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Wednesday, August 16, 2017

Citation du 17 aout 2017

Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion.
("No one is born hating another person because of the color of his skin or his background or his religion...")
Nelson Mandela (Cité par Barack Obama à l’occasion de la manifestation suprémaciste de Charlottesville)

Près de 4 millions de « like » accompagnent ce tweet d’Obama à propos des évènements de Charlottesville et ce n’est certes pas un hasard – voici pourquoi : au lieu de mettre toute son autorité dans l’affirmation que le suprémacistes blancs ainsi que le KKK et les néo-nazis incarnent le  Mal absolu, Obama s’élève au-dessus de ce débat pour en souligner l’implication : - oui, tous ces gens sont mauvais, mais s’ils  sont comme ça, c’est parce qu’ils l’ont choisi. Ils sont donc pleinement responsables de leur faute.
Bien sûr se trouve écartée sans discussion la réponse facile des racistes : nous ne sommes pas nés racistes mais nous le sommes devenus en voyant ce que les noirs sont du fait de leur race. Nous ne sommes pas supérieurs ; ce sont les autres qui sont inférieurs.
--> Oui ce discours n’est pas supportable car ce que sont les noirs est une conséquence du racisme des blancs. Ce jugement se trouve déjà dans le texte que Sartre consacré aux juifs (1) : les juifs sont une création des antisémites, ils sont devenus tels qu’ils sont  par réaction à l’antisémitisme des sociétés où ils vivent. On aurait à peu près la même idée avec la célèbre formule de Simone de Beauvoir : « On ne nait pas femme ; on le devient »

Bref : les suprémacistes sont moralement responsables de leur cruauté et de leur faute, sans aucune excuse. Reste qu’ils ont trouvé les instruments de leur haine tout prêts dans leur environnement : les mots cruels, les communautés fragmentées – et puis les cagoules et les croix enflammées.



On ne peut pas tout inventer.
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(1) Sartre – Réflexion sur la question juive (1946) - Lire des commentaires ici

Tuesday, May 30, 2017

Citation du 31 mai 2017

L'émancipation de la classe ouvrière doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes
Karl Marx – Statuts de l'Association l’internationale des Travailleurs (1)
La pratique de la non-mixité est tout simplement la conséquence de la théorie de l’autoémancipation
Christine Delphy – La non-mixité : une nécessité politique (lire ici)


La polémique sur le festival afroféministe NyansapoComment lutter contre le racisme des blancs en imposant une séparation entre race blanche et race noire ?

Aux origines de la polémique sur le festival afroféministe Nyansapo il y a cette règle posée par les organisateurs : certains ateliers du festival seraient réservées aux femmes noires ou « racisées » - la manifestation devant avoir lieu à Paris, la maire Anne Hidalgo a demandé son interdiction (on lira le détail ici).

Comme sur ce Blog c’est moi le patron, je dirai sans plus de précaution que ce principe de non-mixité est mauvais, car il m’apparait soit comme le symptôme d’un être qui souffre et qui cherche un lieu où se protéger, soit comme la volonté de désigner comme hostile une catégorie d’êtres (les hommes ; les blancs ; les chrétiens – ou les musulmans, etc.). Vous êtes un homme ? Inutile de le dire : on a reconnu en vous le phallocrate, le bad guy qui, comme Donald T., « attrape les femmes par la chatte » Vous avez la peau blanche ? Vous voilà ipso facto colonialiste – voire esclavagiste ; vous être un chrétien ? Vous voilà démasqué ! Vous êtes un croisé, avide de tuer ou de martyriser les musulmans. Vous êtes  une femme et on est en période de Ramadan ? Vous voilà impure et source de souillure.
J’entends bien les justifications honnêtes (je veux dire non fanatisées) qui mettent en avant un pouvoir qu’on a toujours rendu impossible pour tel ou tel groupe persécuté : la non-mixité est bonne lorsqu’elle est choisie librement par ceux qui en sont d’habitude victime – comme moyen de se mettre à l’abri des oppresseurs. Et rien d’autre : lorsque Rosa Parks lutta contre la ségrégation dans les bus, ce n’était sûrement pas pour qu’on invente des bus interdits aux blancs (de fait ça existait déjà… à l'arrière des bus). En revanche, lorsque dans certaines villes, on propose que dans les métros des wagons soient réservées aux femmes pour les mettre à l’abri des incivilités ou des agressions des hommes, je dirai : pourquoi pas ?
– Mais seulement faute de mieux !
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(1) A la suite d'un meeting internationaliste de solidarité avec la Pologne tenu à Londres, décision sera prise de fonder la première internationale ouvrière. Marx écrira ses statuts provisoires, définitivement approuvés en septembre 1871, à la conférence de Londres de l'Association Internationale des Travailleurs.

Wednesday, September 09, 2015

Citation du10 septembre 2015

A Béziers on dit : « Le racisme, c’est comme les arabes – ça ne devrait pas exister ! »
Emmanuel Todd – Qu’est-ce que Charlie ? (p.155)
Selon E. Todd qui la cite, cette boutade date de 1995 et non de la période Ménard. Dans le même passage, il affirme que ce mouvement d’exclusion disparait spontanément avec les enfants de la « seconde génération », issue de couples mixtes ou non. Comme on le sait, l’action de l’actuelle municipalité biterroise s’applique à démentir ce principe. 

Et si on prenait au sérieux cette plaisanterie ? Si effectivement les arabes, ça ne devrait pas exister, parce que sans eux, le racisme disparaitrait ?
Bien entendu, on devra d’abord épurer cette interprétation de l’insinuation nauséabonde faisant des arabes les responsables de l’exclusion où ils sont tenus par certains – qui seraient alors racistes « malgré eux ». Et si on disait plutôt : « Les arabes ça n’existe pas ! » ? Ou pareil : « Les noirs, ça n’existe pas. Les juifs non plus ». Et les femmes ? Ou les hommes ?
Bref, pour échapper aux sarcasmes qu’entraine inévitablement de genre d’affirmation (« Quoi ?! Vous voulez blanchir les noirs, viriliser les femmes, déjudaïser les juifs, etc. »), il nous reste à dire que les caractéristiques humaines sont composées de données biologiques et de données historiques et culturelles. Que si une femme est biologiquement une femme, elle a par contre des milliers de façons d’être concrètement une femme – que l’histoire a déjà révélées ou bien qui restent à dévoiler.

Bref : le raciste est l’homme qui croit qu’il y a une essence venue de la race qui se superpose à une essence humaine, qui vient la parasiter, la dénaturer, et que cette essence humaine « profonde » existe à l’état pur chez certains – sans doute « protestant/anglo-saxon/blanc », comme disent les suprématistes américains.

Thursday, July 02, 2015

Citation du 3 juillet 2015

« Me faire passer pour quelqu'un de raciste, je trouve cela choquant... Ma meilleure amie est tchadienne, donc plus noire qu'une arabe. »
Prix de l’humour politique attribué à : Nadine Morano, ancien ministre

Que faire quand, l’été venant, la canicule ramollit notre cerveau – oui, que faire pour lui redonner vigueur ?
- Demander aux hommes politiques de nous stimuler par des réparties humoristiques, sachant que les meilleures seront celles qui paraitront involontaire. Car il est un peu facile quand on parle dans un micro d’avoir comme ça, déjà prête, la répartie bien cinglante qui fera sursauter l’auditeur. Ainsi de cette répartie de Patrick Mennucci (député PS) à propos de Jean-Noël  Guerini, Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, soupçonné d’être maffieux : « Il dit qu'il n'est ni de droite ni de gauche ; alors il est forcément du Milieu ». C’est trop « fabriqué » pour nous faire rire. Ce que nous voulons, c’est la naïveté, celle qu’on peut croire authentique, même si en réalité elle est fausse.
On devine pourquoi nous avons choisi, parmi de très nombreux exemples celui de Nadine Morano. Sa citation a ceci de particulier qu’elle a un sens que les esprits de bonne volonté trouveront sans mal, mais qui, selon sa littéralité est absurde. En plus, comme Nadine Morano traine avec elle l’image d’une fille du peuple mal éduquée et qui remplace la dialectique par la vulgarité, alors c’est sans hésiter qu’on penche pour la naïveté.
Car, c’est cela qui nous intéresse. Cet humour politique doit être involontaire, il doit être une maladresse heureuse, qui accroche un sens dérisoire à une phrase qui se voulait percutante, voire même grandiloquente. Et quand cette bourde porte une signification involontaire – une révélation : alors c’est le pied !

Comme cette tchadienne qui est plus noire qu’une arabe : dans la classement des races détestées par le raciste, le noir est une unité de grandeur. L’arabe est une fois  noir ; l’africain sub-saharien est deux fois – voire trois fois – noir…

Tuesday, July 01, 2014

Citation du 2 juillet 2014


« Si une communauté n’est pas acceptée, c’est qu’elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c’est parce qu’elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras. »
Le Général de GAULLE –  Cité par Philippe de Gaulle «De Gaulle mon père»

Ambigu? Même pas ! De Gaulle dit que finalement, ce qu’on prend pour du racisme, ce n’est peut-être rien que le rejet d’une communauté qui ne fait pas tout ce qu’elle devrait pour se faire accepter. Et réciproquement,
            1) Si elle n’est pas acceptée, c’est qu’elle n’a pas fait ce qu’elle aurait dû.
            2) Si par contre elle fait ce qu’elle doit (= donner de bons produits), alors elle est acceptée sans problème : tout le monde lui ouvre les bras.
o-o-o
Donc, pas de racisme – ni anti-Arabes, ni anti-Roms, ni anti-Juifs, etc… Mais alors, c’est quoi le racisme ? Comment le saurions-nous puisque, comme le dit De Gaulle, nous ne sommes ni ne pouvons être racistes. Le racisme est en réalité un prétexte qui a été inventé (toujours selon Charles De Gaulle) par des communautés qui sont rejetées et qui, refusant de voir leurs insuffisances, ont attribué ce rejet, qu’elles ont jugé injuste, au peuple qui les accueillait.
Le racisme serait donc un effet de la mauvaise foi, un mensonge à soi-même comme le disait Sartre : il s’agit d’attribuer à autrui la cause et la responsabilité du malheur qui frappe.
Bon – On rejette alors les discriminations à l’embauche, les refus de louer un logement, etc ?

Hum… Admettons si on veut, simplement le temps de passer à l’essentiel.
Car, voici la question : quel est donc le « bon produit » dont parle De gaulle ? Celui que ces communautés sont censées apporter ? Si c’est un produit marchand, pas besoin d’immigrer : on importe tout, du manganèse, du caviar, des Toyota, etc…
Ce qu’on ne peut importer qu’à la condition d’importer le bonhomme, c’est la force de travail. C’est l’Italien ou le Portugais pour construire nos maison, l’africain pour balayer nos rues, le Maghrébin pour tout le reste.
Donc, les communautés étrangères – et jusqu’à quand le resteront-elles ? – sont des communautés de bons travailleurs.
Et qu’est-ce qu’un bon travailleur ? Pour le savoir, il suffit de le demander à Tamim ben Hamad Al Thani  émir du Qatar.

Saturday, April 05, 2014

Citation du 6 avril 2014


Le racisme, c'est quand ça ne compte pas. Quand ils ne comptent pas. Quand on peut faire n'importe quoi avec eux, ça ne compte pas, parce qu'ils ne sont pas comme nous. Tu comprends ? Ils ne sont pas des nôtres.
Romain Gary – Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (voir citation entière en annexe)

J’apprends avec effroi que les français sont racistes ? Non pas devenus racistes, ça ils le sont probablement toujours plus ou moins restés – mais bien devenus des racistes « décomplexés » comme on dit si élégamment à droite. Oui, nous sommes des  gens qui admettent sans gêne qu’ils profèrent des opinions racistes : « SOCIETE - 35% des Français se disent «plutôt» ou «un peu» racistes, selon le rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie publié ce mardi... » nous dit-on. (Comme nous avons le sens de la mesure, nous sommes racistes anti-roms et anti-musulmans (sic) et nous laissons les autres tranquilles.)
o-o-o
Du coup je tente de faire un Post avec une citation ad-hoc. Et voilà que je suis confronté à la médiocrité de celles-ci : tantôt dégoulinantes de bons sentiments, tantôt ricaneuses, tantôt appliquant le mot à n’importe qui (les jeunes, les vieux, les femmes, les gros etc…) : ruineux laxisme sémantique !
- Finalement je n’ai trouvé que Romain Gary pour dire quelque chose d’un peu fort, d’un peu important, d’un peu évident : le racisme est une forme de violence qui se reconnait elle-même comme étant sans limite – et qui fait même la théorie de cette absence de limites. On peut violenter un homme d’une autre race comme on violenterait une bête, simplement parce que ce n’est rien de plus qu’une chose. Le racisme consiste à rejeter hors de l’humanité ceux qui sont d’une autre race : s’il le faut on dira même que la frontière qui sépare les humains des non-humains passe à l’intérieur de l’espèce humaine. Tel est l’anti-sémitisme nazis, pour qui les juifs étaient non-humains (des sous-hommes), mais qui avaient la particularité de se mélanger aux « vrais hommes », au point qu’il fallait les marquer de l’étoile jaune pour les reconnaitre ou les détruire pour éviter qu’ils se métissent avec des aryens. Oui, je crois qu’au fond de chaque raciste il y a cette certitude : les autres races ne peuvent pas être humaines au même titre que moi.
Alors, on protestera contre cette vision : la France n’est pas l’Allemagne nazie ; le « pays-des-droits-de-l’homme » respecte la personne humaine.
Et certes, personne ne réclame la mort contre ceux qui ne sont pas comme nous. Non. Les braves gens disent : « Oh ! Moi je n’ai rien contre eux. Simplement je trouve qu’ils feraient mieux de rester chez eux au lieu de venir nous envahir. » : on a affaire à un racisme « soft », celui qui prône l’apartheid.
Soft peut-être, mais racisme quand même. Et en plus, maintenant qu’il est décomplexés…
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Annexe :
« Le racisme, c'est quand ça ne compte pas. Quand ils ne comptent pas. Quand on peut faire n'importe quoi avec eux, ça ne compte pas, parce qu'ils ne sont pas comme nous. Tu comprends ? Ils ne sont pas des nôtres. On peut s'en servir sans déchoir. On ne perd pas sa dignité, son honneur. Ils sont tellement différents de nous qu'il n'y a pas à se gêner, il ne peut y avoir. .. Il ne peut y avoir jugement voilà. On peut leur faire faire n'importe quelle besogne parce que de toute façon, le jugement qu'ils portent sur nous, ça n'existe pas, ça ne peut pas salir. .. C'est ça, le racisme. » Romain Gary – Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable