Ça, jamais !
Wednesday, April 12, 2017
Citation du 13 avril 2017
Ça, jamais !
Sunday, April 19, 2015
Citation du 20 avril 2015
Sunday, March 09, 2014
Citation du 10 mars 2014
Sunday, February 10, 2013
Citation du 11 février 2013
Wednesday, August 15, 2012
Citation du 16 août 2012
Sunday, May 30, 2010
Citation du 31 mai 2010
Il y a une grande différence entre un bon et un mauvais médecin, mais il y en a très peu entre un bon médecin et pas du tout.
Arthur Young – Voyages en France – Année 1787 (Editions Taillandier p. 164)
On peut considérer en lisant la date à la quelle fut écrit ce passage que Young vise l’état d’arriération où était encore restée la médecine en 1787 : en effet si les médecins étaient tout juste bons à hâter la mort de leurs patients, mieux valait ne pas en avoir du tout (1).
Mais on peut se dire aussi – en lisant l’ouvrage de Young – que ce qu’il exprime là est directement inspiré par sa conception libérale de la vie et de la société. La nature est selon lui le meilleur moyen de conserver la santé, et le rôle de la médecine est de faciliter son influence. Autant dire qu’elle doit être essentiellement hygiéniste.
Le Journal de voyage en France est à cet égard instructif : Young y reproche d’une part à la noblesse française de négliger de faire fructifier son domaine agricole ; et, d’autre part, à l’organisation de la propriété de maintenir presque partout le métayage qu’il rend responsable de la misère paysanne. Contre quoi il faut comprendre que la fertilité du sol et l’enrichissement des paysans est la condition du progrès.
La propriété privée généralisée stimule l’activité industrieuse et donc l’enrichissement. La richesse est bonne car elle est le facteur essentiel du progrès social sous toutes ses formes (2). La révolution dont rêve Young est celle qui renverserait cette paresseuse noblesse de France pour mettre à sa place une autre noblesse, soucieuse de rendre fertile la terre et qui mobiliserait pour cela les agronomes au rang des quels se compte justement Young.
Il serait néanmoins injuste de dire qu’Arthur Young se contente de prêcher pour sa paroisse. De fait il nous permet de mesurer l’écart qui s’est creusé entre deux civilisations en pleine mutation : la française et l’anglaise.
Car, alors qu’en France les élites pensent au progrès des Lumières et imaginent un Etat composé de Citoyens-Philosophes, en Angleterre on recherche dans la science les procédés qui vont développer l’industrie et favoriser le commerce. D’un côté le progrès des consciences ; de l’autre celui des banques (3).
Même si tout ça est bien poussiéreux aujourd’hui, qui donc prétendrait que l’opposition entre ces deux systèmes est caduque ?
(1) On dit que Descartes, à l’agonie, a renvoyé le médecin dépêché auprès de lui par la reine Christine de Suède en disant que s’il devait mourir il mourrait plus heureux sans l’avoir vu.
(2) Le fameux enrichissez-vous ! de Guizot – au même titre que la fable des abeilles – doit être interprété dans ce sens.
(3) A ne lire que par ceux qui ronchonnent contre l’innocent auteur de ce Post : c’est vrai qu’en Angleterre on a aussi valorisé les lumières, même qu’on leur a donné un nom : Age of Enligtenment. Je ne fais que schématiser l’influence que ce mouvement qui a été incomparablement plus développé en France.
Thursday, January 14, 2010
Citation du 15 janvier 2010
Posséder c’est se faire posséder.
Miss.Tic
Louer c’est rester libre.
Miss.Tic – Publicité Ucar.
Certains d’entre vous se sont peut-être dit en voyant les camionnettes de location siglée du slogan illustré par Miss.Tic qu’elle devait avoir des ennuis avec son percepteur, et que trop honnête pour ouvrir un compte secret en Suisse, elle avait opté pour une solution compatible avec se conscience de citoyenne et qui aurait en plus l’avantage de renflouer les caisses de l’Etat français.
Erreur – Totale erreur.
--> Je ne veux pas dire que la conscience citoyenne de Miss.Tic ne soit pas à la hauteur de cet engagement, mais plutôt que le message diffusé par son œuvre la prédisposait à suivre ce chemin. En dénonçant la possession, Miss.Tic a dénoncé la propriété privée – ce qui, il faut le dire est raccord avec une tendance profonde de notre civilisation.
Car la civilisation du Net – si on me permet cette expression – à pour originalité de s’être construite sur la gratuité, sur le partage et le don. Toutes ces vertus qu’on croyait définitivement enterrées par le matérialisme moderne sont ressorties et on fait florès (1).
On pense que le Net a rendu possible le vol : les droits d’auteurs jamais payés, les musiques illégalement copiées, etc… Moi, je crois que c’est l’indifférence à la propriété qui se manifeste ainsi. Qu’avons-nous besoin de posséder ? Il suffit d’utiliser pour jouir d’un produit de la culture. Quand j’écoute une musique sur le Net, je n’ai pas besoin de la posséder, sauf si c’est pour la balader sur mon MP3.
On l’aura compris : je suis un adepte du streaming, et qu’importe s’il faut payer pour cela ? Car même si je loue, je reste libre…
(1) Et encore je ne parle pas de l’« amitié » cultivée par Facebook.
Saturday, April 11, 2009
Citation du 12 avril 2009
- Et que fais-tu de ces étoiles?
- Ce que j'en fais?
- Oui.
- Rien. Je les possède. […]
- Et qu'en fais-tu?
- Je les gère. Je les compte et je les recompte, dit le businessman.
Antoine de Saint-Exupéry - Le petit prince ch XIII
Ce businessman est un emblème tout à fait pertinent pour notre époque : lui, il possède sans pouvoir consommer, puisque les étoiles sont hors d’atteinte, tandis que nos patrons du CAC-40 qui possèdent des milliards de dollars dont personne ne saurait quoi faire dans la durée d’une vie humaine.
C’est curieux comme on oublie cet aspect des choses aujourd’hui : qui donc proteste contre l’excès de la propriété privée ? Qui reprendrait à son compte la définition de Rousseau disant que la propriété ne résulte que de l’usage de la chose possédée ?
Reste que notre businessman fait un peu plus que contempler sa liste d’étoiles : il la gère.
Alors, bien sûr, le ridicule vient de ce qu’on ne gère pas les étoiles ; reste que la gestion est aujourd’hui la justification de la propriété
Que signifie gérer ? Ça signifie compter ? Sûrement pas. Notre homme devrait aussi faire prospérer ses biens, c'est-à-dire augmenter les richesses : les siennes et celles des autres (enfin, de certains autres). Les riches peuvent légitimement s’enrichir s’ils enrichissent aussi les autres..
Alors, que votre patron se fasse des c… en or, on s’en contrefiche à condition qu’il apporte du travail et des salaires.
Mais le jour où il licencie, alors on va les lui ...
Saturday, November 15, 2008
Citation du 16 novembre 2008
- La propriété, c'est le vol ! Voici le tocsin de 93 ! Voici le branle-bas des révolutions ! ...
Friday, July 11, 2008
Citation du 12 juillet 2008
L'usage seulement fait la possession. / Je demande à ces gens de qui la passion / Est d'entasser toujours, mettre somme sur somme, / Quel avantage ils ont que n'ait pas un autre homme. / Diogène là-bas est aussi riche qu'eux, / Et l'avare ici-haut comme lui vit en gueux. »
La Fontaine – Fables (Livre quatrième – XX – L'avare qui a perdu son trésor
Qu’est-ce qui fonde la propriété ? Le travail ? Le droit ? La force ? L’héritage ? Que sais-je encore ?
– L’usage seulement fait la possession dit La Fontaine, et ma foi, cette réponse n’est pas plus bête qu’une autre.
Mais ce qui est plus intéressant, c’est de noter que La Fontaine argumente en comparant l’avare qui accumule un trésor sans y toucher et celui qui est démuni de tout. La seule différence qu’il puisse y avoir entre celui qui possède et celui qui n’a rien vient de l’usage qu’il fait de ses richesses.
– Prenons un exemple. Votre voisin a une très belle voiture, de celle sur la quelle on se retourne quand elle passe dans la rue. Il ne veut pas l’abîmer, et donc il la gare chez lui, sans la faire rouler, de peur des accidents. Il pourrait au lieu de la mettre au fond de son garage la laisser devant sa porte, pour montrer à tous son trésor sans l’user, mais il craint tous ces vandales qui cassent les rétroviseurs et rayent les carrosseries. Bref, voilà un bien qui, parce qu’il est inestimable, non seulement reste inconnu de tous, mais en plus ne sert à personne. Et ne croyez pas que je galèje : chacun sait que des tableaux sublimes ont été achetés par des compagnies d’assurance qui les enferment dans les coffre forts climatisés des banques.
Tiens, justement, j’apprends que c’est vous qui possédez la Joconde – je ceux dire que le vrai tableau, c’est vous qui l’avez, celui du Louvres, c’est une copie. Félicitation. Vous allez accrocher le chef d’œuvre de Léonard dans le salon, au-dessus du canapé, bien exposé à la lumière qu’on le voie un peu.
Alors, oui, c’est vrai : la lumière du jour va faire passer les couleurs, et petit à petit il ne restera qu’une image en bleu-vert.
Peut-être. Mais si Léonard s’est donné tant de mal pour faire ça, ce n’est pas pour qu’on le bunkérise, même dans un musée. Périsse la Joconde si c’est la condition pour qu’on en jouisse !
– Mais dites-moi, ça ne serait pas un éloge de la consommation, ça ?