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Monday, January 18, 2010

Citation du 19 janvier 2010

Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?

Lamartine (déjà cité ici)

Tout ce dont il se souvenait avec certitude, c'était qu'il avait passé à son volant de très longs moments, hébété de bonheur, dans le même état que lorsque Leigh lui avait soufflé «Je t'aime ».

Stephen King – Christine

Stephen King, mieux que personne a répondu à Lamartine : oui, les objets inanimés nous forcent d’aimer – voire même de les aimer comme Arnie aime sa voiture (nommée Christine) (au point de se désintéresser de Leigh, sa petite amie.) (1)

Les objets sont sexués – dans nos fantasmes du moins. L’intérêt est de savoir s’ils peuvent être bi-sexués, comme justement la voiture objet phallique ou matrice féminine selon qu’on la considère du dehors ou du dedans.

Voici la contribution de La citation du jour à l’enquête cette fois à propos des avions.


- Qu’est-ce qu’il est beau !

- Ça oui ! Et je n’en avais jamais vu de si près.

- Qu’est-il est pointu ce nez …

- Ça ? T’appelles ça un nez ?

- Ben oui : comment tu veux l’appeler ?

- Bon. Après tout pourquoi pas.

- C’est bien un Mirage ?

- Oui : c’est très exactement un Mirage F1.

- Je me demande si ça existe…

- Quoi donc ?

- Les Mirages femelles…


(1) Voir ici

Tuesday, February 20, 2007

Citation du 21 février 2007


Suivre son désir pour ne pas le rencontrer -

Une citation - Deux pochoirs - Deux interprétations - Deux significations.

Je laisse de côté les observations pourtant pertinentes concernant les techniques utilisées, et le rôle si essentiel du support. Nous sommes dans le domaine de l’esthétique et je laisse à d’autres plus compétents que moi le soin d’en parler.

Je passerai rapidement sur le message. Si on admet que la formule a un sens freudo-lacanien (le désir de l’objet-a (1)), on dira que vivre le désir comme tel c’est faire l’expérience d’un inextinguible besoin de l’autre qui est lié au nécessaire oubli de ce qu’il est réellement. Si je le rencontre dans la réalité, alors le désillusion est totale : parce que je te désire, alors je ne te veux pas.

En revanche je me concentrerai sur l’illustration mise en œuvre.

Observez les Miss de l’illustration : l’une nous interpelle, c’est une injonction qu’elle nous adresse (du genre : « Il faut suivre son désir etc… »). L’autre a un regard intense qui ne regarde personne ; c’est un bloc de volonté et c’est à elle-même qu’elle s’adresse.

Ces deux illustrations sont bien dans la lignée des pochoirs de Miss.Tic, qui déclare quelque part (où ?) que ces dessins ont pour rôle d’enraciner dans la vie quotidienne, dans le vécu, ses formules qui pourraient paraître sans cela des aphorismes sentencieux. Avec eux, c’est toi, c’est moi, c'est nous qui sommes confrontés à un art de vivre (encore une formule qu’il faudrait discuter). Mais il y a une différence notoire :

La première Miss est en marche : elle me fait signe, mais bof… que je lui réponde ou non n’a pas d’importance. Elle part d’un pied léger.

La deuxième Miss émet un message dont l’importance est signifiée par l’expression tendue de son visage. Elle ne s’adresse à personne, mais son idée est suffisamment essentielle pour être son véritable objet. S’agit-il d’une expérience vécue ? On devine que son âme est tourmentée, peut-être même déchirée par la contradiction (« Suivre son désir et pourtant ne pas le rencontrer »). Ou alors, son désir, elle vient de le rencontrer et elle se promet que plus jamais ça n’arrivera.

Alors, la première ou la deuxième ? … Y a pas photo : je vote pour la première.

(1) En psychanalyse, l’objet-a désigne l'objet correspondant au désir, ne pouvant être désigné par aucun objet réel . Lire la suite

Monday, December 04, 2006

Citation du 5 décembre 2006

L'inutile morceau de chair au bout du pénis s'appelle un homme.
Jo Brand
Qui c’est ça Jo Brand ? Le frère de Mike (1)?
Vous n’y êtes pas du tout : Jo Brand est une actrice anglaise. C’est une femme qui affirme ça ; qui vouliez-vous que ce soit ?
Il ne s’agit pas pour moi d’une provc gratuite ; du genre : « Voyez, messieurs, ce que ça fait d’être traité par une femme comme vous-mêmes vous les traitez. ». Il s’agit de généraliser - aux hommes - la situation, ici plaisante ( ?), qui consiste à être défini comme un corps-objet. Ouf !
Petit cours de philo gratuit :
- l’objet, c’est ce qui n’existe qu’en face d’un sujet, c’est cette passivité matérielle que ma liberté (être libre = être un sujet) délimite dans la réalité environnante.
- le corps est alors un objet lorsqu’il est défini comme un instrument par rapport à des besoins : l’objet force de travail pour le patron ; l’objet pénis pour la femme concupiscente.
Quelle réaction avons-nous lorsque notre corps est considéré comme un objet - de jouissance dans le cas présent ? La réponse est bien connue : c’est la pudeur.
La pudeur ne prend son sens qu’en présence de l’autre ; car c’est sous le regard d’autrui que mon corps devient un objet ; et c’est précisément le refus d’être un corps-objet qui caractérise la pudeur. On a assimilé la pudeur à la honte, en particulier dans des analyses (sommaires) de la Bible : Adam et Eve révèlent la perte de leur innocence en ayant pour la première fois honte de leur nudité en présence du Père Eternel. En réalité, la honte n’est que la découverte de soi comme objet, ainsi que l’a expliqué Sartre dans sa célèbre analyse de l’Etre et le néant.
Mais je crois que la Bible nous révèle quelque chose d’un peu plus profond : si Adam et Eve cachent leur nudité, c’est parce que, du fait de la faute, ils ne sont plus en communion avec le Seigneur ; son regard est celui d’un autre et non celui qui pourrait être leur propre regard. Ils ne se cachaient pas avant non par le fait d’une inconscience enfantine, mais par le fait d’une situation « fusionnelle » : Dieu était pour eux un autre moi. C’est la perte de cette fusion qui caractérise la chute.
Au fait, je ne rappelle plus très bien : est-ce que Eve a parlé d’Adam comme d’un inutile morceau de chair ?
(1) Alors, selon vous, le chanteur c’est Mike Brant et non Brand ? Lisez donc Wikipédia :
« Moshé Michaël Brand, plus connu sous le nom de Mike Brant, était un chanteur crooner israélien, né le 1er février 1947 à Nicosie, décédé le 25 avril 1975 à Paris. »