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Friday, August 12, 2016

Citation du 13 aout 2016

Ton christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes vacances sont turques, tes chiffres sont arabes et... tu reproches à ton voisin d'être étranger !
Julos Beaucarne
- Le Christ, Juif ? Pas possible : il était blond aux yeux bleus ! 
- La pizza italienne ? La mienne est faite avec tout ce que la France produit de meilleur dessus, comme du Comté ou du Jambon de Paris.
- Ma Toyota est japonaise ? Pensez vous !  C’est une Yaris fabriquée à Valenciennes !
- Mes vacances sont turques (heu… plus maintenant) grecques ?  Oui, mais la Grèce, berceau de la Civilisation etc…
- Les chiffres sont arabes ? Même pas vrai !!!


A quoi bon ces dénégations ? Le métissage, qui donc pourrait prétendre le condamner ? Qui donc saurait se passer de tout ce qui n’a pas été créé à l’intérieur des frontières de sa nation ? Il faut avoir été un nazi délirant (ou un stalinien obtus) pour exiger que la science s’aligne sur l’idéologie – en interdisant qu’on enseigne la théorie de la relativité parce qu’Einstein était juif, ou en imposant les théories de Lyssenko contre la génétique « bourgeoise ». Du fait des échecs de ces théories « pures », on a donc été obligé d’admettre que le métissage transforme ces « produits » étrangers (ou plutôt apatrides – au sens positif du terme) et que ce qui compte ce n’est pas seulement leur origine mais ce qu’on a su en faire ensuite. Car ça compte aussi : les chinois ont inventé la poudre ? Mais qu’en ont-ils fait ? Des feux d’artifice !  Applaudissons la civilisation occidentale qui a perfectionné leur invention en inventant le canon.


Revenons à notre Citation-du-Jour : on comprend que l’on reproche à notre voisin d’être étranger : c’est sans doute parce qu’il n’est pas assimilé, qu’il est peut-être même inassimilable – du moins on va faire tout ce qu’on peut pour cela. D’une certaine façon l’étranger est lui aussi « pur » ; mais sa pureté est mauvaise. Et quand bien même il serait assimilé, quelque chose de son origine exotique subsisterait encore ; au mieux ce sera recouvert de suffisamment d’éléments empruntés à la Civilisation (= la nôtre) pour devenir supportable.

Thursday, July 07, 2011

Citation du 8 juillet 2011

Je suis Oiseau : voyez mes ailes ; […] Je suis Souris : vivent les Rats ;

[…]

Le sage dit, selon les gens,

«Vive le Roi ! vive la Ligue ! »

La Fontaine – La Chauve-souris et les deux Belettes (Livre II - Fable 5)

Commentaire II

J’ai un peu modifié le découpage de ma citation d’hier, mais c’est bien toujours la même fable, et c’est bien notre chauve-souris qui, hier faisait la figue aux dangers, et qui aujourd’hui nous dit comment elle échappe à ses prédateurs : pour les mangeurs de souris elle est oiseau ; pour les mangeurs d’oiseaux, elle est souris.

Il y a quelques jours je célébrais les « opportunistes » rebaptisés « pragmatiques » avec la chanson de Jacques Dutronc. C’est donc la même idée, mais abordée sous l’angle de la zoologie, elle nous invite à reconsidérer la question de métissage.

Car nous pourrions aussi dire que la chauve-souris est un exemple de métissage, qui, comme c’est souvent le cas chez les humains donne naissance à des nouvelles variétés plus robustes, plus belles que les races dont elles sont issues.

Mais non. Pas du tout. Il s’agit certes de métissage, mais d’un métissage dont on nie l’existence – un métissage qui est uniquement l’occasion d’avoir le choix de son camp. Suivant cet exemple, l’eurasien dirait : « Je suis chinois, voyez mes yeux» ; « Je suis européen, voyez ma peau. ». (1)

Et ça marche aussi en politique ? Sans problème : « Je suis de droite, voyez ma politique nationaliste » ; « Je suis centriste, voyez ma politique de justice sociale » (2)

Mais ça ne fonctionne pas toujours… Par exemple, les Roms ont bien essayé de dire : « Je suis européens, voyez mes papier roumains ». – Ça n’a pas marché

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(1) Et je ne parle pas de la double nationalité - mais je pourrais...

(2) J’édulcore pour ne pas trop choquer. Certains croient qu’on peut aussi facilement dire : « Je suis UMP » ou bien « Je suis PS » - ou encore « UMPS », comme dit Marine.

Monday, March 07, 2011

Citation du 8 mars 2011

La civilisation fourmi est inscrite dans les réflexes de l'insecte... La civilisation de l'homme est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes; elle exprime les chromosomes humains, elle ne s'y imprime pas.

Jean Rostand – Pensées d'un biologiste (voir texte en Annexe)

Nous autres civilisations nous savons maintenant que nous sommes mortelles

Paul Valéry - Variétés (cité ici)

Notre-Président, remettant son costume de Chanoine de Latran est reparti en croisade pour défendre la Civilisation chrétienne menacée par... la montée de l’islamisme radical (notez qu’il n’a pas dit « les musulmans », ce qui le distingue forcément de notre extrême droite…).

L’idée est que, comme le note Paul Valéry, les civilisations ne sont pas immortelles et qu’il faut les soigner et s’en préoccuper pour éviter qu’elles ne disparaissent. Et Jean Rostand d’insister également là-dessus, à une époque maintenant révolue ( ?), où certains croyaient encore que les coutumes et les religions étaient affaire de races et non d’éducation.

Maintenant, la question ne se pose plus comme ça. Il ne s’agit plus de savoir si notre civilisation chrétienne (1) est mortelle, mais plutôt : qu’est-ce qui la ferait périr ?

On sait que pour Valéry, la guerre est la menace principale qui risque de la faire : il faut dire qu’il écrivait cela en 1919 (2). Mais aujourd’hui, pour Notre-Président, le coupable, c’est sans doute le métissage des coutumes et des religions.

Contre ce métissage horrible ferraillent ceux qui voient dans l’influence sauvage de nos banlieues la menace mortelle qui affecte aussi la diffusion de notre belle langue française – d’ailleurs je suppose que, dans le prochain remaniement ministériel, Alain Finkielkraut remplacera Frédéric Mitterrand au ministère de la culture.

Restent les biologistes (dont faisait partie Rostand) : pour eux le métissage est le moyen inventé par la nature (reproduction sexuée) pour renforcer le potentiel de résistance de la vie. Certains humains ont par exemple des gènes qui les mettent à l’abri de la contamination par le sida. Il est probable qu’en cas d’épidémie généralisée, ne survivraient que ceux qui aurait été métissés avec eux.

Retrouvons Paul Valéry pour finir : on a dit que pour lui la Grande guerre a été rendue possible par le niveau de civilisation atteint par l’occident – on se dit alors qu’un petit métissage, ça ne pourrait pas faire de mal.

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(1) Vous avez remarqué ? On dit « civilisation chrétienne » et non plus « judéo-chrétienne ». Tiens, tiens…

(2) On n’oubliera pas de rappeler que Valéry voit dans la civilisation elle-même ce qui a déchainé l’enfer d’acier et de feu qui a dévoré tous ces millions d’hommes de 1914 à 1918.

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Annexe

Le biologique ignore le culturel. De tout ce que l'homme a appris, éprouvé, ressenti au long des siècles, rien ne s'est déposé dans son organisme... Chaque génération doit refaire tout l'apprentissage... Là gît la grande différence des civilisations humaines avec les civilisations animales. De jeunes fourmis isolées de la fourmilière refont d'emblée une fourmilière parfaite. Mais de jeunes humains séparés de l'humanité ne pourraient reprendre qu'à la base l'édification de la cité humaine. La civilisation fourmi est inscrite dans les réflexes de l'insecte... La civilisation de l'homme est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes; elle exprime les chromosomes humains, elle ne s'y imprime pas.

Thursday, March 26, 2009

Citation du 27 mars 2009

Défense de mélanger les choses : tu ne laboureras pas avec un bœuf et un âne.

Paul Claudel – Journal

Les théories racistes font aussi une critique du mélange – des races en l’occurrence.

Et voilà que pourtant, le métissage donne des êtres bien souvent plus beaux et plus forts que ceux qui sont restés dans les races « pures ».

Ces observations montrent que le mélange dont parle Claudel porte non pas sur des hommes, mais sur des choses, et même plus exactement sur des fonctions : le bœuf et l’âne n’ont pas la même fonction et voilà pourquoi il ne faut pas les atteler ensemble.

L’homme quant à lui ne relève pas de cela, parce qu’il ne se réduit pas à une fonction. C’est même un critère pour juger de l’ordre voulu dans tel pays ou telle culture que d’y observer comment les hommes sont mêlés ou au contraire séparés. L’apartheid ne voit pas des hommes, il voit des races. C’est vrai, mais surtout il les réduit à leur fonction, maître ou esclave, pauvre ou riche.

Ainsi naissent les castes qui nous montrent comment s’articule la pureté et la fonction. Au sein des castes, chacun se définit ainsi par les tâches qui lui sont imposées ou interdites. C’est le rôle social qui confère la pureté et l’impureté, pas l’inverse. Qu’on se rappelle le temps où existaient les bourreaux : ils était mis à l’écart du village, le pain qui leur était destiné était retourné pour ne pas se confondre avec celui que chacun pouvait manger. Torturer et tuer faisait d’eux des intouchables.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Tuesday, November 04, 2008

Citation du 5 novembre 2008


Pureté-Impureté 1

Tout est pur pour ceux qui sont purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui refusent de croire, rien n’est pur […] Ils sont abominables, rebelles, inaptes à toute œuvre bonne.

Saint Paul Epître à Tite, I-15-16

Il est des mots dont la définition contredit le sens. Ainsi le mot pur qui devrait être défini d’une ligne (par exemple : sans mélange) remplit plusieurs pages de dictionnaires avec des cascades de sens dérivés. On se prend à songer que cette définition est bien impure…

Pur, pureté, … Que d’abominations n’a-t-on pas commises au nom de cette perfection ? La plus récente, la purification ethnique n’étant que le dernier – mais non l’ultime hélas - avatar de cette histoire. Car l’impureté est à la fois la condition humaine et ce qui rejette l’homme dans l’inhumanité.

Tout dépend donc du contexte. Dans la Bible, les choses sont simples... ou presque ! L’impureté n’est autre que la souillure, et la souillure vient par contamination, du contact de l’être impur (la femme en couches par exemple), ou de l’ingestion de nourriture impure. Il n’est que de lire le Lévitique pour être édifié à ce sujet.

On comprend qu’il n’est pas besoin d’aller plus loin pour voir comment l’impureté a servi de caution aux pires atrocités.

Par contre il est plus délicat de saisir ce qu’est la pureté. On critique la Marseillaise pour avoir appelé à répandre le sang impur. Mais c’est quoi la pureté du sang ? C’est la pureté de la race ? Et c’est quoi la pureté de la race ? Le non-métissage ? Mais à ce compte, toutes les races, la blanche, la noire, la jaune, sont pures dès lors qu’elles existent en tant que telles. C’est ainsi que les nazis en étaient venus à prétendre – sur les traces de Gobineau – que les juifs n’étaient pas une race, mais le résultat du métissage des autres races. C’est de là que venait leur impureté.

On a compris sans doute déjà que nous sommes dans une idéologie de l’excellence de l’origine. Dès lors que cette origine se perd, ou qu’elle se mélange à une autre, ce métissage devient impureté, souillure.

D’où l’embarras devant la reproduction sexuée qui impose ce métissage. Les nazis - encore eux, les « spécialistes » de la pureté – ont voulu contourner cette difficulté avec les centres de « production » et d’éducation d’enfants de race aryenne pure qu’étaient les napolas.