture qui va conduire quelqu’un - qui ne s’y attend pas - de l’amour au désespoir de l’abandon ?
Voici un modèle qui peut servir de base de réflexion.
Paris, le 6 mars 1855
Madame,
J’ai appris que vous vous étiez donné la peine de venir, hier, dans la soirée, trois fois, chez moi.
Je n’y étais pas. Et dans la crainte des avanies qu’une telle persistance de votre part, pourrait vous attirer de la mienne, le savoir vivre m’engage à vous prévenir : que je n’y serai jamais.
J’ai l’honneur de vous saluer.
(Lettre de Gustave Flaubert à Louise Colet)
Pauvre Louise… Y a-t-il des êtres plus mufles que les écrivains ? (2)
Pourtant il faut finir… Et il faut que cette fin soit rapide, définitive, radicale.
Rapide : entendez qu’elle devrait surgir dans l’instant et trancher comme le couperet de la guillotine. C’est ce que fait Flaubert ici : la rupture à la quelle Louise se heurte a déjà eu lieu. Son entêtement à la refuser n’y change rien. La porte est fermée il n’y a plus personne derrière. Murée. S’il est vrai que la durée seule est perceptible par l’homme, alors cette durée est réduite ici à rien du tout, parce qu’elle est décrite comme contractée dans un instant, qui appartient déjà au passé.
Définitive : non seulement la rupture a déjà eu lieu, mais elle engage aussi l’avenir : « je n’y serai jamais ». Inutile d’espérer : la rupture est une rupture dans le temps. L’avant et l’après sont séparés : la Parque a tranché le fil du temps.
Radicale : plus rien de l’amour passé ne subsiste ; même une amitié résiduelle n’a aucune chance de survivre. Louise, la « Chère Muse aux beaux seins blancs » s’appelle «Madame » ; au lieu de recevoir « mille baisers sur les yeux et sous le col », elle n’a plus droit qu’à « J’ai l’honneur de vous saluer ». La signature « Ton Monstre », « Ton Gustave », « Ton G. », est devenue G.F. On ne peut descendre plus bas.
- Dites-moi, comment faites vous pour rompre, vous les jeunes ? Par téléphone ? Par SMS ? Par mail ? De vive voix ? Ou bien comme Flaubert par courrier ?
… ou alors vous le lui chantez ?
(1) Sur la comparaison entre la rupture amoureuse et la rupture politique, voir le post du 18 septembre 2006
(2) Ne nous apitoyons pas trop néanmoins : Louise Colet aussi était écrivain.
Sunday, September 17, 2006
Citation du 18 septembre 2006
L'amour comporte des moments vraiment exaltants, ce sont les ruptures.
Jean Giraudoux
Ah ! La rupture… Quel mot intéressant ! Comme il est passionnant lorsqu’il est lié à celui de « stratégie »….
Avez-vous remarqué que l’amour et la politique ce n’est pas la même chose ? Oui ? Mais pourquoi ? Parce qu’en politique les coups (bas) remplacent les caresses de l’amour ? Je suis désolé, mais ça, c’est une grosse banalité.
La véritable différence entre les deux, c’est qu’en amour la rupture, c’est la fin, alors qu’en politique, la rupture c’est le début. Voilà. Mais le début de quoi ? Ne me répondez pas « le début de la fin » ; on n’est pas dans un sketch de Raymond Devos. Dirons-nous : le début de la révolution ? (1) Sans doute, oui. Seulement l’homme qui veut incarner la rupture aujourd’hui, appelons-le N.S. (2), n’est pas vraiment un révolutionnaire. Donc si la rupture en politique signifie autre chose qu’en amour, c’est parce qu’en politique elle est strictement stratégique, alors qu’en amour elle est réelle désunion. Dire qu’il y a une stratégie de la rupture, c’est dire, non pas qu’on va tout casser, mais simplement qu’on est autre que ceux qui ont déçu les français, et que les malheurs de la France sont dus aux gouvernants précédents (car en période électorale, la France va forcément mal, très mal). Rappelez-vous du débat Giscard-Mitterrand de 1981 : Giscard attaque : « Monsieur Mitterrand, vous êtes l’homme du passé » et Mitterrand répond : « Je suis peut-être l’homme du passé ; mais vous, vous êtes l’homme du passif ». Voilà la rupture : rompre, c’est se distinguer de l’adversaire, et cela en le situant uniquement sur le terrain de ses échecs.
Nous sommes donc en mesure de répondre à la question posée : la rupture c’est le début de la conquête du pouvoir.
Vous trouvez que c’est aussi une grosse banalité ? Désolé. N’hésitez pas à proposer votre propre réponse.
(1) Cf. le post du 14 septembre 2006
(2) Non, ce n’est pas Notre-Seigneur ; pas encore...