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Saturday, July 26, 2014

Citation du 27 juillet 2014


Et l'Eternel lui dit : C'est pourquoi quiconque tuera Caïn sera puni sept fois davantage. Ainsi l'Eternel mit une marque sur Caïn, afin que quiconque le trouverait, ne le tuât point.
Genèse 4 : 15
Le signe de Caïn
Mercredi dernier, Joseph R. Wood, condamné à mort, a subi une injection létale au pénitencier de Florence, Arizona. Il a mis 2 heures à mourir, donnant des signes de suffocation et de souffrance – jugées inacceptables par les abolitionnistes.
On sait que ces exécutions sont devenues très problématiques aux USA, suite au refus des Laboratoires pharmaceutiques européens de vendre aux USA les substances utilisées jusqu’alors pour ces exécutions – au point que certains Etats américains ont mis en place un moratoire, se demandant si le retour aux anciennes façons d’exécuter les condamnés ne serait pas humainement préférable : il s’agit de la chaise électrique, de la pendaison et du peloton d’exécution (sans oublier la chambre à gaz). Certains Etats refusent quant à eux la peine capitale, préférant la prison à vie : moins problématique, et surtout moins onéreuses (qu’on songe aux 25 années de procédures qui suivent en moyenne la condamnation à mort).
On peut être scandalisé de voir la justice choisir une peine judiciaire sur des considérations de tiroir-caisse : ne faut-il pas plutôt considérer le respect de la vie comme un des droits inaliénable de la Personne humaine, quelle que soit sa faute ?
- Oui et non. Car voyez ce qui fit l’Eternel pour punir Caïn d’avoir tué son frère : il pouvait le foudroyer, le changer en statue de sel, etc… Au lieu de cela, non seulement il l’a épargné, mais il l’a encore marqué d’un signe pour que chacun, le reconnaissant, s’abstienne de lever la main sur lui. Imposant de préserver la vie de Caïn, il l’a condamné à la souffrance du remord et à la honte de son crime, car là est le châtiment le plus dur.
o-o-o
Plutôt que :

Préférez le signe de Caïn :
[Taw est la marque, le sceau divin : « Le premier signe mentionné par l’Ecriture fut placé par Dieu Lui-même qui inscrivit une simple lettre de l’AlephBeith sur le front de Caïn. Na’hlas Benyamin de Tanh’ouma maintient que ce signe avait la forme du Taw. » (Midrach haGadol)]

Monday, March 01, 2010

Citation du 2 mars 2010

Si l’on a conçu les hommes « libres », c’est à seule fin qu’ils puissent être jugés et condamnés, afin qu’ils puissent devenir coupables […] Le christianisme est une métaphysique de bourreau !

Nietzsche Le Crépuscule des idoles

[Lire le texte ici]

Nietzsche et le libre-arbitre 1

Chez Nietzsche, ce qui importe ce ne sont pas les concepts mais ce sont les forces qui les annexent à leur profit.

Ainsi, l’important n’est pas tant de savoir si l’homme est libre, mais à qui ça sert de l’affirmer. De là l’étrange impression qu’on a parfois en le lisant de trouver des inconséquences entre ses différents ouvrages : c’est qu’on y parle des mêmes concepts mais pas des mêmes fonctions.

Par exemple, on sait que la volonté est un concept tout à fait central dans sa pensée (la volonté de puissance), ce qui ne l’empêche pas ici de dire que la « théorie de la volonté » n’est qu’une invention barbare pour justifier le châtiment.

L’enchaînement est le suivant : par de responsabilité sans volonté ; pas de volonté sans liberté. La liberté est la caractéristique indispensable du criminel qui est donc : libre, donc volontaire ; volontaire, donc responsable ; responsable, donc coupable ; coupable donc « châtiable ».

Pourquoi est-il si important de châtier ? Parce que la justice (selon Nietzsche), c’est la vengeance – ou pour mieux dire la jouissance offerte aux victimes de faire souffrir le coupable. Mais cette vengeance n’est pas n’importe quelle vengeance : il faut qu’elle soit justifiée par une métaphysique. Le christianisme, avec le péché originel est bon pour ça ; mais d’autres religions feraient tout aussi bien l’affaire.

Mais, n’en doutons pas, la justice ainsi conçue est un luxe dont on sait aussi se passer en cas de besoin. Ainsi Notre-Président qui affirmait il y a quelque temps qu’il fallait juger les fous irresponsables ; ainsi ceux qui s’étonnent à propos du suicide de J-P Trébert qu’on ne puisse juger un mort. Les naïfs disent que ce qu’ils regrettent c’est la vérité qu’on ne saura jamais ; les autres savent que ce qu’ils déplorent, c’est l’impossibilité de châtier cet homme, de le faire souffrir au nom de ses victimes.

Saturday, September 29, 2007

Citation du 30 septembre 2007

La Bible (Deuter. 21, 18-21) l’avait déjà proclamée, quand elle ordonnait au père de faire lapider par les Anciens le fils méchant, ivrogne et rebelle à la voix de ses parents et à leurs corrections . L’éducation peut, en effet, empêcher une bonne nature de passer du crime infantile et transitoire au crime habituel - mais elle ne peut changer ceux qui sont nés avec des instincts pervers.

Cesare Lombroso - L’homme criminel (1895)

Commentaire 1

Que faire des criminels ? S’ils sont malades incurables, quelque soit leur pathologie, que faire de ces hommes ?

Si on estime qu’ils sont irrécupérables, alors la mort est la seule issue. La Bible l’a dit (voir lien Deutéronome), Platon l’a dit (Protagoras - voir le texte en annexe).

Vous me direz que les intégristes bibliques ne sont pas légion parmi nous, et que personne ne songe vraiment à rétablir la peine de mort contre les pédophiles, s’il s’agit non pas de faire un exemple (et comment des malades seraient-ils sensibles à l’exemplarité ?), mais de les empêcher de nuire. Mais tout porte à croire que le retour obsessionnel de la question conduit un certain nombre d’esprits un peu fragiles à envisager cette réponse.

L’idée qui sous tend cette question, c’est en effet que le criminel est criminel par nature, et la peine d’emprisonnement qui lui est infligée, peut éventuellement racheter sa faute, elle ne peut en revanche en faire un individu sans danger pour les autres.

Et c’est bien ce que Lombroso avait défendu comme idée : avant d’envisager la responsabilité de la société il avait dégagé plusieurs types physiques de criminels, ce qui supposait que leur crime était inscrit dans leur corps avant de l’être dans les faits. Opinion répandue très généralement à l’époque : n’oublions pas que les bagnards étaient relégués à Cayenne une fois leur peine accomplie. C’était donc là une réponse à la question : Que faire des criminels ?

Voilà. Les braves gens qui pensent que la lapidation c’est bon pour les islamistes et que nous n’en sommes plus là, demandez-leur ce qu’ils veulent faire des pédophiles.

Je suis sûr qu’ils vous proposeront le camps de concentration.

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Annexe.

Hermès : Dois-je répartir ainsi la justice et la pudeur parmi les hommes, ou les partager entre tous ? — Entre tous, répondit Zeus ; que tous y aient part, car les villes ne sauraient exister, si ces vertus étaient, comme les arts, le partage exclusif de quelques-uns ; établis en outre en mon nom cette loi, que tout homme incapable de pudeur et de justice sera exterminé comme un fléau de la société. (Platon - Protagoras 322c)

Wednesday, January 17, 2007

Citation du 18 janvier 2007

Aristote dit que la vengeance est une chose juste, fondée sur ce principe qu'il faut rendre à chacun ce qui lui appartient.

Montesquieu- Mes pensées

Je résume un peu l’argumentation de Montesquieu (je reproduis la suite du texte en annexe) : la vengeance est la justification de la sanction ; elle n’en n’est pas la mesure.

Si la vengeance est exclue des tribunaux, parce qu’elle est sans limites et qu’aucune mesure de justice ne peut l’exprimer, elle n’en reste pas moins la justification de la sanction pénale (1). Autrement dit celle-ci n’a pas à être exemplaire ; elle n’a pas à punir la désobéissance à la loi. Et l’on n’a pas à condamner la vengeance en tant qu’elle est une passion dans le cœur des hommes, mais seulement à lui imposer le détour par la décision de justice.

Mais, si nous n’attendons pas que cet effet soit mesurable par les victimes en terme de compensation alors que pouvons-nous raisonnablement en attendre ?

On connaît la réponse : la prise de conscience par le coupable de sa faute ; le rachat de sa position dans la société parmi ses semblables. On connaît le résultat : il arrive qu’en prison le coupable le devienne un peu plus par une intention accrue de commettre des forfaits. Lorsqu’il sort de prison les honnêtes gens le considèrent comme un criminel, la sanction pouvant bien éventuellement compenser la faute, mais en aucun cas changer sa nature de criminel.

On est donc devant un double échec de la sanction judiciaire : impuissante à satisfaire le ressentiment des victimes (ou si elle le fait, elle crée du ressentiment chez le coupable), elle est dénoncée comme injuste ; insuffisante pour faire respecter la loi et éviter la récidive, elle est rejetée comme inappropriée.

(1) Voir message du 14 juin

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Annexe Texte « complet » de Montesquieu - Mes pensées
« Aristote dit que la vengeance est une chose juste, fondée sur ce principe qu'il faut rendre à chacun ce qui lui appartient.
Et c'est la seule façon que la Nature nous ait donnée pour arrêter les mauvaises inclinations des autres ; c'est la seule puissance coercitive que nous ayons dans cet état de nature : chacun y avoit une magistrature qu'il exerçoit par la vengeance.
Ainsi Aristote auroit bien raisonné s'il n'avoit pas parlé de l'état civil, dans lequel, comme il faut des mesures dans la vengeance, et qu'un coeur offensé, un homme dans la passion, n'est guère en état de voir au juste la peine que mérite celui qui offense, on a établi des hommes qui se sont chargés de toutes les passions des autres, et ont exercé leurs droits de sens froid.
Que si les magistrats ne vous vengent pas, vous ne devez pas pour cela vous venger, parce qu'il est présumé qu'ils pensent que vous ne devez pas vous venger.
Ainsi, quand la Religion chrétienne a défendu la vengeance, elle n'a fait que maintenir la puissance des tribunaux. Mais, s'il n'y avoit point de lois, la vengeance seroit permise ; non pas le sentiment qui fait que l'on aime faire du mal pour du mal, mais un exercice de justice et de punition. »

Friday, January 05, 2007

Citation du 6 janvier 2007

Dieu serait injuste si nous n'étions pas coupables.

Baudelaire

Comment pourrait-on mieux évoquer l’origine de la croyance religieuse (notez que je n’ai pas dit « de la foi ») ?

Dieu est un même temps l’origine de nos malheurs et le recours contre eux. J’ai vu un tout petit enfant se réfugier en pleurant dans les jupes de sa mère qui venait de lui donner une tape sur les fesses. Voilà comment nous pouvons comprendre la phrase de Baudelaire. Mais surtout il y a cette idée : le mal n’est insupportable que quand il est injustifié : que Dieu nous inflige des tortures insoutenables, mais qu’il le fasse à bon escient. C’est Pascal écrivant sa prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies.

Seulement à ce compte, les pires tourments, les fléaux de l’humanité ont leur justification : il suffit d’admettre que Dieu a ses raisons, qu’elles nous sont inconnues (les voies de Dieu sont impénétrables), et voilà autant de malheurs qu’il nous faut endurer ; que dis-je ? Qu’il nous faut espérer parce qu’ils sont la condition de la rémission des péchés. On peut évoquer comme exemple la vaccine, consistant en l’inoculation d’une maladie voisine de la variole, mais bénigne, qui immunisait de cette terrible maladie (Jennings, au XVIIIème siècle). Le clergé a tonné contre cette pratique, parce que, disait-il, la variole est une maladie envoyée par Dieu pour châtier les hommes de leurs péchés.

Principe : si nous sommes coupables, alors Dieu a raison de nous faire subir les châtiments qui nous frappent.

1ère Conséquence : quiconque souffre est soupçonné d’être un pécheur. La souffrance est une grâce qui nous permet de faire notre paradis. Ne surtout pas empêcher de souffrir. Et voilà la condamnation de la péridurale pour éviter les douleurs de l’accouchement : « Tu enfanteras dans la douleur » dit le Genèse.

2ème conséquence : la science - et la technique - est nécessairement un blasphème contre Dieu.

Voir citation 14 janvier

Tuesday, June 13, 2006

Citation du 14 juin 2006

Le vieux rêve des gens honnêtes : pouvoir tuer quelqu'un en état de légitime défense.

Alphonse Allais

Entre la victime et son assassin, il y a l’épaisseur de la loi. Le second jouit illégalement de la mort du premier qui - s’il le pouvait - en jouirait légalement. La légitime défense est cette jouissance légalisée, et le désir sadique de détruire la vie d’un homme qui souffre habite même les « gens honnêtes ».

D’une certaine manière, la punition du coupable ressemble à cela : plus qu’une vengeance, c’est une jouissance fournie à la victime qui voit souffrir son agresseur. C’est du moins ce que pense Nietzsche, qui rapporte qu’à Rome le criminel était « donné » à la victime (ou à sa famille), qui dès lors pouvait en faire ce qu’elle voulait : le tuer, le réduire en esclavage, le persécuter ou même le libérer.

Pour moi, d’avantage qu’un sentiment sadique, je trouve que ce qui se manifeste ici c’est le désir de toute puissance. La toute puissance, ce n’est pas dominer un élément naturel, par exemple faire sauter un pan entier de montagne en appuyant sur un bouton. Je ne tire aucun plaisir particulier à pousser le volume de la sono ; mais j’aimerais vraiment déchaîner de ma baguette la puissance du Philharmonique de Berlin.

La toute puissance, c’est donc la maîtrise de l’homme, non pas pour le tuer (encore que ce soit une de ses formes), mais pour le faire agir selon sa volonté. Le droit Romain voyait dans cette puissance la plus haute compensation au dommage subi, et la vie du criminel était donc la réparation la mieux adaptée, sûrement pas en tant qu’on la supprimerait, mais justement dans la mesure où elle durerait.

Nous on a inventé les Travaux d’Intérêt Collectif. C’est peu, mais on est sur la voie !

Monday, March 20, 2006

Citation du 20 mars2006

« Nemo plus juris ad alium transferre potest quam ipse habet. » (Personne ne peut transmettre à autrui plus de droits qu'il n'en a lui-même.)

Maxime juridique

Dans la théorie du contrat, cette sentence explique l’origine du droit : l’autorité du Législateur résulte d’une délégation de pouvoir concédée par les citoyens, qui tracent ainsi la frontière entre le domaine de la loi et celui de la vie privée. Beccaria (Des délits et des peines - 1764) s’est servi de ce principe pour démontrer l’illégalité de la peine de mort. On sait comment il fut entendu ! Mais l’argument mérité d’être considéré.

Nul ne peut prétendre avoir reçu mandat pour condamner à mort un criminel, parce que ce droit que personne ne possède (« Tu ne tueras point. » c’est le présupposé de Beccaria) ne peut être délégué à quiconque. La suppression de la peine de mort est donc non motivée par des considérations humanitaires, ni au nom de la civilisation ; c’est un argument juridique qui prévaut ici.

Mais il y a d’autres arguments.

La barbarie est un bon argument. Par exemple, pour la justification par l’exemplarité de la peine de mort. On dit « qu’importe que la peine de mort ne soit pas bien fondée, il suffit que les criminels soient moins nombreux grâce à elle pour que ce soit légitime. » Mais on pourrait compléter : « Et si ce n’est pas suffisant ressortons le pal, la roue, la croix. Ce sont les anciens qui avaient raison. » La férocité des anciens temps risque de n’être plus au goût du jour.

Mais il y a aussi un argument « métaphysique » : que savons-nous de la mort à la quelle nous condamnons le criminel ? Qui donc en est revenu pour nous raconter comment ça se passe ? Certes, nous supprimons une existence à titre d’éradication du mal, ou a titre de punition pour avoir empêché de vivre une victime (Talion). Mais ce faisant, que faisons-nous ? Anéantissons-nous une existence ? Envoyons-nous un pécheur comparaître devant son Créateur ?

Et s’il était accueilli par les vierges d’Allah ?