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Saturday, April 18, 2009

Citation du 19 avril 2009

Article 31

Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n'a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.

Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1793.

A l’heure où j’écris ces lignes, la mort d’un homme – un vendeur de journaux je crois – à Londres lors du G.20 reste très mystérieuse. En tout cas la vidéo qui buzze sur Internet montre très clairement qu’il a été victime de brutalités policières, alors même qu’il était tout à fait paisible.

Ce qui retient mon attention c’est que si en 1793 il était nécessaire de proclamer que Nul n'a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens, en 2009 une telle proclamation est toujours aussi nécessaire. Comme si il était des abus dont on ne pouvait se débarrasser, alors même qu’on en reconnaît le caractère délictueux depuis plusieurs siècles.

C’est qu’il y a une tendance profonde et peut-être irrémédiable à assimiler la force au droit. Car ces policiers qui agissent comme détenteurs de la force publique, font comme si cette force justifiait leur brutalité. Qu’on comprenne qu’on n’est pas du tout dans le cas de soudards qui pillent et qui violent parce qu’ils ont des armes et que leurs victimes sont désarmées. Non. Il s’agir de gens qui agissent calmement tranquillement, comme si ils réglaient la circulation au carrefour.

Mais que les lois interdisent de tels agissements, et c’est pour les auteurs de ces délits tout un système de protection et de couverture qui se met en place. Ici, par exemple, on est curieux de savoir pourquoi il a fallu 2 autopsies pour découvrir la cause de la mort de cet homme.

L’omerta, ce n’est pas seulement pour le bandits corses.

Monday, April 16, 2007

Citation du 17 avril 2007

Plus [le monde] se barde de divisions, de règles, de filtrages, de barrières, plus il multiplie les espèces d’hommes qui ne sont pas comme lui, des déracinés, en dehors de sa loi.

Moscovici - Hommes domestiques et hommes sauvages (p.130)

Les sans-papiers émeuvent à juste titre l’opinion, parce que nous sommes tous en puissance ou même en acte déjà des sans-papiers.

Vous ne me croyez pas ? Lisez Moscovici (en particulier Hommes domestiques et hommes sauvages). Ce que dit Moscovici, c’est que plus vous fabriquez d’interdits, et plus vous fabriquez de hors-la-loi.

Et ainsi, vous mêmes. Votre carte d’identité a plus de 10 ans ? Sans-papier ! Vous roulez à plus de 50 en ville ? Hors la loi. Votre chien, il est déclaré ? Non ? Fourrière. Vous traversez en dehors du passage protégé, qui est à moins de 50 mètres ? Contravention. Vous ne déclarez pas en douane vos acquisitions ? Sur-taxe sur la fraude. Vous dites du mal de l’arabe-du-coin ? Raciste ! Vous vous moquez du curé-de-l’imam-du rabin ? Condamné pour « offense aux personnes en raison de leur appartenance religieuses ».

Voilà la paradoxe : plus vous voulez de sécurité, plus vous faites de lois restrictives et plus vous fabriquez de hors-la-loi. Contrairement à ce qu’on pense, il n’est pas nécessaire d’être dans une dictature pour se retrouver dans cette situation. Car avec le progrès technique, les démocraties font aussi bien. Nos amis britanniques nous montrent le chemin : leurs caméras de surveillance sont couplées à des hautes parleurs : « - Monsieur, avec le blouson bleu, veuillez s’il vous plaît mettre votre journal dans la poubelle et non parterre.» Le flicage universel n’est plus une fiction d’épouvante genre 1984. C’est une réalité. Mais si elle existe, c’est parce qu’elle répond au vœu du citoyen.

Rousseau disait : dans une prison, on vivrait bien autant en sécurité.