Sunday, July 03, 2016
Citation du 4 juillet 2016
Tuesday, October 08, 2013
Citation du 9 octobre 2013
Jadis, le passé était voué à éclairer l’avenir en fournissant des exempla. La Révolution aurait au contraire cherché dans l’avenir la signification rétrospective de l’Histoire en fixant à celle-ci une finalité. Et notre temps a sombré dans le « présentisme » : le règne d’un présent tout puissant sans perspective d’avenir clairement définissable.
Thursday, September 22, 2011
Citation du 23 septembre 2011
Il n’y a plus de Pyrénées.
Louis XIV – Date : 16 novembre 1700
La formule célèbre, "il n'y a plus de Pyrénées", découlerait d'une phrase prononcée par l'ambassadeur d'Espagne à Paris, Manuel Oms de Santa Pau, marquis Castelldosrius, à propos des courtisans désireux d'accompagner Philippe d'Anjou en Espagne : "le voyage de Paris à Madrid devenait aisé, les Pyrénées étant présentement fondues". Il faisait alors allusion au choix du petit fils de Louis XIV comme roi d’Espagne (en 1700 – lire ici)
Il n’y a plus de Pyrénées : demandez donc aux coureurs du tour de France ! Mais plus qu’une prétention à effacer les frontières, fussent-elle naturelles, cette phrase reflète la prétention du pouvoir politique à régler une fois pour toutes les affaires du monde.
Si tel est le cas, alors aucun doute : les problèmes qui se posent à nos dirigeants actuels ont été déjà réglés par le passé, et pour aplanir les obstacles qui se dressent sur notre chemin (comme le furent les Pyrénées), il suffit de faire l’inventaire des réformes instituées par les prestigieux souverains d’autre fois.
Ainsi donc du règne de Louis XIV (1) :
- La première partie du règne est marquée par des réformes administratives et surtout par une meilleure répartition de la fiscalité. Mais auparavant, le roi avait réglé le sort de Fouquet, le surintendant des finances, dont le rôle avait été d’exercer une pression fiscale fort mal perçue et qui avait de surcroit un peu piqué dans la caisse.
- Édit de Grand Renfermement (fondation de l’hôpital général de Paris 27 avril 1656)
Cet édit a pour objet d’éradiquer la mendicité, le vagabondage et la prostitution. Dès 1674, La Reynie a le titre de lieutenant général de police (il est considéré comme le premier préfet de police de France). En 1697, année où il se retire, le marquis d’Argenson lui succéde. Il va remplir sa fonction de lieutenance en s’appuyant principalement sur la répression, avec une escouade considérable d’espions.
- Construction d’un palais de Versailles où s’installe la Cour en 1682 : « Situés au sud-ouest de Paris, dans la ville de Versailles en France, ce château et son domaine visaient à glorifier la monarchie française. »
Bien – On voit qu’il reste encore à Notre-Président bien du travail s’il a l’ambition de laisser un nom dans l’histoire de France.
Car où est donc la réforme de l’impôt ? Et les espions à la solde du pouvoir pour assurer la sécurité des rentiers ? Et le Palais Présidentiel du 21ème siècle ?
Ça, permettez : il suffira d’agrandir le Fouquet’s. Singulière revanche pour le pauvre Nicolas exilé pour avoir construit le château qui devait le glorifier… (2)
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(1) Ce qui suit est en partie tiré de la documentation Wikipédia – mais il s’agit là d’intertextualité et non de plagiat – quand même !
(2) Il s’agit de Nicolas Fouquet et du château de Vau-le-Vicomte - Suivez donc un peu !
Wednesday, May 27, 2009
Citation du 28 mai 2009
Etre réaliste, c'est préférer une réforme modeste, qui en permet une autre, à un miracle impossible.
Habib Bourguiba – Discours
J’aime bien cette manière d’opposer la réforme au miracle. De mon temps (années 68 et suivantes), on considérait plutôt que la réforme s’opposait à la révolution. Mais au fond c’était la même idée.
L’idée que réformer, c’est être pragmatique, ne pas chercher à atteindre d’un coup l’idéal pourtant absolument indispensable, la justice sociale, la liberté pour tous, l’égalité réelle entre les citoyens, etc…
Mais comme d’habitude, ces citations, quand elles sont intéressantes, le sont par un détail qui ne frappe pas tout de suite l’attention.
Ainsi ici : préférer une réforme modeste, qui en permet une autre…
Voilà : qu’est-ce qu’une bonne réforme ? C’est une réforme qui va dans le bon sens comme on dit aujourd’hui, et qui, sans prétendre l’atteindre, nous en rapproche : c’est donc une réforme qui en permet une autre. Autrement dit, il faut voir derrière la réforme qui se met sur les rails, le train de réformes qui se profile.
Donc, en face d’une proposition de réforme :
- D’abord, il faut se demander si celle qu’on nous propose est susceptible d’être complété et donc améliorée par d’autres réforme, ou bien si elle est refermée sur elle-même au point que pour l’améliorer il n’y aurait plus qu’à la détruire pour repartir sur de nouvelles bases.
- Ensuite, il faut se demander quelles sont les réformes futures induites par celle qu’on nous propose.
Car c’est bien ça qu’on fait sans le dire : rappelez-vous, la réforme de GDF. On nous avait dit : pas de privatisation dans la loi qu’on vous demande de voter. Et pas d’intention de le faire…
Les opposants disaient : derrière cette restructuration se profile la privatisation, elle est logique.
Je ne dis pas si GDF-Suez est une chance ou un péril. Je dis simplement que, comme le dit Bourguiba, il faut se méfier des réformes, parce qu’elles sont rarement complètes et qu’elles ne révèlent leur vérité complexe qu’au cours du temps, par une articulation progressives de réformes complémentaires.
Je crois bien que c’est à ça que se heurte la réforme des universités aujourd’hui. Et c’est pour ça que le gouvernement réécrit ses lois sans hésiter. Il sait que ce qu’il a effacé aujourd’hui pourra être réécrit demain.
Il suffit que la locomotive du train de réforme soit mise sur les rails, et qu'on sache où ils vont.
Mais il faut quand même se demander s'il y a des aiguillages sur l'itinéraire.