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Thursday, October 19, 2017

Citation du 20 octobre 2017

 Il n'y a jamais eu qu'un moyen de se hisser au pouvoir, c'est de crier : Peuple, on te trompe !
Louis Latzarus – Eloge de la bêtise

Les trompeurs sont souvent ceux qui crient
à la tromperie. Les exemples sont légion il n’est que de rappeler certaines publicités qui nous montrent des gens… dénigrant la publicité. Faire comme si on était dehors, pour faire oublier qu’on est dedans : voilà une petite manip’ bien banale, mais qui marche.

Mais dire que ce stratagème soit le seul qui permette de se hisser au pouvoir est plus contestable et voici pourquoi :
- Ceux qui disent « Peuple on te trompe ! » sont des activistes qui cultivent l’indignation et qui appellent le peuple au soulèvement populaire. On sait que ce procédé est effectivement fréquent et que des Indignados de la Puerta del sol aux Insoumis, la liste est longue des mouvements qui se sont approchés du pouvoir grâce à cela.




- Mais voilà : si le peuple est certainement naïf quand il croit aux discours de révolte des tribuns, il n’en reste pas moins attentif à son intérêt – car il veut aussi de l’argent, il veut aussi des crèches, des écoles des gendarmes des prisons des maisons de retraites des appart’ pas cher des …
Bref, il veut un programme de gouvernement avec des dates pour des réformes qui lui soient favorables.
Alors, bien sûr le tribun habile saura lui faire croire aussi qu’il aura « le beurre et l’argent du beurre », et qu’après avoir emprunté des capitaux pour financer toutes ces réformes on n’aura pas à rembourser l’argent. Mais ce sera moins facile, et les gens naïfs au point de le croire sont déjà beaucoup moins nombreux.

Car le peuple ne se contentera pas de lever le poing ; il vaudra aussi recevoir quelque chose quand il tendra la main.

Friday, October 06, 2017

Citation du 7 octobre 2017

L'éloignement augmente le prestige.
Tacite - Annales

On impose, à distance, plus de respect.
Tacite
Pourquoi, quand on est nanti du pouvoir, chercher à être « jupitérien » ? Inutile de chercher à qui demander la réponse : si quelqu’un connaît Jupiter, c’est bien Tacite. Et si pour quelqu’un le pouvoir n’a pas de secret, c’est encore lui (rappelons qu’il fut sénateur et qu’il naquit à l’époque où régnait Néron).
Après la lenteur rusée dans les réactions à la sédition populaire (voir post du 6 octobre), voilà que la distance apparait comme étant le secret d’un pouvoir à la fois puissant et économe de ses effets.
On comprend en effet que l’autorité étant une puissance toute entière contenue dans sa représentation et jamais – ou le moins possible – dans sa manifestation, la distance et la parcimonie avec la quelle elle se montre est une façon de donner à croire en son existence. Comme on le dit parfois, il n’est pas de grand homme pour son laquais, lui qui vide sa chaise percée.
Seulement notre époque qui vit essentiellement de représentations est une mangeuse de prestige. Pour le reconnaître, il lui faut des images, des bureaux dorés, des forêts de micro et de caméras, les panaches de casques de gardes républicains et les queues de leurs chevaux. 
Jupiter doit se risquer à descendre de son Olympe pour se montrer au peuple dans sa magnificence ritualisée, par exemple à la une de Paris-Match.



A moins qu’il ne le fasse environné des éclairs de sa Foudre ?


Sunday, September 24, 2017

Citation du 25 septembre 2017

Trois éléments, ou si vous voulez, trois principes fondamentaux constituent les conditions essentielles de tout développement humain, tant collectif qu'individuel dans l'histoire :
            1° l'animalité humaine;
            2° la pensée;
            3° la révolte.
A la première correspond proprement l'économie sociale et privée; à la seconde, la science; à la troisième, la liberté.
Bakounine
Qu’est-ce qui distingue un anarchiste de tout autre penseur ? Pas le fait qu’il place la satisfaction de l’animalité humaine grâce à la science économique  parmi les conditions du développement humain. Pas non plus qu’il estime que le développement de la pensée scientifique soit une autre de ces conditions. Mais bien sûr qu’il ajoute aussitôt : la révolte – condition de la liberté. Car si le développement de l’humanité résulte de cette lutte, alors c’est qu’on ne peut se développer que contre les exploiteurs et contre l’Etat. C’est à travers ces luttes que la liberté devient possible : de l’enfant qui en grandissant accède à son indépendance, à la femme qui conquiert son autonomie par rapport aux hommes, et puis au travailleur qui arrache au patron un salaire qui lui permette de vivre dignement, en passant par le chercheur qui doit réduire au silence la censure religieuse. Rien de pacifique ne peut y conduire 


Cette lutte peut-elle malgré tout prendre fin ?  Bakounine le pense parce que dit-il, c’est l’Etat qui concentre le pouvoir entre ses mains : l’Etat est toujours totalitaire car la souveraineté ne se partage pas. On a aujourd’hui une conception du pouvoir un peu différente, un peu moins optimiste, parce qu’elle considère le pouvoir oppresseur comme une force obscure possédant de multiples foyers, disparaissant ici pour mieux ressurgir là. Du médecin qui impose un régime au gardien d’immeuble qui colporte des révélations sur votre vie intime, nul besoin d’uniformes ou de képis : l’oppression est partout. La révolte sera donc sans fin, et surtout sans lieux : inutile d’aller incendier le commissariat du coin, car de l’entraineur de l’équipe de foot au contremaitre du chantier, tous ceux qui ont la moindre autorité vous empêcheront d’exprimer votre liberté.

Friday, July 07, 2017

Citation du 8 juillet 2017

Au sommet de la puissance, on ne voit plus rien du tout.
Louis Pauwels – Président Faust
Le roi règne mais ne gouverne pas.
Adolphe Thiers (à propos de Charles X – Voir citation complète en annexe)



Les symboles du discours d’Emmanuel Macron au Louvres. Voir ici
La puissance est toujours relative : on dit bien qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. La France n’est pas l’Amérique ni la Chine, mais quand on y est le plus puissant on conçoit bien que cette puissance soit perçue comme étant sans limites. D’où ce symbolisme grandiloquent d’Emmanuel Macron lors de son discours annonçant sa victoire qu’il faut bien prendre au sérieux : oui, le Président de la République domine la vie politique du pays et ça s’appelle la verticalité.
C’est ce soir-là (le 7 mai) que l’adjectif jupitérien est apparu pour qualifier l’attitude du Président de la république. Mais en même temps, on a eu un peu de mal à imaginer qu’en survolant le peuple, le Président soit resté quand même au contact des gens. Le risque, c’est bien qu’« au sommet de la puissance, on ne voit plus rien du tout »,
… D’autant que le Président règne, mais ne gouverne pas !
Il y a toutefois une logique : si le pouvoir commet des erreurs ou des abus, il risque d’être délégitimé, surtout aujourd’hui où chacun s’estime compétent pour juger immédiatement et radicalement les dirigeants auxquels il a délégué sa capacité de décision politique. Dès lors ce qui importe le plus, n’est-ce pas de se situer le plus haut possible, quitte à dire avec dédain, comme le Général de Gaulle « l’intendance suivra » ?
Autre argument : il est logique également de penser que pour avoir une vue qui porte loin et qui permette d’indiquer le cap, il faille planer très haut et voir au-delà de l’horizon borné des hommes du commun. Ce que le Président a fait récemment lors de son discours au Congrès : pour le coup, le cap désigné allait jusqu’à la transformation des hommes et des femmes en vue de les rendre plus citoyens, c’est à dire plus vertueux et plus ambitieux.
Oui, Pauwels se trompe : de sa hauteur celui qui détient le pouvoir ne cesse pas de voir – simplement s’il cesse de voir plus près c'est parce qu'il voit plus loin. Un peu comme l’albatros de Baudelaire que ses ailes de géant empêchent de marcher.
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Annexe – « Le Roi garde le trône, poste toujours menacé, pour qu’un ambitieux ne s’en empare pas. Le pays se gouverne sous ces yeux avec son assentiment et sa gloire, car on vient tous les ans le féliciter de la prospérité publique qu’il n’a pas faite mais qu’il a suffisamment faite s’il ne l’a pas empêchée. En un mot, il règne et le peuple se gouverne. » Adolphe Thiers (à propos de Charles X)

Saturday, May 20, 2017

Citation du 21 mai 2017

. … je mets au premier rang, à titre d'inclination générale de toute l' humanité, un désir perpétuel et sans trêve d'acquérir pouvoir après pouvoir, désir qui ne cesse qu'à la mort.
Hobbes – Léviathan I, 11 (Lire le texte ici)

Ah ! Le pouvoir ! Hobbes le dit : on n’en a jamais assez.
Jamais ? Sauf quand on accède au pouvoir suprême : là est le bonheur, un bonheur qui ne cherche pas un « après » parce qu’il a tout – tout de suite.

C’est dit !  Charles-Henri sera Président de la République : ce sont ses parents l’ont décidé. Comme il a juste 4 ans autant dire qu’il ne faut pas trainer pour le préparer.
Que convient-il de faire ? Les parents sont perplexes : ils commencent par le conseil en marketing politique. Qu’a-t-il à proposer ?
- Monsieur, madame. Nous sommes une démocratie, et le pouvoir se conquiert non par le maniement des armes, comme dans certains pays, mais par la maitrise de la parole. La communication est la base de tout développement d’activité, qu’il soit d’ordre public ou privé. Nous vous apportons les conseils marketing, politique et juridique, afin d’élaborer une stratégie en adéquation avec vos objectifs.
Les parents sont émerveillés : ils vont sûrement trouver là les conseils qui permettront à leur rejeton de gagner les élections. Mais ils ont quand même un doute : est-ce bien sérieux ? Dominer les gens par la parole, les persuader de voter pour Charles-Henri, est-ce que ça va être si simple ? N’y aurait-il donc pas quelque science indispensable à connaître ?
- Notre offre de conseil, de coaching et de formation repose sur la psychologie positive, l'enquête appréciative et la vision systémique. Nous contribuons à accélérer le changement, développer l'engagement, l'efficacité, l'agilité et l'autonomie d'un point de vue individuel et collectif. Nous avons un impact majeur sur la qualité des relations citoyennes contribuant ainsi à donner un sens au vivre-ensemble.
Les parents respirent mieux : Charles-Henri sera diplômé de psychologie positive. C’est dit !
Un dernier scrupule les retient : on ne devient pas Président de la République comme ça, tout seul. Il faut une équipe solide efficace et avec la quelle on est en confiance – Regardez Emmanuel M* : sans ses marcheurs il ne serait pas allé bien loin !
N’y aurait-t-il pas aussi un coaching d’équipe ?
- Monsieur, madame : Attention ! On ne confond pas le coaching d’équipe et le team building ! Il vise à optimiser l’intelligence collective, de façon durable, mais surtout de façon autonome et mature! Une équipe peut respirer la joie de travailler ensemble, et être composée d’excellents éléments choisis pour leurs exceptionnelles compétences, elle n’en sera pas pour autant performante : valeurs, excès de co-protection, territoires… Nous vous aiderons à préparer les futurs collaborateurs de Charles-Henri pour qu’ils soient efficaces et dévoués.
La suite à demain – Si vous le voulez bien
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N.B. Les passages en italiques sont des montages d’extraits de divers sites de coaching : certes ils ont été un peu trafiqués, mais La Citation-du-jour tient à les remercier de leur gracieuse collaboration