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Wednesday, December 20, 2017

Citation du 21 décembre 2017

La convulsion de la chair, au delà du consentement, demande le silence, elle demande l'absence de l'esprit. Le mouvement charnel est singulièrement étranger à la vie humaine: il se déchaine en dehors d'elle, à la condition qu'elle se taise, à la condition qu'elle s'absente. Celui qui s'abandonne à ce mouvement n'est plus humain, c'est à la manière des bêtes, une aveugle violence qui se réduit au déchainement, qui jouit d'être aveugle, et d'avoir oublié.
Georges Bataille L'érotisme
Quand tu ne te sens plus chatte / Et que tu deviens chienne / Et qu'à l'appel du loup / Tu brises enfin tes chaînes
Johnny Hallyday – Que je t’aime (paroles de Lucien Thibault)

21 décembre : journée mondiale de l’orgasme




Pour un éloge de l’orgasme. –
L’orgasme conçu comme le triomphe de la bête : voilà qui devrait suffire à le rendre honteux. Oui même nous, qui après des siècles de religiosité puritaine avons secoué nos chaines, nous ne parvenons toujours pas à l’évoquer sereinement en public. Raison pour la quelle a été lancée cette journée mondiale de l’orgasme que nous relayons bien volontiers.

- Oui, mes ami.e.s, révoltons-nous : parlons de nos orgasmes, donnons-leur toute la publicité qu’un tel phénomène mérite.
Toutefois, si nous voulons être honnêtes, nous devrions avouer que nous n’avons pas grand-chose à en dire, sauf à reconstruire a posteriori une expérience qui s’est déroulée en dehors de notre conscience.
En effet la vérité nous oblige à dire que nous ne savons pas grand-chose de nos orgasmes, du moins quand ils ont été réussis. Car, comme le dit Georges Bataille dans notre citation-du-jour « le mouvement charnel est étranger à la vie humaine » ; et même qu’il ne se réalise qu’à la condition qu’elle s’absente d’elle même. On dira qu’on le savait bien et que c’est un râle de bête qui nous échappe lors de l’orgasme. Certes, mais ça ne suffira pas pour qui veut célébrer comme il se doit cette journée de l’orgasme.
- L’orgasme sachez-le mes ami.e.s est comme le sommeil : tant que vous courrez après, que vous faites effort pour l’attraper, il vous échappe. C’est seulement lorsque la volonté et la conscience « lâchent prise » qu’il arrive. Il y a des degrés  dans l’intensité des orgasmes qui sont directement liés à cet abandon de la conscience vigile : raison pour laquelle certains considèrent que la prise d’alcool est profitable dans cette situation. Je ne me prononcerai pas là dessus ; par contre tant qu’à faire de plonger dans l’animalité, « faire la bête à deux dos » comme disait Rabelais reste une bonne méthode (1)
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(1) Au XVIe siècle, Rabelais qui aime aussi l'idée de "frotter son lard", présente ainsi la lune de miel de Grantgouzier, père de Gargantua : "En son eage virile, espousa Gargamelle, fille du roy des Parpaillos, belle gouge et bonne troigne ; et faisoient eulx deux souvent ensemble la beste à deux douz, joieussement se frotans leur lard, tant qu'elle engroissa d'un beau filz et le porta jusques à l'unziesme moi". (Gargantua, chap. 3) Cité par Le blog du passé - voir ici

Monday, February 13, 2017

Citation du 14 février 2017

Car si l'on me perd / C'est seulement pour rester la tienne / Et au creux de ses bras / La mort nous bercera.
Cœur de Pirate – La Petite Mort (Paroles)
Saint-Valentin 2017 (suite et fin… ou commencement ?)
« 14 février » - Alors encore une saint Valentin ? avec ses fadaises inévitables et le ricanement mécanique de votre serviteur qui satisfait ainsi sa libido de misanthrope ?
Non ! Il faut que ça change !
Aujourd’hui, nous célébrerons plutôt  l’orgasme, que les ébats de nos amoureux fait exploser chaque jour que Cupidon fait –  et pas seulement à la saint Valentin.
L’orgasme présente ce double et étrange caractère d’être le paroxysme d’un être sur le point de laisser déborder sa vitalité et en même temps sur le point de s’anéantir.
Voyez cette femme :


La petite mort – Ecole française du 18ème siècle
Comme perdue dans le vide d’une conscience qui n’a pas encore réussi à se réapproprier son être, elle flotte dans une sorte d’expérience de mort imminente.
Comment cette contradiction de l’orgasme, excès et perte de la vie, peut-elle se résoudre ?
Le mot orgasme vient du grec orgaô («enfler», «mûrir») que Liddel-Scott définit ainsi : «Etre sur le point de porter [un fruit], être mûr pour quelque chose […] s’enfler de désir, être en chaleur, être sexuellement excité.» (1)
En clair, l’orgasme comporte deux caractéristiques : l’une d’être une plénitude, être « plein d’être » ; mais de l’autre l’orgasme est l’exigence impérieuse de décharger cet excès d’être, ce qui va entrainer la retombée à un niveau zéro. Car n’oublions pas ce que Platon dit de l’orgasme : « si (l’amant) s'approche du laid, triste et refroidi, il se resserre, se détourne, se contracte et n'engendre pas, mais porte avec douleur son germe fécond. De là, chez l'être fécondant et plein de vigueur pour produire, cette ardente poursuite de la beauté, qui doit le délivrer des douleurs de l'enfantement » (Banquet 206d-e) : l’épanchement est indispensable et l’amant qui ne peut évacuer sa semence se rétracte et souffre. La pléthore d’énergie délivrée par l’orgasme est donc jouissance en même temps que délivrance.
L’ascétisme recommande pourtant de retenir l’orgasme et le prêtre fait vœu de chasteté. Mais ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas d’éteindre cette énergie qui se développe.  Il s’agit de la réorienter, de la mettre au service de la spiritualité. Nous avons déjà évoqué l’orgasme mystique : nous vous y renvoyons – en particulier nos Valentines désireuses de subir ce genre d’assaut.
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(1) Voici un commentaire un peu plus développé de mon savant ami Daniel Roche : « Le verbe grec organ dérive du nom orgè qui signifie, selon mon Bailly, « agitation intérieure qui gonfle l’âme ». Le verbe signifie donc au sens propre « avoir le sang en mouvement » pour les plantes « être gonflé de sève », et au sens figuré « être possédé d’une passion violente ». Il existe aussi sur la même racine l’adjectif orgas qui signifie « plein de sève ».

Le rapprochement avec le sanskrit urja « nourriture, vigueur » est discuté. »

Wednesday, April 06, 2016

Citation du 7 avril 2016

Jouir sans interruption, c'est ne jouir de rien.
Baron d'Holbach (Paul-Henri Thiry, Baron d’-)

- Encore ! Paul-Henri, j’en veux encore !
- Suffit, Charlotte-Suzanne – ça suffit comme ça ! Trois fois depuis hier soir, vous devez savoir vous arrêter !
- Mais pourquoi, Paul-Henri ? J’en ai besoin, moi, je sens ça dans mon ventre qui frétille.
- Rappelez-vous de Geneviève-Suzanne votre sœur – ma défunte épouse. Savez-vous combien de fois elle a voulu que je l’honore dans une seule nuit ?
Sept fois ! Et savez-vous ce qui est arrivé ? Elle en est morte !
- Mais oui, Paul-Henri, je sais… On a même dit que le Seigneur l’avait châtié pour sa lubricité. Mais ce n’est pas ça du tout, vous savez. Nous autres, les filles de votre cousin, nous en avons plus besoin que d’autres femmes. Ce sont des choses qui arrivent savez-vous ?
-  Oui, je sais Charlotte, je sais… Comme je sais que l’embrasement trop fréquent du vase féminin entraine un flux de ventre qui, remontant jusqu’au cœur, finit par causer la mort !
- Et alors, Paul-Henri ? Quand bien même je risquerais d’y laisser la vie, que m’importe ? Vivre sans jouir ce n’est pas vivre.
- Ah !... Pauvre Charlotte ! Ne savez-vous pas que jouir sans interruption, c'est ne jouir de rien ?

Saturday, February 13, 2016

Citation du 14 février 2016

Ta taille ressemble au palmier, / Et tes seins à des grappes. / Je me dis : / Je monterai sur le palmier, / J'en saisirai les rameaux ! / Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, / Le parfum de ton souffle comme celui des pommes, / Et ta bouche comme un vin excellent,... / -Qui coule aisément pour mon bien-aimé, / Et glisse sur les lèvres de ceux qui s'endorment ! / Je suis à mon bien-aimé, / Et ses désirs se portent vers moi.
14 février : la Saint-Valentin ! soucieux de maintenir cette gentille tradition, La Citation-du-jour ajoute cette année encore son commentaire destiné aux amoureux.

On est souvent étonné, voire même choqué par l’érotisme latent qui baigne le Cantique des cantiques ; comme si le caractère charnel de ce poème ne cadrait pas avec l’élévation spirituelle qui convient à un texte biblique. Mais c’est une erreur.
Du coup :
- En ce jour de saint Valentin, nous devons nous rappeler que placer l’amour sous le signe d’un saint conduit à en faire une adoration. Valentin peut adorer Valentine, au même titre qu’il peut aussi adorer le Sacré Cœur.
- Toutefois, il est bon de rappeler que l’amour célébré à la saint Valentin est également charnel, et qu’il ne suffira pas non plus de roucouler de tendresse aux pieds de notre belle, sinon elle ira voir ailleurs s’il n’y aurait pas d’autres Valentins plus entreprenants.

Tentons la synthèse entre l’adoration et l’orgasme, et demandons aux mystiques quelle réponse ils apportent à cette question.
Pour le savoir lisons ce texte intitulé : L'orgasme mystique au féminin. « Dans ce mouvement d’une confiance absolue, dans une foi sans tache et sans doutes, le regard porté exclusivement et « obsessionnellement » vers Dieu et son Amour sublime, ce désir dénudé́, absent à soi-même, dans une posture de pur réceptacle, va se transformer en un jaillissement extatique, orgasmique, ouvrant à une possession de soi par l’Etre divin. » (Dominique Deraita – Seul ce qui brule : l'orgasme mystique au féminin). Lire ici.

Extase de sainte Thérèse par le Bernin
Hum… Tous ça est bien, mais enfin faut-il être deux pour jouir de cette extase ? Je veux dire : non pas deux avec Dieu ; mais deux avec l’autre ? Lisons la suite :
« Considérant la puissance orgasmique comme une énergie cosmique qui nous fait plus que chair, nous devons accepter de cultiver en nous cette énergie. Dès lors, la sexualité et l’orgasme paraissent comme une « pratique », un chemin, et non comme une rencontre casuelle ; l’orgasme comme un cadeau reçu et non comme la revendication d’un droit. Et peut être pourra-t-on parfois apporter à celles qui y seront sensibles, une touche de sacré, c'est-à-dire de transcendance, c'est-à-dire de l’au delà̀ de la rencontre des corps de chair, (…) l’orgasme comme le signe de l’alliance où dans la qualité́ de mon abandon de femme je permets qu’entrent en résonance les parcelles de lumières qui nous habitent, dans l’explosion incandescente qui nous donne la pleine sensation de vie. »
Attendez… Je lis bien là, que c’est aux femmes que s’adresse ce texte ? Que quand on dit : l’orgasme comme un cadeau reçu et non comme la revendication d’un droit, on signifie que les Valentines doivent s’offrir aux Valentins et tant pis pour elles s’ils passent sur elles à la vitesse du TGV ? Réciproquement, que le plus grand cadeau que les messieurs peuvent offrir à leurs petites femmes en ce 14 février est leur organe grâce auquel elles vont recevoir leur orgasme ?

Oui, pour la saint Valentin, offrez un orgasme – mais un orgasme mystique!

Tuesday, January 05, 2016

Citation du 6 janvier 2016

Nos plaisirs furent suivis d'affreuses lassitudes sombres (...) où (...) mon âme (...) sanglotait humiliée, meurtrie de toujours retomber au spasme bref de la chair. Elle aussi, après la volupté, n'avait plus que l'immense stupeur triste de la bête
Lemonnier, Homme amour, 1897)
Post coitum omne animal triste est, sive gallus et mulier (Après le coït, tous les animaux sont tristes, à l’exception du coq et de la femme)
Galien
La femme est-elle, comme le pense Galien, le seul animal avec le coq à ignorer la dépression post-orgasmique ? Notre auteur-du-jour tient cette opinion pour inexacte : si la femme a une âme, elle aussi doit subir, après la volupté l'immense stupeur triste de la bête.
Certains esprits mal tournés soutiendront comme Galien que la femme ignore cette dépression, tout bonnement parce qu’elle n’a pas d’âme – alléguant pour cela le débat du concile de Mâcon (en 585). Or, cette légende étant connue pour être totalement fausse (= voir ici), la propager ne fait que révéler une misogynie hors de propos..

- Reste qu’on voudrait bien savoir : qu’est-ce qui se passe après l’orgasme (« ce spasme bref de la chair » comme dit notre auteur-du-jour) ? Allons-y de notre enquête : qu’est-ce qui se passe en vous, dans votre corps, dans votre tête ? Le sujet est un peu épineux et je me vois mal interrogeant mes amis : « Et toi, dis-moi : après avoir tiré ton coup, qu’est-ce que tu fais ? Tu ris ? Tu pleures ? Tu fumes une cigarette en méditant sur la condition humaine ? Ou bien tu t’endors ? » Vous pouvez aussi leur demander de filmer leurs ébats avec leur smartphone et de vous envoyer la vidéo pour étude comparative. Après tout, les sextapes, ça se fait beaucoup.
Hum… Pas sûr qu’avec ça vous gardiez beaucoup d’amis…
Recherchons donc des données objectives s’il y en a. Lisons l’article Wiki : « /Après l’orgasme/, un partenaire seul ou le couple entier peut ressentir la plénitude. Ce sentiment est dû à la sécrétion d'endorphines dans le cerveau lors de l’orgasme… /A l’opposé/ il serait normal de ressentir de la tristesse après un rapport sexuel, la pensée reprenant son cours normal, le néo-cortex ses fonctions, le flot d'hormones sa place. »

Les réactions les plus extrêmes se côtoient, nous voilà bien avancés…

Thursday, February 26, 2015

Citation du 27 février 2015

Après la jouissance vient la tristesse (Post coitum omne animal tristis est)
Spinoza – Traité de la réforme de l’entendement (§4)
L'apologie de l'orgasme masculin se confond avec celle du phallus : petit organe deviendra grand et fort, mais à grand triomphe, brève victoire et tristesse post-coïtale.
Henri Barte - Pourquoi les hommes et les femmes ne s'entendent plus


Botticelli – Vénus et Mars (1483) Londres, National Gallery
Je l’avoue : si je reviens sur cette citation de Spinoza, c’est pour vous inviter à lire ce commentaire du tableau de Botticelli, tant son érudition et l’étendue des interprétations possibles qu’il dévoile est impressionnant.
Voici donc ce que nous montre ce tableau : Vénus contemple son amant, le Dieu Mars, qui est profondément endormi. Mais au travers des innombrables symboles qui entourent cette composition, on devine que ce couple a fait l’amour, que Mars en est encore groggy et incapable de remonter à l’assaut (1), alors que Vénus en reprendrait bien encore un peu.
Car, n’est-ce pas à cela qu’elle pense en contemplant son divin amant épuisé alors qu’elle ressent dans sa chair l’aiguillon du désir ? C’est du moins ce que suggère Botticelli en nous montrant Vénus, stimulant du doigt la zone féminine sensible – alors que dans le même temps, l’index de la main droite de Mars figure un petit appendice ramolli.
Peut-être se dit-elle que la soit-disante supériorité de l’homme (le sexe « fort ») sur la femme (le sexe « faible ») ne tient pas compte de cette réalité : la jouissance est sans limite pour la femme, alors que pour l’homme elle est bien mesurée et limitée à un seul effet. (2)
Une des interprétations proposée sur le site référencé consiste à dire que ce tableau se moque des hommes rendus invalides pour l’acte vénérien, et cela quelle qu’en soit la cause. Qu’un Dieu, symbole de virilité comme l’est le Dieu de la guerre, soit réduit de ce côté-là à n’avoir qu’un petit limaçon baveux : c’est franchement ridicule. 
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(1) Il est dans ce qu’on appelle la « période réfractaire ».

(2) Certains ont mesuré le délai entre deux érections : ça va de cinq minutes (chez le jeune homme) à plusieurs jours (chez le vieillard).