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Friday, November 17, 2017

Citation du 18 novembre 2017

Les mouvements totalitaires sont des organisations massives d’individus atomisés et isolés.
Hannah Arendt – Les Origines du totalitarisme : le système totalitaire

Une tentation courante aujourd’hui est de voir dans les « Réseaux sociaux » une forme de tyrannie, un despotisme qui n’aurait rien à envier aux régimes fascistes ; on leur attribue même le pouvoir de se constituer en « faschosphère ». On ne mesure peut-être pas la différence qui existe entre cette conception de l’excès de pouvoir de la multitude qui se constitue en horde sur le Net et celui d’un despote :
            - celui-ci s’efforce de maintenir une relation individuelle (menaçante puis violente) avec chacun et en excluant toute relation « horizontale » entre les sujets.
Un peu comme ça :



François, le berger aux 2000 brebis (vu ici)
            - En revanche, chaque « ami » Facebook est une caisse de résonance pour tous ceux qui constituent son réseau : d’un côté, l’isolement, de l’autre la fusion. L’image qui s’impose alors est celle d’un banc de sardines 


Ce qui trouble, avec les réseaux sociaux, c’est justement que ce troupeau n’ait pas de berger. Du coup les complotistes s’en donnent à cœur-joie : voyez, disent-ils, comme la naïveté du public est grande. On va jusqu’à ignorer les lobbyistes  qui influencent tous ces gens en restant en coulisse ! On croit interagir : en fait on ne fait que suivre la masse qui elle-même suit un chef invisible.
Alors : les réseaux-sociaux seraient-ils des lieux d’où l’on manipulerait les gens en tirant les ficelles de ces pauvres marionnettes stupidement fières de leur indépendance illusoire ? Ou bien au contraire seraient-ils la substance de la démocratie 2.0 ?


Quoiqu’il en soit, je retiens que de toute façon, qu’on obéisse à un chef ou qu’on suive la masse, c’est tout pareil.

Thursday, October 19, 2017

Citation du 20 octobre 2017

 Il n'y a jamais eu qu'un moyen de se hisser au pouvoir, c'est de crier : Peuple, on te trompe !
Louis Latzarus – Eloge de la bêtise

Les trompeurs sont souvent ceux qui crient
à la tromperie. Les exemples sont légion il n’est que de rappeler certaines publicités qui nous montrent des gens… dénigrant la publicité. Faire comme si on était dehors, pour faire oublier qu’on est dedans : voilà une petite manip’ bien banale, mais qui marche.

Mais dire que ce stratagème soit le seul qui permette de se hisser au pouvoir est plus contestable et voici pourquoi :
- Ceux qui disent « Peuple on te trompe ! » sont des activistes qui cultivent l’indignation et qui appellent le peuple au soulèvement populaire. On sait que ce procédé est effectivement fréquent et que des Indignados de la Puerta del sol aux Insoumis, la liste est longue des mouvements qui se sont approchés du pouvoir grâce à cela.




- Mais voilà : si le peuple est certainement naïf quand il croit aux discours de révolte des tribuns, il n’en reste pas moins attentif à son intérêt – car il veut aussi de l’argent, il veut aussi des crèches, des écoles des gendarmes des prisons des maisons de retraites des appart’ pas cher des …
Bref, il veut un programme de gouvernement avec des dates pour des réformes qui lui soient favorables.
Alors, bien sûr le tribun habile saura lui faire croire aussi qu’il aura « le beurre et l’argent du beurre », et qu’après avoir emprunté des capitaux pour financer toutes ces réformes on n’aura pas à rembourser l’argent. Mais ce sera moins facile, et les gens naïfs au point de le croire sont déjà beaucoup moins nombreux.

Car le peuple ne se contentera pas de lever le poing ; il vaudra aussi recevoir quelque chose quand il tendra la main.

Tuesday, August 15, 2017

Citation du 16 aout 2017

Un grand peuple sans âme est une vaste foule.
Lamartine – Premières méditations

Une amie me disait récemment : « Tout le monde parle du peuple comme si chacun le rencontrait chaque matin au coin de la rue. Mais enfin, le peuple, moi je ne sais pas ce que c’est. Tu le sais, toi ? »
Ouvrons le dictionnaire :
« Peuple – Subst. masc.
Etymologie : du latin populus.
Sens 1 :
Un peuple est une communauté vivant sur un même territoire ou, par extension, unie par des caractéristiques communes comme la culture, les mœurs, la langue...
Sens 2 :
Le peuple est l'ensemble des citoyens d'un Etat ou des personnes constituant une nation, par rapport aux gouvernants et en référence aux principes de citoyenneté. Exemple : "Le peuple souverain".
Sens 3 :
Le peuple désigne l'ensemble des citoyens de condition modeste ou humble, par opposition aux groupes ou classes privilégiées par la naissance (Noblesse), par la fortune, la culture, l'éducation... »  (Source La Toupie. Lire ici)
Une question est de savoir si l’appartenance à un peuple est un fait de volonté (d’assentiment) ou bien si c’est le simple fait de naitre ici où là, de parents eux-mêmes liés à telle communauté. On naitrait français en vertu de la Constitution, comme le marocain nait musulman. À l’opposé il y a la nation à la quelle selon Péguy n’appartiennent que ceux qui adhèrent librement et volontairement à ses idéaux. La question posée par mon amie ne serait alors pas pertinente : hors de question de rencontrer le peuple au coin de la rue.
Du coup, certains diront : « Mais enfin, c’est au fond de toi-même que tu rencontres le peuple. C’est là, dans le tréfonds de ta conscience que germent les choix et les devoirs qui sont le produit de ces valeurs auxquelles tu adhères sans même y penser, parce que tu est français et non ***» (mettez la nationalité qui vous convient).
Oui… A ce compte-là, il est probable qu’on verra le peuple rétrécir comme peau ce chagrin : mes compatriotes, au fond de mon cœur, ils ne seront pas beaucoup à trouver place, du moins si je les sélectionne selon mes critères (ne me demandez pas les quels, demandez-vous plutôt si c’est vrai pour vous).
Si tout être humain, quelque soit son Dieu, quelle que soit la façon dont il traites les femmes ou les autres races est pour vous un frère, alors oui, il va falloir beaucoup de place – et vous en avez, c’est sûr. Mais, est-ce le cas ?
Mais rappelez-vous la blague (de Coluche ?) qui faisait rire (un peu « jaune » il est vrai) dans les années 80 :
- Je veux bien que Mouloud y soit mon frère. Ah ! Mais pas mon beau-frère !

Sunday, May 21, 2017

Citation du 22 mai 2017

Une vision partagée agit comme une boussole et contribue à donner du sens au travail. Collectivement, l'entreprise a la connaissance, il s'agit de la révéler.
Synargies – Créateur des sens et d’agilité
Ce sont les hommes qui font l’histoire, mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font.
Marx (Repris par Raymond Aron)
Hier Charles-Henri se préparait à conquérir le pouvoir – tout seul ou avec une équipe de fidèles. Mais n’aurait-on pas oublié au passage ceux pour qui ce pouvoir serait exercé ?
Soyez-en sûr : quelque méchant opposant va se lever et s’adresser ainsi aux parents du petit Charles : 
« - Et le peuple bordel ? C’est lui qui est le pouvoir légitime, le Président n’en est que le dépositaire provisoire. Ce qui veut dire que non seulement il devra le rendre dans 5 ans, mais encore qu’il devra l’exercer dans l’intérêt de la collectivité. Vous les bourgeois, vous avez un peu tendance à l’oublier, mais les gens eux, ils s’en souviennent : c’est le peuple qui est l’origine et la fin du pouvoir politique. Hier vous n’avez imaginé que le moyen de faire de Charles-Henri le nouveau Président ; mais vous avez oublié de lui apprendre l’art de gouverner avec sagesse – c’est-à-dire dans l’intérêt du peuple. »

Au secours les coaches ! Vous n’auriez pas quelque chose à répondre à ces contradicteurs ?
- Une vision partagée agit comme une boussole et contribue à donner du sens au travail. Collectivement, l'entreprise a la connaissance, il s'agit de la révéler.
Bon : on va biffer « entreprise » et mettre « pays » (ou « « nation » - si vous insistez). Mais quand même : subtil le coach, n’est-ce pas ?
Mais ? J’en vois qui se grattent la tête et qui arborent une mine désolée : « C’est tout ce que vous avez trouvé à répondre à ces Insoumis ? Mais ça ne va pas : ils vont nous tailler en pièce et dire en plus qu’ils ont le droit et le devoir de le faire ! »
Allons, les Gens : ne vous désolez pas. Lisez plus attentivement le message : « Collectivement, le pays a la connaissance (du sens à donner à l’action), il s'agit de lui révéler »
C’est là que notre coach – qui a lu Raymond Aron, intervient : « Les gens savent bien qu’ils triment dur, mais ils ne devinent pas pourquoi : disons-leur que c’est pour gagner plus et qu’avec ça ils feront le bonheur de leurs enfants : ils seront volontaires pour travailler encore plus dur ! »
Voilà ce que doit apprendre votre petit Charles-Henri : avec ça il sera Président de la République en 2037 !

Voilà – vous me devez 10000 euros de consulting »

Tuesday, November 29, 2016

Citation du 30 novembre 2016

La démocratie est une technique qui nous garantit de ne pas être mieux gouvernés que nous le méritons.
Bernard Shaw
Suite à l’élection américaine qui amène à la Maison Blanche un bouffon, l’idée qui nous vient est quand même celle-là : « Les américains l’ont bien mérité. C’est eux et eux-seuls qui ont donné le pouvoir à cet homme. S’il est grossier et dangereux, c’est que ses électeurs aiment ça – peut-être le sont-ils également eux-mêmes... »
D’ailleurs il n’est que de voir avec quelle insistance on dénombre les voix obtenues : 2 millions de plus pour Hillary que pour Donald ! On cherche la preuve que c’est le système électoral et non la démocratie véritable qui a permis cette élection… (1) Le débat reste ouvert, mais restons au niveau de l’affirmation de notre Citation-du-jour : est-ce que vraiment en démocratie, les électeurs choisissent les gouvernants qui leur ressemblent ? Ne devrait-on pas dire qu’au contraire ils recherchent le meilleur, l’homme que justement ils ne sont pas, sans quoi ils se seraient gouvernés eux-mêmes ?
Au fond la démocratie est le régime qui permet de poser cette question à propos des dirigeants : pourquoi celui-ci plutôt que celui-là ? Est-ce l’origine sociale de sa famille ? Sa religion ? Sa personnalité ? Ses mérites personnels, qu’il soit héros de la guerre ou milliardaire ? Ou bien son programme ?
Puisque la réponse appartient au peuple, on voudrait que ce soit uniquement la dernière proposition : programme contre programme, et que le meilleur gagne ! Mais il est difficile d’y croire – voyez chez nous : un candidat clame qu’il veut réduire les impôts des plus riches, augmenter les taxes sur la consommation, remplacer la sécu par des mutuelles payantes, remplacer les 35 heures de travail hebdo par 39 heures, réduire les indemnités chômage, etc… Or, voilà qu’une majorité d’électeurs se précipite sur ce candidat : Pourquoi donc ?
            - Soit (Réponse A) : c’est la preuve de la maturité des électeurs qui comprennent que sans sacrifice il ne sera pas possible de redresser le pays ;
            - Soit (Réponse B) : c’est la preuve de la forte personnalité du candidat qui se dit déterminé à réaliser ces réformes radicales (les quelles ? On n’y fait guère attention) alors que les autres sont considérés comme des ramolos.
--> Qui donc a raison ? Attendons : quand les réformes seront faites voyons combien de manifestants seront dans la rue.
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(1) Moi je n’y crois pas : le peuple américain est unanimement d’accord avec le système en question, sans quoi sa réforme aurait été un thème de campagne, comme chez nous avec la proportionnelle.