Wednesday, February 03, 2016
Citation du 4 février 2016
Friday, January 17, 2014
Citation du 18 janvier 2014
L'histoire est un roman qui a été ; le roman est de l'histoire qui aurait pu être.
La thèse qui se précise ici est qu’entre le récit romanesque et le récit historique, il n’y a d’autre différence que celle du réel. Et il semble que pour les Goncourt, cette différence soit bien mince - à une condition essentielle toutefois : que l’histoire qu’ils racontent, à défaut d'être réellement arrivée, aurait pu arriver, et que seuls des aléas sans consistance l’en aient empêchée.
Thursday, January 16, 2014
Citation du 17 janvier 2014
L'histoire est un roman qui a été ; le roman est de l'histoire qui aurait pu être.
Tuesday, November 12, 2013
Citation du 13 novembre 2013
Thursday, October 23, 2008
Citation du 24 octobre 2008
Un roman n'est intéressant que si son auteur se remet en question et s'expose à ce qu'on lui dise : " C'est illisible”.
Le Clézio - Extrait d’une interview dans Paris Match - Novembre 2000
C’est illisible : oui, tant qu’on n’a pas déchiffré cette langue inconnue qui constitue la substance du roman. Prenez la Recherche du temps perdu. Tant que vous n’aurez pas franchi les 50 premières pages, allez-vous y comprendre quelque chose ? Probablement pas.
Allez vous trouver anormal d’être obligé d’apprendre à lire cette langue ? Peut-être.
- Ne devrions-nous pas nous révolter contre cette difficulté, d’autant plus que parfois elle ne sert qu’à recouvrir bien des gouffres d’inanités ? Pourquoi un roman ne devrait-il pas être lisible de bout en bout ? Puisque l’auteur – ici Le Clézio, un prix Nobel tout de même – est si génial, que n’adapte-t-il pas notre langage à sa pensée sans en faire un chiffre abscons ?
- Oui, mais : si dans le langage de tous les jours on ne pouvait écrire que des platitudes ? Et si, supposé qu’on essaye d’adapter la Recherche avec un langage de coin de rue, on n’arrivait qu’à des banalités sans intérêts ?
Tiens, faites une petite expérience : allez voir une encyclopédie des citations (comme celle-ci), et cherchez justement les citations lisibles qui sont extraites des romans de Le Clézio. Voici ce que vous trouverez :
- Il s'arrêta et descendit de son vélo. Il mit en place l'antivol sur la jante de la roue avant.
Le Clézio – La Fièvre (1965)
- Il alla chercher une petite voiture et se mit à la faire rouler autour des pieds de Bresson, en faisant «brououououm, broum» pour imiter le ronflement d'un moteur.
Le Clézio – Le Déluge (1966)
- Et pourtant je ne fais rien. Je laisse aller.
Le Clézio – L'Extase matérielle (1967)
- Ensuite il allume le feu avec son briquet à amadou en faisant bien attention à mettre la flamme du côté où il n'y a pas de vent.
Le Clézio Désert (1980)
Lisible, n’est-ce pas ?
Saturday, October 11, 2008
Citation du 12 octobre 2008
Ernest Hemingway conseillait à l'apprenti écrivain d'omettre dans son récit un point important, que l'auteur connaît mais que le lecteur ignore, de sorte que l'histoire tourne autour de ce point invisible. Ce procédé stimule la curiosité du lecteur et, donc, son attention, et le met à la recherche de la solution du problème dont une donnée importante est absente. Pour le dire autrement, il cherche à résoudre la dissonance cognitive qui provient de la différence entre ce qu'il voit et ce qu'il ne voit pas, mais peut imaginer.
Jean Cottraux – La Répétition des scénarios de vie
Voilà qui devrait guérir les lecteurs que nous sommes de notre admiration idiote pour certains romans et scénarios de films, et pas seulement dans le genre policier, qui utilisent des procédés d’exposition tels que l’énigme artificiellement construite sur un tour de passe passe de la narration..
Je ne crois pas utile de pérorer sur des exemples confirmant la justesse du propos de Hemingway. En revanche, je voudrai souligner que bien souvent nous sommes victimes des stéréotypes de l’auteurs, dont le dispositif décrit ici n’est qu’une variété.
Et c’est vrai que nous sommes fascinée par ces procédés. Ce genre de tache aveugle dont parle Hemingway et dont la présence sert à stimuler l’intérêt n’est en effet qu’une recette parmi d’autres. Je pense que nous devrions être à l’affût de leur présence, même quand il s’agit de « trucs » propres à l’auteur et qui ne se révèlent que par leur répétition de livre en livre. Il en va ainsi du retour, de roman en roman, des mêmes situations, des mêmes personnages, comme, par exemple, les personnages dépressifs et les héros fédérateurs des ouvrages d’Anna Gavalda (1).
On dit que les romanciers passent leur vie à refaire le même livre. Admettons.
Mais alors il y a deux catégories de romanciers : ceux qui réécrivent leur premier livre, et ceux qui de roman en roman poursuivent l’écriture de leur premier et unique livre.
(1) Mon avis sur Anna Gavalda est en réalité très nuancé. En fait même si ses personnages finissent par me porter sur le système nerveux, je dois avouer que j’aimerais savoir écrire comme elle (= avoir autant de choses à dire qu’elle)