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Sunday, July 23, 2017

Citation du 24 juillet 2017

Les moralistes sont toujours bouffons, et souvent comiques quand on regarde ce qu’ils sont eux-mêmes.
Paul Léautaud – Journal littéraire
Chacun, dans le temps qu’il avait été dans la galerie, avait rempli ses poches, et pouvait à peine marcher (...). La galerie obscure fut appelée le corridor de la Tentation.
Voltaire – Zadig chapitre 14

Quand on repense à l’épisode à  rebondissement des pseudo-attachés parlementaires révélés par les affaires Fillon et Bayrou – sans oublier les tripatouillages financiers de monsieur Ferrand  – se prend à penser que la lecture du Journal de Léautaud aurait été utile (1).
Tous ces hommes ont eu l’audace de se draper dans le drapeau de la vertu dont ils se sont fait le parangon. « Regardez-moi, imitiez moi – si vous le pouvez. En tout cas, vous le devez ! »
--> Et c’est là que tout bascule. Car si les défaillances morales sont courantes dans l’espèce humaine, s’il s’agit même d’y voir un trait distinctif de l’espèce, alors quoi de plus banal de constater que, lorsqu’on peut s’enrichir sans le mériter et sans risquer d’être pris, alors tout être humain y succombera un jour ou l’autre. Le corridor de la tentation imaginé par Voltaire dans Zadig (cf. Citation-de-ce-jour) en est une preuve plus que suffisante (2). Mais voilà que ces gens ont eu l’outrecuidance de nous interpeler et de nous interdire de faire ce qu’eux même ne s’interdisaient pas. Et c’est là que le bât blesse. Car ce n’est pas tant la malhonnêteté qui nous choque que l’abus d’autorité. Je veux dire que quiconque peut exercer l’autorité morale, mais à une seule condition : qu’il soit lui-même légitime, c’est à dire irréprochable dans le domaine qui est le sien. Le professeur qui note l’élève alors qu’il en sait moins que lui, ou le médecin qui prescrit un régime amincissant alors qu’il est obèse, ou qui écrit un livre pour apprendre à guérir le cancer en buvant des tisanes et qui en meurt 6 mois plus tard sont des exemples bien connus.
Si vous voulez être respecté, commencez par être respectable disait Somerset Maugham
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(1) Au moment où j’écris ces lignes, j’apprends que Jean-Luc Mélenchon est l’objet d’une enquête préliminaire pour le même fait.
(2) On se rappelle sans doute que dans ce corridor obscur était entreposé le trésor du roi dans le quel chacun des prétendant au rôle de Grand argentier fit ample provision replissant ses poches qui devinrent très lourdes quand il fallut, au sortir du corridor, danser avec grâce et légèreté devant le roi.
- On sait que l’affaire Cahusac révéla que cette fiction n’en était pas une.

Wednesday, November 06, 2013

Citation du 7 novembre 2013


« L'insurrection, pensaient ces sages législateurs, n'est point un état moral ; elle doit être pourtant l'état permanent d'une république » (Voir un extrait du texte en annexe – Lire l’ensemble ici)
Sade – Français, encore un effort si vous voulez être républicains (Adresse aux Français –  La philosophie dans le boudoir, 5ème dialogue) 1795 (En ligne ici)

Eloge de l’immoralité.-
La thèse de Sade devance celle qui sera à l’œuvre dans la Fable des abeilles (1722) de Mandeville – et qui avait tant scandalisé à son époque : la prospérité et la sécurité d’un Etat suppose l’immoralité des citoyens.  (Voir ici)
Son argument (voir Annexe) est limpide : un gouvernement propice à la liberté est « un gouvernement dont le seul devoir consiste à conserver, par tel moyen que ce puisse être, la forme essentielle à son maintien » Point de lois, sinon pour assurer son maintien. Maintenant, observons la réalité politique : un tel gouvernement est environné d’autres gouvernements acharnés à sa perte et de peuples prêts envahir le pays. Si l’on gouverne par des moyens moraux, alors la douceur des mœurs et la vie paisible qui est assurée au peuple en fait une proie sans défense. Il est donc nécessaire que  la dissolution morale, excitant la violence de chacun et cultivant donc un ferment d’insurrection les mette en état de défendre leur territoire et donc leur Gouvernement.
On dira peut-être que l’insurrection populaire se tourne généralement contre les gouvernants et les renverse, semant le désordre là où régnait l’ordre. On dira aussi avec Platon (1) que la débauche désagrège le tissu social et éparpille les hommes, les conduisant à se combattre les uns les autres. Sade réfute ces idées : les pays libres ont suffisamment d’ennemis pour être en permanence mobilisés contre eux, faisant de leur violence et de leur immoralité non un ferment de dissolution, mais une force cimentant leur horde en armée dont la fougue l’emportera sur la voracité de leurs voisins. Au lieu de pleurer sur les ruines de leurs chaumières, ils se battront pour défendre leurs bordels.
Refusera-t-on de stimuler la débauche populaire ? Alors, ayons au moins un chef dont la qualité sera justement l’immoralité. –
… Qui donc a dit :
« Selon un proverbe arabe, une armée de lions commandée par un mouton sera toujours vaincue par une armée de moutons dirigé par un lion. » ?
Réponse ici.
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Annexe (Ensemble du texte)
« Les législateurs de la Grèce avaient parfaitement senti l'importante nécessité de gangrener les membres [de la Cité] pour que, leur dissolution morale influant sur celle utile à la machine, il en résultât l'insurrection toujours indispensable dans un gouvernement qui, parfaitement heureux comme le gouvernement républicain, doit nécessairement exciter la haine et la jalousie de tout ce qui l'entoure. L'insurrection, pensaient ces sages législateurs, n'est point un état moral ; elle doit être pourtant l'état permanent d'une république. » Sade – op cité, 5ème Dialogue
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(1) Voir la description des effets de la débauche dans la République, livreIX

Friday, June 24, 2011

Citation du 25 juin 2011

Les bons serviteurs font les bons maitres.

Cours de morale – 14ème leçon

Suite à notre effort pour aider les maitres d'école à préparer leurs leçons de morale pour la rentrée prochaine, voici une leçon qui date de l’école Jules Ferry, et qui cadre bien avec la République de Notre-Président.

La leçon du jour comme on le voit porte sur la hiérarchie : les maîtres valent ce que valent leurs serviteurs.

Si les bons serviteurs font les bons maîtres, on devine que les mauvais serviteurs font les mauvais maîtres. Autrement dit le maître n’est en soi ni bon ni mauvais : il sera ce que son employé sera. Messieurs les valets, tirez les premiers, et sachez que vous êtes responsable de ce qui vous arrive.

… Au fait, j’y pense : toutes ces femmes de chambre qui se font violenter sexuellement par les ministres de passage – elles n’y seraient pas pour quelque chose, par hasard ?

Thursday, June 23, 2011

Citation du 24 juin 2011

Tout ce qu’on partage fleurit.

Tout ce qu’on garde pour soi moisit.

Dimanche 22 septembre 1891, leçon de morale.

J’ai ouï dire que les leçons de morales étaient prévues pour la rentrée prochaine à l’école élémentaire, et qu’elles prendraient la forme de sentences commentées en classe.

La citation du jour ne pouvait se tenir à l’écart de cet évènement, d’autant que les IUFM étant désormais fermés, c’est à l’initiative et à la bonne volonté des particuliers que la formation des maitres est désormais suspendue.

Voici donc un exemple de ce qu’on pourrait proposer à nos bambins : la citoyenneté – seul objectif repérable pour cette nouvelle morale – suppose la mise en commun, le partage de nos ressources, surtout en ces jours de crise et de disette.

- Si tu gardes ton 4 heures dans ton cartable, il va moisir. Si tu le parages avec tes copains, il va fleurir.

- Mon 4 heures va fleuri ? Il est ouf, le maitre !

- Mais non, Kévin. Tu dois comprendre qu’on veut dire simplement qu’il sera meilleur si tu le partages que si tu le mange tout seul.

- Ma tartine de Nutella, si je la partage, elle sera moins bonne parce qu’elle sera plus vite mangée. Tout ce qui est bon c’est ce qui dure.

- Mais non, ce n’est pas ce qui dure qui est bon. Ce qui est bon, c’est de savourer à plusieurs ce qu’on possède.

- Ah ! Je comprends… Oui, quand on fait tourner un joint, c’est vrai que ça fait plus d’effet.

--> Là, il faut dire STOP ! La dépénalisation ce n’est pas encore au programme des CM2.

Friday, August 07, 2009

Citation du 8 août 2009

Le père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.

Jean de La Fontaine – Le laboureur et ses enfants (1)


Le travail est un trésor. Le travail des autres, cela va de soi.

Henri Jeanson

Au cas où vous auriez oublié d’emporter un cahier de vacances pour préparer votre rentrée en CM1, La Citation du jour vous propose de réviser à l’ombre du parasol.

Aujourd’hui, cours de morale – le thème : le travail est un trésor.

1ère question : expliquez pourquoi le vieux laboureur est obligé de raconter des bobards à ses enfants au lieu de leur dire la vérité. Qu’en concluez-vous concernant l’attrait du travail ?

2ème question : à qui le champ labouré a-t-il rapporté de l’argent ? Si le travail est un trésor faut-il travailler soi-même pour en bénéficier ?

3ème question : sujet de rédaction.

Racontez comment votre papa gagne un trésor en allant chaque jour à l’usine de 8h à 18h.


(1) La rumeur prétend que cette année à la rentrée, dans toutes les classes de France, au lieu de lire la lettre de Guy Môquet, on lirait le Laboureur et ses enfants.

C’est la raison pour la quelle je reprends cette fable, dont, c’est vrai, j’ai déjà expliqué un passage dans une vie antérieure.

Tuesday, June 12, 2007

Citation du 13 juin 2007

Nous pouvons donc dire que la morale est un système de règles d’action qui prédéterminent la conduite. Elles disent comment il faut agir dans des cas donnés ; et bien agir, c’est bien obéir.

Durkheim - L’éducation morale (2ème leçon)

La Chambre Bleue n’est pas encore tout à fait en place : vous avez donc jusqu’à dimanche pour perfectionner votre éducation morale. La citation du jour a déjà fait ce qu’elle pouvait pour vous mettre à niveau (rappel ici). Aujourd’hui, retour sur un concept fondamental : la discipline. Mais pour que votre information soit aussi complète que possible, c’est au Grand Durkheim que nous demanderons cette leçon de morale.

Au Panthéon de l’Identité Française, à la lettre D, à côté de Descartes inscrivez donc le nom de Durkheim : ce fondateur de l’école française de sociologie est l’autorité à la quelle la France doit son renom dans cette science. Mais Durkheim ne s’est pas contenté de cela ; il a défini certaines règles de l’école républicaine. Il vous apprendra la discipline, comment l’enseigner, pourquoi l’apprendre.

Je ne reviendrai pas sur les raisons sociologiques qui justifient la discipline : on se reportera à l’analyse de l’anomie (22 juillet 2006). En revanche, ce qui importe ce sont les raisons morales avancées par Durkheim pour affirmer : Bien agir, c’est bien obéir.

La morale commence avec la vie en groupe (Durkheim - Sociologie et philosophie p. 75) ; autant dire que la morale tire son autorité de la suprématie de la société sur l’individu. Et il ne s’agit pas d’un rapport de force : il y a non seulement une conscience collective (coercitive), mais une spiritualité collective (1). La société est fondatrice de valeurs et comme telle elle assume une fonction de religion laïque, si tant est que cette expression ait un sens.

C’est la raison pour la quelle selon lui la discipline doit être enseignée par l’école républicaine, et non par la famille. Les cours de morale sont indispensables, parce que ce n’est pas nous - individus - qui faisons la morale, et elle ne dépend pas non plus des aléas historiques. Bon.

Mais alors, que faire de l’autonomie de la volonté sans la quelle aucune action vraiment morale ne serait possible ? Comment obéir et en même temps agir moralement ? L’esclave qui agit moralement simplement parce qu’il en a reçu l’ordre n’est pas un agent moral : son action est dénuée de sens moral.

La réponse de Durkheim est simple : c’est la compréhension de la nécessité des règles de moralité qui nous permet de vouloir faire ce que nous devons faire. C’est donc la science - la sociologie en l’occurrence - qui nous permet d’obéir et de bien agir (= d’avoir une volonté morale).

Compris ?

(1) Sur cette spiritualité, on se reportera à la préface de Bruno Karsenti à Sociologie et philosophie (Quadrige-Puf)

Friday, May 11, 2007

Citation du 12 mai 2007

L'autorité est la légitimité qu'a un homme à agir sur un autre homme, sans que ce dernier réagisse sur lui, bien qu'il en ait la possibilité.

Alexandre Kojève - La notion d'autorité

La citation du jour vous offre une mise à niveau morale gratuite, en particulier si vous avez été pollué par des parents soixante-huitards (la peste les étouffe).

Morale - 3ème leçon - L’autorité.

Dans le concept d’autorité il y a trois choses :

- d’une part un pouvoir, qui peut être physique mais qui est plus souvent moral ;

- il y a d’autre part, du côté de celui qui obéit, l’acceptation, la reconnaissance même de ce pouvoir, ce qui signifie le renoncement au rapport de force ou à l’affrontement.

- En conséquence, cette reconnaissance peut être exigée comme un droit par celui qui détient légitimement cette autorité.

De plus : non seulement celui qui détient l’autorité est réputé puissant, mais sa puissance est doublée d’une totale liberté : si vous avez l’autorité sur quelqu’un (par exemple : sur vos enfants mineurs), alors vous êtes totalement libre de faire ce que bon vous semble (dans leur intérêt, ça va de soi). Personne ne peut vous dicter votre conduite. C’est donc ça aussi l’autorité : pouvoir légitime de commander les autres et pouvoir d’agir indépendamment des autres. L’autorité est compatible avec un pouvoir absolu.

Certes, l’autorité est bien une contrainte ; mais elle est une contrainte morale en ce sens qu’elle n’a pas besoin d’un contact physique ; autant dire qu’elle est particulièrement économique. Celui qui se soumet à elle le fait sans contestation ni lutte ; on dirait même qu’il cherche à plaire à celui qui le domine.

Dernière question : pourquoi faudrait-il reconnaître quelqu’un comme une autorité ? Sur quelle valeur se fonde-t-elle ? Quelle est l’origine de ce rayonnement qui montre la force sans exercer ?

Il en va de l’autorité comme du respect des valeurs : le fondement le plus simple est à chercher dans le fait religieux. Le précepte « Toute autorité vient de Dieu » vient de Saint-Paul (1) ; il est encore présent chez Kant et chez Rousseau - qui le critique il est vrai - Pour se faire obéir, il suffit de se présenter comme le représentant de la volonté divine…

…ou du suffrage universel.

(1) Saint Paul « celui qui résiste à l’autorité publique se rebelle contre l’ordre établi par Dieu » (Romains 13, 2). A noter que pour le bon Frère Roger (communauté de Taizé - lire ceci), c’est un frein aux abus… Ouf !

Wednesday, May 09, 2007

Citation du 10 mai 2007

Je vais donc réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect,

Nicolas Sarkozy - Discours de la victoire électorale du 6 mai 2007

Au risque de vous saper encore un peu plus le moral, je reviens sur la déclaration de notre futur Président : après avoir esquissé une théologie du travail (8 mai), voici le respect moral (1).

On aimerait en savoir un peu plus, parce que le respect, c’est tout sauf clair : des fois, il s’agit d’un sentiment de vénération, des fois d’une attitude de réserve, parfois même d’une crainte éprouvée devant un danger (tenir quelqu’un en respect).

Le respect, qu’est-ce que c’est ? Demandons au philosophe.

La philosophie du respect vous en une trouvez chez Kant (2)

Morale - 2ème leçon : « [Le respect, c’est] la représentation d’une valeur qui porte préjudice à mon amour propre. ». Autrement dit, dans l’idée de respect il y a bien l’idée d’une distance, mais celle-ci s’impose par une certaine forme de transcendance de la valeur, ou si vous préférez d’abaissement, voire même d’humiliation de mon orgueil devant ce qui incarne cette valeur. Le respect est particulièrement important parce que c’est un sentiment moral : c’est l’expérience que nous faisons de ce qui a une valeur morale - et seulement morale. C’est ainsi que Fontenelle disait : «Devant un grand seigneur, je m'incline, mais mon esprit ne s'incline pas », signifiant par là que le prestige social n’avait rien qui puisse inspirer le respect.

- Tout ça, c’est bien gentil, mais ça avance à quoi ? Quand notre Président (Dieu l’ait en Sa Sainte garde) affirme qu’il nous respecte : à quoi il s’oblige ? On s’interdit d’insulter un adversaire politique, mais est-ce qu’on peut tolérer qu’on licencie une femme enceinte, ou qu’on laisse mourir de désespoir des gens à qui on a refusé l’asile politique ? Est-ce compatible avec le respect moral ?

- Kant : « Le devoir de respecter mon prochain est compris dans la maxime de ne ravaler aucun homme au rang de pur moyen au service de mes fins » (idem).

Ça c’est clair au moins : je n’ai pas le droit, moralement bien sûr, de traiter un être humain comme un outil ou un instrument, qu’on ne conserve que pour autant qu’il nous est utile. Donc, les conditions économiques sont inscrites au cœur de la morale pour autant que ce sont elles qui doivent être régulées pour satisfaire au devoir de respect.

- Ouais, mais quand il nous traite de racaille, y nous respecte l’aut’ bouffon ?

(1) Voyez mon Post du 4 juin 2006 pour illustration de la désastreuse méconnaissance du respect chez les jeunes.

(2) Par exemple, Doctrine de la vertu §25.

Monday, May 07, 2007

Citation du 8 mai 2007

Si quelqu' un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus

Saint-Paul - Seconde épitre aux Thessaloniciens - 3, 10

Si j’ai bien compris ce que j’ai entendu il y a deux jours de la part du 6ème président de la 5ème république, l’ordre morale est de retour. Il va falloir s’y mettre : toutes les valeurs que « mai-68 » (que le démon le consume) avait déglingué devront être réapprises.

Morale - 1ère leçon : le travail est bon, c’est une valeur qui permet à l’homme de … de quoi au fait ?

C’est Max Weber que nous devons lire ici (1). Il nous rappelle que ce sont les puritains - et en particuliers ceux d’Amérique - qui ont sanctifié le travail. Notre Très-Haut et Très-Eclairé Président semble donc avoir pris des leçons du côté des Néo-conservateurs américains qui eux-mêmes diffusent le message des premiers colons puritains d’outre-atlantique.

Selon eux, Dieu nous a mis sur terre avec une mission : celle de réaliser notre être de la façon la plus valable possible (voir la parabole des talents (2)). La vie contemplative est du temps perdu ; c’est l’activité seule qui nous permet de faire notre salut (3). La mission que Dieu nous a confiée, vaut pour chacun ainsi que cette citation de St. Paul nous le rappelle. Pour les puritains, la répugnance au travail est l’indice d’une absence de grâce.

Le travail est un commandement que Dieu nous fait, et la richesse ne nous libère pas de cette nécessité. S’il advient que l’on s’enrichisse par le travail, c’est que Dieu l’a voulu ; acceptez-le sans orgueil et sans faillir : « Travaillez donc à être riches pour Dieu, non pour la chair et le péché. » (M. Weber - idem)

Lorsque donc on nous dit : « si vous voulez gagner plus, travaillez plus », comprenez que la formule est biaisée pour de motifs politiques ( ?) : en réalité le message est : si vous voulez mériter le Paradis, travaillez plus.

Let it be.

(1) Max Weber - Ethique protestante et esprit du capitalisme. En ligne ici

(2) Voir citation du 23 janvier 2006

(3) Voir Genèse : «Il dit à l'homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs.
C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. » - Genèse 3, 17-19