Showing posts with label maison. Show all posts
Showing posts with label maison. Show all posts

Tuesday, October 09, 2007

Citation du 11 octobre 2007

Qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd sa raison. (Proverbe champenois )
Éric Rohmer - Les Nuits de la pleine lune (1984).

Miss.Tic - Décoration des palissades pour le Ministère du Logement et de la Ville

Place Bellecour - Lyon - 18 au 28 septembre 2007

Les petits rohmeriens - dont je suis - se réjouiront de constater que Miss.Tic fait partie de leur tribu. Mais qui donc aurait pu en douter ?

Qui a deux maisons perd sa raison : oui, en effet, deux maisons, ça signifie deux foyers, deux vies, et si je me rappelle le film de Rohmer (ça fait loin tout de même), l’héroïne désire vivre sa liberté grâce à un deuxième logement - un studio - où elle n’ira que quand elle voudra être seule. Personne ne peut avoir deux vies, sinon au prix d’un déséquilibre dû à la perte des repères d’une vie raisonnablement organisée.

Qui n’a pas de maison perd la raison. Revenons à la situation de départ. Nous sommes place Bellecourt, à Lyon devant des palissades. Juste derrière se trouvent les baraques de chantier Algéco qui abritent pour 10 jours le ministère du logement. On parle ici des sans logis. La raison perdue, c’est la raison d’être, la raison d’exister, puisque sans logis on n’est plus rien, dans la société. Par exemple : au XIXème siècle, la sédentarité était la condition de l’exercice du droit de vote, et aujourd’hui encore, notre identité est confirmée par l’adresse d’un logement. Notre humanité s’épanouit toujours grâce aux autres ; sans maison, ne reste que la marginalité.

… Le SDF d’aujourd’hui (1) n’est même pas un nomade puisque celui-ci a une roulotte ; au début de l’humanité, le nomade allume un feu le soir venu, et il met sa famille en cercle autour. Qui dit maison doit foyer.

On a souvent comparé la société à une ruche : que serait l’abeille perdue loin de sa ruche ? Que serait l’homme sans la société ?

Que serait l’homme sans la maison ?

(1) « Sans Domicile Fixe » : ça veut dire en principe : « avec un domicile mobile » (= roulotte ou caravane des gens du voyage). Ça ne devrait pas signifier « Sans Domicile Du Tout ».

************************

En raison de brèves vacances la chronologie des Posts risque d'être légèrement perturbée. Retour à la normale ; Samedi dans la journée.

Friday, December 15, 2006

Citation du 16 décembre 2006

Une maison qu'est-ce au juste ? Selon l'idéogramme chinois, un toit, une femme.

Jacques Ferron - La charrette -

[Citation relevée dans la sélection de www.pim.be (1) « pour alimenter vos réflexions immobilières ».
Correction adressée par email du 5 août 2001 à www.pim.be (par Sophie Tong, de Liège) : "l'idéogramme chinois de la maison est constitué par un toit et un cochon. Un toit et une femme, cela correspond à l'idéogramme de la paix." ]

Un peu long mais on n’est pas déçu du voyage : Pour avoir une maison il faut un toit, plus un cochon. La femme, pas la peine… ou plutôt, non gardons-là pour signifier la paix. Ouf !!! On allait se précipiter dans une mauvaise polémique pour savoir si le cochon est plus précieux que la femme…

Bon, d’accord : quiconque fréquente la cuisine chinoise sait l’importance du cochon dans la nourriture (comment font les chinois musulmans ?). Mais une maison sans femme ?

Selon une bonne vieille méthode résolvons cette énigme en passant par la réciproque : une femme sans maison, est-ce possible ? Je ne veux pas dire une femme SDF ; je veux dire une femme dont l’essence ne serait pas d’être maîtresse de maison (2). Alors, ne revenons pas sur la lutte des sexes déjà évoquée ici avec un slogan percutant (3) ; mais je serais plutôt tenté de critiquer l’idée d’« essence ». L’essence de LA femme est-elle de créer un foyer où faire nicher ses petits et - éventuellement - leur géniteur ? Serait-elle comme le suggère l’idéogramme chinois de susciter la paix comme l’âme de l’abri que nous devons habiter sur terre (ici : appelez les heideggériens à la rescousse).

J’ai déjà dit ici (13 décembre) que je ne comptais pas trop sur les femmes pour sauver la paix (la guerre des Malouine, vous vous rappelez ?). En réalité, il ne fallait pas entrer dans cette logique. Les femmes, pas plus que les hommes, n’ont une essence. Même si la génétique contemporaine nous incline à croire que - par exemple - chez le mâle le sexe et la violence ont partie liée (cf. citation du 26 novembre), je pose - par précaution de méthode - que « l’existence précède l’essence », comme le dit Sartre. Et comme dit aussi Stirner : « Je suis le rien créateur, le rien dont je tire tout » (L’unique et sa propriété). Prodigieux Max…

A nous d’inventer la femme ; ou plutôt : à elle - et notez s’il vous plaît que je n’ai pas écrit : « à elles ».

(1) www.pim.be est le site d’une agence immobilière bruxelloise. Tel quel…

(2) J’emprunte cette formule au délicieux roman de Pierre Klossowski - Roberte ce soir (éditions de Minuit)

(3) Une femme sans homme c’est comme un poisson sans vélo. Citation du 31 mai 2006