Thursday, July 12, 2012
Citation du 13 juillet 2012
Thursday, July 07, 2011
Citation du 8 juillet 2011
Je suis Oiseau : voyez mes ailes ; […] Je suis Souris : vivent les Rats ;
[…]
Le sage dit, selon les gens,
«Vive le Roi ! vive la Ligue ! »
La Fontaine – La Chauve-souris et les deux Belettes (Livre II - Fable 5)
Commentaire II
J’ai un peu modifié le découpage de ma citation d’hier, mais c’est bien toujours la même fable, et c’est bien notre chauve-souris qui, hier faisait la figue aux dangers, et qui aujourd’hui nous dit comment elle échappe à ses prédateurs : pour les mangeurs de souris elle est oiseau ; pour les mangeurs d’oiseaux, elle est souris.
Il y a quelques jours je célébrais les « opportunistes » rebaptisés « pragmatiques » avec la chanson de Jacques Dutronc. C’est donc la même idée, mais abordée sous l’angle de la zoologie, elle nous invite à reconsidérer la question de métissage.
Car nous pourrions aussi dire que la chauve-souris est un exemple de métissage, qui, comme c’est souvent le cas chez les humains donne naissance à des nouvelles variétés plus robustes, plus belles que les races dont elles sont issues.
Mais non. Pas du tout. Il s’agit certes de métissage, mais d’un métissage dont on nie l’existence – un métissage qui est uniquement l’occasion d’avoir le choix de son camp. Suivant cet exemple, l’eurasien dirait : « Je suis chinois, voyez mes yeux» ; « Je suis européen, voyez ma peau. ». (1)
Et ça marche aussi en politique ? Sans problème : « Je suis de droite, voyez ma politique nationaliste » ; « Je suis centriste, voyez ma politique de justice sociale » (2)
Mais ça ne fonctionne pas toujours… Par exemple, les Roms ont bien essayé de dire : « Je suis européens, voyez mes papier roumains ». – Ça n’a pas marché
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(1) Et je ne parle pas de la double nationalité - mais je pourrais...(2) J’édulcore pour ne pas trop choquer. Certains croient qu’on peut aussi facilement dire : « Je suis UMP » ou bien « Je suis PS » - ou encore « UMPS », comme dit Marine.
Tuesday, June 14, 2011
Citation du 15 juin 2011
Non jamais je ne conteste, / Ni revendique ni ne proteste / Je ne sais faire qu'un seul geste, / Celui de retourner ma veste, / de retourner ma veste, / Toujours du bon côté.
L'opportuniste – chanson de Jacques Dutronc, texte de Jacques Lanzmann (1969)
Cette chanson a plus de 40 ans, elle est née dans le contexte de 1968 et des réarrangements politiques qui se profilaient – du moins c’est ce qu’on croyait.
On croirait aussi qu’il est justifié de dire : « Extraordinaire, cette chanson est toujours d’actualité ; elle n’a pas pris une ride ! ».
Oui, mais pas tout à fait : aujourd’hui les opportunistes ont disparu – envolés ! Ils ont été remplacés par les pragmatiques.
Et du même coup, tous les reproches que sous-tend l’opportunisme, toutes les accusations que le chanteur fait mine de dénoncer sont devenus des éloges.
Voyez Notre-Président comme il s’y entend pour brouiller les frontières : c’est plein de fierté qu’il pourrait chanter :
« Je suis pour le communisme / Je suis pour le socialisme / Et pour le capitalisme / Parce que je suis opportuniste ». Impôt sur la fortune, et puis mise au pas des traders, et encore refus de la double peine et ensuite on lance la chasse aux Roms… Je ne vais pas allonger la liste parce que je priverais nombre de mes lecteurs des délices de la chasse à l’opportunisme – heu, je veux dire au pragmatisme – chez nos élites dirigeantes.
Alors, on nous en avertit : ne confondez surtout pas le pragmatisme (doctrine philosophique) et les pragmatiques (attitude politique). Soit, mais c’est bien inutile, vu qu’en France personne ne connait le pragmatisme et même que ceux qui s’y sont attelés sont restés dans l’obscurité la plus totale. Comme si le pays de Descartes faisait un rejet de ce greffon d’outre-Atlantique…
Sauf que les pragmatiques, eux ils ont parfaitement réussi leur OPA sur la politique. Plus de contestation, plus de révolution, même plus besoin de retourner sa veste : elle est si bariolée qu’elle s’harmonise avec tous les cas.
Thursday, April 09, 2009
Citation du 10 avril 2009
Autre règle : si peu que l'on parle, on parle toujours trop. Le chapeau d'un homme d'État ne devrait jamais savoir ce que pense sa tête.
Edouard Herriot - Jadis (**) D'une guerre à l'autre 1914-1936
Le chapeau d'un homme d'État ne devrait jamais savoir ce que pense sa tête…
Belle formule n’est-ce pas, pour dire que la pensée d’un homme politique ne doit pas « transpirer », qu’elle doit être si secrète que personne, si proche de lui qu’on voudra ne doit la connaître.
Je ne sais pas quelles réflexions cela suscite en vous, mes chers lecteurs, mais je me doute que vous devez faire des rapprochements étonnés avec ce que nous entendons à présent.
La mode en politique est à la transparence, à la sincérité, à l’improvisation de discours ou de propos qui ne laisse – semble-t-il – aucune possibilité à la dissimulation.
Aujourd’hui est venu le règne de la démocratie participative, de la proximité, de la compassion : voilà qui impose aux citoyens une confiance absolue dans les propos de l’homme politique. Ce qu’il dit, il le pense, il le pense vraiment, et ce n’est sûrement pas quelqu’un qui a peur de trop parler.
D’ailleurs, comble de la sincérité, Notre-Président nous donne l’exemple de l’homme qui nous fait même participer aux méandres et aux aléas de l’invention de sa pensée. Aujourd’hui, je promets aux ouvriers menacés de licenciements que l’Etat va les secourir et les protéger ; demain je dirai autre chose, parce que voyez-vous, il faut bien être pragmatique…
Alors, si vous êtes de ceux qui croient encore que tout ça est calculé, que même ces méandres sont en fait des manipulations et qu’il n’y a que les pauvres naïfs qui se laissent encore berner par ces manœuvres ; si vous croyez que nos hommes politiques ne mettent plus de chapeau parce qu’ils n’ont même plus besoin de ça pour empêcher leur pensée véritable de sortir de leur cerveau, alors allez consulter un psy, vous êtes sûrement entrain de faire une bonne crise de parano.