« Le peuple, il n'a pas d'idéal, il n'a que des besoins » : on peut supposer que Céline disait cela dans un ricanement de mépris ou dans un soupir de tristesse, qu’importe. C’était un amer constat.
Friday, September 23, 2016
Citation du 24 septembre 2016
« Le peuple, il n'a pas d'idéal, il n'a que des besoins » : on peut supposer que Céline disait cela dans un ricanement de mépris ou dans un soupir de tristesse, qu’importe. C’était un amer constat.
Monday, May 09, 2016
Citation du 10 mai 2016
Monday, January 11, 2016
Citation du 12 janvier 2016
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(1) On suppose que ça marche aussi en ses inverse: quelqu'un "venu d'ailleurs" mais faisant partie du réseau local ne sera pas considéré comme étranger. Ca s'appelle l'intégration.
Tuesday, April 03, 2012
Citation du 4 avril 2012
Le passé répond de l'avenir.
(Devise de la ville de Briançon)
Le travail d’un commentateur de citation commence avec la validation de la source : la ville de Briançon a-t-elle sur ses armes cette devise ?
Renseignements pris, ce n’est pas le cas et il apparait qu’il s’agit-là d’une devise figurant sur l’une des portes de la ville en allusion à une victoire remportée lors du siège de la ville en 1815 (1). Façon de dire que la résistance opiniâtre à l’assaillant est une qualité qui se conserve à travers les âges.
Bien – Reste que si l’on généralise comme semble nous y inviter la devise, on doit aussi considérer que les échecs passés « répondent de l’avenir ». Que nous ayons vaincus les allemands en 1914 n’empêche qu’ils nous ont ratatinés en 1940.
--> Passons sur le fait que « répondre de… » s’entend de façon positive, au sens de « se porter garant de quelqu’un ou de quelque chose » ; on hésite quand même : de 1914 ou de 1940, laquelle de ces dates retenir pour évaluer notre avenir ?
Ce qui est sûr, c’est qu’une Nation se construit effectivement à partir d’un passé, mais que celui-ci est soigneusement choisi pour fédérer le peuple autour d’idéaux jugés glorieux. Et c’est vrai qu’on ne va pas chercher dans les défaites napoléoniennes de 1815 de quoi célébrer l’esprit de résistance du peuple français.
Alors, quel évènement, quelle date allons-nous repêcher dans notre passé illustre pour soulever l’enthousiasme des français et les porter avec allégresse vers l’avenir ?
Aujourd’hui, certains voudraient retenir la date du 14 juillet 1789.
Mais certains autres pensent plutôt au 25 octobre 732 – date de la victoire décisive de Charles Martel sur les musulmans…(2)
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(1) Et encore faut-il aller chercher l’info dans la version anglaise de Wikipédia : « In 1815 Briançon successfully withstood a siege of three months at the hands of the Allies, a feat which is commemorated by an inscription on one of its gates, Le passé répond de l'avenir.»
Les rédacteurs français de Wikipédia l’ont bizarrement oubliée…
(2) Des ignorants voudraient en faire un succès contre les arabes. En fait on les nommait plus exactement des Maures, car ils étaient majoritairement Berbères.
Toutefois, ils étaient bien musulmans, et je suppose qu’aujourd’hui nos compatriotes se contenteront de cette précision.
Friday, September 23, 2011
Citation du 24 septembre 2011
La droite veut que les personnes qui acquièrent la nationalité française fassent «allégeance aux armes ».
François Cornut-Gentille, secrétaire national à la réforme des armées (déclaration du 20 septembre date anniversaire de la bataille de Valmy)
Ce qui constitue une nation, ce n'est pas de parler la même langue, ou d'appartenir à un groupe ethnographique commun, c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir.
Ernest Renan - Qu'est-ce qu'une nation ? (cité le 14 juillet 2007)
L’allégeance aux armes : encore un chiffon rouge agité sous les naseaux fumant des anarchistes et des individualistes épris d’indépendance ? « Boule puante » larguée dans le contexte d’une campagne électorale subrepticement commencée ? Manipulation destinée à faire du buzz ?
Oui, sans doute. Mais que voulez-vous ? Un Blog reste marqué par la subjectivité de son auteur et là, j’avoue que je marche : je vois rouge.
Car si les mots ont un sens, ça veut dire non pas simplement que ce serait l’occasion d’affirmer son appartenance à la Nation (Luc Chatel), mais bien que c’est la défense armée de la Nation qui incarne la nationalité.
--> Dans la formule « allégeance aux armes », le terme « allégeance » est presque trop technique pour être commenté : c’est « un acte de soumission et d'obéissance qu'un sujet prête à son souverain » (TLF). Par contre la question intéressante est : « Qui est le souverain ? » Car on devrait répondre : l’armée. C’est en effet à elle qu’on prêterait serment, et c’est donc à elle que reviendrait le droit de définir les valeurs de la Nation.
C’est là que je vois rouge – car on comprend en effet ce qui se dit ici : c’est que, comme dans les années 30, il va falloir pour célébrer la Nation enfiler l’uniforme et défiler, le menton levé et le bras tendu.
Je préfère encore Renan.
Tuesday, September 14, 2010
Citation du 15 septembre 2010
Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette. / Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête, / Il faut que l'on en vienne aux coups ; / Il faut plaider, il faut combattre. / Laissez-leur prendre un pied chez vous, / Ils en auront bientôt pris quatre.
La Fontaine – La lice et sa compagne (Fable – II, 7)
Chalenge du jour : plaider pour les expulsions d’étrangers en général et des Roms en particulier.
France terre d’asile ? Demandez donc aux sans-papiers ! Et aux Roms pendant que vous y êtes…
Et que dire qui puisse justifier de telles expulsions ?
Nous plaiderons que ce qui est en jeu, ce n’est pas tellement la peur de l’autre, ni la recherche obsessionnelle de la sécurité, mais bien le sentiment que le territoire national est une propriété trop sainte pour être laissée à qui voudra s’y installer. Il s’agit comme on l’a dit (1) d’un type de propriété très particulier, qui ne peut s’acquérir si ce n’est pas un droit de naissance (droit du sol dans un sens strict, étendu sur de nombreuses générations – remontant si possible jusqu’à Saint-Louis).
Combien de fois n’a-t-on entendu cette phrase : On n’est plus chez nous ! Phrase où il faut surtout entendre le « chez nous ». Que des étrangers viennent s’installer en France, et c’est une partie du territoire national qui s’en va…
L’absence de « légitimité » de leur présence a pour corollaire la légitimité de leur expulsion.
Bien sûr, s’agissant des Roms, cette légitimité est renforcée par le fait qu’ils sont définis comme « gens du voyage », donc comme n’ayant pas de territoire. Leur roulotte (ou caravane) est leur seule demeure, ce qu’elle a sous ses roues ne leur appartient pas. Les Roms sont des quasi-apatrides (2)
Toutefois, on ne va pas expulser tout le monde… Comment choisir ?
Laissez-leur prendre un pied chez vous, / Ils en auront bientôt pris quatre : telle est la mise en garde de La Fontaine : ils y a les méchants étrangers, et il y a les autres. Tel est le critère.
Méfiez-vous des étrangers qui viennent chez vous avec l’intention de vous en expulser : vous leur offrez l’hospitalité et vous risquez de ne plus récupérer votre maison si vous leur en laissez le pouvoir. D’ailleurs c’est vrai non seulement de la présence physique des étrangers sur telle ou telle partie du territoire, mais aussi de leur mainmise sur tel ou tel domaine économique. Il faut donc les expulser avant.
Alors, c’est là que j’abandonne ma plaidoirie : car pour expulser les étrangers, la France choisit de le faire à l’encontre de ceux qui sont les plus faibles. Mais non pas comme le suggère La Fontaine parce qu’à attendre on risque de se faire expulser soi-même ; mais bien parce que c’est plus facile.
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(1) Sartre – Réflexions sur la question juive.
(2) Je mets « quasi » apatride pour ménager les susceptibilités. Mais quand on entend un ministre roumain dire qu’il faut désigner les Roms par le terme de Tsigane, parce que « Roms » devrait être réservé aux autres roumains, on se dit que cette précaution est superflue.
Thursday, June 17, 2010
Citation du 18 juin 2010
Jacques Brel
Alors, ça y est ? Les Belges, ils vont divorcer ?
Moi, ça ne me regarde pas : après tout ils font ce qu’ils veulent, même s’ils se disputent et font du bruit dans le voisinage après 10 heures du soir.
Mais quand même : ils devraient penser à leurs enfants. A qui vont-ils les confier ? Au père flamingant ? A la mère wallonne (1) ?
Pour le garçon, je ne me fais pas trop de souci : il est célèbre, tout le monde va vouloir l’adopter.
Alors, amis belges, si ce Post vous tombe sous les yeux, rassurez moi ; promettez-moi de conserver un minimum de communauté nationale pour que ces beaux enfants ne se retrouvent pas à l’orphelinat.
Tuesday, December 15, 2009
Citation du 16 décembre 2009
Frontières. En géographie politique, ligne imaginaire entre deux nations, séparant les droits imaginaires de l'une des droits imaginaires de l'autre.
Ambrose Bierce – Le dictionnaire du Diable
S’il est une notion dont le destin est actuellement très surprenant, c’est bien celle de frontière.
A l’époque de la mondialisation, où précisément ni les informations, ni les produits industriels, ni la pollution engendrée ne connaissent de frontière, on voit néanmoins les États renforcer les leurs en construisant des murs, reconduire à leur frontière les sans-papiers, mettre à contribution tous les dispositifs sophistiqués de surveillance pour contrôler les entrée sur leur territoire. Car s’il n’y a plus de frontières il y a encore des territoires. Comprenne qui pourra.
Qu’est-ce donc aujourd’hui qu’une frontière ? Une ligne imaginaire entre deux nations ? Ce qui établit une démarcation entre des droits imaginaires ?
Qui donc admettra pareille définition, même en pensant qu’imaginaire signifie ici arbitraire ou conventionnel ? Non, nous on en veut plus. On veut que, comme du temps des Grecs, la frontière marque la limite entre la civilisation et la barbarie, entre les autochtones et ceux qui (en raison de la couleur de leur peau ou de leur accent) ne paraissent pas être comme nous. La frontière, c’est aussi ce qui démarque entre amis et ennemis – mieux : c’est par la frontière que nous sommes amis entre nous, parce que c’est grâce à elle que nous savons où sont nos ennemis.
On l’a déjà compris : la frontière et l’identité nationale, ça ne fait qu’un. Pour que la première existe, il faut que la seconde soit identifiée. Le tracé de la frontière suit les méandres de la civilisation « nationale ». Voyez les Suisses : ils viennent de découvrir que les minarets ne pouvaient pousser sur leur territoire.
- Dehors les minarets !
Oui, mais si on leur dit : les minarets ne sont qu’un symbole, ce que vous visez, c’est l’Islam.
- Dehors l’Islam !
Et si on dit : oui, mais l’Islam est-il quelque chose s’il n’y a pas de pratiquants ?
- Dehors les musulmans !
Sans identité nationale, on n’a rien à garder : pas besoin de garde frontière.