Saturday, June 30, 2012
Citation du 1er juillet 2012
Thursday, June 21, 2012
Citation du 22 juin 2012
Tuesday, January 24, 2012
Citation du 25 janvier 2012
On ira tous au paradis, Même moi.
Question : qu’est-ce qu’on peut faire au Paradis, qu’on ne pourrait pas faire en Enfer ?
Réponse : y aller avec tout le monde.
Curieux ça… Est-ce que ça voudrait dire qu’on ne peut jouir de Paradis, qu’à condition d’y être avec l’humanité entière ? Que l’Homme ne se retrouve que dans la totalisation de tous les individus de son espèce – et donc que vouloir priver cette Humanité de l’un de ses membres, c’est la dénaturer et par là faire souffrir l’ensemble des hommes individuels ?
--> Que – par exemple – l’absence d’Hitler, de Staline et de Pol Pot au Paradis suffirait pour en faire un Enfer ?
Non, n’est-ce pas ? Pareille idée est un blasphème.
Par contre on trouve quand même l’idée que, si le Paradis est toujours assez grand pour accueillir tout le monde, l’Enfer est un lieu possédant une certaine surface, un certain volume et que, comme tel, il a une capacité limitée qu’il ne peut dépasser. L’enfer serait comme les wagons des trains de la déportation, prévus pour "40 hommes" - ou "8 chevaux (en long)" ?
Quel sens donner à cette asymétrie ? Y a-t-il une vérité théologique qui se glisserait dans ce paradoxe ?
Voilà ce que je suggère : alors que le Paradis a été conçu par le Seigneur comme devant recevoir toute l’humanité – étant entendu qu’Adam a été conçu sans tâche, et que d’autre part, l’Omniscient sait d’emblée combien d’hommes verront le jour au cours de l’histoire de l’humanité – l’Enfer a été bricolé après la Faute par l’Ange déchu, le quel n’étant pas omniscient l’a dimensionné selon la taille de l’humanité de l’époque et selon les statistiques de la damnation.
De toute façon, puisqu’il y a un système de vases communicants entre le Paradis et l’Enfer (plus d’âmes en Enfer = moins d’âmes au Paradis), je ne sais pas si on va manquer de place en Enfer, mais je suis sûr qu’on ne risque pas d’en manquer au Paradis.
Saturday, October 08, 2011
Citation du 9 octobre 2011
Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux.
Béatitudes – Matthieu ,3
Je vous le dis, il est plus aisé pour un chameau d'entrer par le trou d'une aiguille, que pour un riche d'entrer dans le royaume de Dieu.
Évangile selon Matthieu, XIX, 24
Et voilà venu le jour du Seigneur : La Citation du jour va ouvrir son École du Dimanche
Les Béatitudes enseignent-elles que la pauvreté est bonne à quelque chose ? Que les pauvres sont-ils utiles à eux-mêmes en étant pauvres ? Qu’il faudrait-il rester pauvre quand on pourrait cesser de l’être ?
On chasse ces questions d’un revers de main : il s’agit de la pauvreté en esprit – de l’âme qui vit avec les valeurs morales semblables à celles que procure la pauvreté, et non de sa réalité matérielle.
Mais alors, c’est quoi un pauvre ? Je pourrais être riche comme Bill Gates et avoir quand même une âme de pauvre ? Oh ! Certes, il faudrait bien du mérite pour y arriver, puis on ferait passer plus facilement un chameau par le chas d’une aiguille etc…
--> Oui, mais au fait pourquoi ?
En dehors du fait que la pauvreté éloigne les tentations et les corruptions dont la richesse nous accable, on peut dire l’âme y apprend l’humilité qui rend possible l’amour de Dieu, c’est-à-dire la foi. Mais elle y apprend aussi la charité, celle dont elle est l’objet et celle qu’on apporte aux autres. Elle y apprend aussi qu’avec la foi, c’est l’espérance dans le Salut, le seul qui vaille, et que le royaume des cieux lui appartient de plein droit.
Foi, espérance, charité : les vertus théologales sont toutes trois présentes dans l’âme « pauvre » - en tous cas dans celle du pauvre. Il y a ainsi, à n’en pas douter, une pédagogie de la sainteté dans la pauvreté matérielle.
J’ai toujours été frappé par le fait que les curés étaient réticents devant les progrès économiques qui, en reléguant la pauvreté dans les marges de la société, vidait peu à peu leurs Eglises en éliminant les fidèles sortis du besoin matériel.
Qu’ils se réjouissent : la Crise qui vient frapper notre monde va les faire ressortir de terre les pauvres – il n’est qu’à regarder ce qui se passe ne Grèce !
Et si la Crise était un miracle de Dieu ? Si elle était un moyen pour rouvrir largement les portes du Royaume de cieux ?
----------------------------------
N.B. Je corrige : la crise appauvrit les chrétiens occidentaux. Car pour ce qui est du reste de la planète la pauvreté y prospère (sic) toujours.
Thursday, September 29, 2011
Citation du 30 septembre 2011
W.C. Fields
Si ne pas être taxé est la preuve que l’on est revenu au paradis terrestre, alors n’allez pas à Jersey, là où j’ai capté cette image dans la vitrine d’un antiquaire…
Pourtant… Jersey : dites-moi, c’est bien un paradis fiscal ? Concluons donc que Jersey est devenu un paradis fiscal, mais qu’il ne l’a pas toujours été : car non seulement il y a eu des chiens, mais en plus, il y a eu des taxes sur les chiens ! Abominable ! (1)
C’est l’occasion de réfléchir à cette définition du paradis, dont on voit dans la citation de Fields qu’elle est strictement négative. Car être au paradis, ce n’est pas simplement ne pas être taxé, mais aussi n’avoir ni travail, ni avocat, ni médecin, ni enfant, ni chien.
Le paradis, c’est donc être comme nous serions si seulement nous restions seuls et tranquilles, libres d’être comme notre nature nous invite à être.
Quoique… J’ai dit « seul », ce qui est une erreur : Fields réunit quand même Adam et Eve. Un homme et une femme, une femme et un homme : voilà le paradis. La cellule humaine de base est dans le paradis. Seulement, il ne faudrait pas qu’ils fassent des enfants. Et puis qu’ensuite ils ne se mêlent pas non plus de se trouver des amis pour faire une société. Car avec la société tout le reste déferle, les avocats, les médecins, les percepteurs… et les chiens.
---------------------------------------
(1) Le Permis pour chien photographié ici date de 1945. On observera aussi que l’arrêté en question est rédigé en français, qui était la langue officielle de l’époque, et non en anglais comme il le serait aujourd’hui.
Monday, July 19, 2010
Citation du 20 juillet 2010
Sunday, June 27, 2010
Citation du 27 juin 2010
La société devient enfer dès qu'on veut en faire un paradis.
Gustave Thibon
Quand l'homme essaye d'imaginer le Paradis sur terre, ça fait tout de suite un Enfer très convenable.
Paul Claudel – Conversations dans le Loir-et-Cher
Ceux qui lisent de temps à autre ce Blog connaissent mon aversion pour les prêcheurs d’évidence, les admirateurs de connivence, les enfonceurs de portes ouvertes. Ils doivent donc être surpris de me voir citer – et à deux reprises encore – cette banalité selon la quelle dès que nous tentons de réaliser le paradis sur terre, c’est l’enfer que nous créons (le meilleur des mondes – l’avenir radieux, etc.).
Mais justement, même dans les évidences les plus évidentes, il y a encore des zones d’ombre à éclairer.
Car, n’y a-t-il pas un paradoxe à constater que nous autres, les humains, doués de désir et de conscience – et d’intelligence – nous ne parvenons qu’à produire du malheur là où on voudrait créer du bonheur ?
Laissons de côté la question du désir (qui ferait mon bonheur au prix du malheur des autres), et refoulons la quête de bonheur au profit de celle du Paradis : après tout, est-ce que je sais si le bonheur suffirait à définir le Paradis ? Certains n’hésiteront pas à le nier, tant la béatitude leur paraîtrait la seule idée vraiment opportune ici.
Alors il ne reste plus que l’hypothèse suivante : le Paradis n’est paradisiaque que s’il nous est donné, et il devient infernal s’il est notre œuvre.
Voyons ça – Donné par qui ? Sûrement pas par nos semblables, déjà parce qu’il n’y a rien à attendre de bon de leur part (L’enfer, c’est les autres), et ensuite parce que même si on s’y essayait, il faudrait une collection innombrable de Paradis tous différents pour satisfaire tout le monde. Jamais personne n’y parviendra.
Personne… si ce n’est Dieu lui-même, car Lui seul sait ce qu’il nous faut.
Conclusion : il n’y a qu’une chose à faire pour restaurer le Paradis sur terre : prier Dieu. Et aussi faire ce qu’il faut pour mériter que l’accès au Paradis terrestre soit rouvert.
Et ça, c’est pas gagné.
Thursday, March 27, 2008
Citation du 28 mars 2008
L'homme a la conscience d'être Dieu, et il a raison, puisque Dieu est en lui. Il a conscience d'être un cochon et il a également raison parce que le cochon est en lui. Mais il se trompe cruellement quand il prend le cochon pour un Dieu.
Léon Tolstoï - Journal intime
On dit que dans le cœur de tout homme, il y a un cochon qui sommeille.
Rectifions : en chaque homme, il y a un cochon qui sommeil dans le cœur d’un Dieu.
[Je transforme certes la formule de Tolstoï en introduisant le cœur là où Tolstoï parle de la conscience. Je prends cette liberté, parce que je parle ici du cœur au sens biblique : centre de la personnalité. Et certes la conscience n’est pas seulement conscience de soi, mais aussi conscience morale, intuition des valeurs et de ce qu’est le bien et le mal.]
Ce qui intéresse Tolstoï, c’est de maintenir la dualité, et surtout de nous prévenir contre une tentation de réduire cette dualité en prenant notre cochon pour le Dieu que nous devrions être (à noter que l’autre réduction consisterait à trucider le cochon, mais Tolstoï ne va pas jusque là : il reste réaliste).
- Ça veut dire au moins que nous savons parfaitement en quoi nous sommes cochon ; mais nous n’avons aucune idée de ce que nous serions si nous étions Dieu.
Demandez à qui vous voudrez ce que veut dire Tolstoï : chacun saura dire ce que c’est que ce cochon d’homme. Pour vérifier, demandez aussi si la femme est également concernée : vous aurez des réponses mitigées : peut-être aurez vous la jouissance de la cruauté, mais rien de plus. Donc, le cochon d’homme est bien masculin et il se remplit d’alcool, se nourrit de graisses, et il se vautre dans la fornication.
Demandez ce que c’est qu’être un Dieu : on vous répondra que c’est organiser un Paradis sur mesure pour y vivre indéfiniment. C’est donc courir le 100 mètres en 5secondes, faire son golf en 18 coups, écrire la 10ème symphonie de Beethoven…. Et puis s’envoyer des créatures de rêves chaque nuit (1).
Et revoilà le cochon qui se prend pour Dieu.
(1) Pour cette représentation du Paradis, je me suis inspiré de Julian Barnes Une histoire du monde en dix chapitres et demi.
Thursday, March 15, 2007
Citation du 16 mars 2007
- Le séjour de la félicité sera le partage des hommes vertueux.
- Il sera planté d'arbres et de vignes.
- Des filles célestes au sein arrondi et palpitant en feront l'ornement.
Mahomet - Le Coran, Sourate LXXVIII
« - Dis, c’est quoi le paradis ? - Le paradis, c’est là où il y a du vin et des femmes aux gros nichons. »
Si le Prophète l’a dit, c’est sûrement vrai. Reste qu’on peut regretter que cette représentation du Paradis soit un peu réductrice…
Loin de moi de récuser cette représentation qui fait du paradis un lieu où on trouve tout ce qui faisait le bonheur sur terre. Bon nombre de religions ont un tel paradis, et chez les chrétiens, les Gospels des noirs américains parlent du paradis comme d’un « vert jardin ».
Mais justement, la confusion repose sur le fait qu’on oublie qu’il y a deux paradis. D’abord, le paradis terrestre, le jardin d’Eden, où à coup sûr on rencontrait tout ce qui devrait faire le bonheur terrestre. Et, à côté du paradis-jardin, il y a le paradis céleste qui s’oppose au purgatoire et à l’enfer. C’est situé juste sous l’empyrée, et si vous lisez Dante, vous verrez qu’on est plus près de l’astrophysique que du catalogue Vilmorin.
Mais il est caractéristique qu’on n’ait pu se défaire de cette représentation profane du paradis, comme si la béatitude abstraite ne pouvait durablement motiver l’effort des hommes pour plus de vertu. « - Ecoute, Amin, tu mets cette ceinture d’explosif, et tu vas te faire péter au prochain check-point américain. - Et puis ? - Et puis après, tu te retrouves sous la voûte céleste à écouter des cantiques »… Ça ne marche pas.
Reste que l’éternité à jouir des plaisirs terrestres, c’est un peu lassant aussi. Voyez le roman de Julian Barnes (1) : il imagine que son personnage arrive au paradis, et là il jouit de tout ce qui fait le bonheur d’un homme : le sexe, les mets raffinés, et…le golf. Il se perfectionne au point qu’il parcourt les 18 trous en 18 coups. Et tout le reste pareil : plus rien de neuf n’est possible, il a tout essayé, tout fait, tout réussi. Il ne lui reste plus qu’à obtenir de s’anéantir, ce qu’il fait pour terminer.
(1) Une histoire du monde en 10 chapitres 1/2
Monday, July 17, 2006
Citation du 18 juillet 2006
Pour moi le plus grand supplice serait d'être seul au paradis.
Goethe
L’enfer, c’est les autres
Sartre
Un débat entre deux citations, ça vous dit ?
Ohoh… J’en vois qui ne sont pas d’accord ? Ils ont l’esprit très mal tourné : ils disent qu’il n’y a pas débat, que Goethe et Sartre sont d’accord, parce que, qu’on soit seul ou qu’on soit accompagné, de toute façon la vie est infernale et le paradis est une fiction cynique. En voilà des façons !
Quoique… Supposez que vous vous retrouvez au Paradis avec votre Percepteur, votre belle-sœur, le président d’un parti d’extrême droite, que sais-je encore ? Sartre dans Huis clos, radicalisait même : ses héros sont aux enfers, enfermés avec des gens qu’ils ne connaissent pas, qu’ils n’ont même aucune raison de haïr ; et ils se haïssent pourtant. Soyons donc seuls et nous serons au Paradis ?
Nous avons déjà envisagé la chose (voir commentaire du 2 juin). Au lieu de revenir là dessus supposons que Goethe nous dise : « Pour moi le plus grand supplice serait d'être (seul ou accompagné : peu importe) au paradis. ». Qu’est-ce que ça y change, qu’on soit avec les autres ? C’est le Paradis qui est insupportable ! du moins le Paradis perdu. Celui-là on n’a pas envie d’y retourner ! Kant n’arrête pas de vitupérer contre cette fiction d’un lieu où l’homme (et la femme) vivraient sans jamais travailler (donc à toujours contempler leur nombril (1)) ; où l’harmonie et la bonne entente leur éviterait les efforts pour se dépasser eux-mêmes en dépassant les autres, bref : de parfaits imbéciles comme le furent les « bergers d’Arcadie ». Quant à Valéry il imaginait Socrate au Paradis (celui de grecs : les Champs élyséens) ; il s’ennuie à mourir ; et il est immortel.
Bref : le Paradis : quel Enfer !
(1) A prendre au sens imagé.
Wednesday, May 24, 2006
Citation du 25 mai 2006
Lordi (Titre d'un album du Groupe hard rock - Grand prix de l’Eurovision 2006)
Un clin d’œil de l’actualité à tous ceux que le satanisme dérange ; a-t-il gagné de la respectabilité à être ainsi intronisé dans la sphère de la bien-pensante tiédeur de l’Eurovision ?
Peut-on arriver au Paradis en passant par l’Enfer ? Y a-t-il un bonheur pour les méchants ? Vaut-il mieux être bourreau que victime ?
On n’a pas attendu Lordi pour se poser ces questions, et le fait qu’elles fassent encore scandale montre que la solution n’est pas encore prête.
Hypothèses.
Première hypothèse, on n’est heureux que contre quelqu’un. Mon paradis n’est « my heaven » que parce qu’il est « your hell » ; le satanisme n’est désirable que parce qu’il choque le bourgeois.
Deuxième hypothèse, c’est la relativité des valeurs. Mon paradis est jouissance, et ma jouissance à moi est répugnante pour d’autres ; les groupes satanistes sont (souvent ?) crasseux (stade sadique-anal), alors que d’autres en sont au plaisir bien propre-sur-lui (sublimation). Chacun prend son plaisir où il le trouve, n’est-ce pas ?
Troisième hypothèse : et si comme le soutient Platon (entre autre) le bonheur (= paradis) était lié à la vertu ? Si c’était dans l’indéfini perfectionnement de soi qu’il se trouvait ? Si l’ascèse était le dernier mot de cette histoire, nous offrant ainsi l’image d’un paradis commençant sur terre et montrant à l’homme la voie de l’humain et non celle du bestial ?
Pour moi, si le paradis existe, je demande à savoir avec qui je vais m’y retrouver. Si c’est avec des bidasses avinés ou des Lordi, alors merci bien ! Mais si c’est avec Socrate et Thomas d’Aquin (excusez le raccourci), alors là pourquoi pas ?
- L’enfer, ou le Paradis ? Choisis ton camp, camarade !