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Friday, September 15, 2017

Citation du 16 septembre 2017

Au mal une fois fait il n'est pas de remède.
Homère
Faire le mal, c’est d’abord vouloir le mal, et cette volonté mauvaise, comme n’importe quel acte s’inscrit dans la chronologie du monde, un peu comme un appel téléphonique dans le journal d’appel de votre Smartphone. À tout jamais il restera vrai que vous avez commis cette action, ou tout au moins que vous avez voulu qu’elle soit, que vous avez par exemple souhaité la mort d’un être humain : Crève donc !
Comment donc ? Ma victime n’est elle pas en droit de me pardonner ? Et ce pardon n’efface-t-il pas ma faute ? Lorsque je demande à Dieu pardon pour les offenses que j’ai pu commettre à l’égard de mes semblables, Lui au moins ne me pardonne-t-il pas ? Ne suis-je pas absous par la confession de mes péchés ?
Je ne suis pas en mesure de commenter le pardon divin : c’est l’acte d’un Etre incompréhensible et inimaginable. En revanche je peux me demander : qu’est-ce qui se passe quand je pardonne à un être que j’aime – à ma femme, à mes enfants, à mes amis ?
Dans tous ces cas, le pardon ne permet-il pas de remonter le temps, de faire comme si l’acte mauvais n’avait pas été commis ? Oui, sans doute dans la mesure où le pardon signifie : « Je t’accorde mon pardon car je t’aime toujours autant que si tu ne m’avais pas trahis ». Pardonner ce n’est pas oublier, c’est considérer le mal comme n’ayant pas entamé la relation que nous avons avec le fautif.
Car, on le voit bien, ça n’efface rien. Considérer le pardon comme un oubli (« avec le temps… ») est une faute d’interprétation ; si le pardon est moral, c’est qu’il respecte toujours les valeurs contre toutes les agression, y compris contre celles de mes amis. « Ce que tu as fait est mal, mais tu reste mon ami ».

La suite à demain… Si vous le voulez bien !

Saturday, May 27, 2017

Citation du 28 mai 2017

Les mamans, ça pardonne toujours ; c’est venu au monde pour ça.
Alexandre Dumas / Louise Bernard


Chers Petits amis,
La Citation-du-jour vous offre ce joli dessin : imprimez-le, coloriez-le et offrez-le à votre Maman en lui disant :
« Bonne fête Maman chérie ! »

Ah !... que n’ai-je encore l’âge de ce petit – et ma jolie maman si douce pour lui apporter ma tendresse tous les jours et la remercier d’être là en ce jour de fête…
Une maman c’est ce moment de douceur et de tendresse toujours présents, toujours assurés, tels qu’on ne peut jamais en être privé : là où est la maman, là est aussi l’amour.
Moyennant quoi, on dira que la formule de Dumas est un peu courte : il faudrait dire que les mamans sont venues au monde pour aimer leur petit et que du coup elle lui pardonne tout.

Alors, oui : il en faut de l’amour pour pardonner toujours, comme le dit Alexandre Dumas ! Car seul l’amour peut pardonner. Je veux dire que s’il s’agit seulement d’oublier le mal qu’on nous a fait, le temps ou bien une heureuse disposition d’esprit peuvent suffire. Mais pardonner c’est faire que l’« après » soit comme l’« avant », ce qui revient à dire « Quoique tu fasses, tu ne peux détruire l’amour que je te porte ».
Mais est-il bien sûr que les mamans aiment, quoiqu’il en soit, leurs petits ? N’y a-t-il pas, comme dans n’importe quelle histoire d’amour des moments où elles ne peuvent plus les aimer ?
Qu’est-ce donc que cet amour maternel si profond et si permanent qu’il résiste à tout ?
Je dirais volontiers que c’est un amour qui, justement, ne se vit pas comme une histoire, qui aurait un début et une fin, et qui varierait selon les méandres de la vie. L’amour maternel ça commence avec la naissance du petit bébé et ça vit ensuite, sans jamais varier.

Car, voilà l’essentiel : une maman, c’est quelqu’un qui aime sans rien attendre en retour.

Monday, June 20, 2016

Citation du 20 juin 2016

Chaque fois unique, la fin du monde.
Jacques Derrida – « Concept » du 11 septembre
Un événement tragique marque un avant et un après, on le singularise pour conjurer sa répétition.
Frédéric Worms – Plus jamais ça ? (Chronique de Libération – 17 juin 2016)
On peut lire en ligne ici le texte de Worms

A l’horreur du massacre homophobe d’Orlando, s’ajoute, selon Frédéric Worms, une effrayante certitude : cet assassinat « de masse » pourtant si unique dans son surgissement, n’est pas un événement isolé. Bien au contraire : il n’est que la répétition d’autres événements tout à fait similaires, dont celui du Bataclan est pour nous un exemple, mais bien sûr en matière d’assassinats de masse, les américains ont bien d’autres références…
Unique Le 13 novembre, Le 11 septembre ? En réalité, même le philosophe doit  accepter  cette étrange contradiction qui consiste à considérer l’évènement comme unique (du jamais-vu) et pourtant répétable à l’indéfini : combien de Saint-Barthélemy depuis La Saint- Barthélemy ? On espère que l’horrible massacre d’Orlando marque la fin d’un vieux monde et soit le point de départ d’un monde nouveau. Mais dit Worms « cet événement nous laisse deux fois brisés : par l’ébranlement à nouveau ; mais aussi par son retour » ; il porte en lui le sentiment que tout cela non seulement n’est pas nouveau, mais est encore intégré dans un processus de répétition.

Suivant Derrida, Worms en tire une conclusion très pratique : il faut bien que nous croyions à cette singularité de l’événement tragique pour reconstruire le monde qui vient d’être détruit, même quand ce monde est celui de la maison profanée et du viol des êtres qui l’habitent.
  « Plus jamais la guerre ! » Fastoche ! - comme si notre volonté pouvait agir là-dessus. Oui, plus jamais ça… Mais comment faire sans verser dans une naïveté un peu ridicule, dans un idéal rose-bonbon au quel l’homme sérieux ne devrait pas croire – et qui malgré tout reconstruit sa maison en disant qu’on verra combien de temps passera avant qu’elle soit à nouveau envahie et démolie ?
Le philosophe se transforme alors en moraliste : distinguez dit-il les actes abominables contre les quels nous devons lutter, des êtres qui les ont commis. Car c’est la condition à la quelle nous pourrons construire le monde commun sans le quel nous perpétuerions les massacres en massacrant les massacreurs.
– Comment ! Vous seriez prêts à faire un monde commun avec tous ces ignobles tueurs ? Nous ce que nous voulons, c’est un monde nouveau : ne faut-il pas d’abord neutraliser ces assassins – la solution qui pour être définitive doit être finale (vous voyez où je veux en venir…) ?
Tous les pays qui ont connu de telles déchirures (on pense à l’Afrique du Sud, au Rwanda, mais aussi à la France de la Libération) n’ont pu faire un monde nouveau qu’en faisant un monde commun ce qui suppose que les victimes acceptent de vivre avec leurs anciens bourreaux - ce qui constitue une sorte de pardon.
Le Pardon : le mot est lâché ! Que ce soit possible suppose deux choses car, pour imaginer un monde commun dit Worms, il ne suffit pas de distinguer les massacres des massacreurs. Il faut aussi faire tout ce qui doit être fait pour que le passé ne se répète pas, pour que les assassins et les victimes n’échangent pas leur rôle – indéfiniment.

La Saint-Barthélemy ? Plus jamais ça ! Et si les musulmans étaient nos protestants d’aujourd’hui ?

Tuesday, February 17, 2015

Citation du 17 février 2015

Sans le pardon, la vie est gouvernée par un cycle sans fin de ressentiment et de rancœur.
Roberto Assagioli
Il y a des fautes irréparables, et la vendetta qui réagit au meurtre en le perpétuant en est une bonne illustration.
Devant une telle faute, il n’y a que deux possibilités :
            - soit on détruit celui qui l’a commise, répondant au meurtre par le meurtre – d’où le cycle des vengeances et de la violence.
            - soit on pardonne, mais pour cela il faut aimer l’homme même s’il est responsable de ce mal.

En lisant cette phrase, c’est bien  à la vendetta qu’on songe en effet ;  à ce cycle de violences sans fin, meurtres entrainant des « contre-meutres » sur des siècles, qui se perpétue ainsi, de génération en génération, longtemps après celle qui fut lésée.
Mais notre auteur-du-jour souligne un fait qu’on oublierait à trop vouloir nous focaliser sur la vengeance institutionnalisée : ici, il ne s’agit pas de la violence contre la quelle la société entière crie, non du devoir institutionnalisé de châtier le coupable, mais de la rancœur vécue et ressentie. Tel est l’homme : il est dans sa nature de laisser prospérer à travers le temps en lui la haine et le ressentiment – sauf si un évènement « contre-nature » vient à l’interrompre.
--> Cet évènement est le pardon : lui seul est rupture – sans lui le cycle de la haine serait indéfiniment à l’œuvre. Nous avons dit du pardon qu’il n’était pas la décision d’effacer la faute, mais de passer outre : (le pardon) n’est ni un blanchiment, ni un oubli. Il est la contrepartie de l’amour.

En face de la haine et de la rancune qui prospèrent sur l’amour de soi et en tirent leur force sans cesse renouvelée, le pardon est bien rupture d’un cycle – et c’est en ce sens qu’on peut dire qu’il est un « évènement extérieur » ; il est même le seul à pouvoir rompre ce cycle. Combien d’amours ont cessé d’exister à la suite du refus de pardonner la faute commise à son encontre ? Mais il n’y a rien à regretter, car si le pardon échoue, c’est bien parce que l’amour n’est pas à la hauteur. Pas de pardon sans amour – et pas d’amour sans pardon.

Friday, January 10, 2014

Citation du 11 janvier 2014


Rien de nos actions ne peut être anéanti, justes ou injustes. Le temps même, père de toutes choses, ne saurait faire qu'elles n'aient pas été accomplies.
Pindare – Deuxième Olympique, 17-19
Si le poète souvent se plaint de la fugacité des choses temporelles : « Ô temps, suspend ton vol ! », Pindare par contre souligne qu’on ne peut les effacer.
Ce qui est donné ici comme une limite du pouvoir du temps est souvent présenté comme une limite du pouvoir des hommes : ne pas pouvoir revenir en arrière pour faire que ce qui a été ne soit plus...
C’est justement cette aspect que souligne le moraliste : « Si seulement je pouvais effacer l’acte – la faute – que j’ai commise ! la trace de sang sur la petite clé de Barbe-Bleue… ». Mais il ne sert à rien de frotter la tâche : car rien ne saurait faire qu'elle n'ait pas été accomplie. Et rien ne saurait faire non plus qu’elle cesse d'être une faute.
Mais alors, à quoi bon la morale si elle ne peut nous permettre de nous racheter ? Car, pour que la morale soit possible, il faut surmonter la faute. Il faut une rémission des péchés.
En bref, il faut le pardon.
Le caractère définitif de la faute a pour corrélat le pardon. Mais attention ! Pas plus que la trace de sang, le pardon n’efface la faute commise. Il n’est ni un blanchiment, ni un oubli. Il est la contrepartie de l’amour : « Oui, tu m’as trahi et à tout jamais cette faute restera. Mais elle ne restera pas entre nous. L’amour que je te porte la considère comme étrangère à la vie que je veux toujours mener avec toi. »
C’est ainsi que Dieu pardonne à ses créatures, et il lui faut beaucoup d’amour pour y arriver. Si le temps pouvait effacer les péchés, alors Dieu pourrait prendre sa retraite.
A remarquer que la (seule ?) philosophie qui met les Dieux en retraite, je veux dire l’Epicurisme, rejette aussi la notion de péché.