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Monday, October 02, 2017

Citation du 3 octobre 2017

Mieux vaut cent fois n'être pas né ; mais s'il nous faut voir le jour, le moindre mal est de s'en retourner là d'où l'on vient.
Sophocle – Œdipe à Colone

Après le malheur de naître, je n'en connais pas de plus grand que celui de donner le jour à un homme.
Chateaubriand – Mémoires d'outre-tombe (Première partie, livre deuxième, chap.5)

La question que chacun se pose est : « Que puis-je espérer ? » et les religions se précipitent en se bousculant pour être les premières à répondre.
Laissons-là ces conflits et penchons-nous sur la question symétrique dont la réponse sera peut-être un peu plus facile : « Quel est le plus grand malheur pour un homme ? »
- La réponse du pessimisme antique est : « Le plus grand malheur pour toi est d’être né. »
Voilà qui ferme la bouche aux questionneurs, parce que dès lors qu’on existe on sait que le malheur est notre lot.
Alors que faire ?
- Sophocle apporte la précision suivante : une fois qu’on est né le suicide est la meilleure attitude à avoir. Le seul espoir qui nous reste est d’éviter de faire durer le supplice : «  Au lieu de vous plaindre, sautez par la fenêtre ! Qu’attendez-vous donc ? »
- Chateaubriand quant à lui précise, pour ceux qui n’auraient pas choisi d’écourter leurs souffrances, de ne pas les redoubler. – Quoi donc ? Si je subis le plus grand malheur possible, comment pourrais-je l’augmenter encore ? Dans l’infini rien ne peut être multiplié, car tout l’est déjà !
La souffrance supplémentaire, celle qui n’est pas contenue dans le fait d’exister, c’est d’être responsable d’un crime abominable, qui est de faire durer le malheur des autres.
Au fond le pessimisme ne concerne initialement que l’individu et rien pour l’espèce. C’est tout juste si les autres existent sauf parfois pour expliquer l’origine de la malédiction, comme c’est le cas pour les Atrides. Mais voilà : si je suis un peu attentif, je devrais dire " Chacun devrait se demander « Stop ou encore ? ». Pour moi-même, en sautant par la fenêtre. Et pour l’espèce en évitant de faire des enfants".



Thursday, December 29, 2016

Citation du 30 décembre 2016

Souriez – Demain sera pire.
Anonyme

Le 30 décembre 2014, il y a tout juste deux ans, j’écrivais : «  Je préfère rester en 2014.
- 2014 était donc une année heureuse ? Je ne sais. Mais en tout cas j’ai fait mienne cette devise : Souriez – Demain sera pire. »
Une semaine plus tard avait lieu la tuerie de Charlie Hebdo. Moins d’un an plus tard, le 13 novembre, c’était au tour du Bataclan et des terrasses de cafés parisiens…. Et on ne parlera pas de la crise, de la courbe du chômage ni des politiques qui mentent à tour de langue : c’est de la routine. Prémonition ? Simple prévision ? Lucidité tranquille du pessimiste qui sait que, quoiqu’il en soit, le pire nous attend toujours quelque part dans l’avenir ? Qui le dira ?

Mais vous, demain soir, à la venue du jour de l’an, au moment des embrassades sous le gui, allez vous susurrer à l’oreille de vos amis: « Souris, demain sera pire » ?
… Bon : ça risque de jeter un froid : après ça, vous pouvez bien sûr partir d’un gros rire et dire :
- Nan ! Je blague !
Mais c’est un peu médiocre. Vous pouvez aussi prendre un ton plus docte :
- Sais-tu, ami, que dans leurs banquets les Egyptiens mettaient au milieu de la table une tête de mort pour avertir leurs convives qu’il faut profiter du présent parce que dans l’avenir nous ne pourrons plus jouir des plaisirs de la vie ?
Mais votre ami vous regarde encore avec plus de méfiance : lui qui, une coupe de champagne à une main et l’autre au bas des reins de sa voisine de table, vivait pleinement son présent, ne comprend pas votre interruption. Vous êtes dans la situation du veilleur qui dans la nuit médiévale patrouillait dans les rues obscures en rugissant : « Il est minuit ! Dormez en paix, braves gens ! »


C’est ça la morale de ce Post : à quoi bon souhaiter quoique ce soit pour l’avenir ? Il sera ce qu’il sera et basta ! En revanche que faire de mieux que rendre plus joyeux le moment présent ? Trouvez donc du bon champagne et invitez des copines qui n’ont pas froid aux yeux.

Thursday, May 05, 2016

Citation du 6 mai 2016

Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l'impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun.
Immanuel Wallerstein (sociologue, né en 1930 à New-York)
Leçon de pessimisme :
La France vit une période où se révèle l’impuissance des puissants devant les réclamations des citoyens :
- Nous voulons que nos salaires augmentent ! Moins de contrôles d’identité ! Plus de sécurité !
Quoi ? Rien ne se passe ? Ils ont tout essayé, et rien ne marche ? Ils ne sont même pas incompétents : ils sont impuissants !

Leçon d’optimisme :
S’ « ils » sont impuissants, alors tant mieux. Car voilà libéré le libre-arbitre de chacun.
Fini cette fausse démocratie où on se croyait libre en choisissant le maitre qui allait décider à notre place. Fini cet Etat-despote qui nous réglemente et nous flashe sur les routes ; fini ces percepteurs inquisiteurs des temps nouveaux.
Nous voilà libres et devenus comme le souhaitait l’anarchie !
Oui, mais : de nos jours, les anarchistes se font rares ; en revanche les « anarcho-capitalistes » sont légion. (1) Ce n’est pas très nouveau ; déjà, Platon met en scène ce courant de pensée avec Calliclès qui contre Socrate affirme qu’être libre c’est faire tout ce qu’on est capable de faire, sans égards pour ceux qui subissent. (2)

Conclusion : de nos jours, de même qu’autrefois, si vous êtes puissant, alors soyez optimiste ; si vous êtes faible, il serait raisonnable d’être pessimiste.
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(1) L’anarcho-capitalisme est un courant de pensée politique inspiré par le libéralisme philosophique, selon laquelle l’existence de l’État est illégitime et inutile.
Ce courant se caractérise par l’acceptation sans limite de la propriété privée, et accessoirement, par l’appartenance aux libertariens, et par l’absence de critique de la religion. (Art. Wiki, lire ici)

(2) « (Selon la nature) il est juste que le meilleur ait plus que le plus faible et le plus puissant que le plus impuissant. » Platon, Gorgias (483d)

Saturday, August 01, 2015

Citation du 2 aout 2015

Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté.
Winston Churchill
Ça, c’est l’histoire du verre à moitié vide / à moitié plein. On en a déjà parlé, inutile de revenir dessus. Toutefois, je me sens l’envie d’en rajouter un peu.
Retenons que c’est n’est pas seulement par un tempérament ou un trait de caractère que le pessimiste et l’optimiste se révèlent mais aussi dans l’action. En effet si le premier voit des difficultés, c’est bien dans l’opportunité d’agir ; et réciproquement, la difficulté d’agir constitue pour l’optimiste une opportunité. D’une certaine façon optimiste et pessimiste peuvent bien être d’accord sur le diagnostique : l’action envisagée comporte bien des difficultés. Simplement là où cela constitue un frein pour l’un c’est un stimulant pour l’autre.

Ce qu’on peut rajouter c’est quand même que l’action est grosse d’incertitude et que du coup elle comporte un gros pourcentage d’imaginaire. Mais cet imaginaire agit de façon opposée selon que l’on appartient au clan des optimistes ou  à celui des pessimistes. Ce dernier est d’abord un rationaliste qui calcule ses chances de réussites ; simplement il en rajoute sur les risques d’échec. Par contre l’optimiste n’écoute pas la voix de la raison : il suit la pente naturelle du désir. Il fait ce que Kant nous décrit comme étant la nature du désir : « La faculté de désirer est la faculté d’être cause des objets de ses représentations par le moyen de ces représentations mêmes. » (Kant – Métaphysique des mœurs, Introduction). Autrement dit avec la représentation de l’objet désiré apparaît la certitude de pourvoir le posséder. Je le désire donc je l’ai.
- Concluons donc – une fois n’est pas coutume – par une citation :

« La plupart des choses importantes dans le monde ont été accomplies par des personnes qui ont continué à essayer quand il semblait y avoir aucun espoir. » Dale Carnegie

Thursday, March 26, 2015

Citation du 27 mars 2015

Que d’hommes ne se connaissent pas d’autre raison de vivre que la peur de mourir !
Maurice Chapelan – Main courante

Qu’est-ce qui nous fait aimer la vie ? Du moins, qu’est-ce qui nous donne envie de vivre – de continuer à vivre ?
Poser cette question, c’est en même temps admettre que ce n’est pas si évident que ça de vivre. Avons-nous des joies à la hauteur de nos efforts ? Bénéficions-nous d’un « retour sur investissement » suffisant ? Finalement serait-il plus raisonnable de cesser de vivre, plutôt que de s’acharner à survivre ?

A cette question il y a plein de réponses positives  et réjouissantes. Mais je recherche la réponse minimale, celle que personne ne peut récuser d’un haussement d’épaule.
Cette réponse est celle de notre chroniqueur-du-jour : quand nous aurions perdu toutes les autres raisons, reste la peur de mourir qui nous attache à la vie.
Une supposition : vous n’êtes pas encore né et on vous demande si vous souhaitez naitre ou bien si vous préférez rester dans les limbes (1). On peut admettre que vous pourriez souhaiter rester comme vous êtes – en tout cas, il est certain que les hindouistes répondront comme ça.
Seulement, on ne nous a pas demandé notre avis : on nous a balancé dans l’existence, et puis voilà ! Alors, comment voulez-vous qu’on s’en réjouisse ? Nous a-t-on donné le choix de l’époque où naitre ? Non : c’est par exemple le cas de tous ceux qui sont nés en France en 1348 (Guerre de 100 ans + épidémie de peste noire) ? Ou bien au Bengladesh ? Et les parents ? Ils sont immigrés ou intouchables indiens, et ils ont des enfants ? Eh bien, voilà : tous ces petits enfants, si mal nés, il vont vivre toute leur vie tant bien que mal, avec ce handicap.

On est dans la situation du chômeur qui a poussé la porte de Pôle-emploi et qui s’entend dire : - Si vous voulez continuer d’être dans nos fichiers, vous devez accepter les emplois qu’on vous propose. Tiens, il y a justement un travail de technicien de surface qui vous attend à Hénin-Beaumont. Quoi ? Vous étiez ingénieur aéronautique à Toulouse ? Et alors ?
Alors, plutôt que de crever de faim, on dira oui. Et ne demandez pas pourquoi.
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(1) Limbes, déf. ici