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Sunday, January 22, 2017

Citation du 23 janvier 2017

Résiste  / Prouve que tu existes  / Cherche ton bonheur partout, va,  / Refuse ce monde égoïste
Résiste  / Suis ton cœur qui insiste  / Ce monde n'est pas le tien, viens,  / Bats-toi, signe et persiste
Résiste.
Chanson de France Gall (paroles de Michel Berger – A lire et à écouter ici)

Lors de la manifestation à Washington pour défendre les droits des femmes. A voir ici
A noter : le bonnet rose aux oreilles de chat, le pussy hat, symbole de la résistance à Donald Trump.
Les américaines nous ont surpris avec cette mobilisation phénoménale des femmes contre la présence et les propos de Donald Trump à la Maison-Blanche. Mais il faut dire que les raisons de s’indigner sont multiples :
          - anti-avortement : avec le risque de voir la majorité de la cour suprême valider les décret l’interdisant.
         - plus généralement : privation des droits des femmes (« Stop grabbing our rights » dit la pancarte)
         - mépris du mâle incarné par le Président pour la femme réduite à ses organes génitaux (d’où le bonnet rose en oreille de chats « pussy hat », du nom familier donné au sexe de la femme). C’est sur ce point que la réaction a été (vu d’ici) la plus vive.

Voilà : les femmes américaines ne se laisseront pas faire et j’en veux pour preuve cet appel à l’indignation et à la résistance qu’on retrouve un peu partout dans ces défilés, et aussi à ces pancartes reproduisant l’affiche de Rosy la riveteuse, celle qui a défait les armées ennemies par son ardeur à fabriquer des carlingues d’avion pour aider son chéri qui était G.I.

(cf. ici)

Et qu’on ne s’y trompe pas : le geste que fait Rosy n’est pas un bras d’honneur, c’est l’exhibition de ses biceps

Tuesday, December 13, 2016

Citation du 14 décembre 2016

La résilience, … désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit d'adversité.
Boris Cyrulnik
Il n'y a pas de réversibilité possible après un trauma, il y a une contrainte de la métamorphose. Une blessure précoce ou un grave choc émotionnel laissent une trace cérébrale et affective qui demeure enfouie sous la reprise du développement               
Boris Cyrulnik - Les Vilains Petits Canards (Voir citation complète en annexe)
  
Divonne-les-Bains (Cliché J-P Hamel)

Cette surprenante image d’un platane entrain de phagocyter un panneau de circulation fixé sur son tronc illustre de façon très suggestive ce dont parle Boris Cyrulnik quand il évoque la résilience.
Nous parlons de phagocytose sans doute par abus : à la différence des globules blancs, qui peuvent digérer les particules étrangères et donc les faire totalement disparaître, on comprend que la blessure qui affecte précocement un organisme va laisser des « traces cérébrales ou affectives psychiques qui demeurent enfouies après la reprise du développement » comme le dit notre Citation-du-jour.
Oui, on le sent bien, mais on fait comme si de rien n’était : le traumatisme laisse toujours une cicatrice qu’on ne peut enlever sans laisser une  nouvelle cicatrice à la place. On peut espérer vivre aussi bien après qu’avant, mais on ne peut espérer que cette violence soit totalement réversible.
Que peut-on espérer alors ? Cyrulnik parle d’une reprise de développement : raison pour la quelle j’ai choisi cette image d’un arbre qui sans doute n’aurait pas sécrété cette écorce sans ce panneau qui s’enfonce en elle. C’est un appel à la vie, un appel à son dynamisme. Là où rien ne croît, rien non plus ne peut compenser l’effet du traumatisme. La résilience, il y a un âge pour ça. Raison pour la quelle, passé un certain âge, certains ne peuvent supporter la perte du travail, du fait du chômage ou de la retraite.
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Annexe.
« La métaphore du tricot de la résilience permet de donner une image du processus de la reconstruction de soi. Mais il faut être clair : il n'y a pas de réversibilité possible après un trauma, il y a une contrainte de la métamorphose. Une blessure précoce ou un grave choc émotionnel laissent une trace cérébrale et affective qui demeure enfouie sous la reprise du développement. Le tricot sera porteur d'une lacune ou d'un maillage particulier qui dévie la suite du maillot. Il peut redevenir beau et chaud, mais il sera différent. Le trouble est réparable, parfois même avantageusement, mais il n'est pas réversible. »  Boris Cyrulnik – Les Vilains Petits Canards

Thursday, January 14, 2016

Citation du 15 janvier 2016

Vivre c'est survivre à un enfant mort.
Jean Genet
Comment survivre au plus violent désespoir ? Mais quel désespoir est donc « le plus violent » ? L’humiliation de l’amoureux éconduit ? La tristesse du vieillard délaissé ? L’accablement du prisonnier abandonné dans son cachot ?
Tout cela est juste, néanmoins comme le dit Jean Genet, ce n’est rien à côté du désespoir produit par la mort d’un enfant, qui nous rappelle avec violence que la vie, dans ce qu’elle a de plus fort, de plus « éruptif », peut aussi s’éteindre.
--> Rappelez-vous cette photo qui a bouleversé le monde entier : à côté de l’enfant mort, il y avait le souvenir de l’enfant vivant.


Oui, ici plus qu’ailleurs il faut savoir comment survivre – ou plutôt, comme on dit aujourd’hui, il faut parvenir à la résilience (1). Comment faire ? Faut-il s’étourdir d’action et/ou de plaisirs pour oublier ? Faut-il se dire qu’on est fait autrement que ces pauvres victimes – et qu'on est plus fort que le destin ? Doit-on se reconstruire en développant des résistances ad hoc ?
Il y a aussi ceux qui ont pensé prévenir ces effondrements et qui se sont endurcis en considérant que la vie est fragile et en gardant en permanence l’idée que la mort est proche (2), doivent le reconnaître : cette voie a été tentée par le passé, mais n’a pas été retenue. Par contre mettre entre nous et la mort une cloison étanche de plaisirs, d’oublis, de déni même, voilà qui est raccord avec notre société de consommation et de plaisir. Reste que, quand le mur se lézarde et nous laisse apercevoir le petit enfant noyé sur la plage, là on est mal…
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(1) « La résilience définit la capacité à se développer quand même, dans des environnements qui auraient dû être délabrants. » Boris Cyrulnik (voir ici)

(2) « Aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : / C’est pour toi qu’il sonne » John Donne (1624 - lire ici)

Tuesday, July 30, 2013

Citation du 31 juillet 2013



Abandon. Anesthésie du refus.
Marianne Van Hirtum
La résignation est-elle une sagesse ?
Eugène Ionesco – Cité le 3-06-2006
On l’a compris : ce qui est en ligne de mire, c’est le stoïcisme qui, sous une forme dégradée, devient à peu près synonyme de ce qu’on appelle couramment « philosophie ». Prendre son sort avec philosophie signifie souvent savoir se résigner – ou, comme le disait Descartes "changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde" (Discours de la méthode 3ème partie). Attitude contre laquelle on évoque la plupart du temps l’indignation et la résistance (à la suite de Stéphane Hessel).
Ceux qui ne résistent pas abandonnent. La question est de savoir quel est le sens de l’abandon : il faut donc savoir pourquoi on abandonne.
- On peut abandonner parce qu’il est bon de s’en remettre à la force (quelle que soit sa nature)
- On peut abandonner par lâcheté, parce qu’il est trop dangereux d’affronter plus fort que soi.
- On peut abandonner pour échapper à la souffrance quand celle-ci provient de l’effort de résister.
Marianne van Hirtum considère l’abandon comme l’anesthésie du refus. Abandonner ce n’est donc pas accepter l’ordre qui nous domine (1ère hypothèse), ni faire acte de lâcheté (2ème hypothèse). L’abandon accompagne le refus, dont il soulage la souffrance.
Alors certes, on ne peut dans le même mouvement refus et abandonner ; mais si dans notre cœur nous refusons, on peut dans les faits abandonner la résistance (1). A la différence du stoïcisme, cet abandon n’est pas reconnaissance de valeur : le malade qui renonce à un traitement trop rude à supporter ne veut pas dire que la maladie est bonne.
Si l’abandon est anesthésiant c’est simplement parce que l’effort de lutter est souffrance.
Abandon… Résignation… Démission… Au fond, qu’importe ne nom qu’on donne à cette attitude ? L’important est qu’elle soit « anesthésiante ».
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(1) L’abandon peut être aussi abandon du refus :
--> 18 juin 1940 : le maréchal Pétain, tout en refusant l’humiliation de la défaite, dépose les armes.
--> 24 octobre 1940 à Montoire, Pétain serre la main d’Hitler, acceptant de ce fait la collaboration avec le régime nazi.

Saturday, October 15, 2011

Citation du 16 octobre 2011

Créer c’est résister / Résister c’est créer.

Stéphane Hessel – Indignez-vous !



Exposition Miss.Tic Attak (voir également ici)

On comprend que Miss.Tic ne garde que la première partie de ce slogan, car elle est artiste et c’est à la création qu’elle a affaire.

Que par ailleurs elle descende dans la rue et qu’elle en reprenne la seconde partie, on n’en doutera pas.

Ce que Stéphane Hessel souligne dans cette injonction qui vient clore son petit livre, c’est qu’on ne peut pas en séparer les deux parties qui la constituent.

Créer, c’est résister : oui, car rien ne sera nouveau sans subir l’opposition de l’ordre ancien.

Mais surtout, résister, c’est créer : ce qui est un paradoxe.

On pourrait croire en effet que résister ne fait que conserver quelque chose, et donc qu’il n’y a nulle création à en attendre. Oui, sauf si on admet qu’on ne résiste que pour créer et que la résistance soit en réalité l’effort pour faire éclore quelque chose de neuf.

La résistance dont parle Hessel est celle à laquelle tout français se réfère : celle qui a lutté contre l’occupant allemand durant la seconde guerre mondiale. Là, résister était une question de vie ou de mort. Il s’agissait de faire revivre la nation humiliée et aliénée par un régime de soumission et d’abdication. Peut-être pas « créer » - mais à coup sûr « re-créer ».

Toute la portée de cette injonction livrée dans cet opuscule consiste à montrer que ce qui s’est joué dans les brumes de l’occupation se rejoue aujourd’hui dans les injustices dont on nous assure qu’elles sont dans l’ordre inéluctable du monde.

Donc, par d’hésitation : comme Miss.Tic, nouez un bandana autour de votre tête, armez-vous d’un sabre et d’un poignard et partez à l’assaut du vieux monde.

Friday, October 14, 2011

Citation du 15 octobre 2011

Ce qui prouve qu'en protestant / Quand il est encore temps / On peut finir / Par obtenir / Des ménagements!

Boris Vian – Paroles de la chanson « On n’est pas là pour se faire engueuler » (vidéo ici)

Qu’on ne s’y trompe pas : Boris Vian ne nous chante pas les accommodements tiédasses de la social-démocratie. Les « ménagements » dont il s’agit concernent plutôt le choix d’aller en Enfer plutôt qu’au Paradis, parce que l’Enfer c’est quand même plus drôle…

Il ne s’agit pas non plus seulement d’une bouffonnerie car on est dans l’actuel, avec cet encouragement à protester Quand il est encore temps.

--> On pense bien sûr à l’extraordinaire retentissement du livre de Stéphane Hessel Indignez-vous ! (à lire ici) dont on célèbre en ce moment le 1er anniversaire de la publication.

Ce qui frappe en effet dans ce succès qui ne se dément pas depuis un an, dans cet extraordinaire retentissement international, c’est qu’il est dû au fait que cette injonction « Indignez-vous ! » provienne d’un très vieil homme qui, du lointain de son âge enseigne non la résignation (comme le ferait un sage stoïcien), mais la révolte.

C’est aux jeunes qu’il s’adresse et c’est là que la réaction s’enchaine : Qui sommes-nous, nous les jeunes, pour supporter passivement ce qu’un vieillard de 93 ans dit être insupportable ?

Et quel est le titre de compétence de cet homme ? Avoir été résistant à une époque où les obstacles à vaincre étaient encore plus grands que ceux que nous opposent les Marchés boursiers et les sbires des politiciens corrompus.

Protestez ! Indignez-vous ! Mais faites-le quand il est encore temps. C’est-à-dire avant d’avoir tout perdu… même l’honneur.