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Monday, January 01, 2018

Citation du 2 janvier 2018

La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu'elle fleurit, N'a souci d'elle même, ne désire être vue.
Silesius – Cherubinischer Wandersmann (Le pèlerin chérubinique)

La rose est sans pourquoi, mais: elle fleurit parce qu’elle fleurit. Elle n’est donc pas sans parce que. Comment comprendre cette affirmation ?
o-o-o
Claude Stéphane Perrin, dans son blog, propose différentes analyses de ces vers célèbres de Silesius :
            - D’abord, que nous n’avons nulle raison à rechercher lorsque nous admirons la rose : ni fonction, ni rapport harmonieux avec quelque principe esthétique, ni quelque équation expliquant la dispositions de ses pétales, ni plan de la Nature. Citant Heidegger (1), il écrit : « La rose est une rose sans qu’un reddere rationem, un apport de la raison, soit nécessaire à son être de rose ». Bref, rien à dire et surtout rien à penser.
            - Mais il objecte à cette analyse heideggérienne le mysticisme de Silesius. Dans cette perspective, la fusion des êtres avec Dieu assure l’unité du réel au quel nous participons nous-mêmes de façon pré-philosophique. Nul « pourquoi » de la rose, mais néanmoins un « parce que ». Aucune explication ne doit être tentée mais le constat que la nature forme un tout parfaitement harmonieux au quel nous participons, à condition justement d’oublier ces interrogations rationnelles

Au fond, cette intuition subsiste dans l’injonction actuelle de « lâcher prise » qu’on tente souvent de traduire de façons plus où moins approximative. Le lâcher prise implique ici la mise à l’écart de la raison conçue comme un obstacle à ce contact fusionnel – que ce soit avec un amant, avec soi-même ou, comme ici avec la nature.
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(1) Heidegger – Le principe de raison

Saturday, February 13, 2016

Citation du 14 février 2016

Ta taille ressemble au palmier, / Et tes seins à des grappes. / Je me dis : / Je monterai sur le palmier, / J'en saisirai les rameaux ! / Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, / Le parfum de ton souffle comme celui des pommes, / Et ta bouche comme un vin excellent,... / -Qui coule aisément pour mon bien-aimé, / Et glisse sur les lèvres de ceux qui s'endorment ! / Je suis à mon bien-aimé, / Et ses désirs se portent vers moi.
14 février : la Saint-Valentin ! soucieux de maintenir cette gentille tradition, La Citation-du-jour ajoute cette année encore son commentaire destiné aux amoureux.

On est souvent étonné, voire même choqué par l’érotisme latent qui baigne le Cantique des cantiques ; comme si le caractère charnel de ce poème ne cadrait pas avec l’élévation spirituelle qui convient à un texte biblique. Mais c’est une erreur.
Du coup :
- En ce jour de saint Valentin, nous devons nous rappeler que placer l’amour sous le signe d’un saint conduit à en faire une adoration. Valentin peut adorer Valentine, au même titre qu’il peut aussi adorer le Sacré Cœur.
- Toutefois, il est bon de rappeler que l’amour célébré à la saint Valentin est également charnel, et qu’il ne suffira pas non plus de roucouler de tendresse aux pieds de notre belle, sinon elle ira voir ailleurs s’il n’y aurait pas d’autres Valentins plus entreprenants.

Tentons la synthèse entre l’adoration et l’orgasme, et demandons aux mystiques quelle réponse ils apportent à cette question.
Pour le savoir lisons ce texte intitulé : L'orgasme mystique au féminin. « Dans ce mouvement d’une confiance absolue, dans une foi sans tache et sans doutes, le regard porté exclusivement et « obsessionnellement » vers Dieu et son Amour sublime, ce désir dénudé́, absent à soi-même, dans une posture de pur réceptacle, va se transformer en un jaillissement extatique, orgasmique, ouvrant à une possession de soi par l’Etre divin. » (Dominique Deraita – Seul ce qui brule : l'orgasme mystique au féminin). Lire ici.

Extase de sainte Thérèse par le Bernin
Hum… Tous ça est bien, mais enfin faut-il être deux pour jouir de cette extase ? Je veux dire : non pas deux avec Dieu ; mais deux avec l’autre ? Lisons la suite :
« Considérant la puissance orgasmique comme une énergie cosmique qui nous fait plus que chair, nous devons accepter de cultiver en nous cette énergie. Dès lors, la sexualité et l’orgasme paraissent comme une « pratique », un chemin, et non comme une rencontre casuelle ; l’orgasme comme un cadeau reçu et non comme la revendication d’un droit. Et peut être pourra-t-on parfois apporter à celles qui y seront sensibles, une touche de sacré, c'est-à-dire de transcendance, c'est-à-dire de l’au delà̀ de la rencontre des corps de chair, (…) l’orgasme comme le signe de l’alliance où dans la qualité́ de mon abandon de femme je permets qu’entrent en résonance les parcelles de lumières qui nous habitent, dans l’explosion incandescente qui nous donne la pleine sensation de vie. »
Attendez… Je lis bien là, que c’est aux femmes que s’adresse ce texte ? Que quand on dit : l’orgasme comme un cadeau reçu et non comme la revendication d’un droit, on signifie que les Valentines doivent s’offrir aux Valentins et tant pis pour elles s’ils passent sur elles à la vitesse du TGV ? Réciproquement, que le plus grand cadeau que les messieurs peuvent offrir à leurs petites femmes en ce 14 février est leur organe grâce auquel elles vont recevoir leur orgasme ?

Oui, pour la saint Valentin, offrez un orgasme – mais un orgasme mystique!

Tuesday, February 11, 2014

Citation du 12 février 2014



L’âme-sœur finit malheureusement assez souvent par coucher avec le corps-frère.
Gilbert Cesbron
Spécial saint Valentin
Encore deux jours de patience, les amoureux ! Deux jours et vous pourrez vous faire plein de surprises savoureuses…
Pour vous faire patienter, La Citation-du-jour vous propose aujourd’hui une méditation sur l’Orgasme mystique.
Mais pour cela, il faudra purifier votre âme en faisant retraite, un peu comme les petits enfants avant leur communion solennelle. Néanmoins, comme la solitude conduit parfois les amoureux à céder à des échauffements pervers, retrouvez- vous avec une âme-sœur qui saura vous écouter et vous répondre.
o-o-o
Qu’est-ce donc qu’une « âme-sœur » ? En général c’est une âme du sexe opposé (même si l’on trouve bizarre que l’âme ait un sexe alors que les anges n’en ont pas… passons). Pour l’homme c’est une amie qui serait tellement proche, tellement intime qu’il aurait avec elle une communication instantanée, une amitié fusionnelle – un peu comme l’amour.
Bon, mais dites-moi : pourquoi ne pourrait-on pas faire l’amour avec l’âme-sœur ?
            - En raison du risque d’inceste, l’âme-sœur couchant comme le dit Cesbron avec le corps-frère ? Oui, un petit peu… Mais un petit peu seulement.
            - Ou plutôt parce que deux âmes ne peuvent faire l’amour ensemble : forcément l’une va devenir un corps pour l’autre.
Attention, les Valentin(e)s – voilà le principe important : quand on fait l’amour, il arrive forcément que celui qui est uni avec nous devienne pour nous un instrument de jouissance : c’est le moment où l’on utilise son corps pour l’explosion orgasmique.
Que cette explosion soit fusionnelle, pourquoi pas ? Mais c’est alors la fusion de deux corps et non pas de deux âmes.
Pour que cette fusion orgasmique soit possible avec deux âmes, il faut que Dieu s’en mêle. On aura compris que je fais allusion à la Transverbération de sainte Thérèse d’Avila, qui eut le flanc percé par la lance de l’Ange, tandis que les rayons d’un soleil divin la baignaient – ce qui produisit en elle, si l’on en croit la statue du Bernin, un véritable orgasme mystique.


Gian Lorenzo Bernini, L'Extase de Sainte Thérèse
--> Voici donc que vous bouillonnez d’impatience et de curiosité : cet extraordinaire orgasme mystique, comment puis-je l’éprouver ?
Consultez donc cette page, elle vous dira mieux que moi ce qu’il faut savoir.

Thursday, May 08, 2008

Citation du 9 mai 2008

Dans le Un on trouve Dieu, et il faut que devienne Un celui qui doit trouver Dieu.

Maître Eckhart – De l'homme noble

Le salut passe par une expérience ontologique, qui peut être mystique, – si devenir Un signifie faire l’unité avec Dieu ; mais qui pourrait bien n’être que psychologique, s’il s’agit de faire un avec soi-même.

Moi qui ne suis pas mystique, je trouve que cette phrase trace quand même une jolie route vers un certain salut. Faire Un avec soi-même, même si ce n’est pas faire Un en même temps avec Dieu : ce n’est déjà pas si mal.

Mais comme faire l’unité ? Faut-il éliminer tout ce qui n’est pas désirable dans notre personne ? Faut-il hiérarchiser ? Faut-il amalgamer, ou intégrer ? Où trouver la bonne réponse ?

Voyez Freud : Lacan résume ainsi sa fameuse formule « Wo es war, soll ich verden » en disant : cette fin est de réintégration et d’accord, je dirai de réconciliation (versönnung) (1).

Oui, la psychanalyse – et pourquoi pas la psychologie en général, vous propose de vous réconcilier avec vous-même, d’accepter ce que vous êtes ou lieu de le combattre ou d’un tirer un sentiment de culpabilité. Bref : de ne plus faire qu’Un avec vous-mêmes.

Faire Un avec soi-même : mais si nous sommes pluriels, le quel devons-nous choisir ? Maître Eckhart répond : celui qui va vous hisser au plus haut niveau.

Et pour nous hisser au plus haut, ce n’est par épuration, élimination, tamisage de l’être qu’il faut procéder. C’est par harmonisation.

Le message de Freud s’éclaire de cette ouverture sur le mystique rhénan, non pas seulement par l’idée que l’unité est la seule dimension où nous puissions exister, et que le conflit avec nous-mêmes ruine notre existence. Il s’éclaire surtout par cette idée que c’est sur le divin que nous devons nous aligner, non pas pour être Dieu, mais pour trouver en lui le principe de l’unité qui surmonte les divisions (qu’on songe à la mystérieuse Trinité).

(1) Voici le texte : « La fin que propose à l'homme la découverte de Freud, a été définie par lui à l'apogée de sa pensée en des termes émouvants : Wo es war, soll ich werden. Là où fut ça, il me faut advenir.
Cette fin est de réintégration et d'accord, je dirai de réconciliation (Versönnung). » J. Lacan - Ecrits. (p. 523-524)

Saturday, April 15, 2006

Citation du 15 avril 2006

« Je crois en Dieu....... un plus un égale un. Y'a Jean-Claude, y'a Dieu, dans le même corps. Si on peut s'unifier, on devient ce qu'on appelle les miracles, et chaque personne a le seigneur en soi. We're all one. Je crois VRAIMENT en Seigneur. »

Jean-Claude Van Damme


Je l’ai fait ! Pour vous servir, pour satisfaire vos besoins, j’ai exploité tous les trésors du Web. J’ai été jusqu’à hanter les sites de citations de Jean-Claude van Damme. Tant pis pour les conséquences sur mon brain. En cette veille de Pâques, il faut que vous soyez aware again.

Mais je me rends compte que celui qui est le plus en danger, c’est Jean-Claude. Permettez que je m’adresse d’abord à lui.

Jean-Claude, mon petit, tu m’inquiètes. Tu pense que Dieu est uni à toi, non pas comme les deux doigt de la même main, mais comme le whisky et le soda dans ton verre. Tu crois que tu ES un miracle. Alors regarde-toi dans la glace (oui, même de face…) : tu crois vraiment que le Seigneur te ressemble ? Que dis-je ? Qu’il A un corps qui EST ton corps ? Comment ? Tu dis que je ne t’ai pas compris, que vous êtes tous les deux dans ton corps, qu’il n’est que l’enveloppe (comme « le biscuit est l’enveloppe du lait de la farine et de l’œuf » - tu vois je t’ai lu avec attention). Mais que dis-tu, Jean-Claude ? Tu es face à Dieu ? Tu peux jouer au poker avec lui ? Tu es en Dieu ? Mais alors comment est-il aussi en toi ? Il n’y a qu’une façon d’en sortir, et tu le sais : c’est de dire : « Dieu, c’est moi ». Sais-tu qu’on en a brûlé pour moins que ça ? Les philosophes partis en fumée il y en a eu, et pas des moindres. Parce que, vois-tu, si tu as le seigneur en toi, le Pape, à quoi il sert ? Et si le Pape ne sert à rien, l’Eglise, le curé, et tout ça ne servent à rien non plus. Et là, ça craint. Grave même.

Alors le Pape, il va te dire ceci : « Mon fils, sais-tu pourquoi le Christ est mort sur la croix ? Pour racheter tes péchés et non pour que tu puisses en commettre d’autres bien plus impies encore. Tu identifies Dieu à cette image obscène de l’homme que tu es : ton péché c’est l’orgueil, tu es à toi seul la somme de tous les péchés de l’humanité. C’est donc toi qu’il faut aujourd’hui crucifier. »

Et vous, mes frères, retenez la leçon. Moi qui ai affronté les périls que représente la pensée de Jean-Claude Van Damme, je vous le dis : en vérité cet homme est un hérétique. Si vous l’avez une fois seulement rencontrée (= le pensée) il faut vous purifier. D’urgence. Vous me réciterez demain le tome 1 les œuvres complètes du Cardinal Ratzinger (1). Les autres pour bientôt.

(1) Alias Benoît XVI