(2) Saint Augustin – Les confessions, livre XI, chapitre 10 (passage cité ici)
Sunday, September 03, 2017
Citation du 4 septembre 2017
(2) Saint Augustin – Les confessions, livre XI, chapitre 10 (passage cité ici)
Thursday, December 03, 2015
Citation du 4 décembre 2015
Wednesday, February 19, 2014
Citation du 20 février 2014
Sunday, June 03, 2012
Citation du 4 juin 2012
Sunday, May 08, 2011
Citation du 8 mai 2011
Et souviens-toi encore que chacun ne vit que le présent, cet infiniment petit.
Marc Aurèle
Le présent, cet infiniment petit…
Posez donc cette question à un philosophe :
- Dis-moi, Tonton Philo, combien de temps dure le présent ?
Vous allez le voir changer de couleur. Car c’est une des questions parmi les plus redoutables, que les philosophes depuis le moyen-âge au moins agitent sans arriver à en sortir vraiment. Que le présent dure longtemps ou pas, les disputes, elles durent indéfiniment.
Vous en voulez une preuve ? La voici :
La phrase de Marc-Aurèle est déjà un paradoxe : car si le présent n’est qu’un infinitésimal instant, dans la mesure où c’est « l’espace » de notre vie, alors elle est aussi infinitésimale que lui. D’où vient alors la conscience ?
Réponse : la conscience suppose la mémoire et le projet, autrement dit la durée qui enjambe allégrement les limites de l’instant aussi bien du côté du passé que de celui du futur.
Oui, mais conscience n’est pas l’Etre ; elle n’existe que dans le rapport aux autres et au monde. La durée est-elle alors autre chose qu’une illusion ?
Et voilà : la dispute est partie. Je prends bien sûr le terme de dispute au sens médiéval : disputatio (1), discussion académique entre docteurs et étudiants.
Pourquoi en parler ? Parce que je considère ça comme un révélateur : ou bien ça vous excite et alors vous avez la fibre philosophe. Ou bien ça vous casse prodigieusement les pieds et alors vous pouvez vous intéresser sans remords à autre chose.
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(1) Mot du jour – Disputatio : A l'origine, la disputatio consistait en une discussion organisée selon un schéma dialectique sous la forme d'un débat oral entre plusieurs interlocuteurs, en général devant un auditoire et parfois en public. (Lire la suite ici)
Saturday, August 08, 2009
Citation du 9 août 2009
Le seul élément qui puisse remplacer la dépendance à l'égard du passé est la dépendance à l'égard de l'avenir.
John Dos Passos – Contre la littérature américaine
Dépendance pour dépendance, le mieux serait de ne plus du tout avoir de passé ni d’avenir.
Ce serait là l’indépendance, c'est-à-dire la liberté. Mais, est-ce possible ?
Mon exellllent alias, Docteur-Philo a traité la question dans un des Post dont il a le secret (voir ici pour ceux qui y auraient échappé).
Mais comme il ne sait pas aligner deux idées sans faire appel à saint Augustin, je crois plus raisonnable de reprendre la question : vaut-il mieux vivre dans les projets plutôt que dans les souvenirs de nos gloires passées ?
Ne risque-t-on pas comme Perrette et le pot au lait de pleurer amèrement pour avoir trop pensé à l’avenir au lieu d’assurer le présent ? Et si Perrette fait mieux la fois suivante, n’est-ce pas parce qu’elle aura gardé le souvenir de son échec ? Doit-on en conclure que le présent est synthèse du projet et de l’expérience acquise ?
Oui ; évidemment… Mais, amis lecteurs, seriez-vous si avides de retrouver chaque matin La citation du jour, si c’était pour y lire de pareilles banalités ?
Non, bien sûr…
Ce qui vous intéresse, c’est bien de revenir à cette indépendance dont on vous avait fait la promesse en commençant : comment être indépendant et du passé, et de l’avenir ?
Laissons donc de côté la question de leurs avantages comparés, et concentrons nous sur le présent. Il y a dans le présent quelque chose de merveilleux : le présent, c’est le temps de la jouissance. Ce n’est ni le souvenir, ni l’espérance qui sont jouissance, mais ce que nous vivons comme actuel, comme intégralement actuel.
Autant dire que le présent c’est le temps du fantasme – on laissera de côté l’aspect sexuel du fantasme, qui n’est là que pour donner un exemple facilement compréhensible de son fonctionnement (1). Le fantasme est entendu ici comme jouissance effectivement vécue à partir de productions imaginaires indifférentes aux conditions de réalisation pratique, elles mêmes dépendantes du contexte, de l’expérience, etc., etc…
Ah !... Si seulement Perrette avait fantasmé…
L’erreur de Perrette est d’avoir imaginé tout le processus permettant d’acquérir la vache et le veau : on dira qu’elle était dans l’action, mais pas suffisamment, d’où sa maladresse.
Mais en réalité elle y était déjà trop : si elle s’était assoupie au pied de son arbre, à rêver le troupeau au milieu du quel sautaient ces bestiaux, elle n’aurait eu aucune déconvenue, et elle n’aurait pas été battue par son mari.
Pour vivre dans le présent - et seulement dans le présent - mes frères, jouissez sans entraves !
(1) Voir l’article de Wikipedia : Dans le domaine de la sexualité, le fantasme est un scénario érotique, imaginaire ou non, provoquant une pulsion ou une excitation sexuelle au point d'être assouvie mais pas nécessairement, du fait de l'auto-censure sociale ou religieuse.
Tuesday, February 17, 2009
Citation du 18 février 2009
On ne peut pas se permettre de ne pas vivre dans le présent. Il est béni entre tous les mortels, l’homme qui ne perd aucun instant de la vie qui s’écoule à se souvenir du passé.
Henry D. Thoreau – L’esclavage au Massachusetts (1854 - in Essais p. 214) (1)
Ah… L’Amérique, nous l’avons tant aimée… De Kerouac à Bob Dylan, de Martin Luther King à Angela Davis… Jusqu’à ce que viennent Donald Reagan et Georges W.
Mais en Amérique, la fibre réfractaire et dissidente n’est pas prête de s’éteindre parce qu’elle vient de loin. Ainsi, Henry Thoreau, connu des spécialistes seulement, pour son Essai sur la Désobéissance civile, peut être considéré comme un fondateur de la morale respectueuse de la nature, proche de l’écologie contemporaine. (2)
Et en plus, c’est un authentique épicurien.
On ne peut pas se permettre de ne pas vivre dans le présent, parce que c’est là que se trouvent toutes les joies de l’existence. Encore faut-il savoir vivre ce présent comme source de joie. L’exemple pris par Thoreau, c’est la joie d’entendre le chant du coq au lever du jour. Mais ce serait aussi bien arpenter la nature (4 heures de marche par jour : tel est son régime), à condition de ne pas être sur les routes tracées par les hommes, mais dans la vie sauvage.
Car le bonheur est là, dans le sentiment vécu de cette vie naturelle, qui bat en nous mais que nous ne ressentons qu’à condition qu’elle nous vienne amplifiée par le monde sauvage.
Et c’est pour cela que les souvenirs sont une perte de temps : ils nous détournent de l’attention au vécu présent. Et ils nous ne nous donnent que des fantômes, des ombres de joies, des petits bouts d’émotions, toutes racornies par le temps.
Si le passé est à jeter par dessus bord, c’est parce que notre présent est toujours riche de plaisirs accessibles.
(1) Cette conférence intervient pour soutenir le mouvement abolitionniste de l’esclavage, au moment où étaient promulguées deux lois fédérales :
- dont l’une imposait à tout citoyen américain – y compris dans les Etats du Nord – de participer à la chasse aux esclaves fugitifs,
- et l’autre stipulait que les nouveaux Etats crées dans l’ouest pourraient sur un simple vote de leurs citoyens devenir des Etats esclavagistes.
(2) J’allais oublier le Cercle des poètes disparus… Mille excuses !
Tuesday, May 08, 2007
Citation du 9 mai 2007
Ah… Si seulement Socrate était encore parmi nous, il nous expliquerait..
Socrate parmi nous ? Imaginons :